‹ Paléographie musicale (volume 2)Chapitre 128 sur 157 · ETC · texte numérisé non relu

ETC

bénévent, vi. 29 Rome, Vat. Barb. 603

Rome, Vat. lat. 6082

Missel romain

... de operibus apum sacrosancta reddit Ecclesia.

... de operibus apum sacrosancta reddit Ecclesia.

... de operibus apum sacrosancta reddit Ecclesia.

... de operibus apum sacrosancta reddit Ecclesia.

Sed jam columnae " hujus prœconia novimus, quam in honorem 3 Dei 4 rutilans 5 ignis accendit6. Qui 7 licet divisus8 in partes, mutuati' tamen I0 luminis detrimenta non novit. Alitur " liquantibus 12ceris13, quasI4in substantiam "S pretiosœ l6 hujus lampadis, apis I7 mater eduxit.

Sed jam columne hujus preconia novimus quam in honore Dei rutilans ignis accendit. Qui licet divisus in partes, mutuati tamen luminis detrimenta non novit. Alitur enim liquantibus ceris, quam in substantiam pretiose hujus lampadis apis mater eduxit.

Sed jam columnœ hujus praeconia novimus, quam in honorem Dei rutilans ignis accendit.

Qui licet sit divisus in partes, mutuati tamen luminis detrimenta non novit. Alitur enim liquantibus ceris, quam in substantiam pretiosœ hujus lampadis, apis mater eduxit.

Apis I7 caeteris quae subjecta surit homini l8 animantibus antecellit '9. Cum sit 20 rninima corporis parvitate ingentes 2I animos -- angusto versât 23 in pectore. Viribus iinbecillis 24, sed fortis ingenio. Haec 2S, explorata temporum vice -6, cum canitiem 27 pruiuosam 28 hiberna 2? posuerint 3°, et glaciale 3I senium 32, verni temporis moderata deterserint 33. Statim prodeundi ad laborem 34 cura 33 succedit. Dispersaeque per agros libratis 36 paululum 37 pennis 38 cruribus suspensis 39 insidunt 4°. Partim 4l ore 42 légère43 flosculos oneratœ 44 victualibus suis ad castra remeant 45. Ibique aliae inaestimabili 46 arte 47 cellulas 48 tenaci glutino49instruunt. Aliae liquantia5° niella stipant. Aliae vertunt flores in ceram 5I. Aliœ42 ore natos s= fingunt 53. Aliae 34 collectum 53 e foliis s6 nectar includunt37.

0 vere beata et 58 mirabilis 59 apis '7, cujus nec sexum 6o masculi 6l violant 62, fœtus 63 non quassat64, nec filii destruunt63 castitatem. Sicut sancta concepit Virgo Maria, virgo 65 peperit, et virgo permansit.

0 vere mirabilis apis, cujus nec sexum masculi violant, fétus non quassant, nec filii destruunt castitatem. Sicut sancta concepit Virgo Maria, virgo peperit, & virgo permansit.

0 vere mirabilis apis, cujus nec sexum masculi violant, fétus non quassat, nec filii destruunt castitatem. Sicut sancta concepit Virgo Maria, virgo peperit, & virgo permansit.

0 vere beata nox...

0 vere beata nox...

0 vere beata nox...

0 vere beata nox...

* Toutes les variantes indiquées dans l'apparatus ci-après sont relatives à la première colonne, et concernent les manuscrits suivants : Gel (Sacramentaire de Gellone), Ang (Sacramentaire d'Angoulême), Gai (Sacramentaire de Saint-Gall), Rhe (Sacramentaire de Rheinau), Had (Sacramentaire d'Hadrien, et notamment Ott : Ottobonianus 313), Bor (Rome, Vat. Borgia 339), ■Far (Fragments de Farfa), Ott (Rome, Vat. Ottob. 576), r«/(Rome, Vall. c. 32).

