B. FÊTES HISTORIQUES ET AGRONOMIQUES
Outre le but général des jours solennels, cette seconde classe de fêtes avait encore un but particulier; les trois grandes fêtes étaient en rapport avec l'agriculture, base de la cousti-
' Voy. des Vignoles, Chronologie de l' histoire sainte, t. I, p. 693 et suiv. Winer, Bibl. Renlwœrlirbiich, t. I, p. 7;{4.
5 Voy. Nétiémia, 10. 32; I Maccab. 6, 49. Comparez Tacite, //«/ V, 4 : Se)itimo die otiiim placnisse Jeruitt , quia is Jiiiem Inhorum tiilerit; dciii , blaiidiente incrtiâ, scptimiim qiioquc annum igiinviœ datitm.
* \oy. A nliqit. Xin,8, I. Alexandre le Grand exempta les Juifs de payer le tribut
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L'UJNIVERS.
liilioii (lu peuple hébreu, et en même U'inps , elles se rattaeh;iieiit aux événements les plus mémorables de l'Iiistoire (le er peuple. Klles étaient, sous ces deux rapports, des ff>tes nationales par exeellenee, et devaient réunir toutes les tribus, ou du moins tous les hommes capables d'entreprendre le voyage, autour du sanctuaire de Jébovah. F.e pèlerinage ordonné j)our les trois fêtes ' devait rapprocher les tribus à différentes époques de l'année, et c'était un moyen de maintenir toujours l'esprit public et l'unité de la nation, ces grandes réunions populaires donnant toujours un nouvel essor à la vie religieuse et à la vie politique. C'est probablement de ce pèlerinage que les trois fêtes de la Pàque, de la Pentecôte et des 7'abernacles ont reçu particulièrement le nom de hag '/Les pèlerins ne devaient pas apparaître devant Dieu les mains vides (Ueut. 16,16); ils apportaient les prémices et la seconde dime, ils offraient des sacrifices pacifiques et donnaient des repas solennels auxquels ils invitaient les lévites, les pauvres et les étrangers (ib. v. 11 et 14). Quant au degré de sainteté attribué a ces fêtes , il était le même que celui de la septième Néoménie; tout travail était interdit, excepté la préparation des aliments. Telles étaient les règles communes aux trois fêtes, dont chacune cependant avait ses rites particuliers. Nous allons les considérer chacune sous son point de vue spécial.
pendant l'année sabbatique, et plus tard César leur accorda la même faveur. Voy. ibid. XI, 8, 5; XtV, 10, 6.
' Voy. Exode, cil. 23, V. (4 — 17; ch. 34, V. 2.T; "Deutéronome,ch. 16, v. I6.
2 Les lexicographes font venir le mot jj-j du verbe jjp] auquel ils donnent le sens de danser, fêter ; mais il est plus probable (|ae le verbe vient du substantif. Le mot ii \g ou HADJ drsigne, chez les Arabes, \e péleriii/u/e de la Mecque; chez les Hébreux 11 désigrie particulièrement les trois fêtes iiepélerinnije. Il s'emploie ensuite dans le sens de Jéte en général, de là le verbe hvgag ou h\gg , c<lébrer uneft'te, être Joyeux , danser. Le HadJ des musulmans n'est pas une institution de Mahomet , les traditions arabes le font remonter jus(ju'à Abraham. Voy. Pococke, Spécimen historiœ Arabum , p. 311;
a. La Pdquc.
Tiafête de Pàque, célébrée en commémoration de la sortie d'Egypte, commençait le quinzième jour du mois (ï.lbib, c'est-à-dire le quatorzièmeausoir; elle durait sept jours et (inissait au soir du vingt et un. \,a veille (le la fête , le quatorzième jour du mois, entre les deux soirs, chaque famille devait immoler, dans le parvis du sanctuaire, un agneau ou un jeune bouc, âgé d'un an et sans défaut, et le sang reçu par les prêtres devait être versé au pied de l'autel.
La victime rôtie tout entière sur le feu était consommée le soir même, avec des pains azymes et des herbes amères et on n'en devait rien laisser pour le lendemain ; ce qui ne pouvait être mangé le soir devait être brûlé.
Si une famille n'était pas assez nombreuse pour consommer la victime, elle pouvait s'associer avec une autre.
Cette victime, appelée l'agneau pascal, devait rappeler chaque année le rite observé par les Hébreux la veille de leur sortie d'Egypte (Ex. 12 , 3 et suiv.)';les pains azymes rappelaient le départ précipité , qui n'avait pas permis de faire lever la pâte , et les herbes amères étaient le symbole des amertumes de la servitude d'Egypte.
L'usage des pains azymes était ordonné pour les sept jours de la fête, pendant lesquels on ne pouvait pas même conserver le levain dans la maison (ib. v.l9); la loi menace de la peine du retranchement (dont nous parlerons dans la troisième partie) celui qui, pendant la Pâque, aurait mangé du pain fermenté; c'est pourquoi la Pàque s'appelle aussi hao HAMMAÇÇOTH (fête des azymes).
Pour îe' culte publicla loi prescrit un sacrilice e.xtraord inaire : chacun des sept jours on offrait, outre le sacrilice quotidien, un holocauste
» Voy. ci-dessus, page I2i , où nous avons indiqué l'origine du mol Pâque. Ceui qu'une impureté ou un long voyaiie empêchait (le se rendre au sanctuaire le 14 du mois (V.Jbib, célébraient le rite de l'agneait pascal le 14 du deiixième mois (Nombres, ch. 9, v. 9—14).
composé de deux jeunes taureaux, un bt'Iier et sept agneaux, ainsi que des otïrandes et des libations , et un bouc comme sacrifice de péché. Cependant le premier et le septième jour étaient seuls considérés comme jours de repos et de fête, et il était permis de travailler pendant les cinq jours intermédiaires '.
La Pàque était aussi la première époque des récoltes; elle était la fête de la moisson de l'orge, la plus hâtive des céréales, et c'est aussi dans ce sens que la fête devait être célébrée par un rite particulier. Le lendemain du premier jour de Pâque, ou le seizième jour de la lune * , on présentait dans le sanctuaire une gerbe d'orge de la nouvelle moisson; un prêtre faisait avec cette gerbe la cérémonie de l'agitation ^ , et , en même temps, on offrait un agneau en holocauste, accompagné d'une offrande et d'une libation. Avec cette cérémonie la moisson était déclarée ouverte, et alors seulement il était permis de manger du blé nouveau (Lév. 23 , 9— 14).