‹ Pajol, général en chef;Chapitre 5 sur 19 · ISIS · texte numérisé non relu

ISIS

a* brigade | I«, 2« et 3» escadrons du 5* rég> de timmu. cn.iui. (g*'baroBAMEiL):} hussards (colonel baron Liëgeard) 417 481 i 1» compagnie du l*' rég' à cheval. 72 72

Artillerie : { 3° compagnie du 1" escadron du

( train 85

5' division de cavalene (général Su-

il", 2" et 3' escadrons du l'Tég* de lanciers (colonel Jacouinot) 428 G08 1", 2' et 3" escadrons du 2* rég" de lanciers (colonel SoitRji) 427 479

2'brigadÊ l 1", a"et3"escadronsdu H'rég'de

(g^ Meblik) : ) cluisseurs (colonel baron Nicolas). 484 S35

J3* compagnie du 1"' rég* i cheval. 76 4» compagnie du 1" escadron du train 91

Le 1" corps de cavalerie présentait donc un effectif général de dix-huit escadrons (2,531 hommes et 3,848 chevaux), huit canons de 6 et quatre obusiers de 24 {').

La compositioD de la division Dotuon (3* de cavalerie) était, au i" juin :

il", 2' et 3« escadrons du 4* rég' de chasseurs 398 388

i", 2' et 3" escadrons du 9° rég' de chasseurs 387 416

2" brigade l 1", 2' et 3" escadrons du 12" rég' de

^ Vinot) : j chasseurs S68 293

Force totale des 9 escadrons. 963 1,497

i4» compagnie du 2« rég' à cheval. 77 76 3< compagnie du 9* escadron du

train 101 179

Avec ces trois divisions, c'est-à-dire environ 3,500 cavaliers, le général Pajol, allait, le premier, aborder l'ennemi, car

(') La situai ion du 1" corps de cavalerii, au 9 juin, qui ciisle au minislère de la picTK, De préwnle que des doDuéei incomplèles ; les effectif manquent; mail l'indkalioa dei corpi et leur force en eacadrons (3 pour chaque régiment) s'y trouveDi. J'ai donc pria pour lei effectilï ceux qui Mut porté) nir la stlualion du 1" juin ; îUn'aTiicint d'aillEun presque pasiarié. .

ses ré^menls devaient trouver, à moins de deux lieues de leurs bivouacs, les avant-postes prussiens, dont le centre était, de ce côté, à Ham-sur-Heure. Ces avant-postes appartenaient à la division Pirch II (corps de Ziethen), qui occupait Marchienneau-Pont, Gharleroi, le Ghâtelet et Tamiites. L'enneuii n'était pas •absolument sans nouvelles de l'armée fraufaise. Ziethen, averti, dans la soirée du J4, qu'on apercevait nos feux dans la direction de Beaumont, et qu'un taoïbour de la garde impériale déserteur s'était présenté aux avant-postes, en conclut que Napoléon et toute l'armée étaient devant lui . Il en prévint immédiatement le maréchal Blticher, qui envoya, entre onze beures et minuit, à ses divers corps, l'ordre de se réunir : le 4° (Bulow), à Hannut; le 3" (Tbielmann), à Namur;le 2' (Pirch I"), auMazy; et le 1" (Ziethen), à Fleuras, après avoir tenté de repousser les avant^ardes françaises ou tout au moins de retarder leur marche.

Quand, le IS juin à la petite pointe du jour, avant la mise eu mouvement de nos troupes, la désertion du général Bourmont et de deux officiers de son état-major, l'adjudant commandant Glouet et le chef d'escadron Villoutreys, apporta à Bltlcber la certitude qu'il allait être attaqué , ce que l' avantgarde de Pajol faisait effectivement, le vieux maréchal prussien n'hésita pas à ordonner la concentration de toute son armée à Sombreffe,

Ces honteuses déseitions, aussi bieo celle du tambour de la garde que celle du général Bourmont et d'autres ofliciers, donnèrent l'éveil, et ne permirent pas à Napoléon de tomber à l'imj)roviste dans les cantonnements prussiens. Notre mouvement fut d'ailleurs retardé par l'état et la nature des chemins que devaient suivre les diverses colonnes, surtout celle du centre.

Pajol, en ce qui le concernait, aviût heureusement eu la précaution de se faire renseigner à cet égard, aussitôt après la réception de l'ordre de marche. Il apprit qu'il était nécessaire, pour le transport de l'artillerie et même le passage de la cavalerie, de faire réparer les chemins, principalement dans les bois de Saint-Naubert, où ils étaient coupés par des tranchées,, abatjs et trous de loup. Pendant toute la nuit il y fit travailler; au jour, ils étaient à peu près praticables.

^dbyGooglt:

L'ordre de mouvement était parvenu à Pajol Asset tard dans la soirée ; îl était accompagné de la lettre suivante du maréchal Grouchy :

(I Veuillez , mon cher général , faire monter votPe corps n d'armée à cheval à deux heures et demie du matin, et le (I réunie à la division de cavalerie du général Domon , qui n passera sous vos ordres et formera l'avant-garde de l'armée,

qui se porte sur Charleroi.

« La division c[u général Domon doit se trouver à la gauche « du généra) Soult, du cdté de Casiillon.

a Gi-joint copie de l'ordre de mouvement qui vous donnera « l'esplicaUon de ce que vous avez à faire. Marchant avec les « trois autres corps de cavalerie par une direction différente de « celle que vouSiSuivez, c'est avec le général Vandamme que « vous aurez à agir. Vous recevrez des ordres immédiats soit Il du général Vandamme, soit de l'Empereur, qui marche lui- « même à l'avaot-garde.

■ H II m'est prescrit de me porter sur Charleroi en passant par n Boussu, Silenrieux et Yve, où l'on m'écrit que se trouve « la grande roule de Philippeville à Charleroi.

n Comme il m'est prescrit de marcher à hauteur de la co- « lonne de gauche, à la tête de laquelle vous devez être, vous « aurez soin de vous mettre en conimunicatioo avec moi par

1 l'envoi de ^quents partis. »

Pajol adressa aussitôt des instructions aux généraux Domon, Soult et Subervic. A tous les trois il prescrivit de monter à cheval à deux heures et demie du matin et de se porter sur Charleroi: '

Domon, de Castillon , par. Houssière , Mertenne , Fleuren- ' champ, Faulx, la Pâture, Bommerée, les Hayes et Marcinelle ;

Soult, de Fontenelle, par Rognée en traversant les bois de Siùnt-Naubert , Berzée , Cour-sur-Heure , Ham-sur-Heure , Bietrau, Soignée, Jamignon ('), Sainte-Barbe, Leerge-Caillon et Marcinelle ;

(') Jamignon eti appelé Jamioulx sur les nouielies cirlei. Je liii ai cooKrvé lou incien ddid, qui aX détenu hiitorique par le séjour <te Napoléon, le lâ juÎD, de buit beure» k dix heufes du malin, el par lei ordru expédUs de cet endroit à Reille e( à

Sabervic, de Walcourt, par Pry, Thy-le-ChAteau, le moulin âe Nalinnes, Glaquedens, JamigDOD, Sart-Sûnt-Nicolas, en traversant tes bois de Fereye et èe Hublembué, et Marcinelle.

Le général Pajol se décida à marcber lui-même à la tête de la division Soult, afin d'être plus à la portée de Vandamme et de l'Empereur, et aussi pour mieux diriger la marche de ses trois colonnes. Il voulait, en outre, conduire en personne celle qui devait trouver sur son chemin, à Ham-sur-Heure, un fort avant-poste prussien , lequel , d'après un avis transmis par le major général, était soutenu, depuis le 14 après midi, par un corps de 6,000 hommes, en position à Jamignon ('). C'est surtout dans le but d'envelopper ce corps qu'il portait ses trois divisions, vers Jamignon. Domon tournerait par Bommerée la droite des positions ennemies; Subervic déborderait leur gauche, et Soult les aborderût de iront.

