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noirs, très fins, qui existent aux environs d'Utica et qui n'ont
subi aucun bouleversement depuis leur dépôt, un certain nombre de formes très jeunes qui permeltent d'affirmer que les trilobites présentaient déjà des sortes de mélamorphoses, comme la plupart des crustacés actuels.
Descendance des trilobites. — Par l’ensemble de tous leurs Ca- pi, 9. Belinurusregi- Fig. %.— Prestwiractères, les trilobites næ (grossie ? fois). chia rotunda. appartenaient évidemment, comme nous l'avons dit, à la classe des crustacés; ils se sont éleints complètement avant la fin de l’époque primaire, car aucun d'eux n’a jamais été rencontré ni dans les terrains secondaires, ni dans les terrains tertiaires. On ignore s'ils ont eu des descendants directs; cependant, on rencontre encore, dans les terrains paléozoïques, quelques
autres formes de Fig. 29. — Limue ou CRABE DES MOLUQUES. — crustacés qui pa-: À gauche, l'animal adulte (0 m. 30); à droite, une
raissent très voi- Limule à l'état larvaire.
sins des vrais tri-
lobites : ce sont, par exemple, les Belinurus (fig. 27) et les Prestwichia (fig. 28). Chez ces animaux, le corps est encore nettement trilobé, et terminé par un appendice allongé, très étroit.
1. On dit qu'un animal subit des métamorphoses lorsqu'il n’a pas, au sortir de l'œuf, la forme qu'il aura lorsqu'il sera arrivé à l’état adulte.
Or, actuellement, on trouve dans certaines régions de
l'océan Pacifique, notamment dans les îles de la Sonde et aussi sur la côte orientale de
l'Amérique du Nord, des crus-
S S tacés d'aspect singulier es CE js @ sont les Limules ou Crabes des F1. à Moluques. À l'état adulte, les
limules ne sont pas très différentes des bélinurus; mais, sous leur état larvaire, c’est-à-dire lorsqu'elles sont très Jeunes, elles ressemblent exactement aux trilcbites (fig. 29). Peut-être, par conséquent, aurait-on le droit de voir dans les limules actuelles les descendants éloignés des trilobites primaires.
(Voir la loi de Fritz Müller, p.79.) Distribution do bites. 2 C'est pendant le Silurien que les Fig. 30. — Prerycorus, Crustacé Trilobites ont été le plus abongéant (1 m. 80) des temps primaires. dants, puisqu'on en a catalogué plus de 10 000 espèces; trois
genres seulement passent dans le Carboniféère et le Permien.
Autres crustacés. — Il existait encore, dans les terrains primaires, des crustacés très remarquables, dont les antennes étaient terminées par des pinces; €itons seulement les Plerygolus (fig. 30), Tonton était de 1,80 environ; ce sont les plus grands crustacés dont on ait retrouvé les restes.
Fig.31. — Parxornonus NUNCIUS, Scorpion du Silurien
supérieur de l'ile de Gothland (grand. nat.). Arthropodes terrestres. — Les arthropodes terrestres existaient également pendant l'ère primaire ; ainsi, par exemple, on a trouvé, en 1884, dans le Silu-
fie mi ies
* Le
Mure
LA
scorpion (fig. 31). C'est, jus-
qu'à présent, le plus ancien
animal terrestre connu.
Il a été, en effet, récemment
démontré que l'empreinte découverte dans le Silurien moyen du Calvados et que l’on avait prise pour une aile d’insecte (Palæoblattina Douvillei) n’est autre qu'une pointe génale de trilobite.
Mais c’est surtout à l'époque carbonifère que les insectes deviennent nombreux; cet accroissement du nombre des espèces est probablement dû à l'extension plus grande des continents et au développe-
ment des grandes forêts de
naissance à la houille.
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LES TEMPS PRIMAIRES i
rien supérieur de l'île de Gothland, l'empreinte du corps d’un
Tr EEYYSNSSSSSSS Se SS Fig. 32. — PROTOPHASMA DUMASI, insecte du terrain houiller de Commentry, type synthétique. Remarquer sur le premier anneau du thorax une première paire d'ailes, rudimentaire, mais très nette.
cryptogames qui donnèrent
Les insectes de cette période atteignaient parfois une taille très grande, puisque quelques-uns n'avaient pas moins de
Fig. 33. — INSECTE À TROIS PAIRES D'AILES (Lithomantis Woodwardi) des schistes houillers de Commentry (1/2 de grand. nat.).
. 0,70 d'envergure, mais ils n'avaient pas encore acquis la perfection organique que nous leur connaissons de nos jours; leurs caractères n'étaient pas encore nettement définis, en ce
sens que beaucoup d’entre eux présentent à la fois les caractères des orthoptères (Saulerelles), des névroptères (Libellules) et des hémiptères (Cigales); ils ne peuvent donc être rangés dans aucun des ordres actuels. Ce sont des types synthétiques (fig. 32).
Enfin, nous savons que certains insectes primaires portaient une paire d'ailes très courtes et élargies sur le premier segment du thorax (fig. 32 et 33); ils avaient donc six ailes, tandis que, de nos jours, tous les insectes connus n'en ont jamais plus de quatre.