‹ Palestine et SyrieChapitre 101 sur 119 · XI · texte numérisé non relu

XI

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Consulats. BEYROÛT. Route 26, 461

aussi des affaires de banque. Les plus grandes maisons suisses et allemandes sont: Weber et Cte, Ltitticke et C«, Klàsi Speich et Ce, F. Leithe et O, Fr. Wehner. Beyroût étant le centre du commerce de la Syrie, on pourra fort bien se faire envoyer de Fargent de cette ville dans Tintérieur du pays.

Oonaiilata. Beyroût est aussi comme principal centre de commerce, le siège de beaucoup de consulats-généraux (y. p. 13):

Amérique (pi. 11), Edgar ^ consul. — Belgique (pi. 12), Frederici, consul. — Danemark (pi. 13) , /. Nixon^ consul. — Allemagne (pi. 14), BrUning^ chancelier, D' Hartmann^ chanc. suppl. — Angleterre (pi. 15), Eldridge, doyen du corps consulaire. Dickson^ v.-c. — France (pi. 16), Fatrimonio. — Grèce (pi. 17), Paemore. — Hollande (pi. 18), A. O. Bayur.

— Italie (pi. 19), Colucci. — Autriche-Hongrie (pi. 20), chevalier von Schulz.

— Russie (pi. Zî), Petcovitch. — Suède et Norvège (pi. 23), /. Altina^ v.-c. — Espagne (pi. 24), vacant. — Portugal, Parodi, consul.

voitures et cheyauz. Il y a maintenant quantité de voitures à Beyroût, mais peu de rues carrossables. — Tarif: dans la ville et jusqu'*au pied de la montagne, 10 piastres par heure; pour Ba'^abda et Hadeth, 70 piastres. Pour les autres courses, il faut débattre les prix. — 11 y a des loueurs de chevaux dans le voisinage des hôtels; les chevaux sont généralement bons. On paie en moyenne Ô fr. pour une journée, 3 fr. pour une demi -journée, moins en proportion pour des courses plus longues. Selon Tusage reçu à Beyroût, les loueurs de chevaux n'ont aucun recours contre les voyageurs, au cas où il arrive des accidents aux animaux, dès que la route à suivre a été indiquée et qu''il y a eu un à compte de payé. On vous donne un garçon pour vous accompagner; il reçoit environ 1 fr. par jour et sa nourriture.

Bateaux à vapeur (v. p. 14). Beyroût étant le lieu par oU Ton termine ordinairement un voyage en Syrie, le nombre des voyageurs qui retournent chex eux est souvent si grand , qye les bonnes places sur les bateaux sont vite prises. Il sera bon par conséquent, dès qu'on peut fixer le jour de son départ, de s'adresser d'avance, par lettre ou mieux encore par le télégraphe, au bureau de la ligne qu'on veut suivre. Pour le voyage à Smyme ou à Gonstantinople , on notera c^ue les bateaux du Lloyd autrichien vont directement a Smyme en 4 jours, par Chypre, tandis que ceux des Messageries Maritimes, suivant la côte, par Tripoli, Lâdikîye, Alexandrette et Mersine, n'y arrivent au contraire qu'en 8 jours. On épargne donc du temps dans le premier trajet, mais les bateaux sont souvent surchargés de voyageurs (v. aussi p. 14); dans le second, on a l'occasion de voir les petites villes de la côte où les bateaux jettent l'ancre de jour, mais l'on ne reste en revanche que peu de temps à Smyme (v. p. 577). — Le passage se paie, aux Messageries Maritimes, en argent français seulement; au Lloyd autrichien, en or: il y a à perdre sur toutes les autre monnaies. Pour les prix, v. p. 17, 19.

Poste et télégraphe: bureau international (pi. 51; F 3). Il y a des bureaux de poste sur les bateaux à vapeur; on ne s'adresse généralement à la poste russe que pour le service de ce pays. Les guichets sont toujours fermés, pour les lettres ordinaires, 1 h., et pour les lettres recommandées, 2 h. avant le moment du départ réglementaire de chaque bateau. Toutefois on peut encore donner des lettres jusqu'à la dernière minute avant le départ de la barque qui porte le courrier ; plus tard , il faut les porter au bateau. Dans ce dernier cas, elles sont «hors-poste» jusqu'à la prochaine station, mais elles ne courent aucun danger. Pour les affranchissements, V. p. 43.

Provisions de route et vin. Grand choix et prix modérés chez Charles Trouyety sur le chemin de R&s Beyroût; chez AnUn Abdallah, dans le Soûk Sagoûr. Autres marchands sur le quai: Hanna Lyan, C. Berand, Kocco Camillerio^ Farugia.