Le 15 juin, à la pointe du jour, toute l'aimée francise était sous les armes et prête à partir.

ha cavalerie de Pajol, à cheval à l'heure prescrite (deux heures et demie du matin), était engagée à trois heures sur les routes qui lui avûent été tracées : Domon conduisait la colonne de gauche, formée de sa division; Pajol dirigeait celle du centre, formée de la division Soult; et le lieutenantcolonel Qiot, ùde de camp du général Pajo), guidait celle de droite, composée de la division Subervic.

Ces trois colonnes se relièrent entre elles par des partis. Domon se mit en communication avec le général Reille, dont le corps (2") quitta ses cautonnements de Leers-Fosteau à trois heures du matin, pour aller à Thuin et à Marchienne-au-Pont; Subervic, enfin, porta sur sa droite des détachements pour se relier avec le maréchal Grouchy, qui partit, à cinq heures et demie du matin, de Boussu, avec le 2* corps de cavalerie (Ëxelmans). Dans ces conditions, la marche de Pajol fut d'abord assez lente.

Jusqu'à hauteur de Cour-sur-Heure, les trois colonnes ne trouvèrent devant elles que des sentinelles prussiennes et de faibles patrouilles, auxquelles les avant^ardes donnèrent la

(') \<nt Pièctt Jiatifiealiiti, n'CS.

181 s. IVl

cfaasse. A Ham-sur-Henre, où Pajol arriva vers six heures du matin, la route était barrée, et un bataillon ennemi défendait le passage. Une charge vigoureuse eut vite rûson de cet obstade : les Pmssiens se sauvèrent du cAté de Gharleroi, en nous laissant uBe centaine de prisonniers.

A sept heures, Pajol était à Janiignon, où l'Empereur arriva Wentôt après, avec les chasseurs de la garde. Aucun corps prussien ne se tniuvant sur ce point, ni dans les environs, la division Soult continua sa marche vers Bommerée, où elle rencoDtra la division Domon; ces deux divisions marchèrent alors cAte à côte.

A ce moment, le canon retentissait violemment sur la gauche ; c'était Reille qui attaquait Marchienne-au-Pont. En débouchant SOT le plateau , Pajol put voir les mouvements du 2* corps, dont le succès ne paraissait pas douteux. En examinant ce qui se passait non loin de lui, le généra) s'aperçut que, dans la direction de Mont-sur-Marchienne, de petits détachements pi-nssiens se rassemblaient dans la ferme la Tombe. Il y envoya le 4* chasseurs, de la division Domon, en le faisant soutenir par le 9'. Accueillis par une vive fusillade, nos cavaliers durent se borner à cerner la ferme. Mais Pajol avait vu la situation : il dirigea sur ce point un de ses obusiers. Les deux ou trois cents hommes enfermés dans la ferme se rendirent. C'était tout ce qui restait du bataillon culbuté à Ham-sur-Heure et des petits postes refoulés de divers cdtés.

Cet inddent avait arrêté toute la division Domon. La colonne de Soult avançait toujours. A huit heures et demie, elle se présentait devant Marcinelle. Le général Pajol fit essayer un hourra ; il ne réussit pas. De nombreux tirailleurs, abrités derrière les hues, les murs des jardins, et dans les premières musons du village, repoussèrent les hussards par la vivacité de leur feu. Quelques hommes furent blessés et un tué dans l'escorte de Pajol. 11 fallut renoncer à forcer le passive, et attendre l'infanterie de Vandamme, qui ne devait pas être éloignée. Tout en envoyant à la rencontre du 3° corps, Pajol fit chercher un gué par le général Ameil, dans la direction de Gouillet, afin d'essayer de tourner Marcinelle par la rive gauche de la Sambre. Cet officier général n'en ayant pas trouvé, toute attaque dut

être suspendue. Cependant la division Domon venait de rejoindre, et celle de Subervic allait déboucher du bois de Hublembue. Si Vandamme avmt.paru, Charleroi était en son pouvoir à neuf heures du matin.

Le 3' coq)3 n'était pas près d'arriver. Au lieu de partir à trois heures, Vandamme , n'ayant pas reçu l'ordre de mouvement, ne slétait mis en marche qu'à sept heures du matin. Ce retard du 3' corps fit perdre quatre heures au corps de Lobau et à la garde, qui devaient suivre la même route que Vandamme.

Heureusement, les marins et les sapeurs de la garde, qui, ayant à leur tète les lieutenants généraux Haxo et Rt^niat, avaient marché sans le 3' corps et très-vite, suivaient de près la cavalerie d'avant-gardc. Quand ils débouchèrent à Jamignon, Napoléon, informé des embarras de Pajol, les dirigea aussitôt sur Marcinelte. Ils y arrivèrent à dix heures et demie. Pajol les lança à l'assaut du village. Les Prussiens ne purent résister à la vigueur de l'attaque, et abandonnèrent en toute hâte Marcinelle, ainsi que la barricade du pont de Charleroi, qui fut promptement renversée. Pajol, avec la division Soult, se prédpîta au galop dans Charleroi, dont il se trouva maître à onze heures et demie. Le passage de la Sambre était assuré sur ce point. Presque au même moment, le général Reiile, avec le 2' corps, s'emparait du pont de Marchienne.

En abandonnant Charleroi, l'ennemi s'était retiré, par le faubourg de Gilly, sur FleuTus. A l'embranchement des routes de Bruxelles et de Namur, il s'était divisé : un détachement avait pris la première de ces routes ; mais le gros de ses forces avmt suivi l'autre. Pajol, instruit de ce fait, envoya sur la route de Bruxelles, vers Gosselies, le général Clary avec le 1" régiment de hussards; il dirigea sur Gilly, par la route de Namur, les deux autres régiments de SouU, les divisions Domon et Subervic.

11 élmt un peu plus de onze heures et demie. L'Empereur survint alors. Il approuva les dispositions de Pajol, Trouvant le général Clary trop faible sur la route de Gosselies, il le fit appuyer par les chasseurs et lanciers de la garde, qu'amenait Lefebvre- Desnouettes. Napoléon ordonna ensuite à Pajol de continuer & refouler les Prussiens vers Namur; mais de s'arrêter et d'at-

leodre l'infanterie de Vandamme, si l'ennemi s'arr£taît luimême dans une forte position défensive. Pajol galopa donc vers Gilly pour reprendre la direction du mouvement. '

Vers midi, le maréchal Grouchy arrivait à Gharleroi, avec les dragons d'Exelmans (a' corps de cavalerie), à la tête desquels il était parti de Boussu-à cinq heures et demie du matin.

L'Empereur l'envoya, ùnsi que les dragons, sur la route de Gilly.

A midi aussi, la jeune garde débouchât à Gharleroi. Arrêtée dès l'abord, à sa sortie de Beaumont, par le 6* et le 3' corps, qui n'avançaient pas, elle avait pris ime traverse à gauche, et sa marche n'avait été que fort peu retardée. Napoléon prescrivit à Duhesme de porter un régiment d'infanterie, et deux pièces de canon sur la route de Bruxelles, pour prendre position à moitié chemin de Gharleroi à Gosselies et pour servir de réserve aux généraux Glary et Lefebvre-Desnouettea, Les trois autresrégiments d'infanterie et le reste de l'artillerie de la jeune garde furent ensuite conduits par Duhesme vera GUly, pour soutenir la cavalerie de Pajol et de Grouchy,

Ces dispositions mettaient Gharleroi à l'abri de tout retour oITeoàf; elles complét^ûent celles de Pajol, qui se trouvait, en ce moment, aux prises avec l'ennemi.

