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Hy-mnum.... Benedi-ci- te stellae cae-li Do-
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mi- num. Benedi-ci- te imber et ros Domi-num. Be-nedi-ci-te
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tus Do- mi- ni
Dominum.
Hymnum...
Cette hymne n'est pas, on le voit, celle que nous avons conservée aux trois samedis des Quatre-Temps de Décembre, de Carême et de Septembre : non seulement la mélodie en est très différente, mais aussi le texte. C'est qu'en réalité les deux hymnes sont
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empruntées à des passages différents du même chapitre III du livre de Daniel. Le Missel romain a inséré, pour compléter la leçon de Daniel (JJ. 47-51), les cinq versets 52-56 qui lui font immédiatement suite dans le texte de la Vulgate; la pièce que nous avons ici commence au contraire au verset 56 et emprunte la suite du texte biblique, qui n'est autre que le Benedicite de Laudes.
En soi, d'ailleurs, cette hymne assez ornée n'est pas proprement bénéventaine ; on la rencontre dans plusieurs documents anciens de l'Italie Centrale et de l'Italie Septentrionale, surtout dans bon nombre de manuscrits aquitains, français, anglais, et même dans quelques sangalliens (1). Ce qui est spécifiquement bénéventain, c'est son mode d'emploi :
d'abord son emploi exclusif pour tous les samedis des Quatre-Temps. Presque toujours, en effet, c'est l'hymne adoptée par l'Edition vaticane, texte et mélodie, qu'on rencontre dans les manuscrits; assez souvent pourtant, on trouve, à l'un ou l'autre de ces samedis, quelque pièce de rechange, parmi lesquelles figure celle que nous venons d'indiquer (2); mais il est extrêmement rare, en dehors des manuscrits bénéventains, de trouver cette forme de l'hymne Benedictus es affectée à tous les samedis des Quatre- Temps, à l'exclusion de toute autre;
en second lieu, ce qui distingue surtout les manuscrits bénéventains, c'est la distribution particulière qui est faite de cette hymne entre les quatre samedis des Quatre-Temps ; chacun d'eux se voyant affecter un quart de la pièce, dont il faut bien avouer que l'exécution intégrale devait être fort longue. Nulle part, en dehors des manuscrits bénéventains, on n'observe un semblable fractionnement : là où l'hymne se rencontre, elle y figure toujours comme devant être exécutée intégralement, soit à l'un seulement, soit à plusieurs des samedis des Quatre-Temps.
(1) Il est toutefois assez curieux de noter qu'on ne la trouve dans aucun manuscrit allemand sur lignes.
(2) Cette Hymne de Daniel se présente, dans les manuscrits de X Antiphotiale Missarum romain, sous cinq formes différentes, sans parler du verset d' Alléluia qui, dans beaucoup de manuscrits, comme aujourd'hui encore, remplace toute l'hymne aux Quatre-Temps de la Pentecôte :
a) l'hymne du VIP mode adoptée par l'Edition vaticane, et dont la plupart des versets commencent par Benedictus es;
b) une hymne ayant la même forme mélodique, mais construite sur le texte Benedicite;
c) le même texte Benedictus es avec versets Benedicite, mais accompagné d'une mélodie beaucoup plus ornée ; c'est cette troisième forme que nous étudions actuellement ;
d) la série des versets Benedicite sur une mélodie syllabique avec la réclame : Omnia opéra Domini, Deum benedicite; malheureusement, de cette forme syllabique, nous ne connaissons que des témoins in campo aperto;
e) enfin, une composition en vers adoniques sur le même thème : Omnipotentem que l'on rencontre également dans bon nombre de manuscrits comme pièce de rechange.
Celle que nous étudions ici figure seule dans un bon nombre de manuscrits anciens qui peuvent être considérés comme autant de chefs de file : le Cantatorium de S. Gall, le codex 239 de Laon et le codex 47 de Chartres ; c'est également elle seule que l'on trouve dans les manuscrits romains Vat. lat. 53/Q et Arch. de S. Pierre F. 22, dont nous avons déjà eu l'occasion de parler. Ce sont là certainement des titres. Quant aux autres types, s'ils apparaissent parfois dans des manuscrits anciens, c'est, comme dans le codex Einsiedeln 121, à la fin du volume, et un peu comme des formules ad libitum.
