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doivent ; c'est lui gui a agi sur l'émigration européenne de toute sa puissance d'attraction. Donc la Liberté, principe générateur, devait passer avant la Constitution, fait généré. De la liberté découlait logiquement la séparation voUmlaire entre le Sud et le Nord. Dès que le Sud la proposait, la demandait, la revendiquait, le Nord était sans titre, il était sans droit de s'y refuser. Un lien, de quelque nom qu'on le décore, qu'il se nomme fédéral ou autrement, ne sera jamais qu'un lien. Tout lien, aux mains d'un homme ou d'un peuple, est toujours instrument d'oppression et marque de servitude. Ce n'est plus l'intérêt mutuel qui rapproche, ce n'est plus la raison commune qui réunit ; c'est la force bi*utale qui lie, qui garrotte, qui rive les anneaux de la chaîne.
Averti sans doute par sa conscience troublée, le président Lincoln est allé, dans son Message, au-devant.du reproche qui lui est adressé ici d'avoir subordonné la Liberté à l'Union. Il tente d'échapper à la question politique par une question géographique. Il ne dit plus, il ne dit pas, dans son Message, que les articles de Confédération et (f Union perpétuelle, signés le 9 juillet 1778, s'opposaient à la séparation volontaire et la condamnaient; il dit que l'obstacle était l'impossibilité de tracer « une ligne, soit droite, soit tortueuse, qui pût fournir une frontière nationale pour séparer le pays libre et le pays a esclaves ».
Volontaire on forcée, la séparation entre le Sud el le Nord est*elle possible géographiquenunt? Là est la question, toute la question. Si la séparation est possible/on;^fft«ii/, elle était donc possible volontairement! Dans cette hypothèse que nous ne faisons que poser, si elle se vérifiait, le président Lincoln aurait alors encouru, devant l'Europe et devant l'histoire, une. immense responsabilité: la responsabilité des flots de sang versés; la responsabilité des milliards dépensés en canons rayés et en vaisseaux cuirassés ; la responsabilité de la liberté outragée par les actes et par les proclamations^u général Butler, le Haynau américain; la responsabilité du prestige républicain détruit; enfin, la responsabilité des tortures que le chômage , la misère et la faim font éprouver
aux ouvriers d'Angleterre cl de France, qui demandaient leur travail, leur salaire, leur pain à l'industrie du coton.
Pour que le président Lincoln échappe à cette écrasante responsabilité suspendue au-dessus de sa tète, il faut que la séparation revendiquée par le Sud soit absolument, matériellement impossible. L'est-elle? Le président Lincoln essaye de le démontrer. Le démontrc-t-îl incontestablement , irréfutablement ? C'est ce que nous ne saurions avoir la prétention de dire, surtout avant que toutes les raisons pour et contre aient été présentées et débattues, et que nous ayons pu les peser avec l'impartialité que nous nous appliquons à apporter dans l'étude de toutes les questions dont la solution est à chercher et à trouver. S'il était vrai que la séparation entre le Sud et le Nord fût géographiquement, matériellement, absolument impraticable, toute ofl're de médiation ne servirait à rien ; ce serait un levier sans point d'appui. Dès qu'une offre de médiation a été faite par im gouvernement qui a des agents accrédités à Washington, agents qui connaissent certainement les États sécessionistes aussi bien que les États unionistes, nous en devons conclure que la séparation n'est pas aussi impo^ible que le président Lincoln commence par l'affirmer dans son Message, sauf quelques lignes plus bas à admettre, au moins hypothétiquement, ce que plus haut il a nié formellement.
Le président Lincoln s'exprime ainsi :
(c Tracez de l'est à l'ouest la lig^ne qui divise le pays libre et le pays à esclaves, et vous trouverez que plus d'un tiers de son parcours se compose de rivières faciles à traverser et ayant ou devant avoir une population nombreuse sur les deux rives, tandis que le reste se compose simplement de démarcations d'arpentage que l'on peut passer et repasser sans même soupçonner leur existence. Nulle partie de cette ligne ne saurait devenir plus difficile à franchir, parce qu'elle aura été inscrite sur un papier ou sur un parchemin comme frontière nationale. »
Rivières faciles à traverser! Si le président Lincoln n'a pas d'autre objection à opposer à la séparation volontaire que, dans ce cas, il eût dû accepter tout de suite et sans hésila-
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tion, il faut convenir que Cette objection n'est pas suffisante pour justifier la voie de saDg dans laquelle il a engagé ceux qui venaient de Télire» ceux qui venaient de Iç nommer président des Ëlats-Unis. Est-ce qu'entre la France et la Belgique coule une < rmère dijficiU à tramner? « Est-ce que la Belgique est protégée contre la France par une ^fromUètt nalionaU » impossible à franchir? — Non. Eh bien, est-œ que la Belgique n'en existe pas moins séparée et indépen-dante delà France?
Hais M, le président Lincoln a une autre objection, c'est celle qu'il formule en ces termes :
c Le fait de la sépantii»!! , s'il jautb , encraiae de la pan die la* section qui se sépare tout droit à réclamer Tobligation de la clause des esclaves Aigitift. »
C'est cette objection que nous aurons à peser mûrement pour ce qu'elle vaut. Aujourd'hui, nous nous bornerons à faire remarquer ces mots du président Lincoln disant du fait de la séparation : c s'u. arriva, a
Aimant la liberté comme nous l'aimons, voulant la liberté comme nous la voulons» avons-nous besoin de prévenir que nous sommes contre l'esclavage, et que toutes nos sympathies appartiennent à la cause que représente le Nord ?
L'Union américaine , avant que le président Lincoln fût élu, avant que la guerre éclatât entre le Sud et le Nord, avant que la sécession s'opérât sous ces deux noms : les Fédéraux et les Confédérés, ceux-là ayant Washington pour capitale, et ceux-ci Richmond, se composait de trentequatre États et de six territoires ou districts dont les noms suivent :
AU nORD-iSlT.
Maine.
1 New-Hampshire.
Vermont.
2 Massachusets.
3 Rhode-Island.
4 Gonneclieut
Kemiuckg.