‹ Paléontologie animaleChapitre 11 sur 75 · AR £ :! PF CHE FA HS ENTREE · texte numérisé non relu

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ment dont il vient d'être question, les trois grands bassins à de sédimentation déjà figurés sur la carte n°3 (fig. 13, p. 25) : bassin de Paris, bassin d'Aquitaine et bassin du Rhône, sont rétablis presque dans les mêmes limites qu'à la fin des. temps primaires (voir la fig. 16, carte n° 6). Ces bassins com-

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Fig. 15. — (Carte n° 5) DISTRIBUTION DES TERRES ET DES MERS VERS LE MILIEU DE L'ÉPOQUE JURASSIQUE (Portion centrale de la carte n° 8, fig. 18).

muniquent tout d'abord entre eux par de larges détroits : détroit du Poitou, détroit de la Côte d'Or, détroit du Languedoc, de sorte que les eaux de la Méditerranée peuvent encore se mêler facilement aux eaux des mers des régions septentrionales.

Vers le milieu des temps jurassiques, un exhaussement lent se produit : les mers diminuent d'étendue, et, se retirant petit à petit vers le centre de chacun des trois bassins, laissent à découvert, sur leur pourtour, des bandes concentriques des

sédiments qu’elles y avaient déposés sur les roches paléozoïques formant rivages.

Le retrait de la mer continuant à se faire régulièrement, il s'ensuivit que les détroits, qui constituaient des lignes de hauts fonds, furent de bonne heure asséchés, et que le Plateau Central se trouva soudé, d'un côté à la Bretagne par l'isthme du Poitou, de l’autre aux Vosges par l'isthme de la Bourgogne (fig. 17, carte n° 7, p. 30); à ce moment, les trois bassins étaient isolés les uns des autres et enveloppés par une ceinture continue de sédiments s'échelonnant du primaire au Jurassique.

90 Époque crétacée. — Ala dépôts primitifs et primaires fin des temps jurassiques, le ESS. aépète trinsiques sol de la France est presque Fig. 16. — (Carte n°6) DISTRIBUTION DES

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A l'époque crétacée, un cette carte à la carte n° 3, p. 5). nouveau mouvement d'affaissement ramène la mer dans les limites qu'elle occupait au jurassique moyen, c'est-à-dire qu'elle remplit à nouveau les trois grands bassins de sédimentation. Les oscillations du fond de cette mer crétacée furent telles, qu'à certains moments elle déborda jusque sur les dépôts du Jurassique, et que les détroits de la Côte d'Or et du Poitou se rouvrirent: mais ce mouvement d’affaissement fut de courte durée, et, dans leur ensemble, les dépôts crétacés occupent, en général, la partie centrale de chacun des trois grands bassins où ils couvrent un espace beaucoup moins étendu que les sédiments jurassiques sur lesquels ils reposent et qui les encadrent.

A ce moment (voir la fig. 17, p. 30), tandis que le bassin de Paris s’ouvrait du côté de la mer du Nord, le bassin

1. Dans la carte n° 17, il faut, pour se rendre compte de l'étendue des mers crétacées, supprimer, par la pensée, toutes les parties couvertes de hachures verticales. ;

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Fig. 17. —- (Carte n° 7) La FRANCE À LA FIN DES TEMPS SECONDAIRES ET AU DÉBUT DES TEMPS TERTIAIRES.

autres, on devine qu'ils durent se peupler d'animaux fort différents et que les dépôts qui s'y effectuaient devaient être fort dissemblables, En effet, tandis que la craie se déposait dans le bassin de Paris, les rudistes ! vivaient dans le midi, où ils édifiaient des sortes de récifs qui ont donné naissance à

1. Mollusques lamellibranches d'une forme particulière (voir p. 77). RPAUEE x

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de puissantes assises de calcaires compacts, ne ressemblant

en rien à la craie tendre des régions plus septentrionales et

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qui cependant leur est contemporaine.

Enfin, la période crétacée s'achève par une émersion de plus en plus complète du sol de la France : les détroits de la

Côte-d'Or et du Poitou se sont refermés définitivement; ce der-

nier s'’exhausse même tellement que, pendant l'ère tertiaire, lorsque les eaux de la mer envahiront de nouveau le bassin

Fig. 18. — (Carte n° 8) RÉPARTITION DES CONTINENTS ET DES MERS, VERS LE MILIEU DE L'ÉPOQUE JURASSIQUE.

