‹ Paléographie musicale (volume 3)Chapitre 16 sur 119 · PIE · texte numérisé non relu

PIE

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A- ve Chri- ste, A-ve

Rail.

Chris-

im- mo- la- te in crû-

L ACCENT LATIN ET LES MAITRES DES XVe, XVIe, XVIIe SIÈCLES

Il nous plaît dans cette transcription (i) de supprimer les barres de mesures employées dans V Anthologie, afin de démontrer que ces barres ne donnent point à cette musique sa valeur métrique ou rythmique, & que la seule forme des notes suffit à indiquer clairement le levé & le baissé. Si l'on sait que la ronde vaut deux battute, deux mesures, comprenant chacune un frappé & un levé, que la blanche vaut pour une mesure, la noire pour un temps, &c, rien n'est plus facile que de mesurer & de rythmer avec la plus grande exactitude, & de chanter avec le plus parfait ensemble. L'adjonftion des barres de mesures, très utile d'ailleurs pour les chanteurs, n'ajoute rien au rythme, elle ne fait que préciser des faits métriques ou rythmiques déjà suffisamment indiqués par la notation sans barres.

La suppression des barres produit sur le musicien moderne une première impression de surprise; pas de mesure.. ! il ne s'y reconnaît plus, il ne sait où poser le pied, il est perdu. Mais après quelques instants d'attention, son œil s'habitue à cette notation libre, & bientôt la distinction des levés & des baissés se fait tout naturellement. Cette suppression a du moins un avantage : elle lui enlève cette fascination toute moderne de la barre de mesure qui l'entraîne à frapper fortement les baissés, les touchements ; & il les exécute plus facilement avec la délicatesse & la légèreté que réclame cette musique.

Or, dans cette belle phrase très large de style & si bien rythmée, sur trente & un mots latins accentués, vingt-neuf accents sont au frappé des mesures. Pourquoi? Parce que tous ces accents supportent des rondes, des blanches, ou des vocalises. Deux accents seulement — ceux du mot crucis deux fois répété,, soprani & alti — n'ont qu'une seule noire & correspondent au levé. Plusieurs autres phrases sont dans le même cas, il y en a même où, pour des raisons identiques, on ne trouvera pas un seul accent au levé. Afin de gagner de la place, nous ne mettons sous les yeux du lecteur que la contexture rythmique.

Josquin de Près. Ave Chrisle Immolate. Bordes : Livre des Motets. 1893

a) Ave Verbum incarnatum, p. 4.}.

Soprani.

Alti.

Ténors.

Basses.

ve

J J ve Ver-

ve

Vér-

bum

ve

Vér-

bum

in-

în-

bum

car-

Vér- bum

in-

car-

in-

nâ-

nû-

car- nâ-

tum,

tum,

car- na-

tum,

(1) Pour être plus exad & se rapprocher davantage de la notation primitive, il faudrait traduire par une ronde les blanches réunies par une liaison : & au lieu de P\ f9, & par une blanche pointée j5"* les notes ,<5'| ,* ; ce sont les barres de mesure qui nécessitent cette division des notes dans les transcriptions modernes.

b) Salve, Corpus Jesu, p. 44.

Soprani.

Alti.

Ténors

Basses.

s> Sâl-

Sâl-

Sâl-

ve

ve

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Sâl- ve

côr-

pus

Je-

côr-

pus

Je-

côr-

pus

Je-

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côr- pus Je-

su

Chrï-

Chri-

J J su Chri-

Chri-

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