D'Acre à Beyroût, par Sidon
La Phénicle. — Les écrivains de Tantiquité sont d'accord ' pour nous dire que les Phéniciens, suivant eux-mêmes, étaient un peuple venu des bords de la mer Erythrée ou golfe persique sur la côte orientale de la Méditerranée. On ne saurait se représenter leur immigration que comme s'étant faite peu à peu, d'abord par rétablissement de colonies de commerçants. D'un autre côté, d'après la Bible (6en. x, 15), les Phéniciens étaient des Cananéens^ leur langue se rapprochait de l'hébreu. O'est pourquoi on n'a pas encore pu résoudre les questions ethnographiques concernant ce peuple; il pourrait se faire que ce ne fût qu'une ancienne colonie sémitique. Le nom de Phéniciens (Puni) a d'abord été donné à ce peuple par les G^cs, peut-être à cause de la couleur rougefttre de leur peau. Par Phénicie, les Grecs entendaient toute la côte à partir de Jaffa dans la direction du nord. Les Phénicien^ avaient étendu leurs établissements dans les premiers temps jusque Gaza. Le pays qu'ils occupaient formait une bande de terre étroite mais fertile; leurs possessions pénétraient cependant en quelques endroits à l'intérieur des terres; Laïs (Dan, p. 404), par exemple, était une «ville des Sidoniens». Cependant comme ils étaient dans l'impossibilité de s'étendre suffisamment, ils en vinrent à fonder outre-mer des colonies, surtout à une époque où ils furent refoulés au N. par les immigrations des Philistins et des Israélites.
La plus ancienne histoire des Phéniciens, d'après leurs propres récits, est tout à fait mythique, comme celle des Grecs, car ils donnaient aussi à leurs rois des dieux pour ancêtres. Il y avait différentes tribus phéniciennes: les Sidoniens, les Arkites, les Sinites, les Aradiens, les Semantes et les Hamatites. Ces tribus se constituèrent de très bonne heure en États indépendants d'abord les uns des autres, dont les villes principales étaient le centre. Ensuite, le plus puissant d'entre eux, celui de Sidon, parvint à se rendre prépondérant, de sorte qu'à partir de ce temps, les Sidoniens formèrent l'aristocratie et que les autres Etats furent jusqu'à un certain point sous sa dépendance; c'est pourquoi les Israélites nommaient Sidon le premier né de Canaan (Gen. x, 15). Pendant cette période de sa prospérité, Sidon a fondu maintes colonies sur les bords de la Méditerranée (16(K)-1100 av. J.-C). Mais Sidon eut une rivale dans Tyr, ville antique comme elle (v. Is. xxiii, 7). Tyr s'illustra surtout en fondant des colonies sur différents points des côtes de la Méditerranée ; son commerce et sa puissance étaient très- étendus. Des luttes de parits amenèrent Sidon à établir une colonie dans Ifle d'Aradus (p. 568), et la ville de ce nom occupa bientôt une place importante à côté de Tyr et de Sidon.
La Phénicie partagea le sort de toute la Syrie et tomba sous la domination des grands royaumes de l'Asie; ses habitants furent d'une grande utilité aux égyptiens et plus tard aux Perses comme navigateurs et en leur fournissant des vaisseaux. Il semble que les Phéniciens aient adopté diverses particularités de l'art égyptien et de l'art assyrien, à en juger par les sarcophage» et les momies, ainsi que par les statues de divi" nités que nous avons d'eux. Ils conservèrent leur autonomie même sou9'>, la domination étrangère. An-dessus de l'aristocratie était placé un roi, ou, à Tyr et dans ses colonies, des suffètes, en hébreu chôfetîm, juges. Le roi était le juge suprême et le chef de l'armée. Le grand-prêtra jouissait aussi d'une grande influence. Le sénat, composé de piHStres, était supérieur au roi; les décisions du sénat étaient contrôlées par le peuple réuni en assemblée. — Des députés des trois États Sidon, Tyr, Aradus réunis à Tripolis formaient en outre une assemblée commune qui était le tribunal suprême et qui décidait de la guerre et de la paix.
La religion des |*hénicicns était le culte des force.<* personnifiées de la nature. Comme partout en Orient, iU opposaient une puissance mâle
446 Route 24. PHÉNICIE, D'Acre
(Baal) active et créatrice en m.ême temps que destructrice (Molokh) à une puissance femelle passive, mais aussi productrice. Bans cett» théogonie, la première puissance est exercée par le soleil, la seconde par la lune. Le soleil est présenté par exemple, selon les saisons et les moments de la journée, comme puissance de réveil au printemps (Adonis). La lune, Astarté, reçoit du soleil la lumière et la force et la répand sur la terre. Les astres, causes de tout ce qui naît et périt, sont honorés sous le nom de Gabires et passent pour les ordonnateurs de toutes choses. Saturne (Bel) est proprement le directeur suprême, mais il communique ordinairement Tidée à un être d^une nature absolument identique à la sienne, qui sert d''intermédiaire entre lui et le monde et qui apparaît comme combattant^ c^est Helcart, dieu créateur qui triomphe des signes du zodiaque et qui ramène toujours le soleil de son apogée à son périgée pour le bien de la terre: les Grecs avaient identifié ce dieu avec Hercule.
Les voyages des marchands phéniciens ont beaucoup contribué à la propagation de la civilisation et de la religion. Le grand et le petit commerce prospéraient chez eux. Ils s''occupaient du transport des marchandises de TArabie et de la Perse dans les pays les plus éloignés de rOccident et réciproquement. Il se tenait chez eux de grandes foires. On considère à peu près comme ui^ait certain que des navigateurs phéniciens ont fait le tour de TAfrique et sont allés aux Indes, de même qu'en Angleterre, en ne s'^écartant toutefois jamais des côtes. Ils faisaient aussi un grand commerce d'^esclaves. Par «Phénicienss, les anciens entendaient toujours des marchands. Ils eurent pendant des siècles le monopole du commerce sur mer^ tous les objets précieux venant deTétranger passaient par leurs mains. Ils fabriquaient aussi des ustensiles de prix ; les minéraux vinrent d'^abord pour la plupart de leur pays , de leurs propres mines, de même que Tambre, comme on le sait d''après les recherches les plus récentes. On sait, que l'invention du verre leur est attribuée. Les Phéniciens étaient habiles dans la construction des vaisseaux, et ils inventèrent encore, dit-on, les catapultes et les balistes.
La littérature phénicienne était riche; mais il n'en est rien resté, sauf quelques fragments traduits en grec (Sanchoniathon). Il existe toujours, au contraire, beaucoup d'inscriptions et de médailles phéniciennes; mais, chose curieuse, le sol de la Phénicie a fourni jusqu'à présent moins d'inscriptions que celui de ses colonies, notamment dans le nord de l'Afrique: on en a trouvé aussi à Athènes, à Marseille et dans d'autres lieux. L'écriture phénicienne ressemble beaucoup à l'ancienne écriture hébraïque. Ajoutons enfin qu'avec le temps, le phénicien dut faire place au grec, de même que l'hébreu; mais il se maintint dans le nord de l'Afrique jusqu'au ive ou au vo s.
