OS
matu-
ti- nus Pau- li
in- ;vé- ni- A- po- sto-
at
Dans les fragments qui nous restent de cet Exsultcl, on ne trouve qu'une seule cadence proparoxytone n'appartenant pas au cursus tardus :
màscu-li vi-o-lant
Comme on le voit, cette cadence est d'ailleurs irrégulière, non pour l'affectation de chacune des syllabes, qui est correcte, mais en raison de la réduction à un simple punctum de la première clivis do-si.
C'est par la progression la-si-do que le deuxième demi-verset atteint de nouveau la corde de récitation, suivant une formule G qui s'applique, tantôt à une seule syllabe, tantôt à deux ou même à trois syllabes :
ain-
nide-
mânfir
ti-
bus ens
anper-
tese-
célvé-
nt
ret
nec fiper 6-
li- i mni- a
désaè-
strucu-
unt
casae-
sti-
cu-
tâ-
tem rum
ad la- bo-
rem
cu-
ram
suc-
cé-
dit
Dans cette phrase, le quilisma coïncide toujours avec un accent, principal ou secondaire; il peut d'ailleurs être répété, comme dans l'exemple i . En cas de division — comme on le voit pour le premier d'entre eux, dans l'exemple 2, — c'est le podatus qui demeure sur l'accent. Dans l'exemple 3 enfin, où le compositeur a dissocié le quilisma en ses trois éléments, c'est encore à l'accent que correspond la note la plus élevée, le do.
Quant à la cadence finale J, il est clair qu'elle est calquée, comme la médiante, sur un cursus; mais c'est ici un cursus velox, sur lequel ont été également adaptées plusieurs cadences, appartenant d'ailleurs à différents types de cursus :
Cursus velox mélodique.
Cursus velox.
JL
dé-
stru-
unt
ca-
sti-
tâ-
tem
pér-
fru-
sem-
pi-
tér-
nis
saé-
cu-
la
sae-
cu-
rum
ani-
mân-
ti-
bus
an-
te-
cél-
lit
inde-
ff-
ens
per-
se-
vé-
ret
lumi-
nâ-
ri-
bus
mi-
sce-
tur
pis
mâ-
ter
dû-
xit
de-
tri-
mén-
ta
non
vit
[ru-
ti]-
lans
gnis
ac-
cén-
de
Cursus piaf lus.
Comme il est assez naturel, tous les cursus littéraires du type velox sont correctement adaptés au cursus musical correspondant. Bien adaptées aussi en général les cadences en cursus planus. La seule incorrection que l'on puisse signaler est la réduction du quilisma initial à une note unique au début de la cadence ad labôrem cûram succédit :
LA TRADITION BENEVENTAINE.
ad la-
bo-
rem
cu-
ram
suc-
ce-
dit
Cursus planus (incorrect).
C'est là le seul cas où la formule d'intonation du second demi-verset, entièrement dissociée (exemple 3 ci-contre), conduit immédiatement à la cadence finale. Le scribe, réduit ici à un texte assez bref, s'est cru autorisé à opérer cette dissociation. Mais on peut observer que dans les cas analogues de cadences en cursus velox : animântibus antecéllit; indeficiens persevérel , qui comprennent exactement le même nombre de syllabes, il a pu demeurer fidèle à son cursus de cadence, en redoublant le quilisma au lieu de le dissocier.
Les cursus trispondaïques ont davantage embarrassé l'adaptateur : il n'a pu se résoudre à laisser le quilisma initial sur une syllabe non accentuée ; ce qui d'ailleurs, l'a conduit à quelques inconséquences :
Cursus trispondàique (incorrect).
Dans la cadence œtérna largiâre, nous le voyons réduire le quilisma en question à un simple si. Dans la cadence cœlêstia jungûntur, au contraire, il a cru devoir faire coïncider le quilisma avec l'accent de cœlêstia; ce qui l'a conduit à supprimer de cette cadence une note, essentielle pourtant au cursus.
Il est néanmoins des cas où le compositeur ne pouvait conserver rigoureusement son cursus mélodique; car il ne trouvait pas toujours dans son texte les sept syllabes requises, sous la forme spondaïque, pour leur faire correspondre les sept groupes constituant le cursus mélodique. Force lui était alors, pour rester autant que possible dans l'esprit du cursus, de contracter certains groupes.
