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Ante sex di- es Paschae, ve- nit Je-sus Be-thani-
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* Et di- xit discipu-lis su- is : De-side- ri-o de-si-dera- vi
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y. Magi- ster di-cit : Tempus me-
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pud te faci- o Pascha cum disci- pu- lis me- is.
* Et di- xit discipu-lis su- is : De-side- ri-o de-si-dera- vi
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man-ducare vobis- cum antequam pa- ti- ar.
On notera que, dans cette restitution, chaque incise reproduit exactement la mélodie de l'incise correspondante notée dans le Graduel Bénévent VI. ?5, mais que, par contre, les transitions sont celles des trois autres manuscrits. Nous avons là, selon toute vraisemblance, l'explication des décalages adoptés par le codex Bénévent VI. 95. En cherchant à fixer sur portée la mélodie, n'ayant à sa disposition que le seul accident si]?, on aboutissait à une impasse; parce que, à l'époque où la mélodie était chantée sans avoir encore été fixée sur portée, elle pouvait fort bien comporter des modulations qui, pour être très naturelles, n'en rendaient pas moins la pièce impossible à écrire.
C'est ainsi que, plus d'une fois, on a dû se trouver en présence de pièces parfaitement chantables, et chantées en fait, où nul hiatus n'eût pu être décelé, où les modulations n'étaient pas différentes de celles qu'on rencontre à chaque instant dans le répertoire, et qui cependant, vu la contexture générale des morceaux, se sont trouvées intraduisibles lorsqu'on a voulu les fixer sur portées, avec un matériel mélodique aussi restreint que celui dont on disposait.
Quant au texte, on se saisit pas bien, au premier abord, le rapport qu'il peut avoir avec la cérémonie de la bénédiction et de la procession des Rameaux. Il est vrai qu'on pourrait en dire autant du Collegerunt. Mais, ce qui surprend davantage, dans notre répons, c'est sa composition même. Il commence par un emprunt au début du chapitre XII de S. Jean, «Jésus ergo, ante sex dies Paschas, venit Bethaniam, ubi Lazarus fuerat mortuus, quem suscitavit Jésus ». Dans la narration évangélique, ce verset sert d'introduction au repas chez Simon le Lépreux. Or, s'il va bien être question d'un repas, dans la suite de notre répons, ce n'est pas précisément de celui-là. Une association d'idées s'est établie dans l'esprit du compositeur, qui a greffé, sur cette introduction du repas de l'onction rapporté par S. Jean, un passage de S. Luc relatif à un tout autre repas, celui de la Pàque même, qui, dans la réalité, ne devait avoir lieu que quelques jours plus tard : sn ...et paraverunt Pascha. Et cum facta esset hora, discubuit, et duodecim apostoli cum eo. Et ait illis : Desiderio desideravi hoc pascha manducare vobiscum, antequam patiar »(Luc, XXII, 13-15). Le corps du répons se termine par ces paroles du Seigneur. Quant au verset qui suit, il est emprunté au chapitre XXVI de S. Matthieu, v. 18 : sn At Jésus dixit : Ite in civitatem ad quemdam, et dicite ei : Magister dicit : Tempus meum prope est; apud te facio Pascha cum discipulis meis ". Ces paroles, on le voit, sont antérieures au repas pascal, et par
LA TRADITION BENÉVENTAINE. 263
conséquent au passage de S. Luc qui constitue la seconde moitié du corps de notre répons. Il est vrai qu'à la reprise, l'ordre normal des faits est rétabli. Quoi qu'il en soit, il est assez étrange de voir ainsi rapprocher des textes relatifs à deux repas différents, les paroles prononcées par le Seigneur au repas pascal étant ici rapportées comme ayant été prononcées au repas de Béthanie, c'est-à-dire, comme le dit le répons lui-même, six jours avant la Pâque. 11 reste donc que, dans cette pièce, il n'y a plus simplement, comme tout-à-1'heure un simple alignement de textes dont les uns évoquent les autres; il y a, à proprement parler, une erreur formelle dans la narration de la suite des événements. Cette erreur, qui fait citer un passage relatif à la Pâque à propos du repas de l'onction ne peut s'expliquer que par une idée générale de la Passion commencée, jointe à la confusion entre les deux repas.