Ouvrages sur la Phénicie: Hovers, die Phônicier i. ii. 1. 2. 3. Bonn 1841-56: Duncker, Geschichte des Alterthums. 4. Aufl. Leipzig 1874 fif. ; Maspéro, Histoire ancienne des peuples de l'Orient, 2^ éd. Paris. Mission en Phénicie, par £. Renan.
D'AcRB A Tyr (environ 7 h. ^2)* — Après être sorti de la ville et en avoir long<^ les fortifications, on tourne à g., et Ton monte un peu. On domine du même côt^ une partie des retranchements et l'aqueduc de Djezzâr Pacha (p. 376); à dr., vers les montagnes, plusieurs villages , tels que Djoudîdé, el-Mehr et Kefr Yâstf. Au bout de 20 min., on laisse à dr. celui de Bakhdjé et Ton passe sous une arcade de l'aqueduc. A dr. , le château du successeur de Djezzâr-Pacha , 'Ahdallâh-Pacha , qui en a aussi créé les heaux jardins. L'aqueduc, dont il reste encore beaucoup d'arcades, tourne au N.£. Après Y2 h. de marche, on traverse sur un pont le Ouâdi eS'Sémîrîyê et l'on atteint 1/2^' pl^s tard le village du même nom, probablement l'dncien Smron'Mçron (Jos, xu, 20), le Casale Somdaria Templi
à Beyroût. RAS EN-NAKOÛRA. Boute U. 447
des Giols^s^ où eut lieu en 1277 une assemblée solennelle. La contrée est très bien cultivée ; on voit à dr. les villages de Kouêkât^ ^Amkaj Cheikh Damoûn, Cheikh Dâoûdy el-Kahoué et el-Cabtré : c'est de ce dernier que part l'aqueduc. Au N. se montrent distinctement les rochers blancs du cap Nâkoûra (v. ci-dessous). 15 min. plus loin on suit le lit du ruisseau 'Ain ed-Dîm; puis vient (18 min.) Mafchoûr; le village.de Mezra'a reste sur la droite; 37 min. après, on prend un chemin à g. , et l'on arrive en un petit 1/4 d'h. à Zîb (qu'on peut aussi laisser à g. pour continuer tout droit , car il n'y a rien à voir). Ce village est bâti sur une colline de décombres ; les Juifs l'appelaient Akhzib (Jos. xix, 29) et les autres peuples Ecdippa. — Marchant ensuite au N. , on traverse un ruisseau, puis, au bout de 15 min. , un autre nommé Nahr Herdaouîl, et 20 min. plus loin, le Ouâdi Kerkéra. 10 min. après, on voit à dr. 'Am Mécherfê, qui correspond peut-être à l'antique Misréfot-Mayim (Jos. XI, 8). A dr., est situé le village de Basaa ,- la chaîne de collines du Djêhel Muchakka se rapproche de la mer.
Nous gravissons maintenant, par un nouveau chemin qui est assez bon, les rochers escarpés du cap ou Bas en-Kàkoùra. C'est, d'après FI. Josèphe (Guerre des J., 11, 10, 2), la Scala Tyriorutn^ l'Echelle des Tyriens. On a un magnifique point de vue à l'angle (13 min.); la grande plaine d'Acre et le Carmel se montrent pour la dernière fois au S. ; à g. , sur le bord de la mer , les restes d'une vieille tour de guet ou douane. Puis le chemin se dirige vers l'intérieur des terres en passant sur des rochers. On trouve dans la roche dure beaucoup d'étoiles de mer pétrifiées. Après 35 min. de marche, un vieux pont, et bientôt l'on aperçoit Tyr qui est encore à 3 h. de distance. A dr. , sur une hauteur, KaVat ech- Cham'a, château-fort probablement d'origine moderne; les inscriptions arabes qui s'y trouvent ne sont pas encore déchiflfrées* A 30 min. , Khân en- Nâkoûra ; il y a à côté une source et l'on peut y avoir aussi des mets arabes. Les rochers du rivage sont tranchants et raboteux. Au bout de 22 min. , à dr. , sur le bord d'un ruisseau, les ruines à^Oumm el-Amoûd ou 'Aouâmîd. Il s'y trouve une espèce d'acropole avec des fragments de colonnes, dont les chapiteaux ioniens datent de la bonne époque de l'art grec ; mais il n'y a presque pas de restes d'édifices antiques. M. Renan y a découvert dans des fouilles des sphinx et des figures grossières. Il semble que le nom ancien du lieu ait été Tourân. On y a trouvé aussi des inscriptions phéniciennes. Le ruisseau, qui se jette à cet endroit dans la mer, vient de Hâmoûl, qu'on a voulu identifier avec l'ancien Hammon (Jos. xix, 28). — 10 min. plus loin , une colonne sur le bord du chemin et des grottes sépulcrales à dr. ; 32 min, après, aussi à dr., les ruines et la source à^ Iscandéroûna. Il y eut là, dit-on, une ville à* Alexandroskhne fondée par Alexandre le Grand , qui y campa durant le siège de Tyr. De là on n'aperçoit pas la ville. Peut-être ne fut-ce que sa première étape après la
448 Boute 24. TYR. D'Acre
prise de cette ville. Baudouin le' en reconstruisit la forteresse en 1116, afln de s'en servir pour attaquer Tyr; elle s'appela Scandarium ou Scandalium. A 1 h. à l'E. , sur la montagne, est situé KaVat ech-Cham'a; plus près, Tell éd-Daha' et Tell Jrmid, formant une ceinture de vieilles fortifications.
On gravit ensuite le B&8 el-Abyad, le Promontorium Album de Pline, ainsi nommé parce qu'il est composé de marne blanche et dure entremêlée seulement de quelques couches foncées de cailloux . Le chemin est taillé dans le roc environ l'espace de V4 de lieue : à dr. se dresse le rocher et à g. est un abîme d'environ 60 m. de profondeur du côté de la mer. Au sommet du passage, se trouve le Khân el'Khamra^ sans doute une ancienne tour de guet. Il faut 40 min. pour gravir le promontoire à partir d'Iscandéroûna. Le chemin est ancien, on y trouve des ornières même dans la pierre. A la sortie du passage , il y a des grottes artificielles au niveau de la mer. A dr. sur une colline , les ruines de Chihérîyé ; plus loin , Biyoûd es-Seid et 'Aaîyé. On traverse au bout de ^/-i h. le Nahr el-Astyé, près d'un vieux pont ; on voit à dr. le village de Cléilê; on est en 20 min. au Ndhf el-Mamoûra qu'on traverse également, près du village de Beir Kânoûn^ et l'on atteint 25 min. après le Râs el- 'Aïn (p. 452), d'où l'on est à Tyr en une petite heure. Ceux qui ne se sentiront pas trop fatigués pourront visiter immédiatement le cap et peut-être aussi Deir Kânoûn (v. p. 452 et le plan). — Il y a quelques cafés à g. en dehors de Tyr. Des employés de la douane turque chôment parfois à la porte de la ville.
Tyr (Soû/r). — On trouvera un 1 ogi s chez Tagent consulaire d'Amérique ou chez d''autre8 chrétiens. On ne peut pas tonjour» compter sur Thospitalité du couvent latin.
