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ANALYSE DU MOUVEMENT SIMPLE

Pour bien se rendre compte des gestes chironomiques et de leur concordance avec les mouvements sonores de la mélodie et du rythme, il faut avoir une idée très exacte du mouvement local et visible ; d'autre part, une notion très nette de ce dernier, ne fera qu'éclairer le mouvement rythmique lui-même.

Le mouvement est la cessation du repos, de l'immobilité; comme le repos est la cessation ou l'arrêt du mouvement ;

Tout mouvement suppose un repos immédiatement précédent.

Il est clair cependant que le mouvement d'un corps ne peut être déterminé que par l'effet d'une cause motrice extérieure ou spontanée qui le met en branle.

Prenons un exemple :

Une balle posée à terre est au repos ; mais dès que le coup (ictus) de crosse l'a soulevée et projetée en l'air, elle entre en mouvement : elle s'élance, s'élève, puis fléchit, retombe; mais le coup même qui l'arrête dans sa chute la relance et la conduit à une nouvelle chute; ainsi d'élan en élan, de chute en chute jusqu'à la dernière, l'impulsion première du coup de crosse et celle des ictus successifs s'épuisant progressivement, la balle atteint enfin son repos définitif.

Mouvements

repos <S a 8 a 3 5 s -\ repos

départ chute it it it it it

appui ictus

touchement cadence

Dans cette suite de mouvements n'étudions que le premier, car il sert de modèle à tous les mouvements simples quelle que soit la nature du corps considéré. Le mouvement sonore lui-même se calquera sur lui.

(i) Louis Laloy, Aristoxene de Tarente, p. i8i, Paris, 1904.

Analyse du mouvement simple local.

Il faut distinguer, dans le premier mouvement de la balle, trois instants, trois phases, ou, si l'on veut, trois temps :

repos fr

-> repos

a) le point de départ ou élan ;

b) le parcours ou la trajectoire décrite par la balle ;

c) le point d'arrêt ou chute de la balle.

Ces trois instants n'empêchent pas l'unité parfaite du mouvement :

Le point de départ (a) fait partie du mouvement ; il en est le commencement et ne peut en être distingué : il est lui-même mouvement et élan.

Le point d'arrivée (c)lui aussi fait partie du mouvement en tant qu'il en est la fin, l'arrêt.

Revenons au point (a). Comment le mouvement de la balle s'est-il produit?

Par l'action d'une force motrice extérieure, par le coup (ictus) de crosse, en d'autres termes par un mouvement impulsif qui, lui aussi, a son point de départ (a), (voir fig. ci-dessous) sa trajectoire (b), son arrivée (c), et cette dernière juste au point de départ de la balle (A); car c'est le choc de cette arrivée qui a déterminé la mise en mouvement de ladite balle. Quant à la crosse, sa force motrice n'est autre que la volonté spontanée du joueur.

Il y a donc à constater au point de départ de la balle un double fait, qu'il est important de remarquer :

i° la fin, l'arrivée, la thésis, Y ictus thétique du mouvement moteur préliminaire, extérieur à la balle (c);

20 le départ, l'arsis, Yictus arsique du mouvement de la balle (A).

Le point (— ) qui réunit les deux mouvements est donc à la fois, selon le point de vue où l'on se place, soit la fin du mouvement moteur, soit le début du mouvement de la balle. Il y a simultanéité entre l'arrivée du premier et le départ du second.

En d'autres termes, Yarsis de la balle commence au moment où Yictus thétique moteur la frappe.

Dès le début du mouvement local, il y a donc fusion, enchaînement de deux mouvements. Le même fait se reproduit à chaque chute et rebondissement de la balle.

C'est exactement le phénomène de fusion que nous avons constaté ci-dessus dans la formation des rythmes composés (p. 177).

Or, le mouvement local que nous venons de décrire est le type parfait du mouvement vocal complet, et des gestes chironomiques dont nous avons à parler.

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