‹ Paléographie musicale (volume 2)Chapitre 63 sur 157 · LE CODEX VAT. LAT · texte numérisé non relu

LE CODEX VAT. LAT

Le manuscrit coté actuellement 10673 dans 'e f°nd latin de la Bibliothèque Vaticane provient de la bibliothèque privée de Pie VI. Vendu par la librairie Bocca avec un certain nombre de manuscrits de la même bibliothèque, il fut acheté par M. Heywood. A sa mort, sa femme en fit don à Léon XIII (1). Ce manuscrit n'est donc entré qu'assez récemment à la Bibliothèque Vaticane.

Voici la notice que lui consacre M. Vattasso dans le Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque Vaticane (2) :

Saec. XI, membran., mm. 260 x 174, ff. 35.

Fragmentum Gradualis continens officia a Dominica in Septuagesima, inde a verbis qui sustinebit. Quia apud te propitiatio est, usque ad Sabbatum Sanctum. Post officium Sabbati Sancti secundum ordinem Romanum occurrit officium in feria VI et in Sabbato Maioris Hebdomadae, juxta ordinem Ambrosianum, usque ad verba Exultet iam angelica turba celorum — régis splendore lustrât totius orbis se... (éd. H. Bannister, Ordine « Ambrosiano » per Venerdi e Sabbato Santo in Miscellanea Ceriani, Milano 1910, pag. 131-136).

Codex maximi est pretii litterisque Langobardicis exaratus. Rubricae minio exscriptae; litterae maximae et maiores, pro ingenio intextae figurisque vel imaginibus saepe distinctae, variis coloribus depictae sunt ; litterae magnae atramento exaratae et minio exornatae. Neumae sine lineis. Foliorum enumeratio in angulo inferiore externo prions paginae uniuscuiusque recens typis adposita. Compluribus foliis abstractis, textus hic illic lacunosus. Fasciculi, secundo excepto, quaterniones ; sed post primum quaternio cecidit; secundus septem constat foliis; quartus quinque, tribus foliis deperditis; quintus septem, uno folio abstracto. Codicem descripsit H. Bannister, Monumenti Vaticani di paleografia musicale latina, Testo, Lipsia 1913, pag. 120-122.

Tegumentum membranaceum tessellam in dorso praebet, in qua nota numeralis LXI scripta est : super hac tessella altéra olim adglutinata erat, quae notam numeralem 6 prae se ferebat.

(1) Miscellanea Ceriani, Ulrico Hoepli, Milano 1910, p. 129.

(2) Bybliothecae Apostolicae Vaticanae Codices ma>iu scripti recensiti iussu Benedicti XV Pontificis Maximi, praeside Card. Aidano Gasquet, S. R. E. Bybliothecario. Codices Vaticani Latini, codices iojoi-iojoo. Romae, Typis polyglottis Vaticanis, MCMXX, pp. 641-642.

Le codex Vat. lat. 10673 se compose donc de trente-cinq feuillets de parchemin mesurant 260 millimètres sur 174. Les dimensions de la reproduction contenue à la fin du présent volume (pages 1 à 70) ont été légèrement réduites; toutefois un des folios (le folio 8 recto) a été reproduit une seconde fois, mais en vraie grandeur, à la fin du manuscrit, page 71.

En principe, le codex était primitivement composé de quaternions. Cette règle n'est pourtant pas absolue. Par ailleurs, plusieurs quaternions complets ont été amputés d'un ou de plusieurs feuillets. En sorte que le fragment du manuscrit primitif qui correspond à l'étendue actuelle du codex Vat. lat. 10673 se composait de six cahiers que nous désignerons par les six premières lettres de l'alphabet, de A à F :

A. — Le premier quaternion, folios 1 à 8, est complet.

B. — Un second quaternion suivait le premier, qui a entièrement disparu : un calcul très simple permet de s'en rendre compte.

C. — Le cahier suivant ne comportait, même primitivement, que sept feuillets, le folio 1 1 n'ayant pas de correspondant entre 13 et 14. sans qu'il y ait pourtant de lacune entre ces deux derniers :

D. — Les folios 16 à 23 constituent ensuite un quaternion parfait.

E. — Du quaternion suivant, trois feuillets ont disparu : le quatrième, le cinquième et le septième : ils sont figurés en pointillés dans le schéma ci-dessous :

F. — Enfin le dernier quaternion, lui aussi, était primitivement complet; mais son troisième feuillet a disparu :

En résumé, la composition actuelle du codex Vat. lat. ioôj} peut être résumée dans la formule :

A8 C7 D,s E8 (~ *• r'' 7) Fs (~ :!)

LA TRADITION BENÉVENTAINE. 199

Loew (i) aussi bien que Bannister (2) datent le manuscrit du XIe siècle; mais il faut dire, selon toute vraisemblance : début du X\% tant il est proche, par sa notation, du Missel VI. 53 du Chapitre de Bénévent, que le même Loew date du X/XIe (3).

