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L ANTIPHONAIRE TONALE DE MONTPELLIER IJ

rangées par Offices & dans Tordre du Temps & des fêtes, comme dans le premier Antiphonale missarum venu (le cod. ^)9 de Saint-Gall par exemple), les diverses pièces chantées à la messe sont ici rangées par espèces : les introïts & les communions ensemble (ce sont des antiennes); les versets alléluiatiques à part; les traits ensuite, &c, & cela d'après chaque mode.

Nous sommes donc en présence plutôt d'un Tonale de la messe que d'un Antiphonale missarum : disposition très heureuse pour l'étude des pièces musicales, mais qui l'est moins pour la pratique du chœur. On peut même se demander si un livre ainsi disposé a pu servir au chœur.

Nous n'en savons rien ; cependant rien n'empêche de le supposer, car pratiquement il avait de réels avantages : la tonalité des morceaux, vague dans les autres livres, était ici précisée ; l'écriture neumatique donnait le rythme général de la phrase ; la traduction littérale ne laissait aucun doute sur sa mélodie. Néanmoins son usage à l'office devait présenter quelques difficultés : outre la dispersion dans le volume des pièces d'une même messe, les lacunes y étaient nombreuses. En effet :

i° le verset psalmodique qui accompagne tout introït faisait ici complètement défaut ;

20 omission plus grave : un certain nombre de pièces manquaient totalement.

On sait que beaucoup de répons-graduels sont calqués les uns sur les autres, ceux du deuxième ton, pour ne citer qu'un exemple. Nos lecteurs connaissent le répons Justus ut p aima & tous ses dérivés : nous en avons donné quatorze (cf. Pal. Mus., tom. III, p. 31). Or, ici, nous n'en trouvons que quatre : A summo celo, Angehs suis, Exultabunt sancti & Domine refugium (p. 1 5 2- 153) : encore ce dernier a-t-il été ajouté dans la suite — notation messine — & n'est-il représenté que par son verset (p. 1 52).

De même pour les versets alléluiatiques. Nous en donnions autrefois sept du type Dies sanctificatus [Pal. mus., tom. III, p. ^); seul ce dernier a trouvé place dans l'Antiphonaire qui nous occupe.

Il fallait nécessairement remédier à ces inconvénients : alors furent

ajoutés à la suite de chaque introït les premiers mots du verset psalmodique, &, en marge, l'indication des pièces musicales composant chaque messe. C'est ainsi que nous avons, à la suite de l'introït Inclina (p. 13), du xve dimanche après l'octave de la Pentecôte, le verset Letifica, &, en marge, les mentions : $. Bonum est ; Alléluia Timebunt ; Of. Expectans expectavi ; Co. Qui manducat : toutes pièces qui se doivent chanter à la messe de ce même dimanche.

Ce travail supplémentaire se fit d'assez bonne heure, lorsque le manuscrit arriva dans les régions où régnait la notation messine ; car, remarque importante, les additions marginales sont surmontées le plus souvent des accents messins. Toutefois les indications accompagnant les introïts cessent tout à coup à la page $9.

Les vides étaient plus difficiles à combler. A la messe Gaudeamus de sainte Agathe (p. ij), c'étaient le répons-graduel Adiuvabit eam & le trait Qui scminant manquant l'un & l'autre dans le corps de l'Antiphonaire : le premier fut transcrit à la page précédente (p. 12), le second, à la page 2. Plus loin (p. 14), le verset alléluiatique Inter natos de la messe De ventre faisait défaut. A la messe Exclamaverunt ad te (p. 17), c'étaient les versets alléluiatiques Stabant iusti & Non vos me elegistis ; &c, &c.

Nous n'en finirions pas s'il fallait énumérer toutes les pièces dont l'absence se constate de la même façon. Le copiste chargé de ce travail y suppléa comme il put, glissant sur les parties blanches de son parchemin ici, un répons-graduel, là, un verset alléluiatique, plusieurs fois même ajoutant un nouveau feuillet. Bref, il fit si bien que la plupart des morceaux en usage à la messe se trouvent dans le manuscrit.

CONTENU DE l'aNTIPHONAIRE

Au premier folio numéroté : Incipit utillimum de musica breviarium, traité qui se poursuit jusqu'au folio 7 verso inclusivement. On sait que cet ouvrage a été identifié par Nisard avec XEpistola de harmonica institutione ad Rathbodum archiepiscopum Trevirensem de Réginon de Prùm. (Cf. Gerbert, Script., I, 250-247.) Nisard l'a d'ailleurs publié en

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