‹ Paléographie musicale (volume 2)Chapitre 111 sur 157 · TT · texte numérisé non relu

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ca-vi Domi-no, pec- ca- vi, tradidi san- gui- nem ju- stum. * Et in.

Il est inutile d'insister sur le caractère prolixe de cette pièce bien bénéventaine; nous nous contenterons de relever, pour souligner l'homogénéité du répertoire bénéventain, les points de contact les plus marquants avec quelques-unes des pièces dont nous avons donné

(1) Les documents romains introduisent, eux aussi, le texte biblique, par un petit prologue, à peine différent du prologue bénéventain : Dixerunt impii Judœi apud semetipsos : Venite circumveniamus. . .

On peut ajouter que, si la leçon en question a disparu depuis longtemps de la liturgie romaine, nous en avons toujours un vestige dans la cinquième antienne des Laudes du Mardi-Saint : Dixerunt impii : Opprimamus virum justum, quoniam contrarius est operibus nos tris; parallélisme aujourd'hui indiscernable entre la Messe et l'Office. Selon toute vraisemblance, on peut en dire autant du répons Dixerunt impii, indiqué le plus souvent par les manuscrits au Dimanche des Rameaux, dans la série des répons affectés au Dimanche même et aux trois fériés qui suivent.

LA TRADITION BENEVENTAINE.

précédemment la restitution. On pourra comparer, par exemple, la mélodie de osculi (re ligne) avec celle de animam meam dans le graduel Dum congregarentur (p. 265, 2e ligne) ; de qui per osculum (2e ligne) avec a cœna et alterius dans l'ingressa Postquam surrexit (p. 276, re et 4e lignes) ; le même type de cadence revient ici sur abiens (y ligne). La phrase laqueo se suspendit {y et 4e lignes) se retrouve, dans l'antienne Cum recubuisset (p. 286, 3e ligne), sur les mots pedes ejus rigavit. Quant aux incipits des deux incises et ait et tradidi (5e et 6e lignes), ils rappellent exactement ceux de toutes les phrases de l'ingressa Postquam surrexit (p. 276).

D'un autre point de vue, on n'aura pas manqué de noter le parallélisme qui, une fois de plus, se manifeste ici entre la tradition bénéventaine et la tradition romaine. Les livres grégoriens, eux aussi, possèdent en effet un répons Amicus meus, toujours en usage aux Ténèbres du Jeudi-Saint. Si les mélodies de ces deux pièces n'ont rien de commun, la comparaison des textes est intéressante, tant au point de vue du parallélisme des deux traditions que des divergences profondes qui les séparent.

Rome

Amicus meus osculi me tradidit signo :

Quem osculatus fuero,

ipse est, tenete eum.

Hoc malum fecit signum,

qui per osculum adimplevit homicidium.

Infelix praetermisit pretium sanguinis,

et in fine laqueo se suspendit.

f. Melius illi (al. : ei) erat

si natus non fuisset. * Infelix.

vel f. Bonum ei erat

si natus non'fuisset homo ille. * Infelix.

Amicus meus osculi me tradit signum.

Hoc malum fecit,

qui per osculum adimplevit homicidium ;

et in finem abiens laqueo se suspendit. f . Rettulit triginta argenteis principibus sacerdotum, et ait :

Peccavi Domino, peccavi, tradidi sanguinem justum. * Et in.

Comme on peut le constater, les deux textes se correspondent bien, avec de notables abréviations toutefois dans la version bénéventaine. L'absence de la phrase Quem osculatus fuero, ipse est, tenete eum dans cette dernière soulève même une petite difficulté, due en partie à l'incorrection grammaticale de ses trois témoins.