{La silhouette des continents actuels est visible sous les continents jurassiques.)

de Paris, la pénétration ne pourra plus se faire par là; elle

aura lieu plus au nord, par la région de la basse Loire et par

la vallée de la Vilaine.

Le dessin du sol français est donc déjà presque achevé à la fin des temps secondaires (fig. 17); les mers, très réduites, ne formeront plus, à l’époque tertiaire, que trois golfes étroits,

occupant le centre de chacun des anciens grands bassins.

Les détroits qui séparaient le Plateau Central de la Bretagne d'une part et des Vosges de l'autre, ont été comblés par les sédiments, de sorte que ces trois massifs paléozoïques sont

maintenant soudés.

32 PALÉONTOLOGIE ANIMALE È Les grands continents secondaires. — Si nous cherchons

maintenant à savoir quelle était la distribution des continents et des mers dans les régions du globe autres que la France, pendant les temps secondaires, la carte n°8 (fig. 18) nous montrera qu'il existait, vers le milieu de l’époque jurassique, trois grands massifs de terre ferme.

4° Au nord, le continent néarclique comprenait une grande partie de l'Amérique du Nord et de l'océan Atlantique, le Groënland et l'Islande; un bras de mer très étroit séparait ce continent de la grande île de Scandinavie.

20 Au sud, le continent brasilo-éthiopique embrassait presque

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Fig. 19. — (Carte n° 9) ALLURE GÉNÉRALE DES GRANDS CONTINENTS A LA FIN DU JURASSIQUE, au moment de la séparation de l'Australie.

toute l'Amérique méridionale et l'Afrique et se prolongeait jusque dans l'Inde par la presqu'ile indo-malgache.

30 Enfin, à l'est, se trouvait le continent sino-australien, dans lequel étaient englobés le sud-est de l'Asie, les îles de la Sonde et l'Australie.

Ces conditions persistèrent pendant toute la durée de la période; le seul changement important qu'il soit nécessaire de signaler, c’est, vers la fin du Jurassique, la séparation de l'Australie d'avec le continent asiatique, son isolement, par conséquent, et la réunion de l'Amérique du Nord à l'Europe (fig'49; carte n° 9).

Les continents et les mers à l’époque tertiaire. — Les mouvements du sol, d’une très grande puissance, qui ont disloqué la croûte terrestre pendant l'ère tertiaire, la longue série

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d'efforts, de poussées et, par suite, de plissements, qui ont abouti à la formation des Pyrénées, des Alpes et des chaînes secondaires, telles que l'Atlas algérien et les Apennins, ont nécessairement donné lieu à de nombreuses oscillations des fonds de mers et à des déplacements assez importants des lignes de rivage.

Cependant, il faut noter la persistance remarquable des trois grands bassins de sédimentation que nous avons vus se former en France pendant l'époque secondaire, c'est-à-dire du bassin parisien, du bassin d'Aquitaine et du bassin du Rhône (voir la carte n° 7, p. 30).

Époque éocène. — Vers la fin de l'époque éocène !, un mouvement d’exhaussement du sol se produit, et il ne reste plus, dans la région de Paris, qu'un grand lac salé, sur le bord duquel vivent de nombreux mammifères. En s'évaporant, les eaux du Jac parisien laissent déposer le gypse au milieu duquel des ossements des mammifères se retrouvent aujourd'hui si nombreux.

Époque oligocène. — À l'époque oligocène !, la mer revient à peu près dans les mêmes limites, en même temps qu'un large détroit s'ouvre sur l'emplacement de la vallée du Rhin; puis la mer se retire encore, en abandonnant sur le sol de la France un grand nombre de lacs, dans lesquels se déversent de nombreux cours d'eau : déjà le réseau hydrographique de la France se dessine; il se fixera et s’achèvera définitivement à l’époque quaternaire.

Époque miocène. — Au début du miocène!, un nouveau mouvement d’affaissement ramène la mer dans les mêmes bassins; mais, cette fois, elle ne peut plus pénétrer jusque dans le bassin de Paris; elle forme seulement un grand golfe dans la région de la Bretagne et de la Vendée.

Ce mouvement d’affaissement ne se limite pas à la France: il s'étend au continent brasilo-éthiopique (voir la carte n°9, fig. 19) dont la partie moyenne s'enfonce sous les eaux, séparant l'Afrique de l'Amérique du Sud; les îles Açores, les Canaries, les îles du Cap Vert sont probablement les derniers vestiges de ce continent disparu.

A la fin du Miocène, le sol de la France s’exhausse de nou-

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