En effet, la plus grande partie de la division prussienne de Pirch II (corps de Ziethen), qui avait été refoulée de Gharleroi, du Cbâtelet et de Tamines, et k la poursuite de laquelle Pajol était lancé, s'était établie en arrière du ruisseau qui coule audelà de Gilly, presque perpendiculairement à la route de Nalaur, et qui se jette dans la Sambre entre le Châtelet et Chateiiaeau. Pajol poussa d'abord des éclaireurs sur difTérents points de cette position. La résistance qu'ils trouvèrent ne lui laissa aucun doute sur la résolution prise par l'ennemi de s'y défendre. Conformément aux ordres de l'Empereur, Pajol arrêta ses troupes et attendit de l'infanterie ; U n'en continua pas moins à inquiéter ses adversaires,' en faisant escarmoucher sur toute la ligne.

Un peu avant une heure de l'après-midi, Grouchy survint avec les dragons d'Exelmans. Il reconnut la position de l'ennemi, et prit le commandement général. Il fit alors e

r^iments de Pajol des deux côtés de la route de Namur, et porta le corps de cavalerie d'Exelmans h. droite, dans U direction du Ghâtetet. Ne pouvant exécuter une attaque sans infanterie, il se borna h. f^re tirailler avec les avant-postea prussiens, en attendant le 3* corps.

PÎFch II mettait à profit le temps qu'on lui l^ssût : il déployât ses lignes et les établissait un peu en arrière de l'em* branchement des chaussées de Fleurus, par Gampiuaire, et de Namur, par Lambusart. Sa première ligne, composée de quatre bataillons, s'étendait de l'abbaye de Soleilmont jusque près de Ghatetineau, parallèlement au chemin qui relie ces deux points ; le batiûilon de droite appuyait à l'abbaye de Soleilmont et était couvertpar des abatis faits sur la chaussée de Fleurus et jusqu'au bois de Lobbes ; les trois autres batûUons se développaient à la suite, en avant du bois de Tricbehève, se prolongeant au sud de la chaussée de Namur. A leur gauche, un régiment de dragons obsei-vaït le débouché de Ghatelmeau et du Châtelet ; enfin l'artillerie, répartie sur la chaussée de Fleurus et sur les pentes des hauteurs, battait la sortie du village de Gilly. En seconde ligne, Pirch II avait établi trois bataillons à cheval sur la chaussée de Namur et h. l'entrée du bois de Rondchamp ; ils occupaient tout l'espace compris entre le chêne du Vescourt et le village de Rondchamp.

Pour appuyer ces dispositions défenâves, Ziethen faisût avancer de Fleurus sur Lambusart la division Jagow. Derrière ce rideau, il continuait à rassembler son corps d'année, en appelant à lui la division Uenckel, qui évacumt Moustier-sur- Sambre, et la division Steinmetz, qui avait l'ordre de revenir de Binche et de Fontaine-l'Évêque et de s'établir en arrière de Fleurus. Cette dernière division exécutait alors son mouvemeot, en passant entre Gosselies et Frasnes, et les troupes de ReiUe n'étment pas encore assez avancées pour lui barrer le chenain, puisqu'elles se trouvaient seulement sur la roule de Marchienneau-Pont à Jumec.

Les autres corps de l'armée française ne pouvaient non plus s'opposer aux manœuvres de Ziethen ; car, vers deux heures de l'après-midi, ils étaient : le 1" corps (d'Erion), suivant de loin celui de Reille, entre Thuin etMarchienne-au-Pont; le 3' corps

(Vandamme), à Charleroi et en marche vers Gilly ; le 6* corps [Lobau), entre Janùgnon et Charleroi. Les chasseurs et grenadiers de la garde, qui, comme la jeune garde, avaient passé sur le flanc gauche des colonnes de Vandamme et.de Lobau,' étaient ani portes de Charleroi ; les corps de cavalerie de Kellermann et de Milhaud arrivaient en vue de Charleroi. Le 4* corps (Gérard) était encore loin : son rassemblement aux environs de Pbilippeville avait été long, et la désertion de Bourmont avait produit chez les soldats une excitation très-vive ; ces deux causes avaient retardé la marche de Gérard.

Napoléon ne disposait donc alors sur la rive gauche de la Sarabre que du 2* corps (Reille), de la jeune garde, de la cavalerie de Lefebvre-Ocaoouettes, du corps de Pajol, du corps d'Ëxelmans et d'une partie de celui de Vandamme. Une heure après, c'est-à-dire vers trois heures de l'après-midi, il devait avoir h Charleroi et aux environs de Marchienne-au-Pont tout le reste de son armée, sauf le 4* corps, qui, à trois heures et demie, reçut l'ordre de se rendre au Ghâtelet, pour y passer la Sambre, au lieu de venir à Charleroi. La route du 4* corps se trouva un peu allongée , mais son arrivée au Ghâtelet, entre cinq et six heures du soir, devait forcer Pirch II à se mettre en retraite.

La tête de colonne du 3° corps déboucha vers trois heures de l'après-midi en face des positions de Pirch IL Vandamme les attaqua aussitôt ; il ne put les enlever. Force fut alors d'attendre que le corps entier eût achevé son mouvement, et de combiner les attaques de l'infanterie avec celle de la cavalerie. Grouchy et Vandamme arrêtèrent les dispositions suivantes : trois colonnes d'isianterie marcheront : l'une contre le bois de Trir cbebève et l'abbaye de Soleilmont ; l'autre, contre le centre prns^en, en suivant la chaussée de Lambusart ; et la troisième, contre la gauche ennemie, en tournant Gilly. Les dragons d'Elxelmans iront vers le moulin de Chatelineau pour passer le ruisseau à gué et se jeter, à la faveur des plis de terrwn qui masqueront leur mouvement, en arrière de la gauche des Prus* ùens. La cavalerie de Pajol marchera à la gauche des colonnes de Vandamme, par la chaussée de Fleurus.

Informé de ces dispositions et de l'attaque qui allmt s'exé-

cuter contre Pirch II, Napoléon qmtta Ney, auquel il venùt de donner ses inslniclions et le commandement de son aile gauche, et il se porta en toute hâte à -Gilly ; il y arriva vers quatre heures et demie. L'attaque commença aussitât par un feu violent d'artillerie, qui éteignit promptemeot le feu des batteries prussiennes. Les colonnes d'infanterie furent ensuite lancées à. l'assaut des positions.

Pirch II ne les attendit pas : il ordonna la retrmte sur Lambusart. Elle commença un peu après cinq heures du soir et en assez bon ordre.

Napoléon voyait que l'infanterie prussienne allait lui échapper. Tout en hâtant la marche des colonnes de Vandamme, il ordonna au général Letort, son aide de camp, de prendre les quatre escadrons de service et d'écraser les bataillons prussiens, en les devançant à l'entrée des bois. Au m£me moment, Pajol lançmt sa cavalerie sur Soleilmont, pour se saisir du déClé' dans le bois de Fleurus.

Le bataillon prussien en position près du bois de Trichehève se jeta dans ce bois ; les deux bataillons à sa gauche se formèrent en carrés pour résister, avec l'appui de la cavalerie prussienne : l'un fut sabré et à moitié détruit, l'autre fut très-enlamé avant d'avoir pu gagner le bois de Rondchamp, où les' tiois bataillons de réserve étaient déjà engagés pour aller à Lambusart. Le bataillon de la droite de la première ligne, enfin, se titiuva protégé par l'abatis fait sur la chaussée de Fleurus ; il échappa et gagna les bois, où il se mit à tirailler avec violence contre la cavalerie de Pajol, qui marchait sur la route directe de Gilly à Fleurus.