1 columpne : Ott. 2 manque dans Ott. 3 honore : Ang, Gai, Rhe, Bor, Ott, Val. 4 tuo : Bor. S Far commence seulement ici : ruii\lans. 6 accende : Far. 7 quia : Ang. 8 divisum : Ott. 9 mutati : Ang, Gai, Rhe, Ott; mutuatim : Bor. I0 manque dans Gel, Ang, Gai, Rhe, Ott; ajouté (2e main) au-dessus de la ligne dans Had (Ott). " aliter : Ott (de même Rhe, abréviation de aliter); Gai ajoute ici après coup enim. I2 liquentibus : Ang, Gai, Rhe, Had. J3 caeris : Ang, Rhe; cereis : Ott. "4 quam : Gel, Gai, Far, Ott, Val. '5 substantia : Ott; Gai a été gratté et changé également en substantia. l6 preciose : Gai, Rhe; praeciose : Ang; pretiosa : Ott. '7 apes : Ang, Bor. l8 omni : Ott; humani : Rhe; humanis : Gai. "9 antecellet : Ang. 2° sint : Bor, Far, Val ajoutent ici enim. 2" ingentis : Gai, Ott. 22 animus : Ott; Gel également, changé après coup en animos. 23 servat : Bor. 24 inbecillis : Gel, Ang, Rhe, Had, Bor, Ott, Val; invecillis : Far; inbicilis : Gai. 23 et : Ott; his : Val. 26 vicem : Gel; vices : Val. -7 caniciem : Gel, Ang, Gai, Rhe, Bor; canitie : Far, Ott. 28 pruinosa : Gel, Rhe, Had, Bor, Ott; proinosa : Gai; pruinos ad : Ang. 29 hiverna : Rhe; yberna : Far, Val; iberna : Bor. 30 deposuerit : Bor; Gel: posuerent corrigé après coup en posuerint. 31 glaciali : Gai, Had (sauf OU : glatiale), Far, Ott; glatiali : Gel, Ang, Rhe. 3* senio : Gel, Ang, Gai, Rhe, Had (sauf Ott : senium), Far. 33 deterserit : Bor; detersit : Rhe, Ott. 34 labore : Ott. 35 curam : Far. & librati : Ott ; Gai : liberatim corrigé en libratim. 37 paulolum : Gel, Ang, Gai, Rhe; paulum : Far. 38 pinnis : Rhe, Had (sauf Ott, qui donne permis) ; de même Gai : pinnibus exponctué. 39 suspensus : Rhe. 40 insidiunt : Ott. 41 parte : Gel, Ang, Gai, Rhe, Had. 42 hore : Rhe. Le feuillet de Farfa est amputé ici de trois lignes, depuis ore I légère jusqu'à Alie/ ore natos. 43 manque dans Ott; legentes : Val. 44 honerate : Ott; honeratis : Gel; oneratis : Ang, Gai, Rhe, Had; oneratisque : Bor. 45 remaneant : Rhe. ^ inextimabili : Bor; inestimabilis : Ott. 47 artem : Ott. 48 cellolas : Ang, Gai, Rhe; cellula : Ott. 49 gkigtino : Ott. 5° liquentia : Ang; liquantie : Ott; liquanti : Rhe (n au-dessus de la ligne, rre main). 5' c;era : Rhe; cera : Ott. 5= natus : Rhe; honeratos : Ang. 53 figunt : Rhe. 54 Had (Ott) ajoute ici namque. 55 collectis : Gel, Gai, Had; collectu : Oit. 56 effoliis : Rhe. 57 ingludunt : Rhe. s8 beata et manque dans Bor, Far, Ott, Val. 59 Bor ajoute ici et laudabilis, 6° sexsum : Ang; sexu : Ott. 6l masculini : Rhe. 62 violât : Val. 63 foetos : Gai. 64 quassant : Gel (n de 2e main?) Had, Bor, Ott. 65 distruunt . Ang, Gai, Rhe. 66 virgo verbum (concepit fj : Had (Ott) gratté.

Fait assez curieux à noter : on trouve des manuscrits cassiniens — ou du moins de tradition cassinienne — dans nos trois premières colonnes; ce qui tendrait à prouver, que, au moins dans cette tradition particulière, il y a eu évolution par amputations successives. Le Missel Rome, Vat. Ottob. 576 témoigne, lui, pour le texte intégral; le Missel Bénévent, VI. 29 — de tradition cassinienne également, puisqu'il provient de l'abbaye des moniales de Saint-Pierre de Bénévent — n'a déjà plus, de l'éloge de l'abeille, que le dernier paragraphe; quant au Missel Rome, Vat. tat. 6082, on y constate en outre la suppression du paragraphe qui précède immédiatement l'éloge. Nous avons donc ainsi trois anneaux de la chaîne cassinienne. Et. si l'on observe que le texte du Missel romain dépend, en somme, du second stade de cette évolution, on peut résumer très simplement le tableau précédent dans le schéma ci-dessous.