11 est inutile de revenir ici sur ce qui a été dit plus haut (p. 111) des indices graphiques qui autorisent à localiser le scriptorium d'origine du codex Vat. lat. 10673 dans la région sud-est de la zone bénéventaine, c'est-à-dire en Apulie, sans qu'il soit d'ailleurs possible de préciser davantage. Nous nous bornerons simplement à relever quelques particularités d'ordre orthographique et phonétique.

On trouve fréquemment, dans notre codex, la lettre b remplacée par v (4) :

vasiliscum p. 11. 12e ligne;

lavorem p. 16, 9e ligne;

sivi p. 17, dernière ligne;

devait p. 19, y ligne;

vaculus p. 24, 9e ligne;

uveribus p. 25, 12e ligne;

vellum p. 34, 5e ligne;

On observe aussi le phénomène inverse, mais beaucoup plus rarement :

labi p. 31, y ligne;

biro p. 35, y ligne; p. 52, 6e ligne;

cerbus p. 68, 4e et 9e lignes;

sitibit p. 68, 6e ligne.

Dans certains cas, il faut même avoir recours au contexte pour savoir dans quel sens s'est faite l'altération, par exemple dans la série des formes vivent, biverit, bibebant,vibam, où l'on pourrait se demander, pour chacune d'elles, s'il faut lire deux b ou deux v; en l'espèce, ce sont partout des b qu'il faut :

Qui vivent aquam p. 23, avant-dernière ligne;

Qui biverit aquam p. 24, ire ligne;

qui bibebant vinum p. 50, 4e-y lignes;

nisi vibam illum p. 50, 9e ligne.

(1) Loew, The Beneventan Script, p. 365.

(2) Bannister, Monumenti Vaticani di Paleogrqfia Musicale Latina, Testo, Lipsia 1913, p. 120. Dans XArchivio délia R. Società Rotnana di Storia Patria, 1904, p. 232, Federici fait observer que certaines initiales de notre codex, le D de Z>eus, par exemple (p. 27), se retrouvent identiquement dans un manuscrit du XIIe siècle provenant de Saint-Vincent de Vulturne. Cette remarque ne contraint nullement à assigner au manuscrit de la Vaticane une date postérieure au XIe.

(3) Loew, op. cit., p. 336.

(4) Nous croyons préférable, dans les textes que nous citerons, de faire la distinction entre les lettres u et v, comme d'ailleurs entre les lettres t et j.

Une autre altération, assez fréquente dans notre codex, consiste dans le changement du / en d, mais cela simplement à la fin des mots :

and p. 20, 9e ligne;

fiad p

faciad p

audiad p

adbcread p

mandavid p

capud p

25, av. dernière ligne; p. 50, 9e ligne;

18, 5e ligne; p. 49, 3e ligne;

69, 10e ligne;

41, 9e ligne;

12, 10e ligne;

49, 2e ligne.

Les deux types de corruption que nous venons de signaler ont conduit notre scribe à écrire david le verbe dabit :

david fructum suum p. 7, ii^ ligne.

L'emploi du c avant Yh dur est assez fréquent :

micbi p. 20, 7e ligne; p. 48, 11e ligne; etc.

nichil p. 6, 7e ligne; p. 34, 8e ligne; etc.

Mais on trouve aussi très souvent les formes simples : mibi, nibil, etc.

Par contre, 17; aspiré, tombe dans certains cas :

umilitate p. 41, avant-dernière ligne.

D'autres fois, au contraire, la lettre /; est ajoutée au début de certains mots qui n'en comportent pas :

babundantia p. 25, dernière ligne.

Nous n'avons trouvé qu'une seule fois le k substitué au c : kalix p. 50, 9e ligne.

La substitution de IV à 17' est aussi extrêmement rare; on en trouve pourtant quelques exemples :

intellege p. 23, 10e ligne.

Il est à noter, à propos de ce phénomène de l'iotacisme, que notre scribe écrit Israbcl dans les textes latins, par exemple p. 48, 2e ligne; et Isralril dans les textes grecs, p. 57, 9e ligne.

Relativement à l'emploi de IV cédille, il y a lieu de distinguer. On peut dire qu'on ne le trouve jamais ou presque jamais au début de notre manuscrit. L'un des très rares cas où nous l'avons observé se trouve page 15, à la fin de la 11e ligne, sur le second e de mee. Par contre, vers la fin du codex, Ye cédille devient d'un emploi constant :

mee p. 63, 11e ligne; p. 65, 5e ligne; etc.

senti uni p. 65, 4e ligne;

prophète p. 68, 16e ligne.

On le trouve même employé sans raison dans des mots comme : secundum p. 68, i,e ligne, deux fois;

Danibelis p. 69, 17e ligne.

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