‹ Paix et liberté; questions de l'année 1863Chapitre 48 sur 122 · SCIENCE IDENTIQUE AVEC LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

SCIENCE IDENTIQUE AVEC LA LIBERTÉ

15 août 1863.

. Suspendu pendant deux mois , le Phare de la I/rire a reparu en publiant une lettre que lui adresse Victor Hugo. Toute supériorité est souveraineté. On ne dit pas monsieur à un souverain. Aussi disons-nous Victor Hugo. De cette lettre , nous détachons le passage suivant :

N Continuez y reprenez ftèrement votre tâche de tousses jours, plaidez toutes les causes jastes, faites le procès au préjugé, à la superstition, au mensonge, à l'ignorance; soyez la voix Incorruptible et sincère , dites leur fait aux monarchies en Europe et aux républiques en Amérique, combattez la guerre, tuez la peine de mort, mandez à la barre de l'humanité Téchafaud, ce vieux coupable; il fait nuit dans notre civilisation, demandez qu'on apporte de la lumière; réclamez, avec la monotonie tenace de la conviction, l'enseignement gratuit et obligatoire; criez aux esclaves : Délivrance! et aux peuples : Instruction! Science est identique à liberté. S'instruire, c'est «c délivrer. »

Qu'est-ce que la science? C'est ce qu'on ne savait pas hier et c'est ce qu'on apprendra demain. La science doit donc être modeste; elle ne doit rien rejeter, rien condamner qu'après examen. Qui dit Partis, dit Passé. Qui dit Passé, dit Ignorance, Oppression, Révolution. Laissons donc en arrière le passé et les partis ! Appliquons à la science de gouverner, qui devrait être la première des sciences, la méthode

scientifique. Procédons scientifiquement et par ^idée» et ne procédons plus empiriquement et par la passion. Toute question renferme en elle-même sa solution, autrement elle ne serait point une question. Tous, à Tenvi, dans la mesure de notre esprit et de notre savoir, cherchons dans les solutions la fin des questions qui nous ont divisés. Nous Ty trouverons si nous cherchons bien , ne perdant jamais de vue cette devise de Dante : Cercando il vero.

Séparer par la science et sans la violence tout ce que Tignorance et la violence ont eu le tort de confondre : voilà l'œuvre réservée à ce siècle ! D l'accomplira, et l'accomplissement de cette œuvre se nommera : le règne de la liberté.

Que de difficultés alors s'aplaniront d'elles-mêmes ! Que de nœuds alors se dénoueront tout seuls! Alors on se demandera : Est-il vrai, est-il possible qu'ils aient existé, quand les aplanir et les dénouer était chose si simple ?

Victor Hugo a raison : « Scienee est identique à liberté. » C'est en vertu de cet axiome que nous sommes absolument opposé ajoute violence, qu'elle se nomme guerre ou qu'elle se nomme révolution; que la guerre ait lieu pour la Pologne ou contre le Mexique, pour donner aux Polonais l'indépendance ou pour donner aiLX Mexicains la stabilité. Violence est le contraire de science. En détruisant l'erreur, la science ajoute à la science, de même en détruisant l'oppression vraie ou prétendue , toujours la violence ajoute à la violence. L'oppression ne fait que changer de nom. A la tyrannie succède alors la dictature, dictature de tous au nom de la liberté violée , ou dictature d'un seul au nom de l'ordre rétabli. Par la violence on renverse les rois; par la science on les éclaire. L'expérience atteste que si difficile et si long qu'il soit de les éclairer, mieux vaut encore attendre qu'ils s'éclairent que de se h&ter de les renverser : car partout les révolutionnaires sont aux révolutions ce que Saturne était à ses enfants , avec cette différence qu'il ne s'est pas encore trouvé de Cybèle qui, trompant les révolutionnaires,

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