Les manœuvres de notre cavalerie précipitèrent partout la retraite de l'ennemi, dont les pertes s'élevèrent au moins à la valeur de deux bataillons. Malheureusement, notre succès coûta la vie au brave général Letort, La fusillade retentit encore longtemps dans les bois. Les cinq bataillons qui restaient de la division Pirch n parvinrent à gagner Lambusart ; ils furent recueillis par la division Jagow, qui s'y trouvait en position depuis quatre heures de l'après-midi.

Malgré la difficulté des chemins et le feu des tirailleurs ennemis, les régiments de Pajol, après avoir fait un assez grand

ISlt). w

nombre de piisonniers, débouchèrent des bois de Fleurus vers six heures et demie, à peu près en même temps que les dragons (l'ExelmaDS sortaient du bois de Tricbehëve (*]. A la vue de ces deux corps de cavalerie, Jagow et Pirch II se replièrent de Lamhusart sur Fleurus.

A la même heure, l'Empereur, satisfait des résultats obtenus sur ce point, repartit pour Gharleroi, afin de s'assurer de ce qui se passait à son aile gauche et sur ses derrières. Pendant qu'il était à GiUy, il avmt arrêté la nouvelle répartition de l'armée : 1° en aile gauche (1"' et 2' coips d'infanterie et cavalerie de Lefebvre-Oesnouettes), dont Ney était allé prendre le commandement, à Gosselies; 2° en aile droite, comprenant te â' corps (Vandamme), le 4' (Gérard), le l" corps de cavaleiie (Pajol), le 2* (Exelman3)et le 4' (Milhaud), sous les ordres de Grouchy ; 3" en réserve, formée de la garde impériale, du 6' corps (Lobau), et du 3' corps de cavalerie (Kellermann). Avec cette réâerve, qu'il garderait sous sa main, Napoléon se porterait à fane ou h l'autre aile, suivant les nécessités de la situation, ou selon qu'il voudrmt agir contre Wellington ou contre BlUcher.

En arrivant k l'improviste sur les points de contact des Pnis- Mcns et des Anglo-Hollandais, l'armée française avait déjà réussi à les disjoindre ; selon toute probabilité, elle devait avoir à combattre d'un côté et h maintenir de l'auti-e. Or, pour se placer exactement dans la position qu'il désirait prendre, l'Empereur devait rompre tout à fait Jes communications entre BlQcher et Wellington, en se saisissant, le jour même, de la chausséede Namur h Nivelles. II recommanda donc à Grouchy, avant de te quitter, de faire tout son possiblç pour aller, avec la portJOD de l'aile droite qui marchait sur Fleurus, h Sombrcffe, d'où il devrait lancer des reconnaissances vers Gemblous ('). En occupant ces positions, Grouchy rendfùt impossible toute réunion de l'armée prussienne et de l'armée anglaise sur la ligne de leurs emplacements primitifs.

Pour se conformer aux intentions et aux instructions de l'Em-

i,')\mz Pléeti jiulificalivti, a" GO.

(^ Jomiai, Précis polUiqat tt militaire de la campagne Je 1815 (publié CD t830), p. 1U et 367.

m PAJOL.

pereur, Grouchy laissa les corps de Pajul et d'Exelmans conti-. Duer la poursuite dans la direction de Fleurus. Pajol, qui marchait alors arec la division Subervic sur la route directe de Fleurus passât près de la ferine de Martinrous, avait lancé à sa gauche la division Domon vers Wangeuies, par le cbemin de Bonnaire, tandis qu'il faisait avancer, sur sa droite et vers Lambusart, la division du général SoulU Ijes coureurs de ces trois divisions harcelaient les arriëre^rdes ennemies, sans pouvoir les entamer. Il fallait de l'infanterie pour précipiter la retraite des Prussiens. Pajol résolut d'attendre celle de Vaodamme, qui vers sept heures et demie achevait de déboucher des bois.

Le maréchal Grouchy prescrivit à Vandamme de continuer à s'avancer sur Fleurus pour appuyer les corps de Pajol et d'Exelmans. Mais Vandamme, dont les soldats marchaient depuis plus de douze heures, ne crut pas devoir obtempérer à l'ordre de Grouchy, dont il ignorât d'ailleurs la qualité de commandant de l'aile droite de l'armée ; et il lit installer ses troupes au bivouac.

Pajol et Exelmans durent arrêter leurs divisions : celle du général Domon, entre Bonnaire etMarselle, touchant presque à Wangenies; celle de Subervic, à droite et à gauche de la route de Fleurus, un peu en arrière de Martinroux ; celle de Soult, en avanr de Lambusart, ayant les dragons d'Exelmans en arrière et sur la droite. À huit heures, toutes les troupes d'infanterie et de cavalerie avaient installé leui-s bivouacs. Les avant-postes de Pajol se trouvaient à une demi-lieue h peine de Fleurus. Le quartier général de Grouchy fut établi à Gampio^re (') ; celui de Pajol à Lambusart. Dans son rapport daté decette dernière ville à dix heures du soir, Pajol rendait compte à Grouchy des positions occupées par les troupes du 1" corps de cavalerie, et il exprimât le regret qu'elles n'eussent pas été soutenues par l'infanterie de Vandamme pour attaquer et prendre Fleurus (').

L'ùle gauche de l'armée française fut arrêtée aussi, à la nuit, sur la route de Bruxelles : le 2* corps (Heille), entre Gosselies

[') Voir Piieei jiullficaiire (■) ymt Fiieti jiulificallvt

ISIS. . I9fl

et Prasoes, avec la division Girard sur la droite, à Wangeniea; le 1" corps (d'Erlon), échelonné de Jumet à Marchienne-au- Pool. Dans la direction de Bruxelles, les avant-^rdes que Ney avùt poussées uo moment jusqu'aux environs des Quatre-Bras, où les Anglo-Hollandais étaient venus s'établir solidement, ne dépassèrent pas Frasnes de toute la nuit.

L'inranterie de la garde coucha entre Gilly et Charleroi ; les cuirassiers de Milhauà et de Kellermann, ainsi que te corps de Lobau restèrent près de Charleroi, en arrière de la Sanibre. Le 4' corps (Gérard), qui était arrivé tardau Châtelet, s'avança fort peu au-delà de la Sambre, et bivouaqua sur la route de Fleurus.

Le 15 juin au soir, l'armée française était massée dans un triangle dont la Sambre formait la base curviligne, depuis le hameau des Monnius jusqu'à Frasnes, en passant par Lambusart, Martinroux, Heppignies et Mellet; k l'ouest, la ligne de ses postes, tirée de Marchienne-au-Pont à Frasnes, passait par Jumet, Gosselies et Thiméon ('), Elle se présentait donc comme on coin diviseur entre les armées de Wellington et de BIttcher. La première de ces armées était surprise dans un état de dispersion complète, la seconde, dans tjn état de demi-concentration.

La prodigieuse activité de Blûcher remédia à la gravité de sa situation : dans la nuit, il compléta sa concentration. En effet, le corps de Ziethen s'était établi tout entier entre Saint-Amand et Ligny. Les divisions Jagow et Pircb II étaient revenues sans ' trop de difficultés, on l'a vu, de Lambusart en arrière de Fleurus, où elles avaient laissé deux bataillons seulement; la division Steinmetz ai-rivait de Binche à Saint-Amand, après avoir échappé à Reille, qui la fit poursuivre par la division Girard, jusqu'à Wangenies ; enfm la division Henckel avait rallié sans avoirété attaquée. Ziethen n'avait pasperdu plus de 2,000 hommes. Le corps de Pirch I" étùt arrivé de Namur au Mazy, à trois heures et demie de l'après-midi, fort de trois divisions ; sa 4' division se trouva réunie à Namur à minuit. Le corps de Tiiietmann, venant de Ciney, fut rendu à Belgrade, en avant de

(') Voir Piieet jailifitalhes, n* 7!.

SOO PAJOL.

