TERRAIN CONSTITUTIONNEL
Les Assemblées législatives d'un grand pays comme la France ne doivent pas rester indéfiniment au-dessous de ce qu'elles furent, au-dessous de ce qu'elles peuvent être !
La liste de Fopposition a sur la liste du gouvernement deux avantages :
Premièrement, elle signifie couronnement de l'édifigb, tandis que la liste du gouvernement signifie : maintien de la
(1) j4 Monsieur Thiers,
• Paris, le 13 mai 186 .
* Monsienr,
» Nous Toui remercions, au nom d'un grand nombre de tos concitoyent, d'avoir accepte la candidalure libérale de la deuxième circonscriplion de Paris.
• S'il est un sentiment général tfui se manifeste de toutes parts ^ e*est le désir de tfoir rentrer dans la vie publique les hommes éminemtt que nous comptons au nomi^e de nos illustrations nathnale*.
• Ce que le pays leur demande, c\*st Information ttun grand parti libéral sur U terrain amstituliomnel , c'est le contrôle tërieoz et efficace eierc^ par le Corps lëgi«laiif jur nos finances, c est Le développement progressif de nos libertés.
• Aucun nom ne répond mieux que le vôtre à ce programme, et nous vous sommes reconnaissants d'avoir consenti à interrompre , pour rendre an tel service «M pays , les travaux qui font depuis douse ans l'honaenr de votre retraite.
• Veuillez agréer, eic.
» I. DUTAURB •
(Snivent les signatures des membres du comité. )
LOI DE SURETE GÉNÉRALE ET DE .TOUTES LES MESURES RESTRICTIVES DE LA liberté;
Deuxièmement , les noms dont elle se compose ont sur ceux de la liste du gouvernement une supériorité qui n'admet même pas la comparaison.
Quels sont les titres personnels de M. Edouard Delessert? Quels services a-t-il rendus? Quelle influence'exerce-t-îl?
Comparé à M. Thiers, que pèse M. Devinckï
Quel éclat jetterait M. Yarin , s'il s'emparait au Corps législatif de la place si brillamment occupée par M. Emile Ollivier, cette expressions! ferme , si modérée, si conciliante de la liberté la plus pure ?
Contre la parole incisive et vaillante de M. Ernest Picard , le gouvernement n'a-t-il donc trouvé à opposer que la pointe d'une épée,d*épée du général Perrot?
Aucun orateur, par déférence ou par crainte , n'a-t-il donc voulu que son nom fût mis dans la même balance que le nom de M. Jules Favre, pour que le gouvernement ait dû choisir M. Frédéric Lévy ?
Par quelle illustration M. Fouché-Lepelletier se recommandait-il à la désignation du gouvernement ?
Serait-ce donc pour faire la paire avec M. Fouché-Lepelletier que le gouvernement aurait choisi M. Constant Say, celui-là fabricant de produits chimiques, celui-ci raffmeur de sucre ?
M. Rœnigswarter, député sortant, candidat de la huitième circonscription, a fait preuve, plus d'une fois, nous le reconnaissons , d'indépendance dans ses discours et dans ses votes ; mais entre lui et M. Jules Simon , le professeur distingué, ' parlant avec autant de facilité que de lucidité et de modération, l'auteur des deux beaux livres intitulés, l'un le Devoir, YdXjXTtlaLiberii, qui pourrait hésiter?
Sans égard pour les services signalés que M. Yéron lui a rendus de 1848 à 1856, le gouvernement l'a écarté pour lui préférer dans la neuvième circonscription M. Picard, ancien maire d'Ivry : entre ce candidat auquel on ne connatt d'autre
litre que celui de candidat du gouyernement et le brillant écrivain qui est devenu un puissant orateur, est-ce qu'il est possible que la majorité des électeurs ne vote pas pour Eugène Pelletan ?
En regardant sa liste et en la comparant à celle du gouvernement , l'opposition constitutionnelle peut encore être fière; aussi déjà ne dit-on plus la liste de l'opposition, on dit : la