QUATRIÈME PARTIE
développements qu'exigent les figures et les inscriptions dont il doit fournir l'empreinte. Aussi il croît tellement en faveur qu'au xme siècle il est en usage dans tous les rangs de la société. On verra plus loin les types nombreux et variés qu'il a produits ; ce sont eux surtout qui seront l'objet de notre examen.
Les chartes qui appartiennent à cette période portent les formules : sigilli inpressione communiri feci, sigillo confirmavi, sigilli appositione roboravi, sigillum apponere fecimus, sigilli munimine roboravi, etc.
Le troisième sceau-matrice est le coin bullaire, gravé et disposé comme le coin des monnaies. Il servait à frapper les sceaux métalliques, nommés bulles; tels sont ceux d'or, d'argent, d'étain ou de plomb, dont quelques souverains et chefs de l'Église jugeaient à propos de fortifier certains actes.
La plupart des édits des empereurs romains étaient ainsi scellés.
Les papes, au moyen âge, ont particulièrement fait usage du coin bullaire pour sceller en plomb leurs rescrits.
Ce mode de sceller se reconnaît dans les actes aux expressions de : subter plumbum sigillari fecimus, présentes bullà aureà nostrâ roboratas , bullœ
nostrœ plumbeœ munimine roborari fecimus, bullis nostris insigniri jussimus, etc., etc.
DES SCEAUX-EMPREINTES § 1er. DÉNOMINATIONS
Les sceaux, considérés comme empreintes, ont entre eux diverses dénominations qui tiennent aux attributions qu'ils ont reçues de l'usage. Il importe de les connaître ; ainsi :
Sigiiium , scel, sceau , anciennement seel, sael, terme générique, désigne toute empreinte de sceau. Ce n'est que vers le xe siècle qu'il servit à exprimer l'instrument à sceller, « Le mot sigiiium, disent les BB., est surtout commun sur les sceaux des évêques et des grands seigneurs dès le milieu du xne siècle. Au lieu de sigiiium on trouve signum , impressio et subscriptio sigilli sur quelques sceaux des comtes et des églises : c'est qu'alors les sceaux tenaient lieu de signature. »
Sigiiium magnum, sigiiium parvum indiquent
le grand et le petit sceau dont, suivant l'importance des actes, se servaient les souverains, les grands