Il y a dans cette ville des agents consulaires de France, d^ Angleterre et d''Âmérique, ainsi qu^un bureau télégraphique turc.
JBUtoire. — Selon la tradition phénicienne et grecque, Tyr est une ville très ancienne. Il s'y rattache de vieux mythes; Âstarté y serait née, Melcart y aurait régné; les inventions les plus importantes, Tagriculture, la culture de la vigne, etc., y auraient pris naissance. Il est déjà question de Tyr dans le livre de Josué (xix, 29), ce qui fait supposer que ce que nous lisons d''une colonisation de Tyr par les Sidoniens ne doit 8''entendre que comme une nouvelle fondation. Le nom ancien était Soûr; il est le même aujourd'hui; les Romains appelaient la pourpre «sarranus murex». Tyr se composait de deux et même de trois parties distinctes. Il y avait d'abord la ville située sur terre ferme qui était la plus ancienne, Palœtyros. En avant, s'élevait sur deux îles arides la ville maritime, avec les magasins, etc. D'après les historiens, Hiram, contemporain de Salomon, fit combler la partie orientale de Tfle la plus rapprochée du continent, et y fit de plus passer des canaux; il réunit de même à la grande île, par une digue, une petite île à TO., sur laquelle il y avait un temple. On prétend que cette petite île a été enlevée par la mer. Benjamin de Tndéla, qui écrivait an moyen âge, dit en avoir vu encore les restes à FO. dans la mer. Cependant des fouilles pratiquées par M. Renan ont fait admettre comme probable que cette petite île, sur laquelle s'élevait le temple d'un dieu que les Grecs ont identifié avec Jupiter, était située au S.O. de la grande île et communique encore avec elle aujourd'hui, comme dans l'antiquité. Lea restes qu'on voit dans la mer proviennent seulement de murs du moyen âge qui se sont écroulés (v. p. 128). Sur la grande île se trouvait ce
D«H8i7\4, ^av4 ^ impiâKio par
"Wagner dDébefi.'Latpxii
a Beyroût. TYR. Route 24. 449
qu^on appelait la vieille ville, avec le palais royal, le sanctuaire d'Agenor Baal, le temple d'Astarté, ane place nommée Surychoros, un forum et un bazar. A Tendroit le plus élevé (derrière le séraï actuel b&tf par Ibrâhîm-Pacha) se trouvait probablement le temple de Melcart, le sanctuaire commun où Ton venait même des colonies. La ville était par-dessus tout fière de cette île (v. Ezéch., xxviii, 2). Tyr avait ses princes dont la domination s'étendait sur le Liban. Hiram, fils d'Abiba''al, fournit des cèdres et des cyprès (III Rois v, 6) pour le temple de Salomon, comme il avait déjà envoyé des tailleurs de pierre et des charpentiers pour le palais de David (II Rois v, 11). Salomon lui céda en échange le district de Caboul, en Galilée, lequel renfermait vingt villes (III Rois ix, 11). Le territoire de Tyr touchait à celui de la tribu d'Acher. Les habitudes simples des Israélites firent trouver pernicieuse aux prophètes la vie molle et mondaine de la grande cité commerçante; de là les avertissements et les menace d'Ezéchiel (xxvi-xxviii), d'Isaïe (xxiii) et Vannonce de sa fin prochaine. Salmanasar assiégea la ville pendant cinq ans probablement sans la prendre, bien qu'il eût forcé Sidon et Palsetyros de Taider et qu'il eût coupé l'aqueduc, ce qui força les habitants de creuser des citernes. Nébucadnétsar assiégea Tyr pendant treize ans et conclut enfin en 576 un traité avec Ithobal roi de Tyr. Du temps des Perses, les Tyriens vaincus leur fournirent une grande flotte; c'est pourquoi Alexandre chercha avant tout à briser la puissance de Tyr. La ville de Palœtyros était encore alors très grande ; elle s'étendait, d'après quelques écrivains, du Nahr Kâsimiyé au N. jusqu'au R&s el-'Aïn au S., situés à environ 2 1. l'un de l'autre; mais elle était déjà tombée en décadence. Alexandre l'aurait alors détruite tout entière et en aurait employé les matériaux a faire entre le continent et l'île sa fameuse digue de 5(X) pas de long et 60 de large. Tyr, probablement Palœtyros, avait déjà des murs d'enceinte depuis le temps d'Ezéchiel; l'île fut aussi fortifiée à l'approche d'Alexandre. Le siège dura sept mois, malgré l'assistance d'une flotte. La ville ne fut pas entièrement détruite; dix-sept ans plus tard, elle résistait de nouveau durant quinze mois à Antignne, sous les Ptolémées. — Jésus visita les environs de Tyr et de Sidon (Marc, VII, 24). Pendant la guerre de Judée, les Tyriens se montrèrent hostiles aux Juifs. II y eut de bonne heure dans cette ville une communauté chrétienne, et St Paul v resta sept jours (Act. des Ap., xxi, 3 et suiv.). .Tyr fut plus tard un siège épiscopal et St Jérôme la nomme la première et la plus grande ville de Phénicie.
La ville était encore très importante à l'époque des Romains; elle joua même un grand rôle jusqu'au moyen âge^ où elle passait presque pour imprenable. Elle avait des murailles doubles du côté de la mer et triples du côté de la terre. Des querelles entre les chefs arabes qui l'occupaient permirent aux croisés, commandés par Baudouin II, de s'en .-«.mparer avec l'aide de la flotte vénitienne, en 1124. Tyr était encore riche alors et le centre du commerce des côtes ; elle avait encore des verreries et des raffineries de sucre. Saladin en fit en vain le siège. Frédéric Barberousse y fut inhumé en 1190 (v. p. 4ôl). Les musulmans y entrèrent 101 ans plus tard sous la conduite de Mélic el-Achraf, car, malgré ses quatre tours du côté du continent, les chrétiens durent l'abandonner et se remettre en mer après la chute de St-Jean-d' Acre : ils l'avaient occupée 167 ans. La ville fut alors détruite et elle ne s'est plus relevée depuis. Fakhreddîn chercha bien à lui rendre de l'importance, mais il n'y réussit pas ; elle est tombée au siècle dernier entre les mains des Métâouilé (p. 106).
Tyr est aujOTird'hnl une petite ville sans aucune importance, car Beyroût a presque le monopole du commerce. L'ancienne reine des mers n'exporte plus maintenant qu'un peu de coton, de tabac et des meules du Haourân. Le nombre de ses habitants est d'environ 5000, dont une moitié est composée de musulmans ou Métâouilé et l'autre de chrétiens et de quelques Juifs. Il y a à Tyr un cou- Palestine et Syrie. 29
450 Route 24. TYB. D'Acre
vent de franciscains, un de Tordre français des sœurs de St-Joseph, et les écoles de la mission anglaise (Mott, p. 465). — Les rues sont misérables, les maisons en ruine. La contrée n'a de charme que grâce à quelques palmiers et à la belle vue qu'offrent les versants de la montagne. Il y reste peu d'antiquités. Beaucoup de pierres de construction en ont été et en sont encore transportées aujourd'hui à Beyroût. Tyr a beaucoup souffert d'un tremblement de terre en 1837.
