‹ Paléontologie animaleChapitre 67 sur 75 · PREMIÈRE LOI · texte numérisé non relu

PREMIÈRE LOI

« Dans tout animal qui n’a point dépassé le terme de ses développements, l'emploi plus fréquent el soutenu d'un organe quelconque, fortifie peu à peu cet organe, le développe, l'agrandit et lui donne une puissance proporlionnée à la durée de cet emploi; tandis que le défaut

1. Par des efforts de son sentiment intérieur est une phraséologie vague qui dissimule mal l'ignorance où était Lamarck, et où l'on est encore, du mécanisme par lequel s’accomplit ce fait très réel, dont le processus nous est encore inconnu.

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constant d'usage de tel organe, l'affaiblit insensiblement, le délériore, diminue progressivement ses facullés et finit par le faire disparaître. DEUXIÈME LOI

« Tout ce que la nature a fait acquérir ou perdre aux individus par l'influence des circonstances où leur race se trouve depuis longtemps

“exposée, el par conséquent, par l'influence de l'emploi prédominant de

tel organe, ou par celle d’un défaut constant d'usage de telle partie, elle le conserve par la généralion aux nouveaux individus qui en proviennent, pourvu que les changements acquis soient communs aux deux sexes ou à ceux qui ont produit les nouveaux individus. »

La première loi peut s'appeler la loi de l’adaptalion des organismes aux conditions dans lesquelles ils sont obligés dé vivre ; la deuxième loi est la loi de l’hérédité, qui exprime la transmission par hérédité, de génération en g on, des qualités que quelques individus ont acquises par l’adaplation.

L'adaptation et l’'hérédilé sont en effet les deux bases sur lesquelles Lamarck appuie son hypothèse transformiste, c'est-à-dire sa théorie de la variabilité des espèces, et l’on a donné le nom de Lamarckisme au transformisme expliqué par l'adaptation et l’hérédité.

Darwinisme : Sélection. — A cette époque, Cuvier régnait despotiquement sur les sciences naturelles. Aussi, les idées de Lamarck n’eurent-elles aucun retentissement dans le monde savant.

‘est Wallace (H. R.) et Charles Darwin qui, simultanément, en 1859, reprirent l'hypothèse transformiste de Lamarck, mais en lui donnant une base scientifique plus solide et plus large que celui-ci n’avait fait. Darwin, en effet, n'admet pas que l'adaptation et l'hérédité soient suffisantes pour expliquer la variabilité des espèces. Il attribue à la sélection une influence prépondérante.

Sélection artificielle. — Afin de comprendre ce qu’on entend par séleclion, étudions la façon dont l’homme s'y prend pour obtenir ou développer chez les animaux et les plantes des qualités qui lui soient utiles ou simplement agréables. Dans une même famille de plantes, par exemple, chaque individu possède des caractères qui lui sont particuliers, caractères souvent très peu apparents, mais qu'un œil exercé sait reconnaitre. Parmi toutes les plantes de la famille, l’horticulteur choisit celles qui présentent le caractère individuel qu'il veut développer et il ne recueille et sème que les graines provenant de ces plantes.

Comme les qualités des parents se transmettent en général aux enfants, parfois même en s’exagérant, il y a beaucoup de chances pour que certains individus résultant de ce premier semis, présentent, encore plus accentués, les caractères qui ont fait choisir leurs parents. L'horticulteur ne retient que ceux-là et rejette les autres.

En opérant ainsi son choix dans chacune des générations successives de plantes, en y faisant un triage, une sélection! raisonnée, l’horti-

1. Du latin : seligere, qui signifie choisir (selectionem, choix).

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