La portion que nous venons d'en donner est celle qui se trouve affectée, dans tous les manuscrits bénéventains, aux Quatre-Temps de Carême. Détail curieux; bien que les Quatre-Temps d'Hiver se présentent toujours les premiers dans le cycle, tel qu'on le trouve habituellement constitué dans les manuscrits de Y Antiphonale Missarum, c'est aux Quatre-Temps de Carême qu'a été réservé le premier fragment; le second se trouve aux Quatre-Temps de Pentecôte; le troisième, en Septembre; le dernier, en Décembre (i).
Cette disposition ne paraît pas très logique dans un livre dont tous les exemplaires connus commencent par l'Avent. Si l'on admet, en effet, le principe de la division en quatre de l'hymne et sa répartition à chacune des saisons, il eût été plus naturel de distribuer chacun de ces fragments aux différents samedis, dans l'ordre même où ils se présentaient; de réserver par conséquent la priorité aux Quatre-Temps de l'Avent.
Faut-il voir, dans la répartition bénéventaine, un nouvel archaïsme? On ne saurait l'affirmer d'une manière absolue. Toujours est-il que, dans l'ancienne organisation romaine, l'année liturgique commençant à la Vigile de Noël, les messes du Temps de l'Avent se trouvaient par conséquent terminer le cycle : c'est la disposition que nous ont conservée les sacramentaires et lectionnaires anciens, tous sensiblement antérieurs aux plus anciens exemplaires de Y Antiphonale Missarum. Faut-il donc considérer la répartition bénéventaine de l'Hymne de Daniel comme un vestige d'une organisation plus ancienne du livre dont il ne nous serait resté aucun témoin? Ce n'est pas impossible; et nous aurions donc là une nouvelle note d'archaïsme à ajouter à celles qui ont été signalées dans le chapitre précédent; mais il faut avouer que nous n'avons aucun autre élément pour confirmer semblable hypothèse; aussi avons-nous préféré ne pas faire état d'un argument dont la valeur probante ne peut être actuellement établie d'une manière plus ferme. Le fait reste cependant, qui témoigne de la priorité donnée aux Quatre-Temps de Carême sur ceux de l'Avent (2).
Ce qui est donc spécifiquement bénéventain, dans le cas de l'Hymne de Daniel, ce n'est pas la version textuelle et mélodique qu'en donnent les manuscrits de l'Italie Méridionale, ce n'est même pas l'emploi exclusif de cette version; c'est son mode d'emploi : fractionnement en quatre et répartition entre les quatre samedis des Quatre-Temps, en commençant par le Carême.
Sans aucun doute, c'est sous cette forme que l'hymne Benedictiis es figurait, au samedi des Quatre-Temps, dans le Vat. Lit. 106/3.
(1) Seul, parmi nos manuscrits, le missel Rome, Barb. lat. 6oj, réduisant encore la portion affectée à chacun des samedis, a divisé en deux le fragment affecté au Carême, et reporté le début aux Quatre-Temps de Décembre.
(2) Il est toutefois intéressant de noter que, si certains manuscrits anciens, par exemple le Cantatorium de S. Gall, indiquent notre hymne aux Quatre-Temps de l'Avent, d'autres, au contraire, et en particulier des chefs de file comme Laon 2jç ou Chartres 4J, qui ne connaissent qu'elle, la donnent aux Quatre-Temps de Carême. Peut-être pourrait-on encore chercher une explication de cette particularité, ainsi que de la disposition bénéventaine, en remarquant que les Quatre-Temps sont assez souvent désignés dans les manuscrits sous les noms de \jejunium mensis primi, mensis quarti, mens/s septimi et mensis decimi. De ce point de vue, il était en effet plus normal d'affecter, soit l'hymne entière, soit le premier de ses fragments ZMJejunium mensis primi, c'est-à-dire aux Quatre-Temps de Carême.
