‹ Palestine: Description géographique, historique, et archéologiqueChapitre 49 sur 106 · I.e roi d'Aï , pris vivant, fut pendu par ordre deJosué · texte numérisé non relu

I.e roi d'Aï , pris vivant, fut pendu par ordre deJosué

Si l'ordre cbronoiogique a été strictement observé dans le texte biblique, les Ilebreuxauraientpénétré immédiatement jusqu'à Sicheni; car le livre de Josué, après avoir parié du sac d'Aï, ditque.losué bâtit alors un autel sur le mont l":bal et qu'il y fit graver le résumé de la loi de I\Ioïse. Les bénédictions et les malédictions furent prononcées alors, conformément à Tordre de Moïse , près des monts Ébal et Gariz'un'.

Sur ces entrefaites les rois de Canaan, revenus de leur première stupeur, préparèrent une ligue pour repousser l'invasion des Hébreux.

Quelques villes bévites, qui formaient un petit État indé|jen(iant sous des institutions républicaines, auraient voulu traiter avec les Hébreux. N'espérant point obtenir de Josué des conditions de paix , ellesse servirent d'une ruse pour arriver à leur but. Ce furent les villes de Gabaon , Caphira, Beérolh et Kiryatb-Yîinaar^ Des députés de ces villes se présentèrent devant Josué à Guilgal sous l'aspect d'bommes venant de faire un voyage lointain; leurs bagages, leurs vêtements et leurs provisions paraissaient être usés et détruits par le temps. Ils prétendirent venir de très-loin, envoyés parles anciens de leurs villes pour faire une alliance avec les Hébreux, ayant entendu parler de tout ce que leur dieu Jébova avait fait pour eux en Egypte et de leur victoire sur les rois Sihon et Og. Josué, trompé parles apparences, s'empressa d'accuellir les propositions des députés; il conclut une alliance avec eux , et les chefs des tribus la scellèrent par un serment. Mais trois jours après on apprit que ces prétendus étrangers étaient des Cananéens. Les Hébreux entrèrent dans leurs villes sans coup férir; mais, liés par le serment, ils nepu-

' Voy. ci-dessus, page 5 'Voy. ci-dessus, pages 43 et 80

rent y renouveler les scènes de Jéricho et d'Aï. On accorda la paix aux habitants; mais, pour faire taire les murmu. resdu peuple, on Its condamna à fournir des coupeurs de bois et des porteurs d'eau pour le service du sanctuaire.

J^a défection de Gabaon , une des villes les plus importantes de tout le pays , effraya et révolta en même temps les peuplades voisines. Adoni- Sédek , roi de Jébus ou Jérusalem, fit un appel aux rois de Hébron , de Yarmouth, de Lachis et d'Églon, pour châtier les Gabaonites. Les cinq rois se mirent en marche, avec leurs troupes, contre Gabaon que les soldats hébreux avaient quitté. Les Gabaonites envoyèrent à Guilgal pour avertir Josué du danger qui les menaçait.

Celui-ci se mit immédiatement" en marche; en une nuit on arriva près de Gabaon. Les ennemis, qui déjà assiégeaient cette ville, furent repoussés avec perte et poursuivis jusqu'à Azékah et Mackédah , dans la plaine de Schephélah.Dans leur fuite, ils furent surpris par une grêle terrible qui en tua un grand nombre. Cette éclatantvictoire remportée en un seul joue fut célébrée par Josué dans un canr tique jadis conservé dans un antique recueil de poésies nationales intitulé Sépher hayyaschar (le livre du juste). L'auteur du livre de Josué cite le commencement et la fin de ce cantique, dans lequel Josué, étonné de tout ce qui avait été accompli en une seule journée et pendant une partie de la nuit , présente poétiquement le soleil et la lune comme s'e tant arrêtés à son gré pour éclairer le combat :

« Soleil (ai-je dit), arrête-toi à Gabaon, et toi, ô lune, dans la vallée d'Ayyalôn ' ! »

« Et le soleil s'arrêta, et la lune resta immobile jusqu'à ce que le peuple se fut vengé de ses ennemis «

C'est ainsi, ajoute l'auteur, qu'il est écrit dans le livre Yaschar (jusqu'aux mots) :

« Et le soleil s'arrêta au milieu

' Ayyaton était situé à l'ouest de Gabaon.

du ciel, et il n'eut pas hâte de se coucher, bieu que le jour fdt accompli '. »

Josué continua la poursuite des ennemis, dont un petit nombre put se rctusier dans les places fortes. On apprit que les cinq rois avaient échappé au carnage et s'étaient réfugiés dans une caverne près de IMackédah. Josue les fit prendre, ils furent tués et attachés à cinq potences, et le soir on jeta leurs cadavres dans la caverne qui leur avait servi de refuge et qu'on terma avec de grandes pierres.

