‹ Paix et liberté; questions de l'année 1863Chapitre 4 sur 122 · ARTICLES ORGANIQUES · texte numérisé non relu

ARTICLES ORGANIQUES

TITRE W. — DU régimk de l'rolise catholiqoe dans ses rapports

généraux avec les droits et la police de L*éTAT.

Art. P''. Aucune bulle, bref, rescrit, décret, mandat, provision, signature servant de provision, ni autres expéditions de la cour de Rome , même ne conctrnant que les particuliers , ne pourront être reçus, publiés, imprimés, ni autrement mis à exécution, sans Vauto-' risation du gouvernement.

Art. 3. Les décrets des synodes étrangers, même ceux des conciles généraux , ne pourront être fwhliés eu France, avant que le gouverne^ ment en ait examiné la forme, leur conformité avec les lois, droits et franchises du royaume, et tout ce qui, dans leur publication , pourrait altérer ou intéresser la tranquillité publique.

Art. 4. Aucun concile national ou métropolitain , aucun synode diocésain, aucune assemblée délibérante n*aura lieu sans lapermission expresse du gouvernement.

Art. 6. Il y aura recours au conseil d'ÉUt, dans tous les cas d'abus de la part des supérieurs et autres |iersonnes ecclésÎRStiques. Les cas d'abus sont : l'usurpation ou l'excès de pouvoir, la contra-

ventioB aux loit et règlenenu de la République, l'iofraction dei règles contacrëes par les canons reçus eu France; Vattentat «aur libertés, frawAites et coutumes de V Eglise gallicane; et toute entreprise ou tout procédé qui , dans l'eiercice du culte, peut compromettre l'honneur des citoyens, troubler arbitrairement leur conscience, dégénérer contre eux en oppression, en injure ou en scandale public.

TITBE 11. ^ DBS MiaiSTRu.

AsT. 13. Il sera libre aux archevêques et évèques d'ajouter à leur nom le titre de citogen ou de wwnsieur. Toutes autres qualifications somt imterd'tes.

Art. 20. Les évèques seront tenus de résider dans leurs diocèses; t^ nepourroiU en sortir qu'avec la permission du premier consul.

TITRR 111. — DU CULTE.

Akt. 43. Tous les ecclésiastiques seront habillés à la française et en nbir.

AsT. &6. Dans tous les actes ecclésiastiques et religieux , on sera obligé de se servir du calendrier d'éqninoxe établi par les lois de la République; on désignera les jours par les noms qu'ils avaient dans le calendrier des solstices.

Nous avons répondu à M. de Riancey très-nettement; qu*il nous réponde à son tour avec la même franchise !

De même que nous n'acceptons delà législation de Tan ill que ce qui ne porte aucune atteinte à la liberté des cultes, M. de Riancey n'accepte de la législation de l'an X que ce qui ne porte aucune atteinte à la liberté des évèques. Sa déclaration est catégorique :

m M. de Riancey accepte- 1 -il les articles suivants? Ici, M. de Girardin cite plusieurs des articles oipiniques. — Je n'hésite pas à répondre négativement, et je ne cesse d'en solliciter l'abrogation; c'est un vieux péché chez moi, et M. de Girardin doit le savoir. II n'ignore pas les réclamations de la cour romaine, celles des évèques, celles de tous les jurisconsultes et orateurs catholiques, dans les Chambres, dans les livres et dans la presse. Je parUge tous ces griefs, parce que je les crois fondés, tant au point de vue des droits de l'Église qu'au point de vue du droit des gens, du droit politique et de la liberté. »

M« de Riancey est moins catégorique en ce qui concerne Textermination des hérétiques :

tt Jt suis catboliipiey je dëfends le pape el'je tâclie de proaver ma foi par ma soumission. Je ne me crois pas, pour cela, obligé de réclamer « l'extermination des hérétiques »; je ne veux point « la mort du pécheur, mais qu'il si cormtaTissv et qu'il vive. »

Et s'il ne se convertit pas, rexterminera-t-on comme dans le bon temps ?

M. de Riancey termine sa réponse par cette observation :

« Ge qu i«|i«ne, ee n'est pas précîaéaeBA de nimr ce qM M. de Girardin ou moi pouvons penser; un journal n'a de valeur que comme œuvre collective et comme défenseur d'un ensemble de principes ei de conrictions. Réduire la polémique à une lutte d'homme à homme, c'est lui donner un caractère à la fois trop hautain et trop abaissé. VUnion n'aurait qu'à gagner à une controverse ivec la Presse, el réciproquement. VUnion a un Credo religieux, des principes politiques et des opinions morales et sociales que chacnn connaît; elle les défend de son mieux et contre tout venant, autant qa'tlie peut. Quel est Je Cmdo de la Pressa quels sont ses principes, quelles sont ses opinions? C'est entre ces principes, ces affirmations, ces croyances, que l'antagonisme peut s'établir avec quelque profit et avec toute dignité. Je n'ai pas, quant à moi, la prétention de croire que le public s'intéressât à une discussion où je paraîtrais seul, chaque jour et pour mon compte privé, dussé-je même avoir M. de Girardin pour contradicteur. 'Qu'il veuille bien y réfléchir, et il sera . de mon avis. Dans nos rangs, les passions s'effacent, la cause seule i^Mrait. ^ous nous nommoas Légion. »