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B. — Les Communions évangéliques de Carême.
A l'époque où la paternité de X Antiphonale Missarum était encore contestée à S. Grégoire-le-Grand, dom Cagin apporta dans le débat un argument aussi probant qu'ingénieux. Il faisait remarquer que, dans les messes fériales de Carême, les communions étaient toutes tirées du psautier, et disposées précisément selon la série continue des psaumes auxquels elles étaient empruntées; en sorte que la première (ps. I) se trouvait affectée au Mercredi des Cendres; la dernière (ps. XXVI), au Vendredi de la Passion. Il se trouve toutefois que, de ces vingt-six pièces, cinq ont disparu pour faire place à des textes évangéliques : au Samedi de la IIe semaine; aux Vendredi et Samedi de la IIIe semaine; aux Mercredi et Vendredi de la IVe semaine. A chacune de ces fériés, où figuraient primitivement des antiennes tirées respectivement des psaumes XII, XVI, XVII, XX et XXI, on a substitué cinq textes non-psalmiques empruntés aux évangiles des messes correspondantes : les péricopes de l'Enfant prodigue, de la Samaritaine, de la Femme adultère, de l'Aveugle-né et de la Résurrection de Lazare; substitution certainement très ancienne, puisqu'on la trouve déjà opérée au VIIIe siècle, dans les plus anciens témoins de Y Antiphonale Missarum (i).
A leur manière, les manuscrits notés apportent leur confirmation aux conclusions tirées de l'étude intrinsèque des textes et de leur organisation. C'est un fait d'expérience que, quand dans la tradition manuscrite un même texte se présente sous plusieurs formes mélodiques spécifiquement différentes, ce texte n'est pas primitif. II y a là un critère des plus intéressants pour juger de l'authenticité de certaines pièces auxquelles la tradition tout entière assigne la même affectation; et qui, du fait de ce consentement unanime, pourraient passer pour contemporaines de la compilation du livre, alors qu'en réalité elles lui sont postérieures.
A ce point de vue, le cas des cinq communions Oportet te, Qui biberit, Nemo te condemnavit, Littum fecit et Videns Dominus est tout-à-fait typique. Il n'y a peut-être pas d'exemple d'une telle floraison de versions mélodiques différentes, appliquées aux mêmes textes. Il serait sans doute fort intéressant de donner, dans un travail d'ensemble, le résultat du dépouillement de la tradition manuscrite sur ce point particulier, et de montrer de quel secours peut être un critère de cette nature pour le groupement des manuscrits en familles (2); nous ne pouvons ici que présenter le résultat de ce dépouillement limité au seul groupe bénéventain.
(1) Il n'y a, à notre connaissance, qu'une seule exception à cette règle. Le graduel de Rheinau, codex 30 de la Bibliothèque de Zurich, donne, au Vendredi de la IVe semaine, la communion : Adjutor meus es tu, Domine, ne derelinquas me, au lieu de Vide?is Dominus (Gerberï, Monumenta Veteris Liturgiœ Alemanniae, P. I, p. 378). Mais, pour être psalmique, ce texte n'est cependant pas celui de la communion primitive de ce jour : il est emprunté au psaume XXVI, alors que la communion dont il tient la place était tirée du psaume XXI.
(2) Celui de ces groupes qu'on trouve le plus souvent attesté dans les manuscrits est, sans conteste, celui qui a été adopté par l'Edition vaticane. Il est caractérisé par l'allure de ses mélodies, très peu ornées, souvent
Paléographie XI Y. 29
Il existe, en effet, pour chacune de ces cinq communions, une mélodie proprement bénéventaine (i); nous les avons désignées uniformément par la lettre B.
même syllabiques, et dont la très grande simplicité rappelle plutôt le style des antiennes de l'office que celui des antiennes de communion. Nous avons désigné par la lettre S ces mélodies plus simples, plus syllabiques, et qu'on trouve le plus souvent dans les manuscrits.
