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AFFINITÉS DU BUFFLE ANTIQUE

Cet animal fossile se fait surtout remarquer par un énorme développement en longueur des chevilles osseuses de ses cornes, arquées en double croissant conjugué, comme un arc à flèche à double courbure. Cette disposition tient à ce que ces chevilles, tout en s'abaissant sensiblement à leur naissance, se dirigent d'abord un peu en avant et continuent leur courbure en arrière et un peu en dehors en se relevant sensiblement. Leur extrémité, malgré leur grande longueur, ne dépasse pas beaucoup l’occipital dans le profil général de la tête.

Comme dimension des cornes, cette tête rappelle le type du grand buffle Arni des Indes ; mais dans ce dernier les chevilles sont disposées en simple croissant moins étalé ; elles sont triquètres avec le côté inférieur plat, tandis que dans le fossile leurs angles sont plus effacés, le côté inférieur est bien convexe et l’antérieur, le plus étroit, ne tarde pas aussi à s’arrondir. Les orbites, chez l’Arni, sont plus éloignées de la base des cornes et très fortement marginées, au lieu d’être presque à fleur et presque contiguës à cette base comme dans le fossile ; dans ce dernier la région temporale est bien plus étendue ; l'occiput plus indépendant et plus élargi par suite de l'épaississement de la région du rocher temporal. Les affinités sont donc bien plus apparentes que réelles.

Les autres buffles indiens, dont les chevilles osseuses des cornes sont beaucoup plus courtes, ne présentent pas une grande différence de structure pour le crâne et surtout pour les orbites, el à ce point de vue ils n’ont pas plus d’affinités avec notre fossile qui certainement n'appartient pas au type indien. Les auteurs ne sont pas d'accord sur la question de spécification dans ce type indien ; mais du fait que certains n’y voient que des variétés ou des nuances de races, on peut admettre qu'aucune d'elles ne se rapproche davantage du Bubale antique.

Parmi les buffles africains de l'époque actuelle, que l’on a proposé de réunir en groupe parce que leurs chevilles osseuses sont demicylindriques et plates en dessous, celui du Cap diffère du fossile par ses chevilles courtes, tombantes en dehors, épaissies et comme tubéreuses sur le frontal et plates en dessous. Les orbites sont aussi plus semblables à celles de l'Arni, par la saillie de leur marge et leur éloignement de la base des cornes. Il en diffère cependant un peu moins par son occiput plus étalé, plus bas, mais séparé du frontal par une zone pariétale moins étendue.

Le buffle à courtes cornes de la côte de Guinée (bubalus brachyceros) a ses orbites plus rapprochées de la base des cornes que les autres espèces vivantes, mais encore bien moins que dans le buffle antique et beaucoup plus marginées. Les cornes sont étalées presque horizontalement à leur base, mais dirigées en arrière dès leur début et du reste larges, plates en dessous et courtes. L'occipital rappelle davantage le fossile par sa grande largeur due au dévelppement de la région du rocher temporal ; mais il est beaucoup moins incliné en dessous et la zone pariétale, moins oblique, est bien moins étendue derrière les cornes, dont la base est plus élevée sur la fosse postorbitaire.

Le buffle antique est donc un type particulier, à caractères spéciaux, qui ne permettent de le confondre avec aucun des groupes qu'on à proposé d'établir dans la série, même avec les formes fossiles des terrains tertiaires indiens, décrites sous les noms de Amphibos acuticornis et Hemibos triquetricornis Falconner. C’est un type qui rompt un peu la conception d’un groupe géographique naturel africain ; car il est totalement indépendant des deux espèces vivantes, actuellement connues dans cette région africaine. Il me semble que l'établissement de sa généalogie ancestrale serait, dans l'état actuel de nos connaissances, très difficile à établir.

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