Namur, à dix heures du soir. Le corps de Bulow seul resta trës-éloigné, à quatre ou cinq lieues en arrière de Uannut.

BlQcher visita avec grande attention, dans l'après-midi et la soirée du IS, tontes les positions en arrière du ruisseau de Ligny, depuis Saînt-Amand jusqu'au Mozy. 11 avait sous la main trois corps d'armée au grand complet, représentant environ 90,000 hommes. Avec ces forces, il se décida à attendre l'attaque des France; il le pouvût avec d'autant plus de sécurité, que Napoléon, devant opérer aussi sur sa gauche contre les Anglais, n'aurait pas plus de 70,000 hommes à mettre en ligne. BlQcher avait donc une supériorité numérique d'environ 20,000 hommes, et de plus l'avantage d'une position qu'il avait eu le temps de choisir et de reconnaître.

Si, le 15 au soir, Vandamme, suivant Pajol, avait gagné au moins Fleurus, il aurait singulièrement inquiété les mouvements des corps prussiens, et Blllcher n'eût pas aussi facilement exécuté la concentration de son armée à Sombreffe. Le maréchal Grouchy l'avait bien compris ; car, aussitôt qu'il eut su que Vandamme refusait de continuer à marcher vers Fleurus et Sombreffe, il avait envoyé l'un de ses aides de camp, M. Ponlbellanger, à l'Empereur pour lui rendre compte du fait. Cet officier rentra pendant la nuil, quand toutes les troupes avaient pris leurs bivouacs; il annonça au maréchal que des ordres allaient bientôt être donnés au sujet des mouvements à exécuter lelendemain, et que ces ordres ferment en même temps connaître l'organisation nouvelle de l'armée ; les chefs de corps de l'aile droite, ainsi prévenus du commandement conféré & GroUchy, ne méconnaîtraient plus son autorité.

Le 16, dès trois heures du matin, les régiments de Pajol, comme tous ceux de? corps d'armée qui avaient bivouaqué en vue de Fleurus, étaient sur pied, prêts au départ. Des avantpostes de la division Subervic qui dépassaient la ferme de Martinroux, on signala bientôt, en arrière de Sombreffe, de nombreuses troupes prussiennes en marche sur la chaussée de Namur à Nivelles. C'était le corps de Pirch I" qui venait du Mazy. Le maréchal Grouchy, qui visitait en ce moment les cantonnements de la cavalerie de Pajol et de la division Domon, les ayant aussi reconnues,' se porta vivement, pour mieux voir.

dans la direction deWangenies; il rencontra le général Girard, qui, depuis longtemps observait les colonnes ennemies, qui se dirigeaient vers Brye, Saint-Amand et Ligny. Sur-le-champ, Grouchy informa l'Empereur par une dépâche datée de cinq heures du matin ('). Une heure plus tard, le général Girard ayant fait connaître que les mouvements de l'ennemi continuaient, Grouchy envoya à Napoléon une nouvelle dépèche, confirmant la première (').

En supposant qu'il ait fallu une heure et demie aux porteurs de ces dépèches pour aller à Charleroi, l'Empereur a dû les recevoir à six heures et demie et à sept heures et demie. Cependant il n'en fut pas fait mention dans l'ordre de marche que Grouchy reçut à Campinaire, vers huit heures et demie du matin; bien plus, les dispositions de cet ordre ne tenaient aucun compte des renseigoements donnés, puisqu'elles prescrivaient au maréchal de se porter immédiatement, avec toute l'aiie droite (3° et 4' corps d'infanterie, l", 2° et 4' corps de cavalerie), à Sombreffe, d'où il pousserait son avantrgarde jusqu'à Gembloux.

L'aile droite devait reprendre le mouvement prescrit la veille; son exécution ne serait plus entravée par des difficultés de commandement; car Vandamme et Gérard furent informés officiellement qu'ils étaient sous les ordres de Grouchy.

Le corps de Pajol se mit en mouvement le premier, vers neuf heures et demie, et se dirigea sur Fleurus, la division Subervic s' avançant directement de la ferme de Martinroux, et la division Soult par le chemin de Lambusart. Les dragons d'Exelmans suivirent cette dernière division, tandis que l'infanterie de Vandamme marchait en ai-rière de Subervic.

Vers dix heures, Pajol occupa Fleurus, que l'ennemi av^it évacué depuis plusieurs heures; il se porta en avant de la ville, sur la chaussée qui mène au Point-du-Jour. A peine y était-il engagé que ses éclaireurs signalèrent la présence de la cavaletie prussienne. C'était celle de Ziethen, qui restait sur ta rive droite du ruisseau de Ligny, pour observer. Fleurus.

(') Voir Piicti justifcaûi/a, n» 7S.

(,'} Voir Piieii juilifieatirti. n° 7*.

Pajol la fit menacer parSubervic; elle n'attendit pas l'attaque, et se retira sur les bords du ruisseau, des deux côtés de Ligny ; Pajol hâta sa retraite en la canonnant.

Il était alors environ onze heures; Vandamme avait débouché de Fleurus et s'étut déployé un peu au-delà, sur le chemin de Saint-Amand ; les dragons d'Eicelmans s'établissaient en arrière du corps de Pajol, dont les deux divisions occupsûent l'espace compris entre le Gros-Buisson et la ferme de Fayt. A ce ntoment parurent à Tongrinnes, Tongrinelle, Boignée et Balâti'e, les avant-gardes de l'une des divisions de Thielmann qui arrivait de Belgrade; leurs tirailleurs débouchùent dans la plMne de Fleurus. Afin de les refouler, Pajol porta la division Soult plus à droite et en avant, vers les fermes Keumiée et Gouverterie, pour fermer la vallée du Grand- Vau, et il appuya lui-mêuie de ce côté avec la division Subervic, qu'il établit un peu au-delà de la croisée des chemins de Fleurus à Oooz, à Dalâtre et à Boignée, et de Wanfercée à Ligny. Le maréchal Groucby combla le vide à droite et à gauche de ta chaussée de Fleurus au Point-du-Jour, avec les dragons d'Exelmans, qui s'avancèrent à hauteur de Pajol. Les éclaireurs d'Exelmans, poussés au-delà de la chaussée de Tamines, empêchèrent les avant-gardes ennemies de déboucher de Tongrinelle; tandis que ceux de Pajol lancés au-delà du chemin d'Onoz les retinrent à Boignée et à Balàtre.

Arrivé à Fleurus un peu après onze heures, Napoléon fit une reconnaissance attentive des positions de l'ennemi. Il se rendit bientôt compte que des forces considérables étaient établies en arrière du ruisseau de Ligny, depuis Saint-Amand jusqu'à Tongrinnes, couvrant la chaussée de Namur à Nivelles et menaçant celle de Charleroi à Namur. Il fallait les en chasser et les refouler sur Namur et Liège pour les séparer des Anglais et leur enlever la chaussée par laquelle BlUcber voulait communiquer avec Wellington.

Résolu à attaquer. Napoléon décida qu'il porterait ses principaux efforts sur l'ajle droite et le centre de l'ennemi, tandis qu'il ferait de simples démonstrations sur son ùle gauche. A Vandamme fut dévolue la tâche de s'emparer du grand Saint- Amand et ensuite de Brye; Gérard devait enlever Ligny et

gagner le plateau de Bussy; le maréchal Grouchy, avec la cavalerie de Pajol et d'Ëxelmaiis, occuperait l'aile gauche prussienne. Pour passer h l'exécution de ce plan, on dut attendre le corps de Gérard, qui, parti du Cbàtelet à neuf heures et demie seulement, ne pouvait arriver à Fleurug que vers une heure de l'apr6s-midi.

