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al-te-ri- us pro
Dans l'exposé objectif des faits, nous nous bornons simplement à signaler ces rapprochements, sans chercher à en tirer pour le moment une conclusion positive sur l'influence que la musique grecque a pu exercer sur le chant bénéventain.
Les antiennes gréco-latines une fois terminées, le sous-diacre chante une leçon de l'Ancien Testament : Venite circumveniamus justum quoniam inutilis est nobis et contrarius est operibus nostris... empruntée au chapitre II du Livre de la Sagesse, vv. 12-23. Le passage est introduit par un petit prologue : Dixerunt impii de Deo, inspiré du début du chapitre : Dixerunt enim cogitantes apud se non recte. Quant au Venite initial, qui ne figure pas à cette place dans le texte biblique, il provient du verset 6 du même chapitre.
La leçon n'est précédée d'aucun titre, mais le prologue qui en tient lieu est chanté par le sous-diacre « voce magna » sur une mélodie particulière dont nous retrouverons dans la suite d'autres emplois :
Dixe- runt impi- i de De-o l.
Absente actuellement de la liturgie romaine, cette leçon figure dans tous les manuscrits anciens comme deuxième lecture de la messe du Mardi-Saint; nous avons déjà eu l'occasion
(1) Cette phrase mélodique se trouve dans trois de nos manuscrits : le Graduel Vat. lat. 1067 j, le Missel VI. jj et le Graduel VI. 40 de Bénévent. C'est le premier que nous suivons ici exactement, les deux autres reportant le pressus sur les deux dernières syllabes de impii; ce qui est mauvais si l'on en juge par les trois autres cas où la même formule mélodique est employée, plus loin, dans la Passion selon S. Matthieu.
Paléographie XIV. 40
de le signaler précédemment, page 267 (1). Mais elle est peut-être mieux encore à sa place au Vendredi-Saint, tant sont évidentes les allusions prophétiques à la Passion du Seigneur. N'est-ce pas, en effet, un passage des Evangiles qu'on croirait lire dans cette prophétie dont bien des traits semblent avoir été écrits après la Passion : 13. Promittit se scientiam Dei habere et Filium Dei se nominal... 16. ...et gloriatur Patrem se Deum habere (Vulg. : Patrem se habere Deum...) 18. Si enim est verus Filius Dei, suscipiet illum et liber abit eum de manibus contrariorum... 20. Morte turpissima condemnemus eum} On rapproche spontanément ces textes de l'Evangile de S. Matthieu XXVII, 43 : Confiait in Deo: liberet nunc, si vult eum; dixit enim quia Filius Dei sum; ou encore du psaume de la Passion : Speravit in Domino, eripiat eum, salvum faciat eum, quoniam vult eum (Ps. XXI, 9).
Comme dans toute avant-messe, la lecture est suivie d'un graduel, ici le répons Amiens meus. La restitution que nous en donnons est basée, outre le Graduel lat. 10673 de la Vaticane, sur le Missel VI. 33 et le Graduel VI. 40 de Bénévent.
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