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On lui donne aussi le nom de chaine armoricaine

les massifs les plus résistants; et encore, ces débris ont-ils été singulièrement disloqués, parce que, buttoirs immobiles, ils ont parfois subi une sorte d’écrasement sous l'effort des poussées qui sont venues se briser contre eux en donnant naissance aux plissements ultérieurs (fig. 6).

Chaîne huronienne. — C’est ainsi que de la chaine huronienne, il ne reste plus guère que le Canada, le Groënland et PIslande.

Chaîne calédonienne. — Les vestiges de la chaîne calédonienne

Toarvenirère

Profil actuel. === Profil primitif probable.

INR ÉTAT ACTUEL DU VOLCAN PRIMAIRE DE LARGO-LaAw, EN ÉCOSSE (C,C’, Cône de débris. — B, Laves anciennes).

sont plus nombreux et plus importants : ce sont les Grampians et les monts Scandinaves; on y retrouve même encore d'anciens volcans remarquablement conservés (fig. 7).

Chaîne hercynienne. — La chaine armoricaine ou hercynienne ne nous présente plus actuellement que des massifs de faible altitude et isolés les uns des autres. Ils ont, cependant, encore une grande importance géographique : ce sont, en effet le Plateau Central, la Bretagne, Y Ardenne, les Vosges, la montagne de la Serre, les montagnes des Maures et de l'Esterel.

Plateau Central. — L'énorme massif de roches primitives qui occupe

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Fig. 8. — ASPECT DU PLATEAU CENTRAL, A LA FIN DES TEMPS SECONDAIRES.

le centre de la France, sur une superficie de 130 000 kilomètres carrés, peut être défini d’une manière très simple : c'est un plateau de 500 mètres d'altitude, en moyenne, recouvert à sa surface d’une accumulation de roches volcaniques d'âge tertiaire.

Ce massif, émergé dès le commencement de l’ère primaire, a subi pendant un temps extrêmement long les effets de l'érosion; il s’est

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donc usé, de sorte qu'à la fin des temps secondaires, il se présentait sous l'aspect d’un grand plateau très nivelé, et peu élevé au-dessus du

niveau de la mer (fig. 8).

A l’époque tertiaire, à la suite de fractures occasionnées dans sa

Fig. 9. — LE PLaTEAU CENTRAL PENDANT LÈRE TERTIAIRE, fracturé par la poussée qui a donné naissance au plissement alpin, il livre passage aux basaltes et se couvre de volcans.

masse par les mouvements du sol qui donnèrent naissance aux Alpes, de nombreux volcans s’ouvrirent à la surface du Plateau et livrèrent passage à de puissantes coulées de basaltes et de trachytes (fig. 9). Ce sont ces coulées qui, refroidies, forment aujourd'hui les accidents montagneux que l’on désigne sous les noms de chaine des Puys, de massifs du mont Dore (Pic Sancy, 1 885 mètres) et du Cantal (Plomb du Cantal, 1858 mètres), de chaine du Velay (Mézenc, 1754 mètres); le

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Surface actuelle du sol.

Fig. 10. — CoupE TRANSVERSALE DE LA BRETAGNE (du S.-O. au N.-E.) pour montrer les plis parallèles produits dans les couches primaires par le refoulement hercynien et les injections de granite et de granulite qui se sont fait jour par les cassures.

cône volcanique le plus élevé, le Puy de Dôme, s'élève à 1 468 mètres au-dessus de la surface du plateau.

Brelagne. — De même que le Plateau Central, la Bretagne appartient au groupe des ridements hercyniens; elle résulte d’une violente poussée horizontale, dirigée sensiblement du sud-ouest au nord-est, et qui, refoulant toutes les couches du massif primaire, produisit un grand

nombre de plis, parallèles entre eux, et perpendiculaires à la direction de la poussée (fig. 10), c’est-à-dire orientés de l’est à l’ouest.

Ces mouvements ne se produisirent pas sans occasionner des cassures dans lesquelles s'injectèrent d'énormes coulées de granite et de granulite. L'érosion a ensuite usé et nivelé ces plis, en faisant disparaitre leurs sommets. Seules, les injections de granite, plus dures, ont résisté, et c’est pourquoi les arêtes montagneuses de l’Armorique sont presque exclusivement formées de granite.

Ardenne. — L'’Ardenne est encore l’un des débris de la chaîne hercynienne. C’est une région assez élevée, mais d’altitude réduite par l’érosion qu’elle a subie, elle aussi, depuis les temps primaires; plus tard, à une époque qu’il est difficile de préciser, elle a été légèrement soulevée et inclinée vers le nord-ouest; mais le mouvement s’est fait tout d’un bloc, sans qu’il en soit résulté aucune fracture; il ne s’y est donc pas produit de manifestation volcanique, de sorte que le relief de cette région n’a été modifié par la superposition d’aucune roche éruptive.