Quant à l'affectation de notre répons au Dimanche des Rameaux avec lequel il ne semble avoir aucun lien, il est vraisemblable qu'elle a été inspirée par la proximité des événements rapportés : c'est, en effet, le lendemain du repas de Béthanie que le Seigneur reprit, avec ses disciples, le chemin de Jérusalem; et que se produisit la manifestation commémorée par la procession des Rameaux (i). Cette explication est confirmée par le texte du chant d'entrée de la messe bénéventaine du jour qu'il nous faut maintenant étudier.
La messe bénéventaine dit Dimanche des Rameaux.
Après la messe romaine traditionnelle qui suit la bénédiction et la procession des Rameaux, le Graduel Bénévent VI. 38 donne, sans titre, une seconde messe, d'un style bien différent, et qui n'est pas autre chose que l'ancienne messe bénéventaine du Dimanche des Rameaux.
Celle-ci, comme toutes les autres messes de l'ancienne liturgie bénéventaine qui nous ont été conservées, se compose de quatre pièces : un introït, appelé ingressa, un graduel, un offertoire et une communion; les trois dernières correspondant aux pièces grégoriennes de même nom; l'introït se rapprochant au contraire de Y ingressa milanaise, non seulement par son titre, mais encore par cette particularité qu'il n'est accompagné d'aucune psalmodie.
Cette messe bénéventaine du Dimanche des Rameaux ne nous ayant été conservée que par un seul manuscrit, le Graduel Bénévent VI. 38, nous nous contenterons donc de reproduire les mélodies de cet unique témoin (2). Le manuscrit, il est vrai, n'est pas écrit sur lignes : mais on peut aisément suppléer à cette lacune, tant est grande la précision avec laquelle les intervalles ont été habituellement respectés. La transcription de la mélodie sur portée n'offre donc pas de difficulté; il en est autrement lorsqu'il s'agit de fixer, dans
(1) On peut noter que, clans la liturgie mozarabe, la péricope évangélique affectée au Dimanche des Rameaux est précisément tout le passage XI, 55 - XII, 13 de S. Jean.
(2) Nous savons pourtant, par un autre Graduel : le codex Bé?iévent VI. 40, que l'offertoire et la communion en étaient aussi utilises à la messe du Jeudi-Saint. Malheureusement, tandis que le Graduel VI. 38 est lacunaire pour le Jeudi Saint, le VI. 40 l'est lui-même pour le Dimanche des Rameaux; et, comme il ne donne, le Jeudi- Saint, l'offertoire et la communion que par leur incipit non noté, nous en sommes réduits, même pour ces deux pièces, au témoignage du seul Graduel Bénévent VI. 38.
chaque cas, la clé qui convient, et dont il n'y a pas trace dans le manuscrit. Il est clair cependant que celle-ci ne peut être choisie d'une manière absolument arbitraire; on est d'ailleurs aidé dans ce choix par la connaissance que l'on peut avoir d'autre part du style mélodique bénéventain où, comme nous avons déjà eu l'occasion de le dire, l'emploi des formules est d'un usage si courant qu'il en devient même souvent fatiguant. Dans chaque cas où cela sera nécessaire, nous suppléerons donc à cette absence de clé; mais, afin de respecter l'imprécision des manuscrits, et pour avertir le lecteur qu'il s'agit là simplement d'une interprétation proposée comme plus probable, cette clé sera figurée entre crochets chaque fois qu'elle aura ce caractère d'une précision supplémentaire ajoutée au témoignage matériel des manuscrits.
L'ingressa Testificata est est précisément inspirée du passage de S. Jean auquel nous faisions allusion il y a un instant :
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ff-y-i**
Testi- fica-ta est turba quae e-rat cum Je- su quando Lazarum vo- ca-
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vit
de monu- men-to et susci-
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mortu- is. Pro e- o cum ramis palmarum occur- re- runt, clamantes et di-
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cen- tes : O- san- na, Rex Isra- el, bene- di- ctus qui
EJ&Jtt^fcr^^toSzJg^^^sS^'. 1 M g*T
ve- nit in no-
mi- ne Domi- ni. Osanna
in ex- cel- sis!