Sacramentaires Cassinien 1 Italie Méridionale, Dalmatie

Cassinien 2 Caiazzo

Cassinien H 4 Missel romain

Il serait intéressant, on le conçoit, de se rendre compte dans quelle mesure ce schéma très simple représente toute la tradition ; mais une telle enquête ne saurait entrer dans le cadre d'une étude aussi nettement circonscrite que la nôtre. Il faut donc nous contenter d'avoir reconnu les différents états du texte dans l'Italie Méridionale, en les rattachant aux deux termes qui nous intéressent d'une manière toute particulière : le texte primitif des Sacramentaires, et le texte devenu officiel dans le Missel romain.

b) Le texte «de Bari'». — Mais, nous l'avons déjà dit, outre cette forme si traditionnelle de YExsultet, de beaucoup la plus universellement attestée, on en trouve une autre, propre à l'Italie Méridionale, et qu'on a désignée sous le nom d' ' Exsultet de Bari. En réalité, ce texte figure dans toute une série de manuscrits, qui proviennent, non seulement de Bari, mais bien de toute la région bénéventaine, en donnant à ce terme toute l'extension que nous lui avons normalement attribuée jusqu'ici (i).

(i) Dans The Journal of Theological Studies, XI (1910), pp. 43-54, Bannister a donné de ce texte «de Bari » une édition critique d'après quinze manuscrits, entiers ou fragmentaires : trois rouleaux de Bari; le Missale Antiquum VI. jj de Bénévent; le premier rouleau de Gaète; le rouleau de Mirabella Eclano; les fragments de Farfa, naguère en la possession de Dom Palmieri; le rouleau bénéventain de Pise; le rouleau de la Rylands Library de Manchester, deux Missels de Salerne du XVe siècle, le rouleau de Troia; les deux rouleaux de la Bibliothèque Vaticane; enfin notre Graduel Vat. lat. ioôjj On pourra se reporter à ce texte critique. Mais, comme nous y avons relevé, dans l'apparatus, plusieurs inexactitudes, nous croyons qu'il pourra être utile d'en donner ici même un texte d'après les manuscrits — trop rares — que nous avons pu personnellement étudier.

LA TRADITION BÉNEVENTAINE. 385

Bien que ce second Exsultet soit composé exactement sur les mêmes thèmes que le premier, il en diffère néanmoins totalement, au moins pour la Préface elle-même, à partir de Vere quia dignum et justum est. Quant au Prologue, il est sensiblement identique, ici et là; et c'est même ce qui permet de parler de deux formes d' Exsultet, puisque cet incipit leur est commun, ainsi que tout le Prologue qui précède la Préface; mais, pour les Préfaces elles-mêmes, elles ne sauraient en aucune façon être considérées comme deux formes, ou deux états d'un même texte. On pourra d'ailleurs en juger par la comparaison entre le texte romain traditionnel et V Exsultet « de Bari », dont nous donnons ici une version critique d'après les trois seuls manuscrits que nous avons pu étudier directement : le Missale Antiquum VI. 3} de Bénévent (Béu), les Fragments de Farfa {Far), et le codex lat. 10673 de la Bibliothèque Vaticane (Vat), dont il ne subsiste plus actuellement que les premières incises, tout à la fin du manuscrit (pi. 70).

Exsultet jam angelica turba caelorum, exsultent divina mysteria, et pro tanti l Régis Victoria, tuba intonet salutaris. Gaudeat se tantis tellus irradiata 2 fulgoribus, et aeterni Régis splendore lustrata, totius orbis se 3 sentiat amisisse caliginem. Lxtetur et mater Ecclesia, tanti luminis adornata fulgore, et magnis populorum vocibus haec aula resultet. Quapropter astantibus vobis, fratres carissimi, ad tam miram sancti hujus luminis claritatem, una mecum, quœso, Dei omnipotentis misericordiam invocate. Ut qui me 4 non meis meritis, in Levitarum numéro dignatus est aggregare, luminis sui gratiam infundens, Cerei hujus laudem implere precipiat. Per Dominum nostrum Jesum Christum Filium suum, viventem secum atque regnantem in unitate Spiritus Sancti, Deum.

