DES SCEAUX-MATRICES
On s'est servi au moyen âge de trois sortes d'instruments à sceller.
Le premier, connu dans la plus haute antiquité , est l'anneau sigillaire (annulus, annulus signatorius, sigillaricius ou cerographus) ; il se composait, comme nos bagues à cachet, d'une pierre plus ou moins précieuse, gravée en creux et fixée au chaton d'un anneau.
Les diplômes des rois de France des 1re, 2e races et quelques-uns de la 3e portent des empreintes de ces anneaux sigillaires. Quelques dignitaires de l'Église se servirent d'anneaux jusqu'au ixe siècle.
L'emploi de cette sorte de sceaux, qui cessa entièrement au xie siècle, se trouve désigné dans les titres par les expressions de : annulo signare , annulo sigillare, annuli impressione signare, etc.
L'anneau du pêcheur: annulus piscatoris, ainsi appelé parce qu'il représente saint Pierre dans son premier état, était un sceau annulaire à l'usage des papes ; ils s'en servaient pour leurs lettres particulières. Ce ne fut que vers le xve siècle que l'anneau du pêcheur fut employé à sceller les bulles ou brefs.
Le second instrument sigillaire qui vint succéder aux anneaux, et prendre le nom de sigillum, se composait d'une plaque de métal, de forme ronde ou ovale, ayant une face gravée et l'autre garnie d'un anneau ou d'une poignée. Nous le voyons apparaître vers le xe siècle et concourir avec les anneaux-cachets à la validation des actes jusqu'au xie siècle, où il reste seul en possession de sceller jusqu'aux derniers temps du moyen âge.
Ce sceau-matrice, qui n'est plus circonscrit dans l'étroit chaton d'une bague, se prête à tous les