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LA SEMAINE SAINTE

Le codex Vat. lai. 106J3 se terminant actuellement au cours de l'Office du Samedi- Saint, il nous reste donc à examiner son témoignage relativement à la série des fonctions de la Semaine Sainte.

Parmi ces rites si intéressants que nous étudierons à la lumière des autres documents de la même école, nous constaterons bien des analogies avec l'ensemble de la tradition

(1) Martène, De Antiquis Ecclesiœ Ritibus, t. I, col. 101, note.

(2) Martène, loc. cit., col. 98-99; de même, plus loin (col. 106), le Pontifical de Poitiers.

LA TRADITION BÉNÉVENTAINE. 249

manuscrite; il n'y aura pas lieu d'insister longuement sur ces caractères communs. Nous n'avons ici, ni à en rechercher l'origine, ni à en exposer l'historique. Nous constaterons, par contre, dans plus d'un de nos manuscrits, la subsistance de maints vestiges de l'ancien rit bénéventain dont la connaissance est du plus grand intérêt, tant du point de vue de l'histoire des liturgies que de celle du chant sacré. C'est naturellement à ces derniers que nous nous attacherons plus particulièrement ici, en cherchant à reconstituer, aussi exactement que possible, tant l'ordonnance des cérémonies elles-mêmes que la mélodie des pièces de chant qui les accompagnaient.

A. — Le Dimanche des Rameaux.

La fonction du Dimanche des Rameaux telle que la présentent les manuscrits bénéventains doit être étudiée successivement sous deux aspects : d'abord la Bénédiction et la Procession des Rameaux; ensuite la Messe bénéventaine du jour.

Bénédiction et "Procession.

Avant la messe du jour, le codex Vat. lat. 10673 indique, au Dimanche des Rameaux, Dominica in p aima ad processionem, une série de pièces de chant, antiennes et répons, dont plusieurs se retrouvent dans la plupart des manuscrits des différentes écoles, et dont quelques-unes figurent encore actuellement au Missel romain. Les antiennes Cum appropinquaret, Ceperunt omnes et Cum aiidisset populus sont du nombre; mais, tandis que les deux premières se retrouvent partout, et sensiblement avec la même mélodie, la dernière se présente, dans notre codex, avec une mélodie qui n'a plus rien de. commun avec celle de l'Edition vaticane, encore que les textes des deux pièces soient à peu près identiques. Viennent ensuite l'antienne Occurrunt turbœ et le répons Collegerunt — souvent accompagné d'une prosuie — tous deux selon les mélodies connues; puis le Gloria lans(i);

(1) Ce dernier n'est d'ailleurs pas traité tout-à-fait comme dans l'Édition vaticane; en ce sens que, si la première strophe sert bien de refrain, la mélodie n'en est pas moins identique à celle des autres versets :

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Glo-ri-a, laus, et ho-nor, ti-bi sit Rex Christe Redemptor : Cu- i pu-e-ri-le de-cus prompsit Osanna pi-um. Glori-a...

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Isra-el es tu Rex, Da-vidis et incly-ta pro-les : Nomine qui in Domi-ni, Rex bene-dicte, venis. Glo-ri-a...

On notera (pages 250 et 252) que deux de nos manuscrits, les Graduels VI. 34 et VI. 38 de Bénévent désignent, comme auteur du Gloria laus, non pas Théodulphe, mais Juvencus. Cette attribution est insoutenable. Elle peut toutefois s'expliquer :

d'abord par une similitude de « manière » des deux auteurs :

Teudulfus rutilât mire de arte Iuvenci (Poetae Latitii Aevi Carolini, t. I, 77, dans Monumenta Germaniae historica, Poetae Latini Aledii Aevi, t. I);

peut-être aussi par un rapprochement de leurs œuvres dans un même manuscrit, comme cela se rencontre, par exemple, dans le codex C. 74 de la Bibliothèque ambrosienne, où le nom de Théodulphe a été omis (op. cit., p. 44 1 ).

enfin un répons inconnu par ailleurs : Ante sex dies Paschœ. Y- Magister, qu'il ne faut pas confondre avec la grande antienne Ante sex dies solemnitatis Paschœ, dont le texte est tout différent. Au contraire, l'antienne O Rex noster des manuscrits bénéventains n'est pas autre chose que l'antienne Ave Rex noster que l'on trouve si fréquemment dans la tradition manuscrite.

Nous n'insisterons ici que sur celles de ces pièces qui présentent un caractère spécifiquement bénéventain; mais avant d'aborder cette étude, il n'est pas inutile de comparer la liste du codex Vat. lat. 10673 avec ce'les des autres manuscrits de la même école. Dans le tableau ci-dessous, nous avons confronté son témoignage avec celui des trois Graduels VI. 35, VI. 39 et VI. 34 de Bénévent.

Rome, Vat. lat. 10673

Xe-XI<=

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