A la suite de cette victoire, les Hébreux s'emparèrent successivement des villes de Mackédah , Libnah , Lachis, Églon , Hébron , Debir, et peu à peu ils occupèrent presque tout le midi de la Palestine depuis Radès- Barnea jusque dans les environs de Gaza 2, à l'exception des villes des Philistins.

En attendant, la ligue formidable qui s'était formée dans le nord, sous les auspices de Yabin, roi de Hasor, engagea les Hébreux dans une lutte qui devait être longue et pénible. Le livre de Josué n'entre pas dans tous les détails de cette lutte ; nous savons seulement qu'un combat décisif fut livré enfin près des eaux de Merôm ou du lac Samochonitis^, et que, par suite de ce combat, les Hébreux entrèrent victorieux dans la ville de Uasor et la brûlèrent. Le roi de Ha-

' Vo}'. Josué, ch. 10 , V. 12 et r3. « II faut 8'ëtonner, dit Herder(l. c. p. 237), qu'on ait pu si longtemps se méprendre sur le sens de ce beau passage. Josué attaque les Amorites de bon malin et le combat dure jusque dans la nuit , c'est-à-dire une longue journée, et le jour paraissait se prolonger pour achever la victoire. Le soleil et la lune étaient témoins des exploits de Josué; étonnés, ils s'arrêtent au ciel, jusqu'à ce

que la victoire soit complète Qui ne

voit pas que c'est ici de la poésie, quaml même on ne citerait pas un livre de chants héroïques? Dans le langage d'Israël de pareilles expressions n'étaient ni hardies ni étranges, etc. » Voy. aussi làha, Introductio in tiliros sacros , p. 225.

* Voy. Josué , 10 , V. 28 — 42. 11 paraîtrait cependant que quelques-unes de ces villes retombèrent au pouvoir des Cananéens; car plus loin on parle de nouveau de leur conquùiefch. 15, v. 13-15).

^Vcy. ci-dessus, page 8.

sor , dief de la ligue , fut mis à mon y et les villes du nord tombèrent (q grande partie au pouvoir des Hébreux.

Une attaque contre les Anakîm du midi fut également couronnée de suc cès(Jos. II ,21).

Cependant les Cananéens avaient pu se maintenir dans beaucoup d'endroits et notamment dans les places fortes'. Josué déjà avancé en âge avaic acquis la conviction que l'œuvre de la conquête ne pourrait être achevée de sitôt et qu'il devait considérer sa mission comme terminée. Pendant six ou sept ans il avait lutté avec opiniâtreté contre les Cananéens =, et trente et une principautés avaient été soumises 3. Au lieu de faire de nouvelles tentatives, qui exigeaient de grands efforts, il aimait mieux consolider ses conquêtes et organiser les affaires intérieures des Hébreux, abandonnant aux différentes tribus le soin d'achever la conquête des villes qui devaient leur appartenir.

Josué résidant toujours à Guilgal , commença à s'occuper delà distribution des'terres, opération longue et pénible. Trois tribus, celles de Juda, Éphraïm et Manassé, avaient pris possession des cantons qu'on leur avait assignés, lorsque Josué fit transporter son quartier général , ainsi que le temple portatif, dans la ville de Siloh, qui appartenait à la tribu d'Éphraim (dont Josué était issu). Arrivé à Siloh, Josué pressa les sept tribus qui ne s'étaient pas encore installées dans leurs possessions , de hâter l'opération du partage, et il envoya, à cet effet, trois hommes de chaque tribu, qui devaient

'Vov. Josué, ch. I3, V. 1-6; Josèphe, Anliqù. "V, 1 , 20.

»I1 résulte du livre de Josué, ch. 14, v. 10, que, à la tin des guerres de Josué, il s'était écoulé quarante-cinq ans depuis le temps ou Moïse avait envoyé douze hommes pour reconnaître le pays de Canaan. Or, cet envoi avait eu lieu la deuxième année de la sortie d'Egypte, vers l'époque des vendantes; d'où il résulte que les guerres de Josué s'étaient prolongées jusque dans lann^e 47 de la sortie d'Égvpte, ou jusque dans la 7* année après l'entrée dans le pays de Canaan. Voy. des Vignoles, Chronologie de l histoire sainte, t. I , p 8.

' Voy. ci-dessus , page 80.