Per omnia spécula sseculorum. R7. Amen.

Dominus vobiscum. R?. Et cum spiritu tuo.

Sursum corda. R?. Habemus ad Dominum.

Gratias agamus Domino Deo nostro. R?. Dignum et justum est.

Pr^efatio.

s Vere quia dignum et justum est.... per Christum Dominum nostrum. Oui nos ad noctem6 istam, non tenebrarum, sed 7 luminis matrem, perducere dignatus est8, in qua exorta est ab inferis in aeterna die resurrectio mortuorum. Solutis quippe nexibus, et calcato mortis aculeo 9, resurrexit a mortuis qui fuerat inter mortuos liber. Unde et IO nox ipsa, sidereo " pro ecclesiarum ornatu I2, cereorum splendore tamquam dies illuminata collucet, quia l2 in ejus matutino, résurgente Christo, mors occidit redemptorum T3 et emersit vita credentium. Vere tu pretiosus es opifex, formator es omnium, cui qualitas T+ in agendi non fuit officio, sed 7 in sermonis imperio : qui ornatum 'S habitum l6 mundo I7, nec ad ampliandum l8 quasi inops »9 potentiie, nec ad ditandum quasi egenus glorue condidisti. Totus ac plenus in te20 es21; qui, dum per virginea viscera mundo illaberis22,

1 Vat : tantis. 2 Bén : inradiata. 3 Actuellement, le manuscrit de la Vaticane se termine ici. ♦ Bén : au-dessus de la ligne (ire main). s Le second Exsultet des fragments de Farfa commence seulement ici. 6 Far : nocte. 7 Bén : set. 8 Far : es. y Be'n, Far : eculeo. I0 manque dans Bén.

11 Bén : sideria. '2 Far : le feuillet est amputé d'une ligne au bas de la page, depuis or/natn jusqu'à quia] in. '3 Far : redemptorem. '* Far : equalitas. '5 atque, ajouté au-dessus de la ligne dans Bén;

se trouve, de ire main, dans Far. ,6 Far : abitum. li Far : mundi. l8 Far : amplicandum. '9 Bén, Far : inobs. 20 Far : se (ire main) corrigé en te. 2' Bén : est " Bén, Far : illavens

Paléographie XIV. 49

virginitatem etiam creaturae 23 commendas 24. Apes siquidem dum ore concipiunt, ore parturiunt ; casto corpore, non fœdo25 desiderio copulantur; denique virginitatem servantes, posteritatem générant26; sobole gaudent, matres dicuntur, intactae 27 perdurant, filios générant, et viros non norunt. Flore28 utuntur conjuge, flore28 funguntur génère, flore28 domos instruunt, flore28 divitias convehunt29, flore ceram conficiunt 3°. O admirande 3* apium fervor! Ad commune 29 opus pacifica turba concurrunt, et operantibus plurimis, una augetur32 substantia. O invisibile 33 artificium! Primo 34 culmina 35 pro fundamentis aedificant, et tam ponderosam 36 mellis 37 sarcinam pendentibus domiciliis imponere non verentur. O virginitatis insignia, quae non possessori damna, sed 7 sibi lucra convectant : auferunt 38 quidem praedam, et cum praeda 39 minime tollunt peccatum 4°. Spoliant quidem florum cutem, et morsuum non annotant cicatricem. Sed 7 jnter haec quae credimus 4», hujus cerei gratiam praedicemus. Cujus odor suavis est, et flamma 42 bilans 43, non tetro odore arvina desudat, sed 7 jucundissima 44 suavitate, qui peregrinis non inficitur pigmentis, sed 7 illuminatur Spiritu 45 Sancto. Qui (Cui?), ut accensus 46 proprias 47 corporis compages depascit, ita coagulatas 48 lacrimas, in rivulos 49 infundit guttarum. Ouique (Cuique?) semiusta membra ambroseo sanguine 49 flavea5t> venas1 distollit, habitum bibit ignis humorem. In hujus autem cerei luminis corpore, te Omnipotens postulamus, ut supernae benedictionis munus accomodes. Et 52 si quis hune 53 sumpserit adversus flabra 54 ventorum, adversus55 spiritus procellarum, sit ei 56 Domine singulare perfugium; sit murus57 ab hoste fidelibus. Salvum fac populum tuum Domine, et benedic hereditatem tuam, ut redeuntes ad festivitatem Paschse, per haec 58 visibilibus et invisibilibus tuis inhians, dum praesentium usu fruuntur, futurorum 59 desideria accendantur6°. Una cum beatissimo papa nostro///., et famulo tuo pontifice nostro il., sed 7 et omnibus presbyteris 6l, diaconibus62, cunctoque clero vel plèbe : Memorare Domine famulum tuum 63 imperatorem nostrum //., 64 et principem nostrum //., 65 et eorum exercitum 66 universum 67. Qui vivis et régnas cum Pâtre in unitate Spiritus Sancti Deus per omnia68 saecula saeculorum.

