‹ Paléontologie animaleChapitre 12 sur 75 · Pour tous ces noms, sc reporter au tableau de la page · texte numérisé non relu

Pour tous ces noms, sc reporter au tableau de la page

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veau, de sorte qu'à cette époque la France est presque complètement émergée. Seul, un bras de mer, très étroit, s'avance assez loin dans la vallée du Rhône. Mais, en même temps que la France se soulevait, par un véritable mouvement de bascule, l’Atlantide s’effondrait (carte n° 9, fig. 19), donnant ainsi naissance à l'océan Atlantique nord; le Groënland et l'Islande sont les restes de cette Atlantide t.

Époque pliocène. — À l'époque pliocène, avons-nous dit, le sol de la France est presque complètement émergé, et la mer Méditerranée possédait, à très peu de chose près, les contours que nous lui connaissons actuellement. Avant cette époque, la partie orientale de la Méditerranée existait seule : à la place qu'occupe actuellement sa partie occidentale s'étendait une vaste terre que les eaux de la Méditerranée orientale contournaient pour communiquer avec l'Atlantique (voir carte n° 9, p. 32). A l'époque pliocène, ce continent S'enfonca sous les eaux, donnant ainsi naissance au bassin méditerranéen occidental, et ouvrant le détroit de Gibraltar; il ne reste actuellement de cette terre que les sommets des montagnes qui sont devenus les Baléares, la Sicile, la Sardaigne, la Corse, etc.

En résumé, la Méditerranée, telle que nous la connaissons, représente les restes de cet immense bassin maritime qui s'étendait presque tout autour de la Terre, dans le sens de l’équateur, avant que l'océan Atlantique ne fût constitué, et dont la carte n° 9 (p. 32) nous donne les contours approximatifs.

C'est aussi vers la même époque pliocène que se formèrent

la mer Rouge et la mer Morte, et que les deux Amériques se séparèrent : les Antilles ne sont autres que les sommets encore émergés des montagnes qui se dressaient sur l’isthme beaucoup plus large que l'isthme actuel, par lequel lAmé:rique du Nord se reliait à l'Amérique du Sud, au début des temps tertiaires.

Enfin, on pense qu'il faut aussi placer à l'époque pliocène la date de l'isolement de l'Angleterre et de la formation de la mer de la Manche.

1. Il convient de noter que l'Atlantide des géologues n'a rien de commun avec l'Atlantide dont parlent les anciens auteurs. Cette dernière serait, d'après Platon, une grande terre disparue, dont l'homme aurait gardé le souvenir. Mais rien n'est moins prouvé que l'existence de cette Atlantide contemporaine de l'homme.

Climats. — Les continents et les mers n'ont évidemment pas pu subir les modifications nombreuses que nous venons de passer en revue, sans entraîner des variations correspon- : dantes dans l’ensemble des conditions météorologiques des différents points du Globe, c’est-à-dire dans les climats.

Nous ne savons pas encore très bien à quoi nous en tenir sur la répartition des climats aux premiers âges de la Terre ; cependant, si vagues que soient nos connaissances à ce sujet, nous possédons un certain nombre de résultats assez précis pour pouvoir être exposés Ici f.

Ère primaire. Climats du Silurien et du Dévonien. — Il y avait ?, à l'époque silurienne, dans les mers de l'hémisphère boréal, deux provinces zoologiques ? distinctes : l’une, la province septentrionale, embrassait tous les pays du nord de l'Europe dont la latitude est supérieure à 50°, c'est-à-dire le nord de la France, l'Angleterre, la Scandinavie et la Russie ; l’autre englobait toute la région qu'occupent actuellement le Portugal et l'Espagne, le sud de la France et s'étendait jusqu'en Bohême. C'était la province méridionale.

Or, si l’on admet, ce qui est au moins probable, que la distribution des animaux et des plantes dans les mers et à la surface des continents, est surtout fonction de la température extérieure, c'est-à-dire que c'est principalement la température extérieure qui influe sur la distribution des êtres vivants à la surface du Globe, on en conclura nécessairement que les deux provinces Zoologiques dont on a reconnu l'existence à l'époque silurienne, devaient correspondre à deux zones dans lesquelles les conditions climatériques n'étaient pas les mêmes. Les différences que ces deux zones présentaient entre elles n'étaient peut-être pas très considérables, mais elles étaient cependant suffisantes pour qu'il fût impossible à certains animaux de vivre indifféremment dans l'une et dans l’autre.

1. Nos connaissances sur la répartition des climats, aux époques géologiques, sont dues principalement aux travaux de Heer, de Renault et de Neumayr.

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