La ville moderne est située dans l'angle N.O. de l'ancienne île qui était de forme oblongue et parallèle à la côte. Cette île a maintenant une superficie de 576,508 m. carrés, peu inférieure à ce qu'elle avait autrefois lorsqu'il s'y trouvait environ 25,000 hab. Ses côtés 0. et S. sont cultivés et occupés aussi par les cimetières. La grande digue construite par Alexandre est devenue plus large par rensablemeni de la côte. Cette digue, établie du reste en profitant d'un bas-fônd et peut-être aussi d'un cap, est sans doute au milieu de l'isthme moderne, qui a 2 kilom. de largeur à sa naissance, et 600m. là où il touche l'île, près des anciens remparts. En venant du S.E. on arrive à une tour bien construite, dite tour algérienne, qui est située dans un jardin ; elle faisait partie des fortifications des croisés, dont on reconnaît encore le tracé. C'est de ce côté que M. Renan place le port méridional ou égyptien de Tyr, aujourd'hui complètement ensablé. On croyait auparavant pouvoir assigner à ce port toute la côte méridionale de l'île, parce qu'on retrouve sous Veau les restes d'une muraille qui partait de l'ancienne extrémité S.E. de l'île pour se diriger vers un rocher à l'O.S.O. ; mais cette muraille n'a aucune ouverture que l'on puisse considérer comme l'entrée du port, ce qui fait supposer qu'il y aura eu au S. un coin de terre rattaché à l'île ou formé par des remblais. L'enceinte du moyen âge suit le rivage actuel ; il s'y trouve encore des restes de tours. Les rochers de la côte contiennent des morceaux de verre qui forment avec le sable une masse compacte. Au S. de l'île, se trouvent encore des chambres dont les parois sont revêtues d'un stuc très dur; ces constructions remontent peut-être au delà du moyen âge; sont-ce des tombeaux, des ateliers ou, comme on l'a dit, des locaux où se préparait la pourpre en broyant le murex? — A l'extrémité S.O. de l'île, était située, d'après M. Renan, la petite île déjà mentionnée. A l'O. , se reconnaissent les ruines des fortifications du moyen âge, et l'on voit dans la mer des fragments de colonnes et d'autres débris. Au N. s'étendent quelques îles et presqu'îles. Il y a à l'extrémité N. de la ville, dans la muraille, une énorme pierre taillée qui n'est accessible que lorsque la mer est calme.
L'intérieur de la ville actuelle contient peu de choses remarquables. On retrouve des traces des anciennes mœurs du peuple dans la fête de St Mekhlar (Melcart), au mois de juillet, pendant laquelle on pêche des murex sur la côte occidentale , où était le
àSeyroût TYR. Route 24. 451
temple, et dans la fête de Ste Barbe,\ où l'on arrange de petits «jardins d'Adonis». Le port actuel occupe la place de celui qu'on appelait jadis le port du nord ou «de Sidon» ; il est peu ensablé ; on y voit encore des vestiges de vieilles constructions.
Ce qui reste de plus intéressant des édilices d'autrefois, c'est la vieille église des croisés (v. le plan), fondée par les Vénitiens et dédiée à St Marc. M. de Yogûé en place la construction dans la seconde moitié du xiie s. (commencée en 1125 et achevée au oom. du xnie s.). Il n'y a de conservée que la partie E. ; ses trois absides sont engagées dans les murs de la ville moderne. Les fenêtres ont à l'extérieur une espèce de moulure à zigzags à angles droits. L'édifice avait environ 70 m. de longueur et 22 de largeur. Les bras du transept dépassent de Ôm. les nefs latérales. A l'intérieur gisent de belles colonnes en granit rose, qui ornaient les piliers et qui pourraient provenir d'un édifice plus ancien. Cette église a peutêtre remplacé la basilique de St Paulin , à la consécration de laquelle l'évêque Eusèbe prononça un discours, en 323. Guillaume de Tyr n'en parle pas dans son histoire des croisades, parce qu'elle ne dépendait pas de lui en tant qu'évêque de la ville, mais relevait directement de l'église métropolitaine de Venise. Un intérêt particulier s'attache encore à ce monument parce qu'il renfermait le tombeau de l'empereur Barberousse (m. en 1190); son cerveau et ses entrailles furent inhumés à Antioche et son corps à ïyr. Sepp et Prutz ont fait faire des fouilles en 1874, mais sans trouver d'inscriptions qui indiquent précisément la situation du tombeau de l'empereur. On inhuma également dans l'église Conrad de Montferrat, qui fut attaqué dans la rue par deux Assassins (p. 105), transporté blessé dans l'église et achevé là par l'un d'eux, en 1192.
M. Renan a trouvé un certain nombre de sarcophages sur le chemin de Tyr à la colline à'el-Ma'choûkj à l'E. Le rocher d'el- Ma'choûk était certainement le centre des faubourgs de Tyr situés sur la terre ferme. L'eau y était amenée de Ras el-'Aïn et d'autres endroits. Il y a encore des conduits souterrains et d'autres à la surface du sol , moins anciens que les précédents. C'est de là que partaient ceux de l'île. On voit encore également au pied du rocher, au S. et au S.E. , des restes de grands réservoirs qui alimentaient toute la ville. Jadis il y avait probablement un temple là où est aujourd'hui le Ouéli Ma'choûk ; l'on a voulu appliquer le nom de Ma'choûlj: (amante) à Astarté, amante d'Hercule, à laquelle, en venant de l'île, il apporte la pourpre. Les versants de la colline abondent en débris antiques ; il y a un escalier taillé dans le roc au N., et l'on y a trouvé aussi des sarcophages et des pressoirs à huile. Derrière la colline se trouve une petite nécropole; cependant la nécropole proprement dite de Tyr s'étend sur toute la chaîne des collines orientales, et elle est particulièrement intéressante près de 'Aououâtîn, à l'endroit où une ligne tirée de la ville par Ma'choûk traverse ces collines. Un grand nombre de voûtes des grottes sé-
4b2 Route 24, RÂSEL-'AÏN. D'Acre
piilcrales qui s'y trouvent, se sont écroulées; les tombeaux sont ▼ides et sans inscriptions. On suit pour y aller le chemin de Kabr Hîram (p. 401) jusqu'à ce qu'on rencontre des tombeaux à dr. et l'on monte ensuite la colline, où est la nécropole.
Les conduits près de Ma'choûk viennent de Râs el-AIn^ qui est situe à 1 h. de Tyr et à Y4 d'h. de la mer. Pour s'y rendre, on sort de Tyr en suivant le rivage; d'el-Ma'choû^ç , on suit le chemin d'Acre à l'O., puis au S. : il y a quelques jardins sur la droite. En 35 min., on atteint la propriété d'er-Réchîdîyé, fondée de nos jours par Réchîd - Pacha. Il y a là deux grands réservoirs, qui s'élèvent un peu au-dessus du sol et d'où part un canal; il s'y trouve aussi des restes de moulins. Pour élever l'eau à la hauteur de l'aqueduc, on a construit des murs épais autour de la source. L'aqueduc à arcades est sans doute d'origine romaine et moins ancien que le canal formé de grosses pierres ou taillé dans le roc vif.