L'UNIVERS

parcourir les différents car.tons, m.ler les villes et les terrains et en soimietlre a Josué l'état exact. Leur rapport amena quelques niodilicati ms dans les possessions deja accordées aux trois tribus susditt-s.

En assi-nantaux tribus leurs futures demeures, Josué suivait eu narlie les anciennes traditions qu on taisa t remonterjusqu'aJacobscetutpar a voie du sort qu'on distribua les ots aux familles de chaque tribu. Nous allons donner, sur le résultat gênera des opérations , quelques détails qu il est important de connaître , pour l intelligence de l'histoire, et nous indi-

ienii:ein;c ut i .i.^j-" — i --.- ■ »• ,,

querons brièvement la position relatn e des douze tribus.

On a déjà vu (page 131) que les tribus de Ruben et de G ad et une partie de celle de Manassé s'étaient établies , avant la mort de Moïse, a 1 est du Jourdain. ,, ,,• ,.

Voici dans quel ordre s établirent les neuf tribus et demie à l'ouest du Jourdain; nous allons du midi au nord : 1» JuDA. reçut le midi de la Palestine , depuis Kadès-Barnea et le torrent d'Egypte (Wadi-el-Arîsch) , jusqu'à la vallée de Ben-Hinnom, au nudi de Jérusalem , et depuis la mer Morte jusqu'à la Méditerranée. La plus grande partie du territoire philistin devait appartenir à cette tribu, mais elle ne put s'en emparer d'une manière durable. Le canton de Juda était divise en quatre districts appelés : le Muh, la Schephéla (bas pays sur la Méditerranée), la Montagne ou l'intérieur, et le Désert ou la partie orientale près de la mer Morte. Le nombre des villes et bourgs de cette tribu se monta d'abord a environ 125 ^ mais elle dut en céder une partie aux tribus de Siméon et de Dan. Parmi les villes de Juda nous remarquons En-Gadi, Thecoa,Bethléhem, Hébron, Kadès- Barnea, etc.

2" SiMÉON , une des tribus les plus faibles en nombre, ne reçut pas de district particulier ; mais Juda dut lui ce-

»Voy. ci-dessus, page 115.

» Voy. les détails dans le livre de Josue , cb. 15.

der une partie des villes qui lui avaient été accordées à la première distribution, de sorte (jue le territoire de Simeon se trouvait enclavé dans celui de Juda ■.

Au nombrede ces villes nous trouvons Siclag, Ether, Rimmon, llormah , Beërséba. . , t ^

3" Benjamin , au nord-est de Juaa, ayant pour limite orientale le Jourdain, et s' étendant à l'ouestjusqu'a Kiryalh- Yaarîm. Cette tribu possédait, sur sa limite méridionale, la ville de Jebiis (Jérusalem) , plus tard la capitale de tout le pays; nous remarquons encore les villes de Jéricho, Guilgal, Ai, Gabaa, Rama, Gabaon, Anathoth, etc. La ville de Béthel qui lui fut assignée par le sort, mais dont elle ne put expulser les Cananéens, tut prise plus tard par les Ephraïmites.

40 DAN , au nord-ouest de Juda et à l'ouest de Benjamin , Jusqu'à la Mediterranée. Ses villes étaient Sareah ,

Querranec. OC3 Tiii<-j "^"'■, ,t-i » \ Esthaol, Ayyalôn,Thimnatha (Ekron), Yafo ouJoppé,etc. On verra quun neu plus tard , une colonie de Danites prit la ville de Laisch, à l extrémité septentrionale du pays , et lui donna le nom de Dan (ci-dessus , page 33).

5» ÉPHRAiM s'étendait au nord de Benjamin et de Dan , jusqu'au delà du mont Ébal, et du Jourdain a la Méditerranée, et renfermait les VI les de Sichem, Siloh, Thimnath-Serah,etc.

Les ossements de Joseph, que les Hébreux avaient emportes d Egypte, furent enterrés à Sichem, dans le champ jadis acquis par Jacob ».

6° La seconde moitié de Mànasse, au nord-ouest d'Èphraïm, avait pour limite, à l'occident, la Méditerranée, et possédait le littoral depuis le torrent de Kana jusqu'à Dor. Au nord, elle touchait Aser, au nord-est et à l'est Isachar (Jos. 17, 10), et non pas le Jourdain, comme le dit Josénhe^. Ses villes étaient Dor, Thaanach Me-^iddo; plus tardSamarie futbâtu sur'son territoire. On lui avait donm en outre, sur le territoire d Isacha et d' Aser, les villes d'Ên-dor, de Beth

• Josué, ch. 19, V. 1-8. ,

' Vov Genèse, •«, 19; Josue, 24, 3.J.

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