BiQcber, cependant, prenait ses dispositions de combat. Le corps de Ziethen occupât Brye, Saint-Amand, la Haye, le Hameau et Ligny ; celui de Pirch I" ét^t rangé en arrière, le long de la chaussée de Namur à Nivelles, entre SombrefTe et 1m Trois-Burettes. Quand, vers midi, le corps de Thielmann fut arrivé tout entier de Belgrade, il fut placé : la division Borcke, en arrière de Somhreffe, détachant deux bataillons au moulin Potriaux ; la division Lucke, sur la chaussée de Fleurus, avec des avant-postés au pont de Ligny et au hameau du Pavé ; la division Kemphen, sur les hauteurs de Tongrinnes, avec de forts détachements à Tongrînelle, Soignée, Balàtre et Saint- Martin-Bal&tre;la division Stulpnagel, en réserve en arrière du Point-du-Jour.

A une heure après midi, le corps de Gérard déboucha enfin dons les plaines de Fleurus; passant derrière la gauche de Pajol, il alla prendre les positions des dragons d'Exelmans, qui se portèrent eux-mêmes un peu en avant et sur la droite. L'armée française se trouva alors ainsi répartie : le 3* corps (Vandamme), en avant et à gauche de Fleurus, ayant derrière lui la division Girard développée en avant de Wangenies ; le 4* corps (Gérard), au centre; les dragons d'Exelmans, un peu en pointe, à droite ; la cavalerie de Pajol, à l'extrême droite ; la garde et les cnirasàers de Mllhaud, en seconde ligne et en arrière de Fleuras, Napoléon prit alors ses dispositions de copibat : le 3' corps se déploya en face de Smnt-Amand, la Haye et le Hameau, et la division Girard serra sur lui, restant toujours en réserve; le i* corps se plaça vis-à-vis de Ligny, parallèlement à la chaussée de Fleurus, avec l'une de ses divisions en retour, perpendiculairement à cette même chaussée, et, par conséquent, face àTongrinelle; la cavalerie d'Exelmans s'établit au-delà de la chaussée de Tamines, à droite et à gauche du chemin de Fleurus à Boîgnée ; celle de Pajol prit position en avant du chemin de

Fleurus & Onoz, depuis l'arbre de la Croix-du-Boi3 jusqu'audelà de la ferme de Grand- Vnu, face à Boignée et à Balâtre ; la garde et le corps de Milhaud s'avancèrent k hauteur de Fleurus. Pour renforcer sa réserve, l'Empereur fit encore venir de Charleroi Je corps de Lobau, qui ne put arriver qu'à la nuit.

Ces dispositions arrêtées, Napoléon fit écrire à Ney, à deux heures de l'après-midi, que les Prussiens allaient être attaqués dans leurs positions de Ligny, et qu'il devait se débarrasser promplement de ce qu'il avait devant lui aux Quatre-Bras, pour se rabattre ensuite sur Ligny.

Dlùcher nous attendait. Il venait de voir Wellington, accouru de Bruxelles, et ils avaient déddé ensemble que la batùllc serait acceptée, bien que le corps de Bulow n'eût pas encore rejoint. Wellington avait promis de le remplacer par 40,000 liommes de son armée qui se réunissaient aux Quatre-Bras, et qu'il amènerait lui>mëme à quatre heures de l'api-ès-midi, par la chaussée de Namur, restée libre. Ce renfort pour son aile droite était, aux -yeux de Blâcher, le gage certain de la victoire.

A deux heures et demie, trois coups de canon tirés à intervalles égaux par une batterie de la garde placée près du moulin de Fleurus, où l'Empereur devait se tenir pendant l'action, furent le signal du combat. Vandamme attaqua Saint- Am^d, où la lutte devait durer, violente et achai-née, jusqu'à la nuit. Gérard marcha contre Ligny un peu plus tard. Comme à Saint- Amand, l'engagement y fut terrible, avec des alternatives diverses.

A l'aile droite, le mari^chal Grouchy, qui disposait des deux corps de cavalerie de Pajol et d'Kxelmans, commença à escarmoucher avec, les tirailleurs prussiens dispersés en avant de Boignée et de Balâtre, et la division Hulot, du corps de Gérard, le seconda en menaçant Tongrinelle et le moulin Potriaux. Pajol complétait les démonstrations de Grouchy, par l'envoi de foils partis vers Onoz et dans la vallée de l'Orneau, de manière à faire croire à l'ennemi qu'il cherchait à déboucher sur la route de Namur au Mazy. Thielmann, inquiet de ces manœuvres, n'osa, pendant tout le temps de la lutte, dégarnir sa gauche, et il ne put être d'aucun secours à Ziethen et à Pirch I", qui s'épuisaient peu à peu à Ligny et' à Saint-Amand.

A ces manœuvres devait se borner le rôle de Pajol pendant toute la bataille. Son corps, en effet, était placé à rextréiiùtô nord-est du plateau de Fleurus, que des pentes rapides terminent, de ce côté, à la vallée de Ligny et à celle du ruisseau de Grand- Vau. Retenu dans le voisinage du chemin d'Onoz, et en arrière de la ligne de partage des deux vallées, par les tirailleui^ ennemis envoyés de Boignée et de Balàtre jusqu'à hauteur de l'arbre de Charlemagne, le i" corps de cavalerie n'avait qu'à agir dans la direction d'Onoz, en tournant les hauteurs de Tongrinn^s, où étaient massées la division Kemphen et la cavalerie du corps de Thielmann. Ne pouvant, sans infanterie, aller à Soignée et à Balâtm, Pajol accomplissait sa tâche dans la limite des ordres reçus. La division Hulot devant Tongrinelle, et les dragons d'Ëxelmans sur le chemin de Fleurus à Boignée, obligeaient Thielmann, par leurs attaques effectives, à s'engager réellement; mais les démonstrations de la cavalerie de Pajol jetaient le général prussien dans une perplexité qui paralysait son action.

L'Empereur cependant, dès le commencement de l'action, avait jugé de sonimportance. A trois heures et demie, il envoyait à Ney l'ordi-e de laisser devant les Quatre-Bras les troupes strictement nécessaires pour contenir les forces ennemies, s'il ne les av^t déjà battues, et de venir, avec tout le reste de l'aile gauche, déboucher à Brye, pour envelopper l'aile droite de l'armée prussienne.

Malheureusement, Ney, très-engagé, ne fut pas eu mesure d'eiécuter cet important mouvement. Il était cinq heures. Malgré les héroïques efforts de ses soldats, Vandamme ne parvenait pas à déboucher sur la rive gauche du Ligny ; Blucher cherchait même à le tourner, du côté de Wagnelée, pai- des masses de cavalerie que la division Domon était impuissante ù contenir.

Napoléon enleva à Pajol la division Suhervic et la porta en toute hâte au secours de la division Domon. L'arrivée de ce renfort arrêta le mouvement tournant de l'ennemi et assura nos communications avec Frasnes et avec le maréchal Ney, Mais il ne resta plus à Pajol que deux régiments de la division Soult, les 4* et 5* hussards; car le 1" hussards était toujours 'à l'aile

droite, sous les ordres de Ney, qui, selon les premières prescriptions del'Ëmpereur, aurait même dûle diriger, dès le matin, vers Marb^s, avec une division d'infanterie.

Malgré cette réduction considérable de son commandement, Pajol continua, avec tes 800 cavaliers qu'on lui laissait, à remplir le rôle qui lui avait été assigné.

Vers six heures, la division Hulot était sérieusement engagée dans Tongrinelle, où elle étsdt parvenue à entrer, mais où elle ne put se maintenir. Thielmann, faisant avancer la division Lucke pour seconder Kemphen, se disposùt à faire un vigoureux effort. La lutte devenait plus vive & l'aile droite. Pajol demanda de l'infanterie, en remplacement de )a division Subervic. On lui envoya un bataillon du 80* de ligne, de la division Hulot ; il le plaça devant Bolgnée, qu'il fit attaquer du côté de la ferme Philippe.

