Tome I, Complectens Ciceronis de Re publica quœ supersunt
Tome II, Complectens Ciceronis orationum fragmenta; Item, orationum in C. Verrem partes ; Item, Ciceronis antiquum interpretem; Romce, Tjpis Vaticanis, 1828, in-8° i^avec des fac-similé^.
Cette découverte du texte du traité de la République fit beaucoup d'éclat et à juste droit; à Paris, elle excita de plus un piquant intérêt, car il y avait peu de temps qu'un savant académicien venait de publier un texte de ce même ouvrage, tel qu'il avait cru pouvoir le recomposer d'après les nombreuses citations qu'on trouve de cette œuvre politique de l'ancienne philosophie, dans l'antiquité latine tout entière, soit sacrée soit profane; d'après aussi les autres écrits de Cicéron, qui en parle souvent, particulièrement dans ses Lettres ; enfin, d'après le traité des Lois qu'on pouvait considérer comme contenant les déductions des théories exposées dans l'ouvrage perdu. L'ouvrage retrouvé ne laisse à l'ouvrage recomposé par feu M. Bernardi que le mérite de la réunion des maximes politiques de Cicéron , maximes que l'écrit original nous montre comme très-élevées , et toutes dérivées de ce principe sublime : La souveraineté de la justice , antérieure et supérieure a toutes les autres ; maximes saintement pratiquées par Cicéron, qui, gouverneur de la Cilicie, refusa son appui à Brutus contre la ville de Salamine, et malgré les instances d'Atticus, parce que ce qu'on demandait à l'autorité du gouverneur était contraire aux principes proclamés par le philosophe. Rarissime exemple dans toutes les histoires de ce monde, d'un homme d'état fidèle dans ses actions aux préceptes qu'il a proclamés dans ses écrits.
La Bibliothèque du Roi renferme un très-grand nombre de manuscrits contenant des ouvrages divers de Cicéron; on peut en porter le chiffre à près de 3oo; mais peu d'entre eux sont remarquables par leur ancienneté, aucun d'eux ne remontant au-delà du neuvième siècle. Il y en quatre de cette époque, et les deijx volumes qui sont cotés n° 6732 et n" 7774 a, se distinguent par leur belle exécution. Ils contiennent Tusculanarum quœstionum lihri quinque ; de Senectute; Orationes in Verrem; de Inventione lihri duo ; fragmentum de Rhetorica. Le n° 6601, de Officiis libri très, assez beau manuscrit, et le n" 67 Si, sont du dixième siècle. Les onzième et douzième siècles n'ont également fourni à la Bibliothèque du Roi que quelques volumes de Cicéron; mais dès le treizième ils y sont fort nombreux, et il en est de même pour les deux siècles suivans, le quatorzième et le quinzième.
C'est à ce dernier siècle qu'appartient un très-beau et précieux manuscrit de la Bibliothèque royale, exécuté en Italie, écrit en lettres rondes, avec des capitales et des ornemens rehaussés d'or, et qui renferme tous les ouvrages de Cicéron, y
compris les traités qui lui sont attribués. Ce volume, oii Ton remarque cependant quelques lacunes, faisait autrefois partie de la riche collection du duc de La Vallière.
On ne connaît qu'un très-petit nombre de manuscrits contenant les œuvres complètes de Cicéron. Au commencement du quinzième siècle, vin religieux entreprenait la traduction des ouvrages de l'orateur romain, et la dédiait a trèsexcellent, glorieux et noble prince Loys , oncle du roy de France, duc de Bourbon, comte de Clermont et de Foretz, seigneur de Beaujeu, grand chambérier et per de France. Les lignes suivantes nous apprennent la date de la traduction, le nom de l'auteur et en tête de quel livre fut mise la dédicace :
« Cy fine le livre de Tulle, de Vieillesse, translaté de latin en françois, du commandement de très -excellent, glorieux et noble prince Loys, duc de Bourbon, par moi Laurent de Premierfait, cinquiesme jour de novembre mil quatre cens et cinq. »
Un autre volume, numéroté 778g latin , nous a conservé le nom de ce traducteur, celui de la personne à laquelle il dédia son travail, et cet autre manuscrit est sur un vélin très-blanc , orné d'encadremens rehaussés d'or, écrit à longues lignes; son exécution a été très-soignée, et c'est le seul manuscrit de Cicéron c[ui soit enrichi d'assez belles miniatures. L'une d'elles représente l'auteur, Laurent de Premierfait, offrant en hommage sa traduction au duc de Bourbon. Le volume contient à la fois le texte latin du traité de la Vieillesse, et à la suite la traduction française.
C'est aussi avant la fin de ce même siècle, que les ouvrages de Cicéron étaient déjà répandus par l'imprimerie. L'abbaye des bénédictins de Subbiaco, petite ville frontière de Rome, publiait, en 1467, le de Oratore , deux éditions de ses Epitres familières , ses épitres ad Quintum fratrem, et le traité de Officiis; l'an 1470? les Philippiques , et, l'année suivante, les ouvrages philosophiques. Venise, pendant ce même intervalle de temps, avait aussi donné, en 1469, une édition des Epitres ; l'année suivante, 1470? on imprimait à la fois, à Venise et à Milan, d'autres écrits de ce même auteur; et en i47^) ^^ Strasbourg, le de Officiis, à Naples le de Rhetorica. La première édition complète des œuvres de Cicéron est de 1498 et ï499i Mediolani, per Alexandrum Minutlanum, 4 vol.; édition d'une extrême rareté. Deux autres d'une époque postérieure sont aussi assez recherchées; la première : M. T. Ciccronis opéra omnia. Pétri Victorii castigationibus illustrata; Venetiis , Lucas Ant. Junta, i534, i536 et i537,4 vol. in-folio; et l'autre, qui fut conférée sur les manuscrits, a été publiée et imprimée par Robert Estienne, i SSg, en 1 vol. in-folio.
he fac-similé figuré sur notre planche est tiré du manuscrit latin, ancien fonds, n" 7739; il contient les deux livres de Inventione, ainsi (jue le Rhetorica ad Herennium, et il offre le modèle d'une belle écriture du treizième siècle.