k quoi se réduit finalement l'ofaserfation du rédacteur de VUnion? EUe se réduit i se nommer pompeusement Légion et à signer humUement Riancey. Ge serait nier l'évidence que de soutenir que le journal, osuvre collective» ne s'est pas essenftieliement modifié depuis ia loi sur la presse qui astreint, sons peinede contravention etd'amende, chaque auteur à signer son article^ cet article fût-il d'une seule ligne el Q'ex|MrimAI-ii aucune 0|ùxiion. Telle est la rif|[«eur de cette loi» qu'il arrive joumeliement à des écrivains qui craindraient que leur nom ne s'usât s'il était trop souvent imprimé dans la même pa^ge et trop souvent répété dans la même semaine, d'échapper à la contraveation par

on fteiuu Le nom dont iis «îgne&C leur prose est k nom d'un autre. Cet autre y gafue l'importence que cewc-Ut y perdœt ; du moins le croient-ils. C'est ainsi que toutes les km, «a matière de presse, aboutissent toujours à empirer le mal» si mal il y a» auquel elles avaient la prétention de porter remède. Ct cela n*a point éclairé les législateurs, pas même les journalistes ! A quoi sert donc Tévidence f L'aveuglemont humain est-il donc ai général, qu'elle soit eUoméme impuissante f C'est 4 décourager les plus intrépides. L'CMm, qui a un Cr^do qu*elle ne peut publiquonent réciter qu'en partie, demande à la Pr4sH quel est k sien, quels sont ses principes, quelles sont ses opinions 1 Peu de mots nous suffiront pour répondre. La JPrem croit que tout gouvernement tombé est t<mibé par ses fautes; qu'il « eu le sort qu'il avait mérité. Elle croit que tout gouTernement nouveau ne s'affermit que par ses œuvres. Bile croit qu'il n'y a de gouvernements de droit que les gouvernements de fait. Elle ne se nomme pas Légion ; elle se nomme Liberté.

l! Union trouve que le mot Liberté dit moins que le mot Légion et que notre Credo ne vaut pas le sien. Si les doctrines que représente M. Satan de Riancey sont si fermes et si solides, qu'il nous explique donc comment elles se sont écroulées une première fois, et comment elles se sont écroulées deux fois encore après avoir été relevées coup sur coup une seconde et une troisième fois sur le champ de bataille où nos armées, qui avaient lassé la victoire, venaient d'être vaincues par l'Europe coalisée ?

« Yoas «e vmm oMmaes pM Liberté i vsiu voai Aamaiei Bévetetaon , c'est-à-dire tour à tour Deiipotisme ou Anarchie. »

A cette apostrophe du Journal Wnim, nous répondons : fi'est vous qiM vous nommes ftévolutîon, car<c*est vcms

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qui deux fois Tavez provoquée : une première fois en 1789, et uue seconde fois en 1830; une première fois en chassant Turgot renversé par Maurepas, une seconde fois en chassant M. de Marlignac, remplacé par M* de Polignac ; c'est vous qui vous. nommez Anarchie, parce que c'est vous qui avez été le despotisme à tous les degrés et sous toutes les formes !

D'autres avant nous, à cette môme place, acceptaient avec orgueil ce nom que vous jetez avec mépris: Révolution. Nous le leur laissons; il ne nous appartient pas, car il ne nous représente [loint. Notre formule est celle-ci : Tout par la civilisation , rien par la révolution ; ce qui veut dire : Tout par la liberté, rien par la violence.

Vous affectez d*étre scandalisé de notre maxime ainsi formulée : Il n'y a de gouvernements de droit que les gouvernements de fait.

Hors de cette maxime, cependant, qu'y a-t-il? Il n'y a qu'opposition stérile ou guerre civile.

D'une opposition stérile, qu'y a-t>il à attendre ?

Qu'est-ce qu'une guerre civile, sinon la révolution ?

Et, sans quatrième révolution en France, comment pourrait s'y opérer une troisième restauration ?

Embarrassé d'expliquer comment un gouvernement qui ne salarie aucun culte est moins religieux qu'un gouvernement qui salarie indistinctement tous les cultes, le Monde se borne à répondre à la Presse que la séparation proposée de l'État et de l'Église est une « utopie ». C'est bientôt dit, c'est bientôt écrit. Seulement, il est fâcheux pour le Afonde que ce qu'il traite si dédaigneusement d'imaginaire existe réellement aux États-Unis et même, dans une certaine mesure, en Angleterre. Pour convaincre le Monde que ce qu'il lui plaît d'appeler c le système Girardin » n'est absolument que le fait américain nommé « le système volontaire », nous

allons lui mettre sous les yeux quelques pages extraites du remarquable ouvrage de M. le lieutenant-colonel Ferri- Pisani, aide de camp de S. A. I. le prince Napoléon, intitulé

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