Gérard ne pouvait pas plus déboucher de Ligny que Vandamme de Saint-Amand. L'Empereur résolut alors de tenter un dernier effdrt. Déjà il avait envoyé la jeune garde renforcer le 3* corps; il porta les grenadiers sur Ligny, au secours de Gérard.

De nouvelles attaques allaient s'exécuter, quand Vandamme signala un corps en arrière de son extrême gauche. Elles furent immédiatement suspendues, mais reprises bientôt après, quand on eut reconnu que c'étùt le corps de d'Erlon, qui disparut d'ailleurs pour aller rejoindre Ney aux Quatre-Bras,

Thielmann, pendant ce temps, essayait de déboucher sur la chaussée de Fleurus, où il lançait sa cavalerie, dont les dra- gons d'Exelmans eurent promptement raison. La division Hulot marcha contre le moulin Potriauxet Tongrinelle, et sur ces deux points l'action fut vive et meurtrière. A la faveur de ces mouvements , que dirigeait le maréchal Grouchy, Pajol fit enlever Boignèe et occuper Balâtre. Ainsi, entre sept heures et sept heures et demie, nous bordions la rive droite du Ligny depuis l'embouchure du Grand-Vau jusqu'à la chaussée de Fleurus.

Voulant poursuivre ses succès, Grouchy demanda du renfort et l'autorisation d'enlever aux deux divisionsLucke et Kemphen, engagées tout entières contre lui, les hauteurs de Tongrinnes et du Point-du-Jour, d'où leur artillerie faisait beaucoup de mal

^dbyCoOC^IC

â notre cavalerie. Pour l'Empereur, le nœud de la question n'était pas \h. En elîet, quand les grenadiers de la garde eurent forcé le centre ennemi à Ligny et débouché avec les cuirassiers tie Milhaud sur le plateau de Bussy, l'armée prussienne lâcha prise partout. Son aile droite recula à Brye; et son ^le gauche se replia en arrière de Sombreffe.

Labataille était gagnée, miàs il était nuit close et, par conséquent, difficile de recueillir les fruits de la victoire par une poursuite vigoureuse. Cependaut les dragons d'Ëxelmans, auxquels la division Hulot avait ouvert le chemin du Point-du-Jour par la prise du pont et du moulin Potriaux, purent se jeter sur les arrière-gardes de Kemphen et de Lucke, qui allaient rejoindre la division Borcke et se masser entre Sombreffe et le Point^u-Joor. L'obscurité arrêta bientôt les dragons. Pajol avât aussi débouché de Boignée, enlevé Tongrinnes et amené ses deux r^ments à la droite du corps d'Ëxelmans.

L'armée française s'arrêta, vers neuf heures et demie du soir: le 3* corps (Vandamme), en avant de Saint-Amand, la Haye et Wagnelée; le 6' corps (Lobau), qui venait d'arriver en ligne, entre Brye et Sombreffe ; le 4* corps (Gérard), & sa droHe; la garde impériale en deuxième ligne, derrière le 4* et le 6* corps, sur le plateau de Bussy ; la division Hulot, toujours en dehors du 4' corps, au moulin Potriaux, au Pavé et à Tongrinnes ; la cavalerie de Grouchy (Exelmans et Pajol), prèa du Point-dii-Jour et en avant du château de Tongrinnes.

L'armée prussienne s'était retirée d'abord : 2iethen et Pirch 1", vers Tilly, laissant à Brye une foj'le arrière-garde, qui tirailla bngtemps avec les avant-postes de Lobau ; Thielmann, un peu en arrière de Sombreffe et du Point-du Jour, continuant, jusqu'il onze heures du soir, à lutter avec les cavaliers d'Ëxelmans et de Pajol. De ce côté, la situation étùt encore telle que Grouchy, qui dirigeait les tentatives de la cavalerie, ne put se rendre qu'àminuit à Pleurus, où. l'Empereur l'avait fait deman< der pour - dix heures. Les troupes d'Ëxelmans et de Pajol ne bivouaquèrent que vers minuit.

La journée était finie. Nous avions battu et refoulé l'armée prussienne, occupé la grande chaussée de Namur à Nivelles, pris à l'ennemi une trentaine de canoûs et quelques drapeaux.

Les pertes des Prussiens étaient d'environ 18,000 hommes tués.blessésoupris; les nôtres.de 10,000 hommes. Les cinq régiments de Pajol, qui ne comptaient pas plus de 2,000 combattants, perdirent 250 hommes, c'est-à-dire le huitième de leur effectif. Cette proportion prouve la vigueur qu'ils déployèrent dans les attaques où ils furent engagés. Si, au milieu de cette grande lutte, leur rôle se trouva un peu effacé, ils le remplirent du moins avec leur énergie accoutumée.

La fuyank de l'armée [H'DiûeDDe vont du tùli de M«mur. — Relraile de Bliicker lur Waire. — Pajol se porte lur la cbauuée de Namur, le 11, dèt l'iubr. — Il urÎTC iu Mazj à cinq lieures du malin. — Au-delà dullizf , il enlève huit canoat cl une grande qnanlilé de toilui«f. — Le F' buuards rallie la division Soult. — Pajol fait balte à recnliranrheinent de la route de Saint-Deub. — La brigade du géncnl Berlon portée à Gembloux. — Psjol n'ett plus loulenu. — L'Empereur lui envoie la diiisioii Teste, du 6' corps. — NapolvoD, avec la plus forte partie de l'aimée ei Ney, marche sur les Anglais. — Grouchj, avec l'aile droite ud |ieu réduite, laissé à ta poursuite des Pruùieni, — Ordre à Grouchy d'aller k Gembloui. — Renie ignements de Pijol au mjet de l'évacualion de Namur. — Pajol se rend i Saïnt-Deuis. — Son corps y esl réuni k Iroît heures el demie. — Il le ra- Bèoe ensuite coucher au Maty, — Baiions de ce retour au Bfaiy. —- Les autres toq» de Grouchj maués à GemUaux. — L'armée de l'Empereur bitouaque doanl Hont-SaiDl-IeaD. — L'armée de Wellington a Monl-Sainl-Jean ; celle de Ulêcber, à Wavre. — Ordres de Grouchy pour la marche du 18 juin. — Pajol le iMl eik roule pour Grand-Lu, k quatre heures et demie du malin. — 11 y arrive i huit heures, el y Irouve l'ordre d'aller i Tourinnes. — Dispositions de Blucher pour rejoindre l'armée anglaise. — Arrivée de Grouchy à Sarl-lez-WalhaÏD. — Bniit de la caaoDuade de Waterloo. — Gérard veut marcher au canon, — Arrivn de Pajol à TourioDU, avant une heure. — Vandamme parait dctani Wavre. — — Psjol marche de Tourinnes sur Limai, i quatre beurea. — Il arrive à la Baraque après sept heures du soir. — PoMlion critique de l'Empereur à Waterloo. — Dispositions d'attaque contre Limai. — Pajol enlève Limai vers huit heures du loir. — Vichery amène le (• corps pour le soutenir. — Retour de» Prussiens. — Leur retraite drGnitive. — Positions des cmDbattauts à onte heures du soir. — Caution du teu. — Inquiétudes au sujet de l'Empereur. — Circonstaocea qui ont eapfahé Pajol d'arriver à Waterioo.