A quoi se rapporte au juste le mot signum} L'absence de ponctuation dans les manuscrits peut laisser hésitant sur ce point. L'accusatif incline tout naturellement à rapporter le mot à la seconde incise, où il jouerait le même rôle que dans le texte romain, avec une simple inversion : Hoc malum fecit signum ici, et là : Signum hoc malum fecit. Pour que le mot pût être rapporté à la première phrase, il faudrait, comme dans le texte romain, l'ablatif signo. Et cependant cette solution n'est pas admissible, car elle rend inexplicable le génitif osculi. De deux choses l'une, ou bien il faut lire, comme dans le texte romain : osculi me tradidit signo, ou bien : osculo me tradit (ou tradidit). Comme par ailleurs il est beaucoup plus facile de confondre signo et signum que osculi et osculo, on doit en conclure que le signum bénéventain se rapporte à la première phrase et non pas à la seconde, qui se suffit à elle-même sans ce mot.

L'examen de la mélodie bénéventaine incline d'ailleurs dans le même sens. Sans doute on rencontre parfois comme cadence la formule sur sol qui termine ici le mot tradit; mais

on observera qu'elle ne se retrouve pas une seule fois dans notre répons, alors que la cadence sur la de signum, beaucoup plus fréquente dans le répertoire bénéventain, revient ici jusqu'à six fois. Il semble donc très vraisemblable que, la première fois comme les cinq autres, cette formule joue bien le rôle de grande cadence, la formule sur sol ne constituant qu'une cadence intermédiaire.

L'analyse mélodique de la pièce confirme, on le voit, l'analyse textuelle, et impose donc la forme signo comme seule correcte. Ajoutons que l'unanimité des manuscrits sur la leçon contraire est un argument sur lequel il vaut mieux ne pas insister; ils donnent tous aussi, dans le verset, la forme argenteis, alors que, de toute évidence, il faudrait l'accusatif : Retulit triginta argenteos.

On voudrait pouvoir contrôler ce dernier point dans nos manuscrits eux-mêmes, où l'évangile affecté à cette première avant-messe est précisément tiré du même passage de S. Matthieu que le répons Amieus meus : tout le début du chapitre XXVII, versets i à 10 (i). Mais le texte du Missale Antiquum se contente ici de renvoyer à la Passion selon S. Matthieu, qui figurait dans le manuscrit avant la messe du Dimanche des Rameaux : Dominiea in Palma in nocte. Malheureusement il ne nous reste plus que le début de ce texte, toute la fin de la Passion ayant disparu, ainsi que la messe du Dimanche des Rameaux, celle du Lundi et une partie de celle du Mardi-Saint.

Comme la leçon de la Sagesse, l'évangile commence ex abrupto, sans Dominas vobiscum et sans titre.

En terminant l'analyse de cette première fonction, on peut remarquer que l'Adoration de la Croix n'en constitue pas seulement un acte; elle occupe toute la cérémonie; c'est-à-dire qu'elle se déroule pendant l'exécution par les clercs, non seulement des pièces chantées, mais encore des lectures : »Dum clerici canunt et legunt, omnes adorent sanctam crucem juxta ordinem suum», dit l'ordo de la Vaticane; * et, finito evangelio, discedant ».

La deuxième avant-messe bênéven faine.

La première cérémonie de l'Adoration de la Croix ayant eu lieu à l'heure de Tierce, il s'en déroule une toute semblable à l'heure de Sexte. On se réunit de nouveau à l'église, et la fonction débute, comme la première, par la récitation privée de la petite Heure correspondante : « et cantent Sextam in secreto cordis sui ».

(i) Mane autem facto, consilium inierunt omnes principes sacerdotum et seniores populi adversus Jesum, ut eum morti trader e?it. Et vinctum adduxerunt eum et tradiderunt Pontio Pilai 'o prœsidi. Tune videns Judas, qui eum tradidit, quod damnatus esset, pœnitentia ductus, retulit triginta argenteos principibus sacerdotum, et senioribus, dicens : Peccavi, tradens sanguinem justum. At illi dixerunt : Quid ad nos? lu videris. Et, projectis argenteis in templo, recessit et abiens laqueo se suspendit. Principes autem sacerdotum, acceptis argenteis, dixerunt : Non licet eos mittere in corbonam, quia pretium sanguinis est. Consilio autem inito, emerunt ex illis agrum figuli in sepulturam peregrinorum. Propter hoc vocatus est ager ille Haceldama, hoc est ager sanguinis usque in hodiernum diem. Tune impletum est quod dictum est per Jeremiam prophetam dicentem : Et acceperunt triginta argenteos, pretium appretiali, quem appretiaverunt a filiis Israël : et dederunt eos in agrum figuli, sicut constituit mihi Dominus.