C'est ce qu'il a fait notamment, et d'une manière très correcte, dans la cadence et virgo permânsit, en soudant au quilisma initial le si qui le suit :
cae-
ae-
térsti-
na a
lar-
gijun-
âgûn-
re tur
lé-
contracté
(correct). et
vir-
go
per-
mân-
sit
Cette cadence comprend encore six syllabes; l'incise nectar inclûdunt n'en compte plus que cinq. L'adaptateur s'est tiré d'embarras en supprimant, comme nous l'avons déjà vu tout-à-1'heure dans un autre cas, le sol isolé :
Cursus planus S — ^ contracté '
(incorrect).
ne-
ctar
in-
clû-
dunt
Mauvaise solution, et qui eût été améliorée par l'adjonction du sol en question au torculus précédent :
né- ctar in-: clù- : clunt
Adapté à une cadence dactylique, le cursus velox musical correspond au huit dernières syllabes du texte, la pénultième brève se voyant doter d'une note supplémentaire. Nous n'avons ici qu'un seul cas de cadence dactylique pour notre cursus final; encore est-il du type contracté, en raison du manque d'une syllabe :
5— -jflr
Cursus tardas = — *=-= «> —
cofttracté.
sed ; for- tis i in- gé- : ni-o
Sous cette forme, la cadence est d'ailleurs parfaitement correcte.
Telles sont, avec leurs règles d'emploi, les formules sur lesquelles est basé le récitatif du premier Hxsultct de Farfa; et le compositeur s'y est tenu d'une manière stricte, sauf toutefois pour les intonations A des deux incises O vere beata nox et Oramus te Domine, qui lui ont paru mériter une exception.
Si l'on observe en outre qu'il n'était pas tenu d'utiliser ces formules d'une façon toute matérielle, mais pouvait user très souplement des éléments qu'il avait à sa disposition — notamment de la reprise du premier demi-verset, qu'il utilise souvent pour éviter le retour trop fréquent de la cadence finale, — on voit que le compositeur avait tout ce qu'il lui fallait pour faire correspondre la mélodie au texte d'une manière intelligente et très vivante.
En présence de cette seconde mélodie de VExsultet, la question se pose maintenant tout naturellement de savoir ce qu'on doit en penser au point de vue traditionnel.
Il est difficile de le dire d'une manière très nette et absolue. Deux remarques toutefois mettent sur la voie d'une hypothèse qui n'est pas sans vraisemblance.
Un fait tout d'abord est certain : c'est que, parmi les nombreux témoins bénéventains qui nous restent de VExsultet, il n'en est pas un seul où l'on retrouve cette seconde mélodie; bien au contraire, c'est celle que nous avons donnée en premier lieu qui apparaît comme le récitatif unanimement admis dans toute l'Italie du Sud, qu'il s'agisse d'ailleurs de la « Vulgate » ou du texte « de Bari ».
Un autre fait est non moins certain : c'est que ce second récitatif ne se trouve nulle part d'une manière isolée. Le seul document qui le contienne témoigne à la fois pour l'une et l'autre mélodies, comme d'ailleurs pour l'un et l'autre textes.
Encore pourrait-on incliner à voir dans cette seconde mélodie l'authentique récitatif bénéventain si, dans les fragments de Farfa, nous la trouvions appliquée à VExsultet «de Bari », c'est-à-dire au texte traditionnel de l'ancienne liturgie locale; mais, loin qu'il en soit ainsi, c'est au contraire au texte» de Bari *> qu'on voit affectée la mélodie commune, et à la « Vulgate » la mélodie propre.
LA TRADITION BENEVENTAINE.
De ces observations, il semble bien qu'on puisse conclure au caractère non-primitif de notre seconde mélodie, propre aux fragments de Farfa. Peut-être aurait-elle été composée après coup pour différencier de l'ancien Exsultet bénéventain le texte nouvellement reçu avec tout l'ensemble de la liturgie romaine; à moins que cette seconde mélodie n'ait été empruntée telle quelle à un exemplaire non-bénéventain, introduit dans l'Italie du Sud au moment de cette adoption. Le Prologue unique qui commandait les deux Préfaces aurait pu nous être utile pour résoudre cette difficulté; il a malheureusement disparu, avec tout le début du premier texte.
