‹ Palestine: Description géographique, historique, et archéologiqueChapitre 40 sur 106 · I. DROIT POLITIQUE ET ADMINIS- TRATIF · texte numérisé non relu

I. DROIT POLITIQUE ET ADMINIS- TRATIF

Tant que Moïse vécut , il exerçait une véritable dictature, réunissant en lui le pouvoir législatif, judiciaire et exécutif. Mais il établit certaines magistratures quidevaient supporter avec lui le fardeau de l'administration , et qui , après sa mort , devaient s'en partager les différentes fonctions. Le Pentateuque ne donne là-dessus que des indications fort incomplètes; les détails donnés par la tradition juive sont puisés dans des institutionsbeaucoup trop récentes pour pouvoir être appliqués à l'époque mosaïque. Ce n'est donc que par des combinaisons faites avec beaucoup de précautions

I Le meilleur ouvrage qu'on puisse consulter sur cette matière est le Mnsaisuhes Recht ( Droit mosaïque ) de Michaëlis que nous avons déjà cité bien des fois. Cet excellent ouvrage , dont la seconde édition fut publiée en 1775 en six volumes in-l2, est le commentaire le plus consciencieux qui ait été fait sur le système social du Pentateuque. L'Histoire des Institutions de Moïse et du peuple hébreu (3 vol. in-8, Paris, 1828). par M. Salvador, s'occupe de toutes les parties de la loi mosaïque. Beaucoup mieux écrit que l'ouvrage de Michaëlis, et plein de vues élevées, cet ouvrage offre une lecture atta chante au littérateur et au philosophe; mais il a l'inconvénient de manquer de critique historique. Confondant toutes les époques . h ne distinjiue pas assez le fonds mosaïque des développements ultérieurs de la loi , el même des instilutions postérieures à l'exil, et il n« saurait satisfaire qu'imparfaitement aui besoins de l'historien.

?\ut nous pouvons arriver a nous ormer une idée des institutions primitives de Moïse.

L'État fondé par Moïse étant une véritable démocratie, les intérêts de la nation ne pouvaient être réglés que par ses représentants naturels.

11 est souvent question des assemblées de tout le peuple • ; mais on ne peut guère supposer que Moïse ait adressé ses discours à six cent mille hommes à la fois , et on pensera naturellement à une assemblée de représentants ^ C'est cette assemblée que le texte hébreu appelle kahal ou édah ; ses membres s'appellent keroué ha- ÉDAH ( Nomb. 1, 16), ou kerié MoëD ( Ib., 16,2), c'est-à-dire convoqués à rassemblée. Deux passages du livre de Josué ( 23, 2 ; 24, 1 ) nous apprennent que les grandes assemblées , convoquées par le chef de la république dans les circonstances qui intéressaient au plus haut degré la nation tout entière , se composaient des anciens , des chefs ( des tribus et des familles), des juges et des Scho/erim; ces quatre classes d'autorités formaient les pouvoirs de l'État , et nous les trouvons aussi mentionnées dans le Deutéronome (29, 9) 3. Nous allons les examiner selon l'ordre suivi dans les deux passages de Josué.

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