‹ Palestine: Description géographique, historique, et archéologiqueChapitre 50 sur 106 · ft^iau. 1. V, ch. i.S'-Ja · texte numérisé non relu

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seân et (le Yibleûm; mais les Cananéens ne purent de longtemps être expulsés de ces villes (ib. v. 1 1 — 13).

7° ISACHAR, au nord-est d'Kphraïin, 6'étendait au nord jusqu'au torrent de Kison;sa limite à l'est était le Jourdain. A l'ouest et sud-ouest cette tribu touchait le territoire de Manassé et s'étendait au N. O. jusque vers le Carmel. Elle possédait les villes de Yezreèl, Aphek , Thirsa, Gelboa, Dabrath, etc.

8° AsER occupait la côte, au nordouest d'Isachar, depuis le midi du Carmel jusque près de Sidon. Ses villes, environ une vingtaine, étaient peu considérables; nous y remarquons Achsaph, près d'Achzib (Ecdippa). Cette dernière ville ainsi que Acco et mêine Sidon devaient appartenir à Aser, mais elles ne purent être conquises.

O^Zabulon, au nord d'Isachar, jusque vers Kinnéreth (dans les environs de Capharnaoum) '. Sa limite à l'est était le lac de Génésareth, et à l'ouest le territoire d'Aser. On y remarque les villes de Yokneam , Kana, Gath-Hépher (patrie du prophète Jonas) , Abel-Beth-Maacha % et, sur la limite d'Isachar, le mont Thabor.

10° Naphthali s'étendait au nord de Zabulon jusqu'aux sources du Jourdain; à l'ouest il touchait Aser et le territoire des Pliéniciens, et à l'est le Jourdain supérieur avec le lac Samochonitis. Parmi ses villes nous remarquons Kédes, Hasor et Kinnéreth.

Après avoir fait ce partage, Josué et le grand prêtre Éléazar assignèrent à la tribu de Lévi les quarante-huit villes qu'elle devait occuper sur le territoire de toutes les autres tribus.

Selon le livre de Josué, les prêtres, qui étaient de la famille de Kehath , reçurent treize villes situées sur le territoire de Juda , de Siméon et de Benjamin^; les autres descendants de

* Comparez l'Évangile de Matthieu, cli. 4, T. 13.

' Plus tard on trouve sur ce territoire quelq[ues villes plus célèbres, telles que Tibénade, Scphoris, Nazareth. . 3 Voy. ci-dessus, pa.;e 177, col. I, note 2. i&* Livraison. (Palestine.)

Kehath eurent dix villes dans les cantons d'Ephraïm , de Dan et de Manassé (en deçà du Jourdain). Treize villes furent données aux Gersonites, dans les cantons d'Isachar, d'Aser, de Naphthali et de Manassé (au delà du Jourdain), et douze villes aux Mérarites, dans les cantons de Zabulon, de Gad et de Ruben '. Six de ces villes devaient servir d'asile aux meurtriers involontaires; Moïse lui-même en avait déjà désigné trois au delà du Jourdain», Josuéyen ajouta troisautres en deçà du fleuve, savoir : Kédes dans le canton de Naphthali , Sichem dans celui d'Ephraïm et Hébron dans celui de Juda.

La guerre étant terminée pour le moment, Josué convoqua les tribus de Ruben et de Gad et la demi-tribu de Manassé auxquelles Moïse avait donné le pays à l'est du Jourdain, et, après les avoir exhortées à rester fidèles à la loi de Moïse, il leur donna sa bénédiction et les renvoya dans leurs possessions. Arrivées au Jourdain, ces tribus élevèrent, sur les bords du fleuve , un grand autel , pour servir de monument a la postérité, afin qu'on ne pîlt les exclure un jour de la communauté de Jéhova. Le bruit se répand bientôt que le symbole d'un culte étranger a été élevé sur le Jourdain; aussitôt les représentants du peuple s'assemblent à Siloh , et déjà il est question de prendre les armes contre les tribus rebelles. Mais on veut d'abord leur demander des explications; Pinehas, fils du grand prêtre Éléazar, et dix représentants chefs de famille, un de chaque tribu, sont chargés de se rendre de l'autre côté du Jourdain, pour faire des représentations au sujet de l'autel. Les députés reprochent aux tribus de l'est leur infidélité envers Jéhova ; mais ces tribus protestent de la pureté de leurs intentions. L'autel, disent-elles, n'a pas été élevé pour y faire des sacrifices; nous craignions que vosdescen-

' On peut voir les noms de toutes ces villeî dans le livre de Josué, ch. 21 , v. I3 ot suv vants.