10 min. plus loin est le réservoir principal de Bas el-'AIn. 11 est de forme octogone, mais ses côtés sont de longueur inégale et d'âges divers. A l'intérieur le puits est cimenté , mais J'eau a rongé le couronnement du bassin et déborde pour aller se perdre dans la mer. On peut monter à cheval jusqu'au bord de l'eau. — Ce réservoir communiquait avec d'autres au S.O. ; l'aqueduc s'élève sur certains points de 3 à 4m. 50 au-dessus du sol. Il s'est formé des stalactites aux endroits où l'eau a débordé. Les réservoirs du S. se composent de deux bassins carrés à côté l'un de l'autre , avei; des murs de 4 m. 50 de hauteur entourant aussi des sources. Le plus grand a 10m. de côté, le plus petit seulement 3m. 60. Les murs sont composés en partie de grosses pierres de taille. Un aqueduc à ogives du temps des Arabes s'en détache pour se diriger du côté de la mer. Ces réservoirs sont sans doute tous du temps des Romains; au moyen âge, on les attribuait à Salomon (Cant. , TV, 15 !). La canne à sucre s'est cultivée autrefois dans les environs ; la contrée offre encore aujourd'hui une agréable verdure.
Les environs de Tyr au S.E. sont riches aussi en antiquités. Près du village de Deir Kânoûn, à Y2 ^* environ au S.E. du R&s el-'Aïn, se voient de curieuses figures taillées dans les roehers.
11 y a beaucoup de grottes aux alentours du ylllage et plus loin ; du
côté de Cléilé se trouvent des nécropoles avec des sarcophages, assez
simplement faits, il est vrai; on ne rencontre pas d'ornements
architectoniques importants ni de ruines de temples. Il n'y avait
partout aux environs que de riches villageois , qui avaient leurs
citernes, leurs pressoirs et leurs tombeaux taillés dans le roc. Il
en était de même dans la contrée voisine de la Judée , car la tribu
d'Acher et une partie de celle de Nephtali semblent avMr subi
complètement l'influence de Tyr après la captivité de Babylone.
D'AcBE À Ttr par Kai/at Kabm (2 jours). — On v» en 2 h. environ d'Acre à 'Amka^ au N.B.', et de jà, en 3 b. à peu près, à KaFat Karn. Il faut un guidé pour cette partie du trajet, que de bons marcheurs* peuvent faire à pied, en envoyant leurs chevaux à el-Bassa. Le chemin passe
à Beyroût. KAL'AT KARN. Route 24. 453
devant les ruiner sans importance de KaVai Djidâîn^ nommé Judin au temps des croisades. Les hauteurs sont en partie boisées.
KaFat Xam est une grande forteresse des croisés, sur le Ouàdi el-Karn (Herdaouîl); elle a été rarement visitée iusqu''à présent. KUe fut bâtie en 1229 par Hermann de Salza, grand-maitre de Tordre Teutonique, et s'appelait autrefois Mons /orti» ou Montfort. Ce cbâteau-fort fut la possession principale de Tordre en Syrie ; mais Bibars s''en empara en 1291 et le démantela. Il s^élève sur un rocher qui s'avance entre deux vallées, dont la profondeur atteint 180 m. On a séparé le rocher de la montagne à TE. en y prenant les matériaux de construction. Les versants sont de plus rendus inaccessibles en maints endroits par des maçonneries faites d'énormes pierres à bossages et à refends inclinées vers l'intérieur pour rendre l'escalade impossible. A l'angle N.E., se trouvent des caveaux. Au N.O. et au S.E. se voient encore de grandes portes, et près de la seconde, une espèce de crypte ou de citerne. L'ogive a été employée partout. Il y a au K.O. un pilier octogone de 1 m. 80 de diamètre, qui était relié aux murs par huit arcades ; la se trouvait une chapelle ou une salle. — L''intérieur du château est en partie rempli de broussailles. La vue embrasse, à TE., des hauteurs boisées; à l'O. la mer jusqu'à une grande distance. — Le chemin qui descend le Ouâdi el-Karn, conduit en 2 h. V2 ou 3 h. au village chrétien à'el-Baitêa, près du Éâs en-Nâkoûra (p. 447).
De Tyr à Sidon (environ 7 h.). — Le chemin longe d'abord la côte, dont on s'écarte au bout de 32 min. La plaine est fertile. A dr. , un certain nombre de villages : Néhari, Dibbal, Toûrùj Bédiâs, Puis on arrive en 10 min. à une belle source, 'Ain Baboûcj située à g. Marchant ensuite dans la direction N.N.E., on atteint en 55 min. le khan en ruine à^el-Kâsimîyé. 15 min., au-dessus du pont, sur la rive g. du Lîtâni, se trouvent des ruines, nommées BourdJ el-Haouâ. Près d'une construction d'une haute antiquité se volt un sarcophage colossal , richement orné, et à côté sont d'autres sarcophages, dont l'un n'est pas détaché du rocher. La nécropole de cet endroit s'appelle Kouboûr el-Mouloûc (tombeaux des Rois). — Du khan el-Kâsimîyé, on descend en 3 min. au pont à deux arches sur le Lîtânt (p. 473), qui s'appelle à cet endroit el-Kâsimtyé. La rivière est assez profonde et coule vers la mer en décrivant de grandes courbes.
On traverse ensuite la plaine oncfulée qui s'étend sur la côte. Des villages sont sour le versant des montagnes à l'Ë. On aperçoit au bout de 25 min. un rocher blanc près des ruines d'un khân, à dr. de la route. 11 y a là deux grottes curieuses , la plus petite a des croix sur les murs , l'autre une inscription grecque. Sur la paroi, à côté des grottes, sont des triangles et des figures , quelques-unes d'une exécution enfantine, avec des inscriptions en grec et en phénicien : le triangle et la palme sont probablement des emblèmes propres au culte d'Astarté. Au bout de 27 min., on passe un ruisseau, Ahou H^Asouad, Bientôt commence une série de ruines. 22 min. après, à dr., le OuéU NébiSéir^ à g., quelques colonnes près de grottes sépulcrales ; 18 min., à dr. 'Adloùxii village qui s'appelle proprement uad nonum» (3t la neuvième pierre milliaire) , vraisemblablement VOmithopolis de Strabon. Dans le flanc escarpé de la montagne qui fait saillie en cet endroit, se trouve une grande
454 Route 24. SIDON. D'Acre
nécropole, consistant surtout en chambres de 2 m. de côté avec des tombeaux sur trois faces. M. Renan croit que les tombeaux sont postérieurs à l'ère chrétienne. Il y a à g. du chemin une grande grotte nommée Maghâret el-Bêzîz^ et un peu au N. de celle-ci une stèle égyptienne. 'Adloûn même possède quelques sarcophages et un beau bassin creusé dans le roc yif près de la mer. M. Renan y a trouvé de curieuses figures.
Ensuite on voit à dr. le village à^d-Ansârîyé; 38 min. après^ on traverse le Nahr Ha'isarâni. Près du village d'es-Seksêkîyé se trouvent des antiquités, des grottes avec des peintures, etc. A 22 min. de là, à g., quelques ruines; à dr., dans le haut, le petit village deSar&fend. C'estle Zarpaf de l'antiquité (I Rois xyii, 9), la Sarepta du Nouveau Testament (Luc iv, 26). Les croisés en firent le siège d'un évêché. Il y avait une chapelle à l'endroit où avait dit-on habité Elle, aujourd'hui c'est le Ouéli el-Khidr. On remarque des traces de vieilles constructions sur l'ancien port; au milieu des ruines, des sarcophages, etc., et au N., beaucoup de grottes sépulcrales.
