‹ Paléontologie animaleChapitre 4 sur 75 · ET · texte numérisé non relu

ET

At

| taine convexité de l’arcade zygomatique sous laquelle il

passe.

« Pour que l’animal puisse emporter sa proie, il lui faut une

certaine vigueur dans les muscles qui soulèvent la tête, d'où résulte une forme déterminée dans les vertèbres où ces

muscles ont leur attache et dans l’occiput où ils s'insèrent.

« Pour que les dents puissent couper la chair, il faut qu'elles soient tranchantes et qu'elles le soient plus ou moins selon qu'elles auront plus ou moins exclusivement de la chair à couper. Leur base devra être d'autant plus solide qu'elles auront plus d'os, et de plus gros os à briser.

« Pour que les griffes puissent saisir cette proie, il faudra une certaine mobilité dans les doigts, une certaine force dans les ongles, d'où résulteront des formes déterminées dans toutes les phalanges, et des distributions nécessaires de muscles et de tendons...

« Les os de l'épaule devront avoir un certain degré de fermeté dans les animaux qui emploient leurs bras pour saisir, et il en résultera encore pour eux des formes particulières. Le jeu de toutes ces parties exigera dans tous leurs muscles de certaines proportions et les impressions de ces muscles, ainsi proportionnés, détermineront encore plus particulièrement les formes des os.

« Il est aisé de voir que l'on peut tirer des conclusions semblables pour les extrémités postérieures qui contribuent à la rapidité des mouvements généraux; pour la composition du tronc et la forme des vertèbres qui influent sur la facilité, la flexibilité de ces mouvements; pour les formes des os du nez, de l'orbite, de l'oreille, dont les rapports avec la perfection des sens de l'odorat, de la vue et de l’ouïe sont évidents.

« En un mot, la forme de la dent entraine la forme du condyle, celle de l’'omoplale, celle des ongles, elc. De même, l’ongle, l’'omoplate, le condyle, le fémur et tous les autres os, pris chacun séparément, donnent la dent ou se donnent réciproquement. En commençant par l'un quelconque des os, celui qui posséderail ralionnellement les lois de l’économie organique pourrait done refaire tout l'animal. »

Il est impossible d'exprimer avec plus de netteté les relations qui doivent toujours exister entre le mode d'existence d'un animal et la conformation générale de ses organes. On

sait aujourd'hui que cette saisissante corrélation des formes est le résultat de ce qu’on appelle l'adaptation *.

Cuvier appliqua ce principe, qu'il formulait d'une façon si nette et si précise, à l'étude des ossements fossiles du gypse de Montmartre, et il montra comment, avec quelques fragments des os d’un animal, il était possible de reconstituer son squelette entier, et même de deviner l'aspect que devait avoir l'animal, de son vivant.

Le retentissement des découvertes de Cuvier fut immense : botanistes, zoologistes et paléontologistes du monde entier s’engagèrent à l'envi dans la voie que Cuvier venait d'ouvrir, et, généralisant les résultats qu'il avait acquis, étendant à tout le règne animal et à tout le règne végétal les principes qu'il avait posés, arrivèrent par ce moyen à reconstituer très vite les faunes et les flores des premiers âges du Globe.

1. Nous expliquerons d'une facon plus précise, page 139, en quoi consiste l'adaptation et quelle est la cause probable de cette remarquable harmonie qui existe entre les organismes actuels, leur genre de vie et les conditions extérieures au milieu desquelles ils vivent.

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