‹ Paléographie musicale (volume 2)Chapitre 88 sur 157 · V- h— Ai · texte numérisé non relu

V- h— Ai

•*— ■ri.xj.a^

cj j.

pa]-

Ante sex di- es Paschae, ve- nit Je-sus Be-thani-

frfr-i'» J1'*^ ■■% 3>n^

u- bi La- za- rum ressusci-ta- vit a mor- tu-

is.

* Et di- xit discipu-lis su- is : De-side- ri-o de-si-dera- vi

^V^-rfi-SHytr

♦^♦=fïV

man-ducare vobis- cum

antequam

pa- ti-

ar.

y. Magi- ster di-cit : Tempus me- um prope

est; D

-8 ■ ■ f-Xm^=^

fc^V

aJH

pud te faci- o Pascha cum disci-

pu- lis me-

is.

* Et di- xit.

Nous sommes ici en présence d'un répons du IVe mode bénéventain. L'ancienne liturgie de Bénévent comportait ainsi tout un formulaire de répons analogue à celui du répertoire grégorien, mais nettement indépendant de lui. On s'en rendra compte aisément en comparant à la formule habituelle du verset des répons romains du IVe mode celle que nous venons de donner, et qui est caractéristique des répons bénéventains du même mode.

Bien qu'assez éloignée du style grégorien, cette pièce bénéventaine n'en est pas moins facilement compréhensible, vu la sobriété relative de ses formules si on les compare à celles de certaines autres pièces du même répertoire. On notera l'identité de toutes les cadences : c'est la même formule qui se trouve employée, quatre fois pour chacune des incises du corps du répons; une cinquième fois pour la finale du verset. Cette formule est d'ailleurs d'un usage constant dans la plupart des pièces du répertoire bénéventain.

Nous avons dit que celle-ci avait été restituée d'après quatre manuscrits. Nous ne voudrions pourtant pas passer sous silence une particularité de cette restitution qui ne manque pas d'intérêt. La leçon rétablie ci-dessus résume, en effet, le témoignage concordant de ces quatre manuscrits, mais seulement si on la considère incise par incise. A la prendre dans son intégralité, transitions comprises, elle ne reproduit plus que le témoignage du seul Graduel Bénévent VI. 15.

Contre lui les trois autres manuscrits s'entendent — on se rappelle qu'ils sont diastématiques, au sens large du terme — pour donner les transitions suivantes :

i° En A, départ à l'unisson;

LA TRADITION BENEVENTAINE.

2° En B, départ à la tierce supérieure;

3° En C, départ à l'unisson ;

4° Enfin, pour le verset, le départ est indiqué uniformément à la tierce supérieure dans tous les manuscrits; mais, à la reprise, nos trois manuscrits repartent, comme en B, à la tierce supérieure.

La mélodie telle qu'elle se trouve dans le codex Bénévent Vi. ?5, le seul sur lequel nous puissions nous appuyer d'une façon ferme pour fixer la place de la mélodie sur la portée, est-elle compatible avec les transitions proposées par les trois autres manuscrits? La question est facile à résoudre. Si l'on n'admet, comme accident, que le seul sic, la transcription est impossible. Il suffit d'envisager successivement les différentes manières d'écrire chacune des incises, et de se rendre compte s'il est possible de les enchaîner entre elles de manière à ménager les transitions prévues par nos trois manuscrits. Sous cette forme, la difficulté ne peut être résolue.

Mais est-il bien nécessaire de chercher à transcrire sur lignes la mélodie en question, avec le matériel bien connu, et en particulier l'emploi du seul accident si)?? Nous ne le croyons pas. Comme on peut en foire l'expérience, on se rendra compte que, si l'on exécute incise par incise notre répons tel que nous l'avons transcrit, mais en respectant les transitions indiquées par les trois autres manuscrits, on a une pièce parfaitement chantable, et qui ne comporte pas de modulations plus extraordinaires que celles auxquelles nous sommes habitués dans le répertoire grégorien. La difficulté d'écriture vient uniquement de ce fait que les modulations se succèdent en montant graduellement d'un ton, de telle sorte que, si une première phrase peut s'écrire normalement sans accident à la clé, la suivante devra être écrite avec deux dièzes, la seconde avec quatre.

Voici donc comment, selon toute vraisemblance, la pièce devait être chantée, à l'époque où elle était notée dans des manuscrits sans lignes ni clés, quoique diastématiques :

hr

Page 1