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L'ACCENT LATIN ET LES MAITRES DES XVe, XVIe, XVIIe SIÈCLES
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Les psaumes de Goudimel sont remplis de faits analogues, comme on peut le voir dans l'édition de M. H. Expert.
On voit par là ce que valent les affirmations de ceux qui, pour échapper aux conclusions de nos recherches, prétendent que Josquin et les Néerlandais, et même les Italiens, Palestrina en tête, accentuaient maladroitement le latin <s à la française », en marquant fortement la dernière syllabe des mots
do- | na no- | bis pâ- | cem
II serait plus juste de renverser la proposition et de dire que, moins éloignés de la prononciation traditionnelle du latin, les maîtres des XVe et XVIe siècles rythmaient encore
le français comme ils rythmaient le latin : en accentuant eau- \ se avec l'accent au levé ils rappelaient encore eau- | sa.
A. — Ecole Espagnole.
On a cru longtemps que l'école espagnole était redevable de sa formation et de sa gloire à l'influence flamande; il n'en est rien. On reconnaît aujourd'hui que cette école a su résister à l'influence néerlandaise et conserver sa complète indépendance. Telle est l'opinion de M. F. Pedrell, le savant éditeur de YHispaniœ Seholœ Musiea Sacra et des œuvres de Vittoria.
Dans son excellente histoire de la musique, M. A. Soubies est du même avis : «Notre contemporain M. Pedrell, dit-il, a raison de le soutenir : on a exagéré les effets de l'importation flamande en Espagne, à dater d'un certain moment. M. Van der Straeten, un des historiens de l'école flamande, a reconnu la justesse de la thèse de M. Pedrell, soutenant qu'il y avait eu coexistence de l'école néerlandaise et de l'école espagnole, chacune conservant ses caractères distinctifs. L'invasion des Néerlandais sous Philippe-le-Beau, le mari de Jeanne-la-Folle, trouva en Espagne écoles et maîtrises de chapelle installées dans chaque cathédrale. » (Soubies, Histoire de la musique. Espagne. I, p. 19.).
L ACCENT LATIN ET LES MAITRES DES XVe, XVIe, XVIIe SIÈCLES 1 I I
Dans la Revue des Deux Mondes, M. Bellaigue : « Les Guerrero, les Morales et les Vittoria sont non pas les disciples, mais les contemporains seulement et parfois, en des œuvres déjà nationales, les égaux des maîtres néerlandais. »
Il était utile de constater cette indépendance, afin de montrer que les musiciens espagnols, en plaçant, comme leurs contemporains, l'accent au levé, suivaient non pas des enseignements et des usages flamands, mais une tradition universelle, commune à tous les pays de langue latine.
Trois grands noms résument toute l'école espagnole : Morales, Guerrero, Vittoria.
I. — Christoforo Morales. — XVIe siècle, né à Séville. Examinons sa messe Quœramus cum pastoribus à cinq voix. Anthologie de M. Bordes, II. p. 62.
Au premier Kyrie, ce mot répété quarante-huit fois a son accent au levé vingt-quatre fois; plusieurs fois aussi le mot eleison est rythmé de la même manière. Ex. :
mf
mXjT^
Ky- rie e-léy- son
Le Cbriste répété trente-deux fois a sei^e fois son accent au levé ; enfin le deuxième Kyrie répété quarante-et-une fois lève son accent dix-huit fois. En résumé sur cent-vingt-et-un accents, cinquante-huit sont au levé. Dans ce morceau il est vraiment difficile de considérer l'accent au levé comme une exception.
Le Gloria compte environ cent-quinze accents au levé. Nous prenons au hasard :
bô- | nae vo- | luntâ- | tis... A- | gnus Dé- | i...
prô- | pter ma- | gnam glôriam... qui | tôllis | peccâ- | ta mûn- | di...
Dé- | us Pà- | ter o- | mni'po- | tens... &c, &c,
Quant au Credo, il contient plus de quatre-vingt-dix exemples de ce genre; entre autres cette phrase :
Ténor
|IÉilIlillll|llll§
se- det ad déx-te- ram Pâ- tris
IL — Francesco Guerrero, né à Séville en 1528, mort dans la même ville en 1600 (date de M. Riemann). Il fut quelque temps élève de Morales; aussi imite-t-il son maître. Messe "Puer qui natus est" à quatre voix. Anthologie Bordes. IL p. 159.
Les Kyrie, Cbriste comptent vingt-huit accents levés.
Voici un passage du Cbriste. On remarquera avec quel élan toutes les voix partent au levé.
Guerrero. Messe "Puer qui natus est". Christe eleison. Anth. Bordes, Livre des Messes II. p. 161.
Soprani. rf * — ==d ~2Z==— ~~==— -^ ertse.
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