LA TRADITION BÉNEVENTAINE. 317

Aussitôt après commence le chant des trois antiennes gréco-latines qui ouvraient la première fonction, avec les psaumes correspondants; c'est pendant leur exécution qu'a lieu la seconde Adoration de la Croix (i).

Cette première partie de la cérémonie étant terminée, on entre au chœur, « ingrediantur chorum », au chant d'une quatrième antienne grecque :

nàvTtz Ta e'OvT) oaa iKoL-rpaiç, rfyousty xal TipoT- x'jV7)a-ou<nv è-vwtu-ov aou Kûoi- g.

Panta ta etni osa epy-ysas yxu-sin ke pros- ky-risu- sin enopi- on su Kyri- e.

Comme les précédentes, celle-ci est aussi donnée par les manuscrits sous sa forme latine :

Omnes gentes quascumque fecisti veni-ent et adorabunt coram te Domine.

L'une et l'autre sont chantées trois fois, mais sans aucune psalmodie.

Nous disions, en décrivant la première Adoration, que les trois antiennes gréco-latines qui ouvraient la fonction y jouaient, en somme, le rôle de l'introït dans une avant-messe. L'analogie ne saurait être contestée. 11 y a toutefois cette nuance à observer que l'introït est un chant d'entrée, un chant de procession, alors que les trois antiennes en question n'accompagnent aucune procession. Nous n'aurions pas insisté sur ce détail, s'il ne se trouvait précisément que la deuxième avant-messe bénéventaine comporte bien, elle, une antienne spécialement affectée à l'entrée au chœur. L'absence de psalmodie la rapprocherait d'ailleurs plutôt de l'ingressa milanaise ou bénéventaine que de l'introït romain.

Du point de vue mélodique l'antienne Omnes gentes, sous sa forme grecque ou latine, appartient à un type assez particulier et qu'il n'est pas aisé de classer dans un mode déterminé d'après les principes habituels adoptés pour l'ensemble du répertoire. A considérer sa seule finale, la pièce devrait être classée, en effet, dans le IVe mode ; mais ce dernier a pour dominante la, et l'antienne atteint à peine une fois le sol. La ligne mélodique oscillant autour de la corde mi, il se trouve que la finale coïncide ici avec la corde de récitation. Aussi bien, notre antienne appartient-elle à un type particulier et qui constitue à lui seul un groupe à part, comportant une psalmodie spéciale dont la récitation est précisément sur mi. Le fait que nous trouvions ici ce type mélodique sur un texte grec éclaire en partie le problème soulevé par ce groupe d'antiennes du répertoire

(i) On remarquera que le Graduel de la Vaticane est le seul de nos manuscrits qui prévoie explicitement la répétition de ces trois antiennes au début de la deuxième avant-messe; tous ceux qui distinguent les deux fonctions placent ici le groupe des pièces qu'on trouve habituellement affectées à l'Adoration de la Croix dans les manuscrits romains, à savoir : l'antienne Ecce lignum, le Trisagion, les versets Popule meus et les Impropères. Ces mêmes pièces figurent bien d'ailleurs dans le manuscrit de la Vaticane, mais au cours du premier ordo romain. On notera que le Graduel VI. JJ, qui a réuni en une compilation unique toutes les pièces de chant affectées à l'Adoration de la Croix dans l'une et l'autre tradition, encadre ici précisément la série des antiennes bénéventaines entre deux groupes de pièces romaines qui figurent respectivement, dans le manuscrit de la Vaticane, au cours des premier et second ordos romains.

grégorien, dont une des caractéristiques est que, dans les textes latins, la cadence finale est immuable, indépendante par conséquent de l'accentuation latine.