ty. Amen.

a3 Bén, Bar : creatura. 24 Bar : commendans, dernier n au-dessus de la ligne. 2S Ben : fedo; Far : de fedo. 36 Bén : generans. 2? Far : intacta. a8 Far : flores. 2? Bén, Far : conveunt. Le feuillet de Farfa est ici amputé d'une ligne au bas de la page, depuis conveunt / flore jusqu'à commujne. $° Bén corrigé (2e main) en concipiunt. 3> Bén : ammirandum. 32 Far : augeatur. 33 Bar : invisibilis. 34 Bén ajoute ici (2e main) diluculo. 35 Bén corrigé (2e main) en culmine. 36 Bén : ponderosa. 37 Bar : melli. 38 jrar . auferetur. 39 Far: predam. ^ Far : peccata. «' Far : dinumeravimus. ^ Far : flammam. ^ Bén, Far: ylaris. «4 Bén, Far : jocundissima. 45 Far : Spiritus (ire main), Ys finale grattée. *6 Far : accensum. *i Far : propria. 48 Bén, Far : coagolatas. 49 Far : ribulos. Le feuillet est amputé ici d'une ligne au bas de la page, depuis ribulos j infundit jusqu'à sanguine / flabea. $° Far : flabea. SI Far : bena. -" Far : ut. 53 Bén : hinc. 54 Bén : flavra. 55 Bar : adversum. s6 Far : eis. 57 Bén : corrigé (2e main) en numerus. & manque dans Far. 59 Bar : futurarum. 6o Far ajoute ici une première conclusion, qui fait double emploi avec la suivante : Brecamur ergo te, Domine, ut nos famulos tuos, omnem clerum, ôr devotissimum populum, una cum beatissimo viro papa nostro ill., cV antistite nostro il., cV* his qui tibi offerunt hoc sacrifia u m lundis. Mémento etiam, Domine, famulorum tuorum principum nostrorum il. cV* il, cs° omni exercitum. Ici une lacune d'une ligne pour le texte, coupé au bas de la page; mais, si l'on tient compte des textes parallèles, les neumes qui subsistent permettent de reconstituer aisément la ligne disparue : universum, una cum beatissimo papa nostro illo et antistite — ou pontifice. Le raccord se fait alors normalement avec la suite du texte ci-dessus : pontifice nostro il. 6l Bén, Far : presbiteris. 62 Far ajoute ici subdiaconibus. 63 Far omet famulum tuum. ^ Bén: imperatore nostro il; Far: imperatorum nostrorum ill. et il. 6s Far : principum nostrorum il. et il. 66 Bén : exercitus, avec Ys finale, mais aussi l'abréviation de um. 6? Bén : universus. 68 Bén : Qui vivis cum Pâtre & Spiritu Sancto & régnas Deus in.

LA TRADITION BÉNÉVENTAINE. 387

Si les termes sont tout différents de ceux de notre Exsultet, les idées, on le voit, sont absolument les mêmes; et les deux pièces apparaissent bien, sans conteste possible, comme deux développements indépendants d'un thème identique (i).