Vosges. — La chaine des Vosges faisait primitivement partie du massif de la Forêt-Noire dont elle était un prolongement vers l’ouest; mais, vers le milieu de l’époque tertiaire, les mouvements du sol qui aboutirent à la formation des Alpes, produisirent une longue cassure suivie d’un glissement vertical des couches (fig. 11), et c’est Fig. 11. — La cassure pes Vosces ct la forma- ainsi que prit naissance la

tion de la vallée du Rhin. - vallée du Rhin.

Après que les Vosges eurent été ainsi séparées du massif dont elles faisaient partie, l'érosion les a faconnées et leur a donné leur forme si caractéristique de ballons arrondis.

Montagne de la Serre. — L'intérêt de cet ilot, formé de gneiss et de granite, et placé à peu près au milieu de la distance qui sépare le Morvan du massif des Vosges, réside tout entier dans ce fait qu'il prouve qu'il y avait autrefois continuité entre le Plateau Central et les Vosges; c’est un pointement granitique qui émerge des dépôts jurassiques, et qui représente très certainement le sommet d’un pic de la chaine hercynienne, effondrée sur l'emplacement de ce détroit de Bourgogne (voir la carte n° 3, p. 25) par lequel le bassin de Paris communiquait, à l’époque du jurassique inférieur, avec le bassin du Rhône.

Montagnes des Maures el de l’Estérel 1. — Peut-être faut-il regarder

1. Pour la situation des montagnes des Maures et de l'Esterel, voir la fig. 12, carte n° 2, p. 24.

ces montagnes comme appartenant à la série des plissements hercy-

niens; cependant, les mouvements du sol qui ont donné naissance au massif de l’Esterel paraissent s’être continués jusque pendant le Trias, c’est-à-dire au début des temps secondaires.

Enfin, l’analogie de ces différentes montagnes européennes avec les

Appalaches d’un côté et avec l’Oural de l’autre, permet de penser que PP P q

les plissements hercyniens se sont prolongés vers l'ouest, jusqu’en Amérique, et, vers l’est, jusqu’en Asie. La Meseta ! espagnole et probablement une partie de la Corse, peut-être aussi quelques points élevés des Pyrénées, existaient sous forme d'’iles en avant de cette chaine.

Tous ces massifs, Armorique, Plateau Central (sauf les Puys), Vosges, Maures, Esterel, aujourd’hui séparés les uns des autres, ne sont donc que les débris de l’ancienne chaîne hercynienne ou de ses contreforts; leur faible relief est dû à l’usure qu’ils ont subie; quant aux intervalles qui les séparent actuellement, ils correspondent à de larges fractures, ou à des effondrements transversaux.

Montagnes d'âge tertiaire. — Tous les massifs montagneux de cette époque sont le résultat des mouvements du sol qui ont abouti à la formation des Alpes (chaîne alpine); comme ils se sont tous produits sur le pourtour de la dépression méditerranéenne, on désigne aussi quelquefois sous le nom de système médilerranéen l'ensemble des chaines auxquelles ils ont donné lieu. Cet ensemble comprend les montagnes les plus récentes, telles que les Pyrénées, les Alpes, le Jura, ete. Comme ces chaînes existent encore à peu près telles qu'elles ont été dès l'origine, leur étude relève de la géographie et nous ne pouvons que renvoyer le lecteur aux ouvrages spéciaux.

Ces plissements successifs du sol ne se sont pas, nous l'avons fait observer, accomplis d'une façon subite. Tous ont été précédés d’une longue préparation pendant laquelle des régions très étendues, comprises dans l'aire de refoulement, subissaient des mouvements d’affaissement ou d’exhaussement. Ces mouvements étaient, la plupart du temps, extrémement lents; mais ils n’en avaient pas moins pour conséquence d'amener, à la longue, d'importantes modifications dans la distribution des continents et des mers : telle partie de l'écorce, jadis fond de mer, s'exhaussait peu à peu et devenait un continent, tandis qu'ailleurs c'était l'inverse qui se produisait.

1. Massif paléozoïque, noyau de la péninsule ibérique, comme notre Plateau Central est le noyau de la France.

La France pendant les temps primaires. — C’est ainsi qu’au début de l'ère primaire, à une époque très antérieure au plissement hercynien qui devait directement affecter le sol de la future France, la Bretagne, le Plateau Central et les Vosges étaient probablement déjà émergés et formaient des

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