En ce qui concerne l'Edition vaticane, il y a toutefois une restriction à faire. Comme on peut aisément le constater, la communion Qui biberit tranche sur les quatre autres par son style sensiblement plus orné. Effectivement elle ne fait pas partie du même groupe.
On pourrait penser que l'Edition vaticane aurait mieux fait de conserver une plus grande homogénéité et de ne pas ainsi panacher son choix en suivant, ici un groupe, et là un autre. Le parti adopté par ses rédacteurs s'explique pourtant, par un souci de fidélité au témoignage des manuscrits. Si l'on avait voulu, en effet, insérer dans le Graduel la leçon la plus attestée par les manuscrits, et formant groupe avec les quatre autres antiennes, il aurait fallu adopter la communion Qui biberit S :
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Qui bibe-rit aquam, quam e-go do, di-cit Dominus Sama-ri-ta-nas,
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fi- et in e- o fons aquas sa-li- en-tis in vi-tam seter- nam.
Mais une difficulté se présentait : la leçon en question porte : « quam ego do, dicit Dominus Samaritana », alors que le Missel dit : <K quam ego dabo ei, dicit Dominus » ; d'une part do au lieu de dabo ei; d'autre part dicit Dominus Samaritana au lieu de dicit Dominus tout court.
Pour maintenir l'homogénéité du groupe S, il eût donc fallu : soit conserver le texte du Missel et retoucher la mélodie en l'adaptant au texte remanié ; soit adopter telle quelle la pièce en question ; mais alors, on créait une divergence entre le texte du Graduel et celui du Missel, ce qui d'ailleurs s'est produit plus d'une fois.
Une troisième solution s'offrait, dans le cas présent, qui permettait de conserver le texte du Missel sans toucher au témoignage des manuscrits. Parmi les mélodies variées sous lesquelles se présente, dans la tradition, la communion Qui biberit, il y en a précisément une qui est construite sur le texte du Missel. C'est cette leçon mélodique qui figure actuellement au Graduel.
On aurait pu aussi se rappeler que la plupart des particularités du Missel de S. Pie V ont une origine franciscaine. En interrogeant les manuscrits de l'Ordre, on n'aurait pas eu de peine à se rendre compte qu'il en est bien ainsi dans le cas présent : les deux textes concordent exactement. Il suffisait donc d'adopter la mélodie donnée par les manuscrits franciscains : c'est précisément celle que, par une autre voie, on avait été conduit à retenir. Mais il faut ajouter que, si l'on avait voulu suivre sur toute la ligne la tradition franciscaine, il aurait fallu choisir, pour la communion Oportet te, une mélodie différente de celle représentée par le type S, auquel appartiennent par ailleurs les trois autres antiennes du groupe franciscain.
Notons d'ailleurs que le groupe dont nous parlons actuellement sous le nom de franciscain, et qui s'écarte du type S pour les deux communions Oportet te et Qui biberit, est en réalité très antérieur à l'Ordre de S. François, puisqu'on le trouve déjà constitué sous cette forme dans le codex 606 du chapitre de Lucques, qui date de la fin du Xe siècle ou du début du XIe.
(1) Il n'est peut-être pas inutile de préciser dans quel sens nous parlons de mélodie bénéventaine. Nous avons déjà dit que l'ancienne liturgie locale de Bénévent comportait un répertoire propre de pièces de chants dont la mélodie était caractérisée par un style très particulier. Nous aurons l'occasion de donner plus loin quelques pièces de ce répertoire ancien. Il est, au contraire, certaines autres pièces qui, pour être propres aux manuscrits bénéventains, n'en sont pas moins conçues dans le style grégorien le plus pur. C'est à cette catégorie qu'appartiennent les communions dont nous parlons ici, comme d'ailleurs toutes les pièces propres que nous aurons l'occasion de relever dans le premier paragraphe du présent chapitre.
LA TRADITION BENEVENTAINE.
i. La communion «Oportet te». — La communion du Samedi de la IIe semaine de Carême, correspondant à l'évangile de l'Enfant prodigue, se présente, dans les manuscrits bénéventains, sous la forme suivante :