‹ Paix et liberté; questions de l'année 1863Chapitre 34 sur 122 · LA MEILLEURE CONSTITUTION · texte numérisé non relu

LA MEILLEURE CONSTITUTION

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DACNOU.

L'élection du 14 décembre est la confirmation de l'élection du l' juin. La seconde prouve que la première n'a pas été une surprise, un entraînement de l'opinion publique, mais qu'elle a bien été un acte réflécbi de la volonté nationale.

Ce que veut Paris, ce que voudra successivement toute la France, ce qu'elle doit vouloir, c'est une liberté égale à celle dont jouissent tous les peuples qui l'entourent , et sur lesquels elle ne saurait consentir à rester en arrière sans accepter, sans mériter l'accusation d'indignité relative.

NoU) il n'y a pas une raison, pas une seule pour que les Français soient moins libres que les Anglais, que les.Belges,

que les Hollandaiis» que les Italiens et les Suisses! Non, il n'y a pas une raison pour que les Français soient moins libres en décembre 1863 qu'ils ne l'étaient en décembre 1848 et en décembre 1847!

Qu'on ne dise pas, qu'on ne dise plus que ce qui s'oppose à ce que la liberté règne en France, c'est la rivalité des dynasties et le nombre des prétendants; car à cette objection, l'empereur des Français a répondu d'avance par l'éloge qu'il a fait de la politique de Guillaume III aux prises avec Jacques II soutenu par Louis XIY !

Est-ce que la liberté n'existe pas dans le royaume d'Italie?

£h bien , est-ce que le roi François II est mort?

Est-ce que le grand-duc de Toscane est mort?

Est-ce que le duc de Modène est mort?

Est-ce que la duchesse de Parme a cessé d'exister?

Est-ce qu'aucun de ces souverains déchus n'a d'héritiers dans la ligne directe ou dans la ligne collatérale?

Qu'on en linisse donc avec cette détestable objection, qui, en aucun cas, ne saurait être la condamnation, pas même l'ajournement de la liberté, principe supérieur à toutes les considérations!

Que Napoléon III fasse ce que fit Guillaume m ! Qu'il satisfasse aux exigences de son époque, sans se préoccuper de l'existence de Jacques II ! Qu'il fonde enfin la stabilité par la liberté, afin que désormais le peuple français cesse d'être injustement accusé c d'inconséquence et de légèreté » ! Il n'est pas plus vrai sous Napoléon III que la France soit < une nation ingouvernable , une nation empoisonnée » , que cela n'était vrai de l'Angleterre sous Guillaume m.

La France vient de prouver à toute l'Europe qu'elle était mûre pour la liberté, par la manière dont elle s'est servie à Paris de la Constitution qu'elle a.

Que le gouvernement ne s'y trompe pas ! L'unanimité réitérée des élections de Paris ne signifie pas : Renversement par l'Opposition ; elle signifie : Affetinissement par la Liberté !

Liberté ! ce fut le dernier mot de la dernière adresse du dernier Corps législatif... Que le gouTemement ne l'oublie l)as, et que dans Télection de Paris il ne voie que l'adoption sincère, que Tapplication loyale de la Constitution !

Ainsi adoptée, ainsi. pratiquée, la Constitution de 1852, n'est-ce pas la dynastie de 1852 sûrement fondée?

Qu'est-ce que le gouyemement peut vouloir de plus ?

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