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CHAPITRE V

PALERME APRÈS L'ÉPOQUE NORxMANDE

Le jour où les Hohenstaufen succédèrent sur le trône de Sicile à la dynastie normande fut pour Palerme le commencement de la décadence. Les troubles qui marquèrent l'avènement de Henri VI et la minorité de EVédéric II compromirent gravement sa prospérité; bientôt, sans perdre officiellement son rang de capitale, elle cessa d'être la résidence unique des souverains. Sans doute, par bien des côtés, Frédéric II fut le digne héritier de ses prédécesseurs normands, le continuateur de la politique éclectique, libérale et tolérante qu'ils avaient pratiquée pour le bien de la Sicile. Mais il vécut surtout dans l'Italie méridionale, et malgré l'amour qu'il garda aux jardins de Palerme et aux parcs de Syracuse, c'est à Capoue, à Melfi, à Foggia, qu'il passa la plus grande partie de son longrègne. Dans ces conditions, l'art officiel et royal qui avait fleuri à Palerme au temps des Roger et des Guillaume déclina vite. Dès la fin du xii*^ siècle, on pouvait, on l'a vu, y surprendre des signes de décadence; au xiir siècle, cette décadence se précipita. Les mosaïstes arabo-siciliens qui, dès le temps de Guillaume II, avaient porté leur art aux rivages du golfe de Salerne, émigrèrent de pl'^s en plus vers les régions où vivait la cour, et durant tout le Xlii° siècle, ils enrichirent de leurs décorations polychromes les églises de la Campanie ^ Mais, en Sicile même, les écoles de sculpteurs et de mosaïstes qui avaient travaillé à Monreale languirent dans l'inaction. On ne construit plus maintenant de palais à l'orientale, tels que la Zisa ou la Cuba, on n'élève plus de somptueuses églises neuves, telles que la Chapelle palatine ou le dôme de Monreale. Les artistes de l'école de Palerme semblent employés à peu près exclusivement à des travaux de reconstruction ou de restauration, comme ceux

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