2 Voy. ci-dessus, page I31.

i;UISlVERS.

danl» ne pussent nn jour vouloir exclure les nôtres de la coniniiniaulé dlsraol et du culte de .leliova, en considérant le Jourdain couiuie une limite entre vous et nous, et nous avons bâti cet autel comme simple monument, pour servir de témoip;nage de i'uiiiie de toutes les trihus sur les deux rives du Jourdain. Satisfaits de cette réponse, Pinelias et les députés retournèrent à Siloli , et les explications (]u'ils apportèrent turent accueillies avec une satisfaction générale.

L'autel reçut cette inscription : C'est VH témoignage entre nous que Jéhova est le (seul) Dieu '.

Josué passa probablement le reste de ses jours tantôt a Sichem', tantôt dans la ville de Thimnatb-Sérah, qui lui avait été donnée pour récompense de ses services. Il abandonna , sans doute, le gouvernement intérieur des tribus à leurs Anciens et a leurs cliefs respectifs. Les Hébreux avaient renoncé pour le moment à continuer la guerre avec les Cananéens; du moins le livrede Josué, la seule source que nous puissions consulter pour l'bistoire de cette époque, ne relatet-il aucun événement arrivé depuis le partage des terres jusqu'à la mort de Josué. Ce n'est que peu de temps avant sa mort que nous voyons reparaître sur la scène le vainqueur des Cananéens. Se sentant près de mourir, Josué convoqua à Sicbem tous les représentants de la nation dans une assemblée générale, à laquelle le peuple lui-même assistait en grand nombre. Probablement l'arcbe sainte y fut transportée de Siloh (Jos. 24, 26). Josué adressai l'assemblée un discours, dans lequel il rappela les bienfaits dont Jehova avait comblé les Hébreux. 11 exborta le peuple à la fidèle observation dos lois de Moïse, et à la continuation de la guerre , lui prédisant de grands malheurs , s'il abandonnait le culte

' C'est ainsi que je comprends le passage de Josué, cil. 22, V. 3i.

' Selon Josèphe (^«//r/i/. V, i, 28), il résidjit a Siclieiû. Le sanctuaire restait fixé à {jiloli.

du vrai Dieu, et s'il se mêlait avec les Cananéens f|ui restaient encore trop nombreux dans le pays. Les Hébreux promirent d'obéir, et sanctionnèrent de nouveau leur alliance avec Jéhova. Josué dressa un acte de tout ce qui venait de se passer et de la nouvelle sanction de la loi , et l'inscrivit dans le livrede la loi de iMoïse'. 11 fit élever aussi , à l'endroit de l'assemblée, une pierre monumentale, qui, disait-il, servirait de témoin contre le peuple, s'il reniait son Dieu. Josué mourut bientôt après, à l'âge de cent dix ans, soixante-cinq ans après la sortie d'Egypte, et il fut enseveli dans sa propriété à Tliimnath-Sérah. Il avait été pendant vingt-cinq ans le chef suprême du peuple hébreu *. Bientôt le grand prêtre Éleazar suivit Josué dans la tombe; il fut enterré sur une colline qui appartenait à son fils Finebas, sur la montagne d'Épliraïm.

Tant que vécurent les Anciens qui avaient été contemporains de Josué et qui avaient assisté à la conquête, les Hébreux furent maintenus dans lerespectdeslois et dans le cultede Jéhova.

Il y eut bien çà et là quelques hommes isolés qui se laissèrent entraîner à l'idolâtrie ( Jos. 24 , 23 ) ; mais la grande majorité de la nation persista dans la bonne voie et dans ses sentiments hostiles à l'égard des Cananéens. Conformément à la dernière exhortation de Josué, quelques tribus recommencèrent les hostilités, soit pour faire de nouvelles conquêtes, soit pour reprendre des villes déjà conquises autrefois, et dont les Cananéens avaient pu de nouveau se rendre maîtres.

' C'est probablement le document qui nous est conservé dans les chapitres 23 et 24 du livre de Josué.

