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assortiment à une émeraude enchâssée dans de l'or : aussi Ulysse, chez les Pliéaciens, avouait fraiidieineiit qu'il ne connaissait point d'antre félicité qu'un festin accoinpaijné de musique.
On voit les mêmes plaisirs dans les reproches que fout les prophètes à ceux (|ui en ahusaient; mais ceux-là y ajoutent l'excès du vin, les couronnes de fleurs et les parfums, comme nous voyons qu'en usaient les Grecs et les
Romains Ils mangeaient
volontiers dans des jardins, sous des arbres et des treilles ; car il est naturel, dans les pays chauds , de chercher l'air et le frais. Aussi quand l'Écriture veut marquer un temps de prospérité, elle dit que chacun buvait et niangeaitsous sa vigne et sous son (ii^uier , qui sont lesarbres fruitiers dontles feuilles sont
les plus larges Je ne vois
chez eux ni le jeu, ni la chasse, que l'on compte parmi nous entre les plus grands divertissements. Pour le jeu, il semble qu'ils l'ignoraient absolument , puisque le nom ne s'en trouve pas une seule fois dans toute l'Écriture ' Pour la chasse, soit
desbétes, soit des oiseaux, elle n'était pas inconnue aux Israélites '; mais il semble qu'ils s'y appliquaient moins pour le plaisir que pour l'utilité de fournir leurs tables et de conserver leurs blés et leurs vignes; car ils parlent souvent de ûlets et de pièges; et on ne voit ni chiens , ni équipages, même aux rois. Ils se seraient sans doute rendus odieux , s'ils avaient voulu courir sur les terres labourées , ou nourrir des bêtes qui eussent fait du dégât. Les grandes chasses se sont établies dans les vastes forêts et les terres incultes des pays froids. »
Nous terminons notre description des moeurs sociales par quelques détails sur les actes de contrition et d^ deuil usités dans les caLaniités publiques.
' Nous ajouterons que, selon la loi traditionnelle , les jeux (le hasard sont expressément défendus , et ceux qui s'y livrent ne Îieuvent déposer comme témoins devant es tribunaux. Voy. les passades cités par BuXtorf , Lexicon ihalmua., col. r98i.
' Voy. ci-dessus, pages 358 et 353
Un malheur venait-il frapper une ville ou la nation tout entière, on se livrait en comnuin au jeûne et à la prière, et on observait d'autres cérémonies lugubres usitées dans le deuil des familles : on se dépouillait de tout ornement, on prenait le vêtement de deuil, appelé sac, et on s'asseyait à terre, etc. La Bible nous offre beaucoup d'exemples de ces deuils nationaux, pris à l'occasion de la mort d'un grand homme, ou lors de l'invasion des ennemis, d'une disette ou de quelque autre calamité publique. Ainsi tout le peuple hébreu prit le deuil , pendant trente jours, à la mort d'Ahron (Nombres , 20 , 29 ) et à celle de iMoïse ( Deut., 34, 8). La mémoire de Samuel fut également honorée par le deuil de tout Israël (I Sam., 25, 1; 28, 3). Les habitants de Jabès, après avoir rendu les derniers honneurs à Saiil et à ses fils, célébrèrent un jeûne de sept jours (ib., 31 , 13), et quand la nouvelle du désastre de Gelboa arriva à Siclag , David et tous ses gens déchirèrent leurs vêtements, prient le deuil et jeûnèrent jusqu'au soir (2 Sam., 1, V. Il et 12). Plus tard, David lit rendre les mêmes [honneurs à Abner, assassiné traîteusement par Joab(ib., 3,3t). — Nous rappelerons les jeûnes publics proclamés par Samuel à IMispah (p. 246), par Josaphat lors de l'invasion des Moabites (p. 316), et sous Joïahim à l'arrivée des Chaldéens ( p. 344:), Jérémie dit , en parlant d'une séchers , (Jér. , 14, 2) : « Juda est en deueil , et ses « portes sont désolées; on restes morne « gisant à terre, et le cri de Jérusalem « s'élève. » Lorsque Joël invites le peuple au jeûne et a la pénitence, pour détourner le terrible fléau des sauterellesj il s'exprime ainsi (ch. 1 et 2) : « Geinis comme une vierge revêtue « d'un cilice pour (pleurer ) l'époux
« de sa jeunesse Prêtres, ceignez
« ( le cilice) et lamentez-vous; poussez « des gémissements, serviteurs de « l'autel; venez, passez la nuit vêtus « de sacs, serviteurs de mon Dieu, « car la maison de votre Dieu est « privée d'offrandes et de libation!*.