On peut ajouter que cette psalmodie se retrouve, à peine plus ornée, pour accompagner les Impropères (i). Il semble bien dès lors qu'on soit autorisé à considérer ce type particulier d'antiennes et de psalmodie comme étranger au répertoire grégorien traditionnel, et d'origine grecque.

Exécutée trois fois sous sa double forme, grecque et latine, l'antienne Omnes gentes est suivie d'une leçon prophétique qui embrasse tout le chapitre III du Livre de Daniel, y compris les deux « cantiques » qui s'y trouvent insérés : la Prière d'Azarias et le Cantique des Trois Enfants.

La leçon commence sur le ton ordinaire des lectures, et se poursuit ainsi jusqu'au verset 24 : Et ambulabant in medio flammœ laudantes Deum et benedicentes Domino. Le lecteur est alors averti qu'il doit changer de ton dès qu'il aborde le Cantique d'Azarias. En manière de prologue, celui-ci est introduit par le verset 25, comme il suit :

Stans autem Aza-ri-as, o-ra-vit sic, ape-ri- ensque os su-um in medi-o i- gnis, et a-it :

Benedictus es Domine De-us patrum nostro-rum, et laudabi-lis et glo-ri-osum nomen tu-um

(1) Voici, par exemple, un verset des Impropères accompagné : d'une part de la récitation psalmodique propre à ce mode irrégulier, d'autre part de la formule traditionnelle sur laquelle il se présente dans la liturgie du Vendredi-Saint :

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Ego ante te aperu- i ma-re : et tu aperu- isti lance- a la-tus me- um. Pour le verset des Impropères, nous donnons ici la formule récitative des manuscrits bénéventains ; on la trouvera plus loin : pi. xiv pour le Graduel Bénévent, VI. 40; pi. xxm pour le Graduel Bénévent, VI. jç. Quant à l'ordo de Lucques, pi. xlii, on remarquera qu'il emploie alternativement deux types de finale : celle que nous avons indiquée, et une autre un peu moins ornée :

la-tus me- um Rappelons à ce propos que les manuscrits anciens sont relativement rares qui donnent le texte des Impropères. A une seule exception près, nous ne les avons jamais trouvés que dans des manuscrits italiens. La mélodie qui les accompagne n'est d'ailleurs autre, en général, dans l'Italie du Nord, que l'un ou l'autre des tons de psalmodie solennelle, le plus souvent celle du IIe mode. Quant au type de récitatif que nous venons de reproduire — c'est, à peu de chose près, la leçon devenue officielle dans le Graduel romain, — il apparaît comme caracté» ristique de l'Italie Centrale, et surtout Méridionale. La présence côte à côte dans nos manuscrits de cette série de versets et de l'antienne nâvxï xà èOvt) ne peut que confirmer dans cette idée que le récitatif des Impropères n'est pas autre chose que la forme solennelle de la psalmodie qui accompagnait les antiennes du type Omnes gentes.

LA TRADITION BÉNÉVENTAINE. 319

in saecu-la. Qui- a justus es in omnibus quae fe-cisti no-bis. ..

C'est, on le voit, le même type de récitatif que celui de la Prière de Jonas (i); aussi pouvons-nous nous borner à en donner ici le début.

La leçon se poursuit sur ce ton jusqu'au verset 45.

Accompagnée du Cantique d'Azarias sous la forme qui précède, la leçon de Daniel est attestée par toute une série de manuscrits de l'Italie Méridionale et de l'Italie Centrale, ceux-là même, dans l'ensemble, qui nous ont déjà fourni le récitatif de la Prière de Jonas (2).

Parmi ces manuscrits, ce sont toutefois les seuls documents de tradition bénéventaine au sens strict qui l'insèrent, le Vendredi-Saint, au cours de la fonction que nous étudions actuellement : le Graduel Vat. lat. 106J3 et le Missale Aniiquum VI. 33 de Bénévent, auxquels on peut ajouter, comme nous le dirons dans un instant, les deux Graduels VI. 39 et VI. 40 de la même bibliothèque.