Bien que l'armée prussienne se fût retirée assez lentement du <^iamp de bataille le 16 juin au aoir, en conservant à Brye et à Sombreffe des arrière-gardes qui résistèrent énergiquement aux tenlaUves de Lobau et de Grouchy, cette armée n'en était pas moins battue, et quelques-uns de ses corps désorganisés. Celles des divisions de Ziethen et de Pirch I" qui avaient supporté, à

Ligny et sur le plateau de Bussy, le choc décisif de la garde impériale et des cuirassiers de Milhaud, se débandèrent les premières. Leurs fuyards s'engagèrent, en grande paitie, sur la chaussée de Namur, qui leur offrait un débouché facile, et que le corps de Pirch I" avait d'ailleurs parcourue le matin même. Entre Sombreffe et Bothey, ces fuyards s'augmentèrent de ceux du corps de Thielmann appartenant aux divisions que Grouchy et Pajol chassaient de Tongnnnes et de la chaussée de Fleuras ; eux aussi ne connaissfùent que la route de Namur, par laquelle ils étaient venus.

Sur les 10,000 Prussiens qui s'enfuirent pendant la soirée du 16 et la nuit du 16 au 17, il y en eut au moins 6 à 7,000 qui se dirigèrent vers Namur par la grande chaussée ; le reste se jeta dans les chemins de traverse au nord de cette chaussée, et put rallier l'armée le jour suivant. Ces 10,000 fuyards, pillaot les villages, maltraitant les habitants, répandirent partout la nouvelle de la défmte de Ligny et de la retraite de l'armée prussienne vers la Meuse et le Rhin. Sur la chaussée de Namur, leur défilé dura toute la nuit, au milieu d'an pêle-mfile inouï, qu'augmentèrent les voitures de toutes sortes qui furent abandonnées ou qu'on essaya d'emmener. Les habitants des vill^^es ou hameaux situés sur cette chaussée furent, on le comprend, vivement impressionnés, et ils purent croire, en effet, que l'armée prussienne tout entière se sauvait à Namur.

Il n'en était rien. Ziethen et Pirch I" rassemblaient la majeure partie de leurs troupes à Tilly, Gentinnes et Mellery; tandis que Thielmann passa la nuit, avec ses divisions, entre le Point-du-Jour, Sombreffe et Corroy. Blucher ne pouvait remettre son armée en état en la laissant si près du vainqueur. Il avait ordmné sa concentration à Wavre, d'où il pensait pouvoir la réunir facilement à celle de Wellington, qui recidait ellemême jusqu'à Mont-Saint-,lean et Waterloo. En conséquence, le 17 juin, dès l'aube du jour, l'armée prussienne se mit en mouvement pour aller à Wavre : Ziethen et Pirch 1" par Moot- Sànt-Guibert, et Thielmann par Gembloux, où il devait trouver l'appui de Bulow, qui, n'ayant pu arriver la veille de Hannut h Ligny, s'était arrêté, k onze heures du soir, entre Baudeset et Sauvenière.

par suite de ces mouvements rétrogrades des corps prua- ^ens, la chaussée de Namur à Nivelles était à notre disposition dès deux henres du matin. Pajol, l'ayant appris par 'ses reconnaissances, fit monter à cheval les deux ré^ments qu'il avait avec lui (4* et 5' hussards), afin de s'y porter. En agissant fûnsi, il se conformait non-seulement à ce que commandaient les circonstances, mais encore aux indications données quelques heures auparavant par l'Empereur et par le maréchal ûrouchy ('). Quant & la direction à prendre, Pajol n'en ayiût pas d'autre que celle de Namur. 11 était en position un peu au nord de Tongrinnes et & l'extrême droite de l'armée. En sortant de ses bivouacs, il débouchait sur la chaussée de Namur, près de Botbey ; son attention devait naturellement se porter vers Namur, qu'on n'avfùt cessé de lui signaler, pendant toute la journée du 16, comme point de ravitaillement et de ralliement dont il devtût chercher h couper les Prussiens. Il lui parmssait donc probable, le 17 au matin, que l'ennemi s'y serait porté en niasse par la chaussée, sa ligne naturelle d'opérations.

Dans tous les cas, Pajol n'avait point à s'occuper de Gembloux, puisque les dragons d'Exelmans. étaient au Point^niu-Jour, face à cette direction, qu'il leur était facile de reconnaître. Avec 800 cavaliers, Pajol ne pouvait fouiller le pays dans tous les sens, être à la fois sur la route de Namur et du côté de Gembloux ; le 17 au matin, le cercle de ses opérations se trouvmt trës^estreint, à cause du petit nombre d'hommes dont il disposait.

Avant de se mettre en marche, Pajol envoya à Grouchy son ûde de camp Dumoulin pour fmre connaître au maréchal que l'ennemi avût disparu et qu'il partait à sa recherche. A ce moment, aucun ordre formel de poursuite n'avait été donné ni par

Cj Dus le Priât paltiigm tt miUleirt Je la campagne dt 1S15, ptT le gÉDéral ianini (Paris, Aotelin et Lagu^oaie, Amyot, 1830), on lit, page IBS : - 11 parait

■ cDDiUDt tfoe lei ordres donoés le 17 au matin aui diETérenu corps de OTalerie

■ pour la pounuile (ur«nt adreuéi directement par l'Empereur à Pajol, à Exelmans > (1 à Honlhiou. » le peniile k peniCT, d'après les pièces qui oui été pubUèei, que Pajol ue refut point potitiveuMiit Tordre de te mettre eu mouTemeot, nuit qu'il le fit d'après lea inslruclions données, la veille à onze heures du toir, par l'Empereur et Grouchy, întlrucUons qui avaient trait aussi bien à la sdreté de* cantounementi qu'à la pouTtuite de l'etiDbmi.

Groachy ('), ni par l'Empereur (*) ; mais, en suivant son inspiration; Pajol ne fiûsail que se conformer aux nécessités des circonstances et aux instructions données la veille.

L'aide de camp Dumoulin, après avoir vu Grouchy, revint bientôt avec l'ordre positif d'avancer vers Namur. Prévenu de la disparition de l'ennemi, le maréchal avertit immédiatement Exelmana de se préparer à agir aussi et de faire appuyer Pajol par une de ses brigades. Celle du général Berton reçut cette mission.

Un peu après trois heures du matin, Pajol quitta les environs de Tongrinnes à la tête du 4' et du 5* hussards, et alla gagner la cbeuissée de Namur, près de Bothey. Il fouilla ce village, ramassa quelques prisonniers et donna la chasse h des fuyards égarés. Les premiers renseignements qu'il put recueillir étant absolument insignifiants, il marcha sur le Mazy, où il arriva vers ■ cinq heures du matin. Là il apprit que, pendant toute la nuit, avidt défilé une colonne de fuyards, évaluée à 6 ou 7,000 hommes. 11 se mit à sa poursuite ; à peu de distance du village, il tomba sur un convoi d'artillerie qu'escortaient des cavaliers. Après les avoir sabrés, il s'empara de huit canons et de plusieurs voitures de munitions. Sur-le-champ, il envoya les canons et des nouvelles au maréchal Grouchy, & Sombreffe. Reprenant ensuite sa course , il arriva bientôt à hauteur des Isnes, où il trouva, soit sur la route, soit dans les champs avoistnants, une quantité considérable de voitures à bagages et à vivres, que les conducteurs et les escortes avaient abandonnées en emmenant les chevaux.

Pajol était parvenu à l'embranchement de la ïbute qui, par Saint-Denis et Meux, mène à Leuze ou à f^gliezée, villages situés sur la route de Namur à Louvain. H était neuf heures du matin. Arrivé à une distance de dix kilomètres de SombrefTe, et sans nouveltea de l'armée, il ne crut pas prudent de s'avancer davantage; d'autant plus que le l" régiment de hussards, qui venait de le rejoindre, n'avait trouvé sur la chaussée de

(') Relation luccliitlt di la campagne de \i\h ta BelgitfiK, piëceE et' dociuneuts ofGcieb ioédiu (Paria, Delancli;, IStSJ, •>• série, p. S.

(») Préeii politique cl mililaire de la cam/iagne de 1815, p«r le géai'Tal Joauui (Pam, Aiueliu et L^ujome, AmjOt, 1836), p. 185 et ISS.

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