Quoi qu'il en soit, il n'en reste pas moins que cette seconde mélodie, assez proche par bien des points du ton traditionnel de la Préface, est d'une facture très intéressante, ce qu'on ne saurait dire au même titre de celle de Raguse, la seconde des exceptions que nous avons à signaler dans toute la tradition bénéventaine de Y Exsultet.
c) La mélodie de Raguse. — Encore qu'il ne provienne pas matériellement de l'Italie Méridionale, on ne saurait passer ici sous silence le témoignage du Missel plénier de Raguse, codex Oxford, Bodl. Can. Lit. lat. 342. Ecrit en Dalmatie, ce manuscrit appartient au sens le plus strict à la tradition bénéventaine; et c'est à ce titre que, à plusieurs reprises, nous avons eu ici même à invoquer son témoignage (1).
Au moins à titre documentaire, il nous faut donc reproduire ici d'abord ÏExsultet assez orné dont le Missel de Raguse est aujourd'hui l'unique témoin connu. Le manuscrit étant lacunaire, nous nous contenterons de transcrire toute la première partie de la Bénédiction, qui subsiste seule actuellement (2).
te
\ 8 'lyr-*" ' A 'In * '
Ter dicitur. Lumen Chri- sti. De-o gra- ti-as.
Sflfl *-. — : «— n
JL S
Exsultet jam ange-lica turba ce-lo- rum : exsultent di-vina myste-ri-a : et pro tanti
jm. f^ln ;^a,. =i
Régis victo-ri-a tuba intonet
te
sa-lu- ta- ris. Gaude-at se tantis tellus irradi-a-ta f.
J-»fr
fulgo-ribus : et aeterni Régis spendore il- lustra- ta, to-ti-us orbis se senti- at ami-
fe^k
*TyJ-*L
sis-
se ca- li-gine. Lse-te-tur et mater Eccle-si-a, tanti luminis adorna-ta fulgo- re
(1) Cf. ci-dessus, pp. 217-218, la notice relative à ce manuscrit. On pourra se reporter également au tableau de la page 220 et aux pages qui suivent, notamment à celles qui traitent des communions évangéliques de Carême (pp. 225-234). On y verra la preuve que ce Missel, écrit au XIIIe siècle sur la rive orientale de l'Adriatique, est resté sur certains points plus traditionnellement bénéventain que des documents plus vieux d'un siècle ou deux, et transcrits authentiquement dans l'Italie du Sud.
(2) Le manuscrit étant assez effacé par endroits, nous avons marqué d'un astérisque les neumes dont la transcription offre quelque incertitude en raison de la difficulté de lecture.
Êffi
Jt+%
«tib
et magnis populo-rum vocibus haec aula re-sul- tet. Quapropter astantibus vobis, fra-
tm*
Bct^=^S
ya
très ca-rissimi, ad tam mi-ram sancti hujus luminis cla- ri-ta- tem, una raecum, quaeso,
De- i omni- potentis mise-ri- cordi-am
invo- ca-te. Ut qui me non me- is me-ri-tis
TzH^n
i^^-l-JbEi -y* — ^ * -^-â=ji
intra Levi-ta- rum numerum dignatus est aggrega-ri : luminis su-i gra-ti- am infundens,
fer
f-^iîU J A
Cere- i hu- jus laudem imple-
re pre- cipi-at. Fer Dominum nostrum Je- sum Chri-
te
stum, Fi-li- umsu-um : viventem secum atque regnantem in uni-tate Spi-ri-tu San- cti De-um
ïA
Ter omni- a secu-la
te
se-cu- lo- rum. Amen. y. Dominus vo- biscum.P^.Et cum spi-ritu
H 5*-îr
m m rfU **a
Ht *-
-Nî
tu-o. y. Sursum corda. ï^. Habemus ad Dominum. y. Gra- ti- as a- gamus Domino
De- o nostro. Py1. Dignum et justum est.
Jv+J
Ve- re qui- a dignum et justum est per Christum Do-
mi-num nostrum.
— - > i rt i | «-j^fc — *^j-