Bref, nous nous trouvons, pour VExsultet, en présence d'une double tradition textuelle : Tune, exclusivement propre à tout un groupe de manuscrits de l'Italie Méridionale; l'autre, attestée pratiquement par toute la tradition liturgique romano-franque, et dont il existe aussi un bon nombre de représentants dans l'Italie du Sud. Comme bien d'autres particularités de la tradition bénéventaine, cette dualité de texte est d'ailleurs aisée à expliquer : elle est due tout simplement à la romanisation plus ou moins rapide de l'ancienne liturgie locale.

Que VExsultet « de Bari » ait été la seule Bénédiction autrefois en usage dans toute l'Italie du Sud, c'est ce qui ressort clairement des faits : ce texte ne se trouve que dans des documents bénéventains ; et nous avons vu que, parmi les manuscrits connus, il en subsiste un nombre de témoins relativement considérable. Mais, à côté des Eglises qui demeurèrent fidèles à la formule bénéventaine — et parfois fort tard, puisque, au XVe siècle encore, le texte « de Bari » est transcrit dans deux Missels de Salerne, — il y en eut d'autres qui, dès le XIe siècle, et peut-être même avant, sacrifièrent la formule traditionnelle pour adopter le vieil Exsultet gallican, dont la fortune hors pair s'explique par son adoption dans la liturgie romano-franque (2).

Entre ces deux partis extrêmes, on conçoit que certains scribes aient hésité; et l'on s'étonne à peine que tel d'entre eux, soucieux de conserver le texte bénéventain traditionnel, sans toutefois repousser purement et simplement Y Exsultet romain, se soit contenté de transcrire à la suite les deux formules.

Les fragments de Farfa, dont nous avons eu à invoquer le témoignage pour l'établissement de l'une et de l'autre, présentent précisément un exemple très intéressant de ce genre de doublet, remarquable surtout par ce fait que le second texte n'est pas précédé du petit Prologue qui, normalement, introduit la formule de Bénédiction; il commence ex abrupto par la Préface : Vere quia dignum & justum est... C'était, en effet, le même

(1) On notera tout particulièrement les passages absolument parallèles correspondant à l'éloge de l'abeille. Sur l'origine de ce développement et ses nombreux témoins dans la tradition, patristique et liturgique, on pourra se reporter à l'intéressante étude de M. l'abbé Malherbe : Les abeilles de VExsultet, dans Les Questions liturgiques et paroissiales, XV (1930), pp. 61-73.

(2) Il n'est peut-être pas inutile de préciser, pour être tout-à-fait exact, que, si les témoins les plus anciens de notre Exsultet romain sont bien, en effet, les Sacramentaires gallicans au sens strict, comme nous avons déjà eu l'occasion de le rappeler (p. 376, note, et p. 382, note 1), les Sacramentaires romanofrancs du VIIe, du VIIIe et du IXe siècle hésitent au contraire entre cette Bénédiction et une autre formule, Deus mundi Conditor, qui, elle, n'affecte pas la forme d'une préface, mais d'une simple oraison. C'est ainsi que le Reginensis 316 ne connaît que cette dernière. Parmi les « gélasiens du VIIIe siècle », les Sacramentaires de Saint-Gall et de Rheinau ne mentionnent au contraire que VExsultet. Quant aux Sacramentaires de Gellone et d'Angoulême, ils indiquent les deux formules, mais d'abord le Deus mundi Conditor; tandis que l'une et l'autre se retrouvent dans le Supplément du Sacramentaire d'Hadrien, mais VExsultet en premier lieu.

Prologue que chantait le diacre, quel que fût le texte de la partie eucharistique qui suivait (i).

La Mélodie. — Divisée sur la question du texte, la tradition bénéventaine retrouve son unité au point de vue mélodique. Dans l'ensemble, en effet, et mises à part deux exceptions sur lesquelles nous aurons à revenir, c'est toujours le même type de récitatif qu'on voit affecté à YExsultet dans l'Italie du Sud, qu'il s'agisse de la « Vulgate » ou du texte « de Bari ».

a) La mélodie bénéventaine. — Il est d'ailleurs inutile d'insister longuement sur ce chant bénéventain de YExsultet; il a fait naguère l'objet d'une étude détaillée de dom Mocquereau dans le tome IVe de la Paléographie Musicale (pp. 1 7 i-i 8s), où il lui a fourni l'occasion d'un de ses chapitres les plus intéressants sur les cursus. Aussi nous suffi ra-t-il, pour en reproduire ici au moins une partie, d'en donner simplement le Prologue, commun aux deux versions.

