‹ Paléontologie animaleChapitre 70 sur 75 · RES · texte numérisé non relu

RES

x 1. Si on transporte le pollen des fleurs de l'une sur le stigmate des fleurs de & l'autre ou inversement.

Le 2. On nomme firistes tous ceux qui croient que l'espèce est incapable de varier be» et qu'elle conserve toujours, immuablement les mêmes caractères. Ils disent qu'on S. reconnait une véritable espèce à ce que les individus qui la composent peuvent j avoir des croisements féconds. Or nous venons de voir qu'une variété dérivée d'une nr" espèce arrive à ne plus pouvoir se croiser avec elle. Ce seraient donc deux espèces

différentes au dire des tixistes? Cependant, l’une provient de l’autre.

La seconde génération provenant des animaux épargnés de la première, renfermera, on le comprend. une proportion plus grande d'individus possédant ce caractère ou ces qualités, grâce auxquels leurs parents ont pu résister, subsister et se reproduire ; mais cette deuxième génération, placée dans les mêmes conditions que la première, aura à subir la même lutte, la même concurrence. Une deuxième sélection s’y opérera donc qui ne laissera subsister que les individus présentant, le mieux développées, les qualités utiles transmises par les parents.

De sorte que, de génération eu génération, ces qualités iront sans cesse en s’accentuant;et comme, en vertu du principe de la corrélation des formes !, un organe qui se modifie entraine la modification corrélative d’une foule d’autres organes, on verra peu à peu l’espèce primitive se transformer graduellement en.une autre espèce présentant des caractères très différents de ceux qu’elle possédait à l’origine.

Il pourra même fort bien arriver que l’espèce primitive donne naissance, par transformations graduelles, à plusieurs espèces nouvelles. Ce cas se produira si, au début, plusieurs individus de celte espèce originelle, munis de caractères individuels différents, mais également favorables, ou bien placés dans des conditions diverses, mäis permanentes pour chacun d'eux, évoluent dans des sens différents. Les espèces nouvelles, ainsi dérivées de l'espèce primitive, finiront, au bout d’un nombre de générations parfois considérable, par avoir entre elles si peu de ressemblance que, si l’on n'a pas suivi pas à pas leurs transformations successives, il ne viendra à l’idée de personne de supposer qu’elles puissent avoir la même origine, le même ancêtre.

En résumé, on voit que Darwin adeple sans réserves l'hypothèse ‘transformiste, mais qu’il n’accorde qu’une importance très secondaire à l’adaptation. Il considère comme beaucoup plus puissante la séleclion naturelle qu’opèrent, parmi les êtres, la lulte pour la vie et la concurrence vilale.

Conception moderne du transformisme. — Dans ses premiers ouvrages, Darwin regardait comme point de départ des transformations d’une race ou d’une espèce, les caractères individuels que présentaient, fortuitement, certains membres de cette race ou de cette espèce, caractères qui se trouvaient être, par hasard, favorables dans la lutte pour la vie; mais, plus tard, Darwin a reconnu lui-même qu’il ne fallait pas attribuer au hasard ce qui pouvait fort bien être le résultat d’une adaptation ?.

Ainsi se trouve comblé par Darwin lui-même, le fossé qui séparait le Lamarckisme, entièrement fondé sur l'adaptation et l’hérédité, et le Darwinisme, qui tendait à exclure l'adaptation au profit de la sélection.

Dès lors, voici comment il convient actuellement de concevoir le transformisme :

1 Voir -p: 8.

2. Voir p. 106, les causes de la réduction du nombre des doigts chez les herbivores Ss'adaptant à la course rapide.

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