‹ Paix et liberté; questions de l'année 1863Chapitre 17 sur 122 · RECONSTRUCTION DE L HOTEL-DIEU · texte numérisé non relu

RECONSTRUCTION DE L HOTEL-DIEU

de t863 et non àe 1163! Faisons cesser cette promiscaité de tontes les maladies! Faisons autrement qu*il y a sept cents ans! Que rexpérience de sept siècles nous serve à quelque chose! L*HôteI-Dieu, qui date, dit-on, de 1150, en offre une heureuse occasion. Qu'un grand concours s'ouvre pour sa reconstruction entre tous les architectes, mais que ce concours soit précédé d'une enquête où seront appelés et entendus tous les chirurgiens, tous les médecins qui auront des observations à présenter ou des idées à émettre!

M. le vicomte Van Lampoél de Neuwmanster, membre de la Chambre des représentants belges, ancien sénateur, nous écrit :

« Bruxelles, 24 janvier 1863.

M L'article sur la démolition de l'Hôtel-Dieu de Paris et son trans» fert est d'une vérité et d'une actualité frappantes : déjà , il y a une vingtaine d'années^ nous avions compris ici, lors de la construction de l'hôpital Saint-Jean, qu'il fallait choisir un bon air pour y établir un hospice, un endroit élevé. Mous avons même été plus loin, nous avons cru qu'uue végétation luxuriante ne pouvait que faire du bien aux malades, et l'on a placé cet hôpital vis-à-vis du Jardin botanique et sur un boulevard; nous avions prévu que le voisinage d'un chemin de fer était indispensable; aussi n'y a-t-ii que deux à trois cents mètres pour y aboutir sans quitter le boulevard. De plus, monsieur, nous avons considéré comme un devoir impérieux de séparer les bâtiments pour chaque espèce de maladie, tant pour l'aération que pour éviter les contagions. J*aime à croire, monsieur, que vous, qui avez traité avec un talent supérieur toutes les matières, vous recevrez avec intérêt cette modeste indication.

» Vicomte van lampobl di nbuwmarstbr. »

Utopie, Utopie, que tu fais bien d'être modeste et de décliner ce nom, car ceux qui te le donnaient hier te jetteraient demain au visage celui de Plagiat !

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Si une enquête était ouverte, nul doute qu'il n'arrivât, pour toutes les idées que nous avons émises et qui ont été qualifiées d*utopies, ce qui arrive pour le projet de conversion de THôtel-Dieu en villas de santé. On acquerrait la preuve non-seulement qu'il n'est pas une de nos idées qui ne soit exécutable, mais qu'il n'en est pas une qui n'ait déjà été exécutée.

DE LA DECENTRALISATION

37 janvier 1863.

On parle souvent de décentralisation, et presque toujours inconsidérément. On croit qu'il suffirait pour décentraliser de supprimer la division par départements et de rétablir l'ancienne division par provinces. Grossière erreur ! Ce ne sera point par la voie des décrets qu'on fera la décentralisation, c'est-à-dire qu'on fera refluer de Paris vers les départements ce qui afflue des départements vers Paris; ce sera par la voie des progrès.

Veut-on .faire de la décentralisation, qu'on étende le rayonnement de la civilisation !

Que la civilisation, qui attire à Paris parce qu'elle y domine, que la civilisation transforme, transfigure les principales villes des départements, qu'elles aient leurs théâtres avec de bonnes troupes, leurs musées avec de bons tableaux, leurs bibliothèques avec beaucoup de livres, leurs promenades et leurs environs mieux entretenus, éclairés le soir, aiTosés Fêté; qu'elles s'assainissent, qu'elles s'embellissent, qu'elles deviennent agréables à habiter; que toutes celles qui pos* sèdent un avantage qui leur iest propre fassent ce que font notamment les villes de Pau et de Nice, qu'elles s'/ippliquent à le mettre en valeur, à en tirer parti : et la décentralisation se fera d'elle-même, non une décentralisation factice, dictatoriale et éphémère, mais une décentralisation naturelle, progressive et durable.

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La théorie pratiquée à Paris par M. Haussmann, théorie qui, pour être critiquée, n'en est pas moins juste et féconde, consiste à capitaliser successivement et indéfiniment tout accroissement annuel des revenus qui a été la conséquence et le produit des sommes dépensées en améliorations dans l'exercice précédent. Dans cet ordre d'idées de la commune commanditée par elle-même, ordre d'idées dont l'expérience a vérifié et démontré la justesse, l'impôt est à l'emprunt ce que la récolte est à la semence. Si l'on veut récolter, il n'y a donc qu'à semer après avoir préparé le champ ; en d'autres termes, il n'y a qu'à suivre en province, toutes proportions gardées, l'exemple si heureusement donné par la ville de Paris, malgré l'opposition du conseil d'État et les critiques irréfléchies de la foule inconséquente qui a, en même temps, la haine aveugle et l'amour superstitieux de l'impôt. Il n'y a qu'à se poser cette question :

Quel sera l'excédant annuel des recettes ordinaires, extraordinaires et supplémentaires sur les dépenses ordinaires, extraordinaires et supplémentaires, intérêts, amortissement et remboursement de la dette compris?

Dès que l'excédant annuel des recettes a acquis an degi^é suffisant de stabilité, capitaliser cet excédant, c'est-à-dire emprunter et renouveler successivement ainsi l'opération aussi souvent et aussi longtemps que le permettra la progression relative des recettes sur les dépenses.

Dans ce mode de procéder, Jii l'erreur ni l'abus ne sont à craindre. La preuve de sa justesse se fait d'elle-même négativement ou affirmativement.

Si la progression dn revenu décroît et se tarit, c'est la preuve que le capital emprunté a été improductivement employé; si, au contraire, la progression du revenu s'aocrott et s'accélère, c'est la preuve que le capital a été productivement employé , et alors il n'y a qu'à continuer jusqu'à ce que les revenus de la commune suffisent non-seulement à toutes les dépenses, mais encore à toutes les améliorations.

Cette loi de progression, alternativement cause et effet.

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