‹ Paléographie musicale (volume 2)Chapitre 4 sur 157 · B. PLAN ET EXECUTION · texte numérisé non relu

B. PLAN ET EXECUTION

Il semble que, pour la réalisation pratique de son grand projet, Dom Mocquereau ait hésité quelque temps sur le mode de publication à adopter, comme sur le plan général à suivre.

Publierait-on des manuscrits entiers, ou bien de simples fragments, pris dans les diverses écoles et de toutes les époques? Les deux systèmes présentaient leurs avantages et leurs inconvénients, la publication de manuscrits entiers, nécessaire à certains égards, devant demander des années et réduire d'autant le nombre des monuments reproduits.

Se contenterait-on de la reproduction phototypique pure et simple des vieux manuscrits, ou l'accompagnerait-on de gloses et de commentaires ? Sur ce point encore les avis étaient partagés. On n'avait pas alors de Revue, et l'occasion semblait propice pour en créer une, ou du moins quelque chose d'équivalent; mais, à n'en pas douter, les préférences personnelles du fondateur allaient à supprimer le plus possible les commentaires.

Autre question, moins grave, mais pourtant encore assez importante : comment paraîtrait la Paléographie? Serait-elle une «Revue » régulière, périodique, traitant des différentes questions à l'ordre du jour? ou bien paraîtrait-elle par volumes complets, indépendants les uns des autres, et donnant chacun la reproduction intégrale d'un manuscrit ?

Sur tous ces points, Dom Mocquereau a choisi un moyen terme. Il a pris ce qu'« après de mûres réflexions et sur l'avis des hommes les plus compétents », il a jugé le mieux « répondre aux intérêts de la science et aux nécessités du temps».

Et d'abord, il adopta la forme périodique. La Paléographie paraîtrait par livraisons trimestrielles, sans être pourtant une « Revue » au sens que l'on donne d'ordinaire à ce mot. L'Avis des Editeurs, qui accompagnait les deux premiers fascicules, et qui du reste paraît n'être pas de la main de Dom Mocquereau, expliquait clairement le mode adopté : « La forme périodique que nous avons choisie pour commencer ne nuira en rien à l'unité ni à l'homogénéité de notre publication. C'est un document que nous mettons au jour, document paraissant, il est vrai, par livraisons séparées ; ce n'est pas une revue, dont les numéros successifs n'ont entre eux que des liens accidentels. C'est assez dire que notre œuvre ne comportera ni chronique, ni polémique ».

Ajoutons dès maintenant que quelques années plus tard, en 1900, pour «accélérer la publication des manuscrits destinés à une reproduction phototypique intégrale», et répondre à la demande des amis « désireux d'avoir plus promptement sous la main

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