£— g^HK

J-ft ■ S~* ■ t~^

Exsultet jam Ange-li-ca turba cœlo- rum : exsultent di-vina myste-ri-a : et pro tanti

liszt^c*-^^

Régis victo-ri- a, tuba intonet salu- taris. Gaude-at se tantis tellus irradi- ata fulgo-ribus

et seterni Régis splendo-re lustra- ta, to-ti-us orbis se senti- at ami-sis- se ca- liginem.

Lsetetur et mater Eccle-si-a, tanti luminis adornata fulgo-ribus : et magnis populorum vocibus

«sa» sa

hax au- la re- sultet. Quapropter adstantibus vobis, fratres carissimi, ? i ii

ad tam mi-ram sancti

■■■-■ii

■ ■ . « . «S!». ■ ru

hujus luminis cla-ri-ta- tem, una mecum, quaeso, De- i omnipotentis mi-se-ricordi-am invo-

cate. Ut qui me non me- is me-ri-tis intra Levi-tarum numerum dignatus est aggrega- re

(1) Autant qu'on en peut juger, il semble bien que cette remarque relative à l'unité du Prologue Exsultet ne doive pas être restreinte aux deux textes bénéventain et romano-franc, mais bien étendue à toutes les formules de Bénédiction du Cierge, ou au moins à celles qui se présentent sous la forme de Prière eucharistique.

C'est un fait, notamment, que la formule ambrosienne commence, elle aussi, par le même Prologue, tandis que la Préface qui suit est entièrement différente, à la fois du texte bénéventain et du texte gallican.

Cette triple constatation suggère tout naturellement l'hypothèse que, contrairement à la Préface de YExsultet, dont le thème était librement développé par chaque diacre, le Prologue, lui, était fixé d'une manière immuable. On expliquerait ainsi que, en dehors des trois formules devenues comme officielles dans les liturgies ambrosienne, bénéventaine et gallicane — cette dernière adoptée ensuite pour la liturgie romaine, — la tradition nous en présente quelques autres, sous la même forme de Préfaces : telles les deux formules d-'Ennodius (cf. ci-dessus, p. 375, note 1), qui commencent ex abrupto à la manière de la Prière eucharistique : Dignum et justum est, Vere dignum et justum est... Si notre hypothèse est exacte, il n'y avait, en effet, aucune utilité à faire précéder ces textes du Prologue Exsultet, dont les quelques phrases, bien connues par ailleurs, n'étaient pas d'Ennodius, mais fixées une fois pour toutes par la tradition liturgique.

LA TRADITION BENEVENTAINE.

g P" , rt^:

*Sç3—*r-TTÏ

luminissu-i gra-ti- am infundens, Cere-i hujus laudem impie- re pre- cipi- at. Per Dominum

i=fi=r

nostrum Jesum Christum Fi-li- um su- um, viventem secum atque regnantem in uni-tate

ï—f*—.—fi-ï

, *«a>t 3 Aq^z

Spi-ri-tus Sancti, De- um, per omni- a saecula saecu- lorum. ty. Amen.

Afin de mettre bien en évidence les règles d'adaptation, nous reproduisons le même texte, mais disposé sous forme de schéma :

Ex-

sûl-

ex-

Sl'll-

tet jam tent di-

an- gé- li-ca

tûrba cae- ;lôvi-na my-i

stéri-

rum a

et

Gâu-

pro

tân-

ti Régis deat se tan-

vi- ctô-ri-a tis tel- lus

irradi-

â- ta fui- i

gô-ri-

bus

tu- :ba

to-

net

sa-

lu- ;tâ- ris.

et

ae-

tér-

ni

Ré- gis

splen-

dô-re lu- istrâ

ta

to-

ti-

us orbis

se sén- ti-at

mi-

sis-

se

ca- :li-gi-nem

Lae-

té-

tur et mater tan-

Ec- clé-si-a ti lu- mi-nis

ador-

nâ-ta fui- i

gô-ri-

bus

et

mâ-

gnis poptilo-

rum vô- ci-bus

haec

au-

la

re- :sûl- tct.