• Sanctifiez le jeiliie, publiez l'as- « semblée solennelle, assemblez les ' anciens, tous les habitants du pays, " dans la maison de Jéliova votre
« Dieu, etcriezà Jéhova Et main-
n tenant, dit Jéhova, revenez à moi de « tout votre cœur, par le jeune, les " pleurs et les lamentations!.... Son- :> nez de la trompette ix Sion , saucti- «. liez le jeûne , publiez l'assemblée .1 solennelle. Réunissez le peuple, sanc- « tifiez la congrégation , assemblez « les vieillards, réunissez les enfants « et les nourrissons; que le jeune « marié sorte de son cabinet, et la « jeune épouse de sa chambre nuptiale.
« Que les prêtres, ministres de Jéhova, a pleurent entre le portique et l'autel, « et qu'ils disent : Épargne, ô Jéhova, « ton peuple , et ne livre point ton « héritage à l'opprobre et aux insul- « tes des nations; pourquoi dirait-on « parmi les peuples : Où est leur « Dieu ? »
Ces passages peuvent donner une idée de l'aspect que présentait la société hébraïque dans ses jours d'adversité et de deuil.
F. Arts et métiers.
La Genèse nous fait voir, dès le temps des patriarches, les arts et métiers parvenus à un certain degré de perfection chez les Cananéens , ou Phéniciens (voy. p. 86); en Egypte , iisflorissaient dès la plus haute antiquité, et les Hébreux, pendant leur long séjour dans ce pays., purent, du moins en partie , s'approprier la connaissance de plusieurs arts égyptiens (page 116). Il n'est donc pas étonnant que, dans le désert, Moïse ait pu trouver des hommes capables d'exécuter les travaux les plus variés; car, quels que soient les doutes qu'on puisse élever sur les détails de If construction du Tabernacle, on devra toujours leur reconnaître une base historique qui plus tard aura pu être amplifiée par la tradition (p. 128). Mais les Hébreux entrés en Palestine, où ils se livrèrent entièrement à l'agriculture, négligèrent toute autre espèce d'industrie , à tel point que Salomon
dut faire venir des artistes et des ouvriers étrangers pour les travaux qu'il lit exécuter. L'oppression et les luttes continuelles pendant la période des juges durent aussi opposer de grands obstacles audéveloppementde l'industrie; on était très-heureux d'avoir ce qui était strictement nécessaire. Les agticulteurs et les gens de leurs maisons durent fabriquer eux-mêmes et acheter en partie chez les peuples voisins tous les objets nécessaires dans le ménage' , et même leurs instruments aratoires qui , dans l'occasion , servaient aussi d'armes (Juges , 3 , 31 ). Çà et là il y avait peut-être quelque artisan indigène ou étranger qui travaillait pour le public (ib., 17, 4), mais il est certain qu'en général les arts et métiers étaient très-peu cultivés. Nous savons positivement que, du temps de Saùl , les Philistins interdirent aux Hébreux d'avoir des forgerons dans leur pays, et que les laboureurs étaient même obligés d'aller chez les Philistins pour faire repasser leurs instruments aratoires (p. 252) ; cet état des choses n'aurait pu exister, si l'art de forger les métaux eût été alors très-répandu parmi les Hébreux. A mesure qu'au temps de David et de Salomon, la prospérité et le luxe augmentèrent parmi les Hébreux, les arts et métiers se perfectionnèrent, probablement sous l'influence des artistes et ouvriers phéniciens, qui , à cette époque , arrivèrent en grand nombre en Palestine, et donnèrent aux ouvriers hébreux l'occasion d'apprendre les règles de l'art*.
Depuis lors beaucoup d'Hébreux embrassèrent divers métiers comme profession et comme moyen d existence. Nous allons donner quelques détails sur les différents arts et métiers qui ,
' Il en fat de même dans l'antiquité grecque. Dans l'Odyssée ( XIV , v. 8 etsuiv-f nous \ oyons le porcher Eumée bâtir luLméme les élables de ses troupeaux et falr« des sandales a son usage. Ulysse avait luimême bâti sa maison et dressé son lit ( ib. , XXIII, 178-189 ).
' V oy. 2 Sam., ch. 5, v. 1 1 ; I Rois, ch. 5, V. 20 (6 » et Ai y 18/, ch. 7, v. 13 et U; I Chron., ch. ti, v. I; 2 Chrou., ch. 2, v. 7 et 13.