Bientôt apparaît Sidon; on arrive en 18 min. à une source, 'A'in el-Kantara; 18 min. après, on traverse le lit d'un ruisseau, le ^AkMyé. Dans le bas, au bord de la mer, une vieille tour, le Bourdj el-Khidr. 13 min. plus loin, on traverse le Nahr el-Djésarîyê, près d'un pont détruit. Il croît des lauriers-roses dans les lits des ruisseaux. A 9 min. de là, le Nahr el-Adasîyé, près du Tdl et du Kliân el-Bourâk, où il y a une belle source. On marche sur du sable et on atteint (18 min.) le ruisseau C2-Za/iérâni. De l'autre côté est une pierre milliaire romaine. 25 min., le Ouâdi et-Têichy et bientôt après encore une pierre milliaire. A dr., le village d'ei- Qhaztyé. La plaine s'élargit. 40 min., on franchit le grand Nahr Sênîc (p. 458) près d'un khan. A g. une nouvelle pierre milliaire ; à dr., les villages de Derhessin et Miyoûmîyê. On arrive bientôt aux jardins de Sidon. 20 min. après , on traverse le Nahr el- Barghoût (p. 457) et l'on est 5 min. après à Sidon, où l'on entre du côté S.O, par ia porte d'Acre (pi. 14).
Sidon ou Sa'ida. — Logis chezjes agents consulaires et par leur entremise, au couvent des Franciscains de même que chez d''autre8 clirétiens; au besoin aussi dans le grand khân français (p. 456).
Vice-consulats et agences: de France, Durighello; d''Ângleterre et d'Espagne, Habib Abêla; d'Italie, AntoHn Khlât; d'Autriche, Caiafago; d'Allemagne, Eiyoûb Abêla; d'Amérique, Chibli Abêla; Russie, Fadoûl Rhkallah. — Sidon a un bureau télégraphique turc, au Séraï.
Histoire. — Nous avons expliqué p. 445 ce qu'il faut entendre par la qualification de premier -né de Canaan appliquée à Sidon. Elle est nommée la Grande dans le livre de Josué; dans les chants d'Homère, elle est dite très riche et ses habitants sont des hommes versés dans les arts. Cependant les traditions du pays nomment encore Berytos et Byblos avant Sidon. C'est Sidon qui transplanta une nouvelle colonie à Tyr (p. 448). La ville de Sidon était si importante que son nom s'employait pour désigner les Phéniciens en général, par exemple dans le livre des Juges, ch. m, v. 3. Cependant, quoiqu'elle ait commencé à
à Beyroût. SIDON. Route 24. 455
fonder des colonies (par ex., Hippone, la Vieille-Carthage, etc.), elle fut surpassée plus tard sous ce rapport par la ville de Tyr, et elle semble même avoir été dans une certaine dépendance de cette ville (III Rois v, 6; Ez. XXVII, 8), tout en conservant toujours quelque autonomie, puisque des rois de Sidon sont nommés (III Rois xvi, 31^ Jérém. xxv, ^). Les Sidoniens sont mentionnés comme des maîtres en astronomie, dans les mathématiques et dans la navigation nocturne. Même comme vassale des royaumes asiatiques, la ville resta importante par son commerce. Elle fut détruite en 3dl a la suite d''une révolte contre Artaxerxès III ou Ochus ; elle avait d'^abord combattu victorieusement grâce à des mercenaires grecs, mais elle fut trahie par le chef de son armée. Tenues, et incendiée par ses habitants eux-mêmes. 40,0(X) hommes périrent, dit-on, dans cette circonstance. Sidon ne fut plus dès lors qu'un chef-lieu de province; elle ouvrit d'elle-même ses portes aux Grecs. Elle avait toujours du temps des Romains ses propres archontes, son sénat et son assemblée du peuple; plus tard elle fut encore célèbre par ses fabriques de verre. Sidon porta le titre de Nauarchiê (commandante de vaisseau), puis celui de Colonia Avguêta ou de MetropoUs. Le christianisme semble y avoir été introduit de bonne heure (Act. des Ap., xxvii, 3); un évêque de Sidon assista au concile de Nicée, en 325. En 637 ou 638, la ville se rendit sans résistance aux musulmans , parce qu'elle était alors affaiblie. Elle souffrit beaucoup à l'époque des croisades. Lors du premier passage des Francs, elle avait une garnison égyptienne. Elle obtint à prix d'argent, en ll(/7, qu'on lui épargnât un siège dont elle était menacée, mais sa déloyauté fit qu'elle fut cependant assiégée en 1111, par Baudouin ler^ et prise au bout de six semaines à l'aide de la flotte des Normands et des Vénitiens. Après la bataille de Hattîn, en 1187, Saladin en fit raser les fortifications. Les croisés la reprirent en 1197, mais Mélic el-^Adil s'en empara à son tour et la détruisit la même année. Les Francs rayant rebâtie en 1228, Eiyoûb la détruisit de nouveau en 1249 ; elle fut fortifiée par St Louis en 1253, puis achetée par les Templiers et ravagée en 1260 par les Mongols. Enfin elle tomba pour toujours, en 1291, entre les mains des musulmans et le sultan Achraf en fit raser les ouvrages. Sidon ne se releva qu'au commencement du xvii^ s. comme résidence de Fakhr-ed-din, émir des Druses (p. 463). Les Européens y furent dès lors favorisés et le commerce y refleurit. Le prince construisit pour lui même un beau palais et des khans pour les marchands. Le commerce de la soie y fit affluer de grandes richesses. Sidon servait alors de port à Damas. 3fême après la mort du chef des Druses, elle continua de faire un trafic considérable, grâce à l'appui que lui donnèrent les consuls européens, mais sa prospérité fut anéantie a la fin du siècle dernier par suite des mesures déraisonnables de Djezzâr-Pacha. Les consulats, celui de France à leur tête, s'étaient créé une juridiction particulière; Djezzâr-Pacha expulsa les marchands français et alors commença la décadence. Sidon s'est toutefois de nouveau relevée sous la domination égyptienne, et elle a été entourée d'an mur d'enceinte. La forteresse du port fut bombardée et détruite en 1840 par les flottes européennes alliées. En 1860, les chrétiens y furent persécutés (p. 487) à l'instigation du gouverneur turc; 1800 d'entre eux, dit-on, furent alors massacres dans le district de Saïda.