C'est au Samedi-Saint qu'elle figure, au contraire, dans tous les autres manuscrits où nous avons pu la trouver, et qui se ramènent à deux groupes bien caractérisés : le groupe cassinien et le groupe de l'Italie Centrale.

Le premier comprend : les Missels pléniers Vat. lat. 6082, Vat. Ottob. 576, Mont- Cassin 727, un fragment des Compactiones du Mont-Cassin et le Missel Bénévent, VI. 29, de tradition cassinienne. lui aussi, puisqu'il provient de l'abbaye Saint-Pierre de Bénévent; le second : le Lectionnaire Rome, Angelica J383, le Lectionnaire de Sainte-Cécile de Rome dont nous avons déjà parlé précédemment (p. 273); enfin le Missel plénier Vat. lat. 4T]o, où les « cantiques » de la leçon de Daniel ne sont pas plus [notés que la Prière de Jonas, encore que les changements de tons à observer par le lecteur y soient indiqués, ici et là, avec toute la précision désirable.

Mais la question d'affectation n'est pas la seule qui distingue les différents témoins de la lectio cum cantico de Daniel ; une divergence plus profonde les sépare, qui les caractérise du même coup d'une manière extrêmement précise; elle se manifeste dans la seconde partie de la lecture. Tandis que les deux autres groupes affectent à cette leçon le texte entier du chapitre III de Daniel, celui-ci se trouve amputé, dans tous les manuscrits cassiniens, de toute la partie contenant les Benedictiones et les quelques versets qui les introduisent; ils passent directement du verset 50 : ...née quidquam molestiœ intulit au verset 91 : Tune Nabuebodonosor rex obstupuit..., sans même signaler, d'une manière ou d'une autre, l'omission du passage intermédiaire, en tout quarante versets.

Cette amputation du texte suffit à caractériser la tradition cassinienne. Mais, si les deux autres groupes témoignent uniformément pour l'affectation à cette leçon de tout le

(1) Toutes les remarques qui ont été faites précédemment (p. 273) à propos de la restitution mélodique du Cantique de Jonas s'appliquent ici pour le premier Cantique de Daniel.

(2) Cf. également Thomasi-Vezzosi, t. V, pp. 342-343.

chapitre III de Daniel, y compris les Benedictiones, ils ne s'en distinguent pas moins très nettement par la forme mélodique sous laquelle le Cantique des Trois Enfants se présente ici et là. Tandis que le groupe de l'Italie Centrale se contente, en effet, de traiter ce second Cantique comme le premier, en lui affectant le même type de récitatif, le groupe bénéventain en fait, au contraire, une pièce beaucoup plus ornée, une pièce de chant proprement dite, et dont l'exécution était réservée, cette fois-ci, à la schola.

Le Cantique d'Azarias dont nous avons donné plus haut le début se terminant au verset 45 : ...et sciant quia tu es Dominus Deus solus et gloriosus super orbem terrarum, le lecteur reprend alors le ton ordinaire des leçons jusqu'au verset 50 — soit, en tout, cinq versets, — jusqu'au passage où commence précisément l'omission des manuscrits cassiniens : ...et non tetigit eos omnino ignis neque contristavit nec quidquam molestiœ intulit.

« Quo dicto*, précise l'ordo de la Vaticane, « ascendent cantores gradum. Pronuntiet unus excelsa voce hune versum : Tune bi très. Quo expleto cantant pariter Benedictiones ». Il ne s'agit donc plus ici, on le voit, du lecteur; l'exécution des Benedictiones est confiée au groupe des chantres qui, à cet effet, monte à l'ambon; c'est de là que l'un d'entre eux entonne le prologue, alta voce selon le Graduel VI. 40 de Bénévent, excelsa voce selon le Missel VI. 33 et le Graduel de la Vaticane. Le tout est exécuté de la manière suivante :

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Tune hi très quasi ex uno ore lauda-bant et glo-ri- fica-bant et benedi-ce-bant De- um

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