Qua

-pro-

pter adstanti-

bus vô- bis

frâtres ca-:

rissi-

mi

ad

tam û-

miram sanna me-

cti hû- jus cum quaè- so

lumi-

nis cla-ri- tâ-

tem

Dei omni-

po- tén- tis

mi-

se- ;ri-

côr-

di-

am

in-

vo- ;câ- te.

Ut

qui me non meintra Levita-

is mé-ri-tis rum nûme-rum nis su- i

dignatus gra-

est aggre-gâti- am in-tûn-

re

dens

cé-

re-

i hû- jus

laudem

im-

ple-

re

pre-'ci-pi-at.

Per

vén-

minum nostrum jetem secum atque in u-

sum Chri-stum re- gnân- tcm ni- ta- te

Spiri-

Fi- li- um'sûtus Sancti Dé-

um um

'per

mni-'a

ssé-

cu-

la

sa>

eu- |lô- rum

La phrase-type de récitation se compose essentiellement, on le voit, de trois éléments : d'abord une formule d'intonation A, avec quelque liberté pour l'adaptation, certaines incises comportant un podatus sur l'accent, d'autres, et en plus grand nombre, un simple punctum; puis une formule de médiante E, basée sur un cursus planus :

tûrba cse-16- rum

sous sa forme normale de cursus planus musical;

~* sous sa forme de cursus tardas, en cas de finale dactylique (i);

frâtres ca-n'ssimi

enfin une formule de cadence G, cursus velox musical, adapté normalement aux sept dernières syllabes de la phrase, mais comportant, en cas de finale dactylique, un fa supplémentaire affecté à la pénultième brève.

(i) Comme l'a très justement noté dom Mocquereau {op. cit., p. 172), certains manuscrits emploient ici, outre la diérèse, Yépetithèse : la pénultième s'y voit alors affecter, non pas un simple soi, mais la clivis sol-fa.

En dehors de ces éléments essentiels de la mélodie, et en mettant à part un fa supplémentaire de préparation qui intervient sur l'avant-dernière syllabe de la récitation F quand le texte du second demi-verset est un peu long, — la récitation se fait tout entière sur sol, avec emploi fréquent d'une flexe C, à un accent et une syllabe de préparation. En adaptant son texte, le compositeur a d'ailleurs usé avec toute la souplesse nécessaire des différentes possibilités que lui donnaient les formules de médiante et de flexe, pour éviter le retour trop fréquent de la cadence finale.

b) La première mélodie des Fragments de Far/a. — Que ce Prologue de YExsultet soit le même pour les deux textes, « Vulgate» ou texte \<de Bari », c'est ce qui résulte, outre le témoignage individuel des représentants de l'une et de l'autre version, de l'absence de Prologue en tête du second Exsultet de Farfa. Et le fait est d'autant plus singulier que si, normalement, YExsultet tout entier est construit sur les mêmes formules, il en est différemment pour la première Préface de Farfa, du type » Vulgate » pour le texte, mais entièrement différente pour la mélodie. Voici d'ailleurs ce second récitatif, ou plutôt ce qui nous en reste actuellement, et que nous transcrivons très exactement, texte et mélodie, d'après les fragments de Farfa, qui en sont actuellement l'unique témoin connu (i).

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... lans ignis accende. Oui li-cet divi-sus in partes, mutu- a-ti tamen luminis detrimenta

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non novit. Ali-tur liquantibus ce- ris, quam in substanti-am pre-ti-ose hujus lampadis a-pis

ma-ter eduxit. Apis ce-te-ris que subjecta sunt homini a-nimantibus antecellit. Cum sit

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e-nim minima corpo-ris parvi-ta-te, ingentes animos angustos versât in pecto-re, vi-ribus 4 , j

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inve-cillis, sed for-tis ingeni-o. Hec explo-rata tempo-rum vi-ce, cum cani-ti-e pru-inosam

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yberna posu-e-rint, et gla-ci-a-li senio (sic) verni tempo-ris modera-ta deterse-rint, sta-tim pro-

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