2 Ordinairement on ne fait durer que dixsept ans le gouvernement de Josué, mais ce n'est la qu'une simple supposition qui ne se base sur aucune donnée historique. Josèphe ( I. c. ,§ 29) dit expressément que Josué avait gouverné les Hébreux pendant vingi-cinq a:is ; la chronique samaritaine dit la même chose, et Des Vignoles a cherché à démontrer l'exactitude de ce chiffre. Voy. Chrnnol. de riiist. siiinle, t. I , p. 8-16. La tradition rubbinicpie donne au gouverneineiil de Josué vingt-huit ans. Séder Oluni rabba , ch. !2.

C'est ainsi que les tribus de Juda et de Siiiiéoii attaquèrent quelques peu- Ijlades cananéennes près de Bézek, ville dont la position est inconnue, mais qui était probablement située entre Jérusalem et le Jourdain'.

Dix mille Cananéens furent défaits près de cette ville, dont le roi, nommé Adoni-Bézek, eut les pouces et les orteils coupés, supplice que, de son propre aveu, il avait fait subir à soixante-dix rois (Juges, 1,7). Jérusalem (la basse ville) fut prise à la même époque; toute la montagne de Juda fut déblayée, et on s'empara même momentanément des villes de Gaza, Ascalon et Ékron. Béthel tomba par trahison au pouvoir des Éphraïmites.

Cependant les tribus manquèrent de force ou d'énergie pour expulser ou exterminer les Cananéens, comme l'avait ordonné Moïse. Josué avait peut-être fait une grande faute en ne se donnant pas de successeur; le manque de chef et l'absence d'unité et d'ensemble dans les opérations paralysèrent les forces des Hébreux . Ce furent surtout les tribus du nord, celles de Uan, Manassé, Éphraïm, Aser, Zabulon , Naphthali, qui ne purent s'emparer de toutes les villes qui leur avaient été destinées, ou qui se contentèrent de rendre les Cananéens tributaires, en leur permettant de demeurer au milieu d'elles.

Un messager de Dieu, ou un prophète, se présenta pour montrer aux Hébreux les conséquences funestes de leur faiblesse. Le peuple reconnut la vérité de tout ce que disait l'homme de Dieu; mais il ne pouvait plus répondre à son appel que par des larmes^ Les Cananéens devinrent de plus en plus dangereux , par leur force matérielle qui n'était pas brisée , et plus encore par leur culte plein de séductions et par l'exemple de leurs mœurs corrompues. Les Anciens qui avaient entouré Josué moururent peu à peu ; des beaux temps de l'élan guerrier

et de l'enthousiasme religieux il n'en resta plus que le grand prêtre Pinehasqui ne pouvait plus, de son bras vieilli, venger comme autrefois l'outrage fait aux moeurs et au nom de Jéhova , et qui n'était pas capable de maintenir l'unité politique et religieuse des tribus et de les préserver de l'anarchie. L'idolâtrie et la corruption des mœurs augmentèrent de jour en Jour; les tribus, manquant de chef et de centre commun, devinrent étrangères les unes aux autres, et leur indifférence mutuelle menaça de dégénérer en hostilité. Deux événements racontés dans le livre des Juges, et que nous devons faire remonter à l'époque qui suivit la mort de Josué et des Anciens , montrent ce qu'étaient devenus , après si peu de temps , les beaux rêves de Moise.

Sur la montagne d'Éphraïra vivait, dans une retraite isolée, un homme, nommé Michah. Cet homme avait caché une somme d'argent appartenant à sa mère; celle-ci, ne sachant ce qu'était devenu cet argent, se lamenta et prononça des imprécations. Michah vint là rassurer en lui disant qu'il avait mis l'argent en sûreté; la mèi*e bénit la prévoyance de Michah , et, dans sa joie, elle consacra une partie de la somme à faire faire une image de Jéhova. La statue fut placée dans un petit temple que Michah avait fait bâtir dans sa maison et qu'il fit desservir par un de ses iils revêtu d'un Èphod et muni de Théraphim , à l'imitation des Ourim et Thummim'. Quelque temps après, un jeune lévite de Bethléhem , voyageant pour chercher une place, vint à passer devant la maison de Michah ; celui-ci étant entré en conversation avec le lévite, l'engagea à rester chez lui pour servir de prêtre à son temple. Le jeune homme y consentit; il fut traité comme un fils par Michah qui ne doutait plus des faveurs dont Jéhova allait combler sa maison, ayant pour prêtre un véritable lévite.

'Voy. Juges, 1,7; I Sam.

' v'oy. Juges, cL. 2, V. 1-5.

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