La ville actuelle de Saïda occupe la place de rancienne Sidon, avec la difTérence qu'elle s'étend davantage àl'E. Sidon était située, comme presque toutes les autres villes phéniciennes, sur un promontoire devant lequel se trouve une île. Son port septentrional, protégé par des récifs, existe encore aujourd'hui. Celui du S., qui était plus grand (autrefois port «égyptien») est au contraire abandonné. Le commerce de Sidon a été détruit par la concurrence de Beyroût et n'a plus d'importance maintenant. La rade est du reste fort mauvaise. Les environs de la ville sont fertiles; il y croît dans les jardins des bananiers et des palmiers. Le site est magni-
456 Route 24. SIDON. D'Acre
llque; an delà d'une plaine verdoyante s'^èvent au-dessus des petits contre-forts, les hauteurs neigeuses du Liban, le Djebel Bîhân et le Tômât Nîha (p. 470). — Le nombre des habitants de Saïda est d'environ 10,000, dont environ 7,000 musulmans et Metâouile. Les chrétiens sont des grecs catholiques et des maronites. La carte française donne pour Saïda les chiffres suivants; 8,000 musulmans, 300 Metâouile, 1800 grecs catholiques, 1000 Maronites, 200 Grecs orthodoxes et 700 Juifs. — Il y a dans cette ville un couvent de franciscains, une école des Jésuites et une école des sœurs de St- Joseph, avec un orphelinat, plus une station de missionnaires américains avec une école (collège ; v. p. 465).
Saïda offre peu d'intérêt; mais il y a cependant un certain nombre de grandes maisons bien bâties , surtout à l'O. , contre le mur d'enceinte dont elles font partie: on a de leurs toits une belle vue sur la mer. Elle compte neuf, mosquées, dont l'une, la grande Djâmf el'Kehlr (pi. 11) fut d'abord une église des chevaliers de St-Jean. Sur la place qui est devant cette mosquée existait jadis le palais de Fakhr-ed-dîn ; il est remplacé aujourd'hui par le serai de Soliman Pacha. — Au S.E. de la principale place de la ville se trouve le serai actuel (pi. 13); au S.O., la mosquée d'Aiou-iValcUé (pi. 12), ancienne église St-Michel. Au N. de là, le Khân Fransâoui ou khân français (pi. 4), beau bâtiment construit au commencement du xvii^s., par Fakhr-ed-din , et dans lequel se trouve, depuis l'expédition de M. Renan , une collection d'antiquités sidonlennes. — La ville a en outre cinq grands khâns.
Le port est intéressant. Une digue à arcades à l'extrémité N.Ë. de la ville, à côté du Khân ed-Débbâgh (pi. 1), conduit à la petite île de KaVat el-Bahr, où se trouvent les ruines d'un château du xiii^ s., avec de grosses pierres à refends peut-être plus anciennes, mais les arcs en ogive et le style des murs , dans lesquels sont encastrés des fragments de colonnes, prouvent qu'il est du moyen âge.
Autour de l'île, surtout au S.O., sont des restes de digues en grosses pierres de taille, et il y en a aussi tout le long de la rangée de rochers qui forme le port vers le N. Dans l'antiquité, celui-ci pouvait se fermer. Malheureusement Fakhr-ed-dîn en a fait combler l'entrée pour empêcher la flotte turque d'y pénétrer. Les belles pierres des digues ont été enlevées comme matériaux de construction, et aujourd'hui les flots entrent dans le port par-dessus les rochers lorsque la mer est houleuâe. La langue de terre considérable qui forme le port à l'O. , présente également des restes de vieux murs, et elle a de plus, du côtéE., deux bassins carrés (v. le plan). — Enfin il faut encore mentionner au S.E. de la ville, la citadelle KaVat el-Mezzé, bâtie sur une colline de décombres , dans lesquels on remarque des couches de murex.
Les environs de Saïda sont plus importants que la ville. Malheureusement, les nécropoles ont été extrêmement fouillées et
àBeyroût. SIDÔN. Rouie 24. 457
endommagées par des chercheurs de trésors. Cependant M. Renan, chef de l'expédition française d'exploration en Phénicie , a encore fait des découvertes importantes. On trouve aussi tous les ans dans les jardins des antiquités, la plupart de l'époque chrétienne : sarcophages, cippes, statuettes, objets de parure, urnes lacrymatoires, petits vases de verre et d'argile.
La nécropole de Sidon est située dans des rochers calcaires peu élevés au-dessus de la plaine , lesquels étaient jadis baignés par la mer et aujourd'hui couverts d'une couche de terre végétale. Quelques grottes sépulcrales ont leurs voûtes écroulées, d'autres ont été remplies de terre. Différentes fouilles faites par les Français ont été comblées plus tard. On a trouvé quelquefois de l'or, ce qui a naturellement excité l'avidité des chercheurs de trésors.
D'après M. Renan, il y a diverses espèces de grottes.
i" Des grottes à angles droits, qui ont à la surface du sol, un puits carré, de 3 à 4 m. de long sur 1 à 2 m. de large. On descend par des entailles pratiquées dans les parois de ce puits et Ton trouve deux portes donnant sur des chambres sans aucun ornement. Il est rare que plusieurs de ces chambres communiquent entre elles. M. Renan regarde ces tombeaux comme les plus anciens^ il y en a de semblables en Egypte.
2° Des grottes voûtées, avec des niches latérales pour les sarcophages ou simplement avec des trous carrés dans le sol. On y descend par des escaliers-, dans le haut, à la surface du sol on a pratiqué des soupiraux de forme ronde. Il y a surtout de ces grottes dans Tangle S.E. de la nécropole de Sidon.
3° Des grottes enduites de chaux, ornées à l'intérieur de peintures dans le genre gréco-romain et généralement avec des inscriptions grecques. Quelques-unes ont aussi des soupiraux. — Quelquefois ce sont des grottes plus anciennes qui ont été ainsi transformées.
Les sarcophages diffèrent également entre eux. Les grottes de la première catégorie en renferment de marbre, particulièrement dans le style phénicien, c.-à-d. des sarcophages dits anthropoïdes, qui imitent les formes d'une momie, car les Phéniciens embaumaient aussi leurs morts. Ce n'est que plus tard qu'ils devinrent de simples caisses, dans lesquelles on remarque encore la place de la tête à un faible rétrécissement. On trouve aussi des sarcophages de plomb et d'autres avec de simples couvercles à prismes triangulaires. Les grottes de la deuxième catégorie ne renferment généralement que des sarcophages en terre, et celles de la troisième des sarcophages en forme de baignoire, richement ornés de guirlandes, etc. (v. p. â4).
a. On ne peut visiter la nécropole de Sidon qu'avec un bon guide, car une grande partie des tombeaux se trouvent dans des jardins particuliers. Partant de la porte d'Acre , on laisse à dr. la route de Tyr et l'on prend le chemin de Derbessîn (p*. 454). En 3 min., on est au Oiiéli Nébi Seidoûn, à dr.; son nom rappelle celui de la vieille ville. Les juifs appellent ce ouéli le tombeau de Zabu- Ion et y vont en pèlerinage. Le mur qui l'entoure est construit de grosses pierres. M. Renan croit que l'on ferait avec fruit des fouilles à cet endroit. Une minute plus loin, on laisse à g. deux chemins ; 3 min. après, on traverse le Nahr Barghoût^ VAscUpios des anciens. 2 min. plus loin, on rencontre de chaque côté du chemin des nécropoles importantes. Elles portent le nom de Moghâret Abloûn, qu'on a traduit par «grotte d'Apollon», et probablement avec d'autant plus de raison , que M. Renan a trouvé dans la nécropole de Sidon des
458 Rouie 24. SIDON. D'Acre
représentations symboliques d'Apollon. Il y a encore quelques sarcophages dans les chambres sépulcrales et des peintures murales de peu de valeur artistique. C'est à cet endroit qu'on a trouva en 1855 le sarcophage en basalte d'Echmounazar , roi de Sidon, sur lequel, chose rare , il y a une grande inscription phénicienne , prononçant une malédiction contre celui qui touchera au tombeau du roi ; ce sarcophage est maintenant à Paris.
