‹ Paléographie musicale (volume 2)Chapitre 29 sur 157 · j£%,sL · texte numérisé non relu

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LA TRADITION BENÉVENTAINE. 129

n'est pas incontestable (i), ce manuscrit présente — à part l'écriture, qui n'est déjà plus la minuscule bénéventaine — toutes les caractéristiques liturgiques et mélodiques des documents de l'Italie Méridionale.

Le codex B 8 de la Vallicellane enfin est un missel plénier du XI° siècle, à l'usage de l'abbaye S. Eutychius de Nursie, près de Spolète (2). Ce manuscrit, qui est écrit en une minuscule Caroline dégénérée, grosse, lourde, un peu penchée et assez irrégulière, présente, lui aussi, plus d'un point de contact avec les documents de l'Italie Méridionale (3).

Ces manuscrits forment donc bloc et constituent le seul groupe homogène de quelque importance où se retrouve la particularité signalée par le Blandiniensis comme caractéristique des antiphonaires romains.

Cet accord est suggestif. C'est qu'en effet, si le témoignage du cantatorium de Monça, du Blandiniensis et de Y Ottobonianus sont précieux, parce qu'ils nous révèlent l'extension de l'usage romain pur à une époque relativement ancienne et fort loin de Rome, la rareté de ces témoins anciens est une preuve du succès de l'interpolation. Avec les manuscrits romains et bénéventains, on demeure au contraire, et jusqu'au XIIIe siècle, en présence de témoins vivants de l'usage romain antique dont il n'y a plus trace ailleurs à partir du Xe (4).

B. — Les Evangiles des dimanches après la Pentecôte.

S'ils présentent une organisation des lectures qui est substantiellement celle qu'on trouve dans tous les monuments de la liturgie romaine au Moyen-Age, les manuscrits bénéventains s'en écartent cependant sur tant de points, qu'on serait tenté, au premier

(1) Le seul argument en faveur de cette attribution est la présence dans ce manuscrit d'une messe propre in sancti Ubaldi episcopi et confessoris. Saint Ubald fut effectivement évêque de Gubbio. Cf. Delisle, Manuscrits latins et français. Nouvelles acquisitions. Inventaire, p. 694.

(2) C'est le manuscrit M de Thomasi. Cf. Thomasi (Vezzosi), t. V, pp. XXXV et 138. Considéré pendant longtemps comme perdu (cf. Ebner, op. cit., p. 205, n. 1), ce codex a repris sa place sur les rayons de la Bibliothèque Vallicellane.

(3) Cette analogie pourrait déjà s'expliquer par les relations fréquentes entre les Francs de Spolète et les Lombards du Sud; mais il est difficile de ne pas noter le rapprochement que nous sommes ici amené à établir entre ce missel de Nursie — la patrie de Saint Benoît — et les documents cassiniens.

(4) Nous n'avons pas à examiner ici les différentes questions soulevées par l'introduction de cette messe dans le cycle des dimanches après la Pentecôte : origine, caractère, place dans la série. Il nous suffit d'avoir prouvé que son absence au VIIe Dimanche était bien une caractéristique romaine, et que les manuscrits bénéventains étaient parmi les très rares manuscrits qui l'avaient conservée. Il y a lieu d'ajouter cependant que, dans l'Italie Méridionale comme partout ailleurs (sauf à Rome, au moins jusqu'au XIIIe siècle) la messe Oui nés gentes fut introduite après coup, mais pas toujours au VIP dimanche. Sur cette question nous ne pouvons que renvoyer à la suite d'articles qui ont paru dans la Revue Grégorienne. XVII (1932), pp. 81-89, 170-179 et XVIII (1933), pp. 1-1 3 sous le titre : La messe « Omîtes gentes » Ju VIIe Dimanche après la Pentecôte et V « Antiphonale Missarum » Romain.

Paléographie XIV. 17

abord, de les considérer comme des documents ou singulièrement altérés ou fortement remaniés, si ce qu'on sait déjà du caractère assez original de la tradition de l'Italie

Homo quidam erat dives qui induebatur purpura

Luc. XVI, 19-31.

Homo quidam fecit coenam magnam

Luc. XIV, 16-24.

Erant appropinquantes ad Jesum publicani

Luc. XV, 1-10.

Estote miséricordes

Luc. VI, 36-42.

Cum turbae irruerent in Jesum

Luc. V, l-ll.

Nisi abundaverit justitia vestra

Matth. V, 20-24.

Cum turba multa esset cum Jesu

Marc. VIII, 1-9.

Attendite a falsis prophetis

Matth. VII, 15-21.

Homo quidam erat dives qui habebat villicum

Luc. XVI, 1-9.

Cum appropinquaret Jésus Jérusalem

Luc. XIX, 41-47.

Dixit Jésus ad quosdam qui in se confidebant

Luc. XVIII, 9-14.

Exiens Jésus de finibus Tvri

Marc. VII, 31-37.

Beati oculi qui vident quae vos videtis

Luc. X, 23-37.

Dum iret Jésus in Jérusalem

Luc. XVII, 11-19.

Nemo potest duobus dominis servire

Matth. VI, 24-33.

Ibat Jésus in civitatem quae vocatur Naim

Luc. VII, 11-16.

Cum intraret Jésus in domum cujusdam

Luc. XIV, i-ii.

Accesserunt ad Jesum pharisaei et interrogavit eum unus

Matth. XXII, 34-46.

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Ascendens Jésus in naviculam

Matth. IX, 1-8.

Simile factum est regnum coelorum homini régi

Matth. XXII, 1-14.

Erat quidam regulus cujus filius infirmabatur

Joan. IV, 46-53.

Assimilatum est regnum coelorum homini régi

Matth. XVIII, 23-35.

Abeuntes pharisaei consilium inierunt

Matth. XXII, 15-21.

Loquente Jesu ad turbas, ecce princeps unus

Matth. IX, 18-26.

Cum videritis abominationem

Matth. XXIV, 15-35.

Accesserunt ad Jesum Sadducaei qui dicunt

Matth. XXII, 23-33.

Simile est regnum coelorum homini qui seminavit

Matth. XIII, 24-30.

Egressus Jésus de templo ibat

Matth. XXIV, 1-13.

De die autem illa et hora nemo scit

Matth. XXIV, 36-47.

Cum sublevasset ergo oculos Jésus

Joann. VI, 5-14.

Super cathedram Moysi

Matth. XXIII, 1-12.

Arborem fici habebat quidam plantatam in vinea sua

Luc. XIII, 6-17.

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