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trois caractères essentiels qu'on ne retrouve aujourd'hui que
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4° Leurs os restaient à l’état cartilagIneux. |
20 Leur corps était recouvert de grandes écailles osseuses, constituant une sorte de carapace extérieure, ce qui leur a fait donner le nom de Poissons cuirassés ou Placodermes (fig. 44). 7. "7
3° Leur queue, au lieu d’être terminée par deux lobes égaux et symétriques, comme chez la plupart des poissons actuels, présentait un grand développement du lobe supérieur dans lequel péné-
Fig. 44. — Premcurys, trait la colonne vertébrale (A, fig. 45); poisson cuirassé primaire. On exprime ce fait en disant que leur
queue était hélérocerque; elle est au con-
traire homocerque (du moins en apparence) chez la plupart des poissons actuels (À, fig. #5). |
Nous pouvons faire, au sujet des poissons, la remarque que nous avons déjà faite à propos des insectes : c'est que des caractères qui sont maintenant dispersés sur plusieurs genres, étaient, à l’époque primaire, réunis sur le même individu; en d’autres termes, un poisson primaire présentait un certain nombre de caractères qu'on ne rencontre plus à l'heure actuelle que répartis sur plusieurs individus appartenant à des genres différents. Chaque espèce de
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Fig. 45. — QUEUES DE POISSONS. — )0iSSONS primaires paraît (A, Poisson homocerque. — B, Poisson M, » “NES hétérocerque). lonc avoir été la souche de
lusieurs rameaux; chacun de ces rameaux prenal des caractères de l'ancêtre et devenait ainsi distinct des autres rameaux dans lesquels se perpétuaient les autres caractères.
chez les requins, les raies et les estur-
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Les poissons cuirassés semblent s'être transformés assez rapidement; dans tous les cas ils disparaissent vers l'époque carbonifère et sont remplacés par d'autres, possédant encore
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Fig. 46. — Paræoniscus, poisson du Carbonifère, hétérocerque, à petites écailles. C’est un Ganoïde (Grandeur naturelle).
l’hétérocerquie de la queue, mais ayant de petites écailles qui les rendent plus semblables aux poissons actuels (fig. 46). Ces poissons, dont les écailles osseuses sont recouvertes d'une sorte d'émail, ont reçu le nom de Ganoïdes.
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Batraciens. — Les batraciens n'apparaissent que vers la fin des temps primaires: leur crâne était recouvert de grandes plaques osseuses analogues à celles des poissons cuirassés, circonstance qui établit la transition entre les genres de poissons qui vont disparaître et les batraciens qui com-
mencent à se montrer. D'ailleurs, quelques-uns de ces batraciens du
début portaient encore des arcs .. branchiaux, c'est-à-dire des os analogues à ceux qui soutiennent les branchies chez les poissons, ce qui nous autorise à croire que les batraciens primaires pouvaient vivre indifféremment dans l'eau ou
de Fig. 47. — PROTRITON, dans l’air. état larvaire du Branchiosaure.
Examinons, par exemple, le Branchiosaurus, dont la forme générale rappelle celle d’une salamandre : ses arcs branchiaux indiquent que ses branchies persistaient à l'état adulte, et qu'il pouvait, par conséquent,
vivre dans l’eau. Cela ne l'empéchait probablement pas d'avoir, en même temps, des poumons; mais, pendant sa jeunesse, cet animal était exclusivement aquatique; rencontré sous cette dernière forme, dans les schistes d’Autun, on l'avait d'abord désigné sous le nom de Protrilon (fig. 47). Plus tard, on s'est aperçu que le Protriton et le Branchiosaure n'étaient que le même animal à deux âges différents, que le Protriton était, en d’autres termes, la Fig.48. — UNE DENT DE LaBy- larve du Branchiosaure.
RINTHODON, Coupée transversa- SR TRSE ; , lement, pour montrer les replis Faisons un pas de plus - Se profonds remplis d'émail. gosaurus est encore un véritable
batracien, car il possède deux con-
dyles qui servent à articuler la tête sur la colonne vertébrale; mais il a des dents pourvues de replis d'émail, et qui ressemblent déjà singulièrement à celles des reptiles.
Les caractères des pres. sont encore plus accentués dans le sens reptile. En effet, le crâne possède encore,
le plus souvent, les deux condyles occipitaux caractéristiques des batraciens, mais les dents, coniques, sont implantées dans des alvéoles, comme le sontles dents des vrais Repüles, et, de plus, elles portent des fossettes longitudinales très profondes dans lesquelles pénètre l'émail (fig. 48); c'est à cette disposition que ces ani-
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Fig. 49. — KEMPREINTES DE PAS 3 De LASER OO: maux doivent leur nom.
Les pattes des labyrinthodontes étaient nettement conformées pour la marche terrestre : on a trouvé de leurs empreintes qui présentaient, soit cinq doigts comme les pattes de nombreux mammifères (fig. 49), soit trois doigts comme celles des oiseaux.
1. Du grec : labyrinthos, labyrinthe, et odous, dent : dent à structure compliquée.
7,6 k ARRDÉS ONSRSS +
pe LES TEMPS PRIMAIRES 69
Enfin, chez ces premiers batraciens, les vertèbres sont encore biconcaves comme celles des poissons, et en partie
cartilagineuses; mais, petit
à petit, nous arrivons à des
types plus parfaits, dont les vertèbres sont complètement ossifiées.
Reptiles. — Tous les faits qui précèdent nous font prévoir que l'apparition des reptiles est prochaine, ct, en effet, de véritables repliles, avec un seul condyle occipital, tels que l’Actinodon (fig. 50), ont été trouvés dans les couches tout à fait supérieures des terrains primaires (Permien).
Évolution des vertébrés primaires. — Celle revue rapide des vertébrés primaires est instructive, car elle nous fait, pour ainsi dire, assister à l'adaptation progressive des poissons à la vie aérienne. Elle nous montre les poissons cuirassés sortant de l'eau el se transformant peu à peu en batraciens !‘. Elle nous fait voir, en outre, ces batraclens raccourcir peu à peu la période de leur vie pendant laquelle ils sont encore aquatiques, pour allonger celle où ils sont exclusive-
Fig. 50. — ACTINODON FROSSARDI, reptile permien [Schistes de Saône-et-Loire].
(1/5 de grand. nat. — D'après M. Gaudry.)
ment aériens. En même temps, leurs nouveaux besoins modi-
1. Voir Cocoms et HouLeerT, Biologie animale, la transformation des Poissons
dipneustes en Batraciens, p. 291.
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fiant leur charpente osseuse, leurs membres deviennent de plus en plus aptes à la marche, et se transforment insensiblement en reptiles.