De cette nécropole, on peut atteindre à dr., en 18 min. environ, la route de Tyr, près du Nahr Sênîc (p. 454). En allant plus loin à g. et en suivant le même chemin tout droit à un carrefour, on arrive également au Nahr Sénîc en 18 min. Au delà se trouve un khan. A 10 min., Séiyidet el-Mantara (vue), avec les ruines d'un château, peut-être la Franche- Oarde du moyen âge; on monta sur la plate-forme qui est devant l'édiflcç, par un escalier de 100 m. de longueur sur 3 à 4 m. de largeur. Une grotte située un peu au S. des ruines, qui est aujourd'hui une chapelle de la Vierge, était jadis peut-être un temple d'Astarté. Il y a un temple du même genre près du village de Maglidoûché , à 10 min. au S. Dans la grotte qui s'y trouve, nommée Moghâret el-Makdoûra se voit à g. une figure de femme grossièrement taillée. Il y a encore près de Moghâret ez-Zeitoûn une grotte avec un médaillon.
b. En tournant au N. de la porte d'Acre , on passe devant le cimetière musulman , puis on prend un chemin à dr. (E.). Les jardins renferment beaucoup de restes de vieux édifices, de fragments de colonnes, de tombeaux, etc. A g., le jardm des sœurs de Si- Joseph (pi. 14); puis Bousiân el-Amoûd (pi. 9); à dr., Boustân el-Kanâiir (pi. 11), avec des caveaux; ensuite, à g., Bousiân Mohammed 'Antar (pi. 13); un peu plus loin, à l'É., une pierre milliaire romaine (pi. 15), près de là Boustân el-Bobbou (pi. 10), avec une nécropole gréco-romaine ; à 4 min. à l'E. , Boustân Mêkhédé (pi. 12), grottes avec niches sépulcrales (p. 123). Tout près de là est un aqueduc qui vient du nord. On peut atteindre en 5 min. au S. le village el-Hâra, et 3 min. plus loin Nébi Yahya^ qui est probablement , ainsi que la chapelle maronite de Mâr Élyâs située plus haut, sur l'emplacement occupé jadis par un temple phénicien : on y a une belle vue. — En suivant l'aqueduc qui est croisé à cet endroit par un ruisseau, le KanUé, on arrive en 10 min. au village à'et-Hêlâtiyé. Au delà commence une série de grottes sépulcrales s' étendant jusque vers Baramtyé. Quelques-unes de ces grottes sont peintes (la plus belle est celle de Psyché) ; mais toutes sont malheureusement exposées à la destruction. M. Renan croit que la vieille Sidon s'étendait jusqu'à ces villages.
De Sidon à Beyroût (environ 8 h. ; on suit un chemin pierreux à certains endroits et très fatigant ; on peut avoir sur la route des vivres arabes dans les khans). Au sortir de la ville, on trouve le sol couvert de fragments de mosaïque jusqu'à une petite distance. Beau coup-d'œil rétrospectif sur Saïda, avec sa citadelle et ses nombreuses
à Beyroât, RAS DJÉDRA. Route 24. 459
îles rocheuses. En suivant la plage, on arrive en 10 min. au Nahr el-'Aouali , rivière qui a sa source près de Bteddîn (p. 483) et qui s'appelait dans l'antiquité Bostrenus: on dit que la vieille Sidon était bâtie sur ses bords. Aujourd'hui il sépare le district de Teffâh, au S., de celui de Khamoûb^ au N. Un aqueduc s'en détache à l'endroit où le cours d'eau quitte la montagne. Quand il y a beaucoup d'eau, on passe, 8 min. en amont, sur un beau pont construit par Fakhr-ed-dîn. La route devient raboteuse et pierreuse ; on est à l'extrémité de la plAine. Au bout 4e ^2 ^* ^^ ^ retrouve sur la côte, on laisse à dr. le village de Roumêité^ bâti sur une nécropole, et l'on franchit le Nahr el^Bourdj^ puis, 40 min. après, le Ouâdi es- Sekké (un khan à dr.). Le cap s'appelle B&8 Djédira.' 45 min. plus tard, le Khân Nébi Yoûnous; à dr., le village ^el-Djtyê; un peu plus loin, Bardja. D'après les musulmans, Jonas (^Dhou'nnoûny homme au poisson} fut rejeté à cet endroit par le poisson , ou bien
y fut enterré.
On a trouvé sous le sable à !Nëbi Yoûnous un beau pavé en mosaïque semblable à celui de Kabr Hîram. La ville de Porphyréon a dû être dans le voisinage. Il y eut' là en 218 av. J.-C. une bataille entre les armées de Ptolémée IV Philopator et d'Antiochus le Grand. Les Égyptiens s'étaient avancés jusqu'au promontoire de Platanon, au Ras Dâmoûr; les Syriens campaient sur le Dâmoûr (Tamyras). Antiochus repoussa les Égyptiens jusqu'à Sidon, en les faisant attaquer de flanc depuis les montagnes.
A 18 min. du khân, on traverse un ruisseau; à dr. , sur une hauteur, le village de Macsaba. 10 min. après, on rencontre une pierre milliaire dans le sable. Puis on passe le contre-fort du promontoire B&8 DAmoûr. Le chemin est mauvais. Il y avait là autrefois une tour de guet , qui est maintenant en ruine (25 min.). On atteint en 12 min. le rivage opposé de la baie ; en â min., le Nahr Dâmoûr. A 3 min. îl l'intérieur, on trouve un beau pont de fer sur la rivière parfois rapide que bordent des lauriers-roses. Viennent ensuite des plantations de mûriers. A dr., le village de Mou- ^allaka. En 1 h., on atteint le Khân el-Qhafar (khân de la douane), nommé aussi Khân en-NâHmê ^ d'après un village situé à dr., sur une hauteur. Au bout de 30 min. on arrive par un chemin couvert de gravier et de sable au Khfcn el-Khoulda. Au iv^ s., ce point s'appelait Heldoua; il ne paraît pas qu'il y ait jamais eu là un lieu important. Cependant il s'y trouve une grande nécropole ; les flancs de la montagne au-dessus du khân, surtout du côté de Sidon, renferment une quantité considérable de sarcophages de diverses formes et de diverses grandeurs, que les habitants en retirent pour en faire des pierres de construction ou de la chaux.
Au bout d' Y4 d'h., le chemin commence à s'écarter de la côte; 35 min. après, on traverse le OtUidi Chououeifât, ainsi nommé du gros village de même nom situé sur la droite. A côté, le Khân el- Kash. La contrée s'anime , le Liban, sur les versants duquel sont beaucoup de maisons , présente un coup d'œil magnifique. Après 10 min. , un chemin qu'on laisse à dr. ; 22 min. , on atteint le
i«flti
bSa*
.ca;
^io
La?*
^•«âki