L'épisode de l'entrée triomphale du Seigneur à Jérusalem figure, dans S. Jean, au chapitre XII, peu après le récit de la Résurrection de Lazare, rapportée au chapitre précédent. Il ne serait donc pas surprenant que nous trouvions ici une allusion à ce dernier épisode, tout comme au début du répons Ante sex dics Pascbœ; mais il faut avouer que l'allusion est, ici encore, assez libre, qui donne comme la foule enthousiaste venant au-devant du Seigneur celle-là même qui avait assisté à la Résurrection de Lazare. L'Evangile ne dit rien de tel, bien au contraire (i) : la foule qui vient à la rencontre du Seigneur, y est donnée comme une foule anonyme arrivant à Jérusalem pour la Pàque : « turba multa quae venerat ad diem festum ». Nous ne pouvons que constater une fois de plus, la liberté avec laquelle l'Ecriture est traitée par nos compositeurs bénéventains.
(1) Cf. Joan., XII, 9-13.
LA TRADITION BENEVENTAINE.
Du point de vue mélodique, on remarquera la répétition de la même phrase sur les trois incises et suscitavit eum a mortuis; clamantes et dicentes : Osanna et Benedictus qui venit in nomine; la finale Osanna in excelsis reproduit la cadence Rex Israël. Malgré ces répétitions, cette ingressa n'en garde pas moins un charme réel, dû en grande partie à sa tonalité.
Il est intéressant de noter qu'on retrouve le même texte dans la liturgie milanaise. Voici sous quelle forme s'y présente le troisième psalmellus du Dimanche des Rameaux (i) :
fezr^1-'
r-sn
Testi- fica-ta est turba quae e- rat cum Jesu, qui- a Dominus Lazarum voca- vit de
monumento, et susci-tavit e-um a mortu- is. Propter hoc cum ramis palma-rum ob-
, { pr* m.^— '-i i-H^vf^^r , :
vi- avit e-i damans et di- cens : Osanna Régis Isra-el, benedictus qui venit in nomine
fct
Domini. Osanna in excelsis!
Si la mélodie bénéventaine est entièrement différente, il n'est pas contestable que, malgré les variantes qui les distinguent, les deux textes dépendent d'un original commun.
Le graduel de la messe bénéventaine des Rameaux est emprunté au psaume XXX, yy. 14-15 et 9, selon une version qui se rapproche beaucoup de celle du psautier romain :
Dum congre- ga- ren- tur in-imi-ci me-
S-T^^^Mlyp^y
i si- mul
-^r^ï»FÉ 4A83-y
adver-sus me,
ut acci- pe- rent
nimam me-
^rr-^^î^ga^^^^^r'Vr'iri
am consi- h- a-
ti
in te spe ra- vi,
feggg^fÇa^^
Do-
mi- ne. y. Non
me conclu-si-
sti
ffl
ci, et statu- i- sti in spa-ti- oso
in ma-
nus in- i- mi-
^— îî^Vl
■iVjhn^VTh
lo- co pedes me
F=gBhjq»-iFy3^
os.
(1) Nous transcrivons ici la leçon du codex 34209 du British Muséum (PaL Mus., t. V, pi. 223). L'antiphonaire de Muggiasca présente par rapport à elle quelques légères variantes mélodiques ; mais son texte est identique.
Paléographie XIV
On notera la répétition du même motif mélodique sur les mots animam meam et ego vero, ainsi que la répétition de la même vocalise, dans le verset, sur les mots non me et conclu s isti (i).
Quant à l'offertoire Papule meus, on n'aura pas de peine a reconnaître la parenté qui le lie. même du point de vue mélodique, avec le verset de même texte que la liturgie romaine a conservé pour accompagner, le Vendredi-Saint, l'Adoration de la Croix :
Popule me- us quid fe- ci ti- bi? aut in quo
ffi
contri- sta-vi te?
tr»^".