Drogmans (v. p. 21) à Beyroût: Hâné, Nakhlé Cha^ya (commençant), DaibiSj Oantiri, Amatori^ Elyas DelhénU^ ÂbdouUa Dourzi, Tomolpan\ AntoniOf Voûsouf Misâlé.

Bains. Bains turcs (v. p. 35), dans le voisinage du bureau du télégraphe, prix: 2 fr. et 1 fr. de pourboire aux domestiques. — Bains de

462 Route 25. BEYRGÛT. Magasins.

rner^ organisés précédemment par le Dr. Steliani, près de Thôtel Bellcvue (petit établissement), prix: ÔO c, moins si Ton 8''abonne. On fera bien d'apporter du linge avec soi. Il faut prévenir les nageurs quHl vient des requins jusque dans la baie de Beyroût.

Barbiers, un grand nombre dans la «rue des Francs»; ils se présentent eux mêmes dans les hôtels: barbe, 70 c. -, coupe de cbeveux, 1 fr.

Kagaains. Les prix des articles européens ont beaucoup baissé par suite de la concurrence et d'aune importation presque exagérée relativement aux besoins du commerce. — Vêtements tout faits (du moins à bon compte) chez Zizzias et Qoldenberg, — Choix de bo^es françaises chez Aubin. Tailleurs: Biankhi^ Beck^ Melkiy tous dans la rue Chrétienne. On trouve dans la même rue des magasins de cols etc. — Selliers: JSte- /anskiy Laufer.

En fait d''articles arabes, on achète à Beyroût des keffîyé en soie (p. 497), des tapis de table brodés, des pantoufles, des coussins, des blagues à tabac. Il faut être sur ses gardes et ne pas craindre de marchander au bazar, et de même avec les colporteurs qui offrent de ces articles dans les hôtels. Les choses que Ton commande sont relativement faites en peu de temps. — ,11 se fabrique à Beyroût des ouvrages en filigrane qui s'exportent en Egypte. Les magasins où Ton peut en acheter sont dans le haut de la Taouîlé (rue des Francs). — La maison LilUicke & Cie tient un assortiment de ces articles que les étrangers ont coutume d'acheter, et se charge au besoin de l'expédition.

Gigares. Débit recommandable dans le Soûk Saghoûr. On peut aussi en acheter au cercle allemand (pi. 25), difflcilenient ailleurs.

Le linge peut se donner à laver à l'hôtel, on paie 2 fr. par douzaine d'objets.

Librairies. On ne trouve d'ouvrages européens qu'à la librairie française de Charlier Bêzier Jils , dans la rue Chrétienne (Taouîlé). Beyroût est le centre de la librairie orientale en Syrie; il s'y est créé, depuis une vingtaine d'années, une quantité d'imprimeries dont les meilleures sont celle des Américains et celle des jésuites, mais qui s'occupent surtout de la publication de livres religieux (beaucoup d'ouvrages de controverse). Une preuve en faveur de l'intelligence de la population, c'est qu'il existe nombre d'imprimeries particulières et beaucoup de journaux arabes.

Photographes. "Bonfils et DumaSy dans la rue qui des deux hôtels situés à l'extérieur mène dans la ville. Les photographies sont bonnea et pas chères ; il y en a un grand choix. On en achètera chez les photographes et non aux marchands qui assiègent les étrangers dans les hôtels. Si l'on en prend qui ne soient pas cartonnées, comme le font bien des personnes parce qu'elles se transportent ainsi plus facilement, on les roule autour d'un bâton, ou bien on les met dans une boîte de fer-blanc qu'on achète au bazar pour quelques piastres.

Kédecins. Dr. Suquet (Français), Dr. Lorange (Allemand), Dr. Brigstock (Anglais), Dr. Wartabet^ Dr. Post, Dr. Van Dyck^ ces trois derniers de la mission américaine; Dr. Bassili (Grec). — Dentiste, Slama. — La pharmacie prussienne organisée d'après les règlements officiels doit être mise en l'e ligne.

Hôpitaux, h'^hôpiial des LazatHstes (français, pi. 35) dont le médecin est le Dr. Suquet est desservi par les sœurs de St-Vincent de Paul. L'organisatioit en est excellente. Prix suivant convention. — Vhôpiial des Joannites (prussien; pi. 36) au Ras Beyroût (depuis 1866), est très bien situé et bien organisé; il a pour médecins les docteurs américains (salle commune séparée) et il est desservi par des diaconesses de Kaiserswerth. II a environ 60 lits et de belles chambres séparées pour les malades. Les Allemands payent 5 fr., les étrangers 10 fr. par jour, tout compris, sauf une aumône aux pauvres. Les statuts n'admettent pas les incurables (p. ex. les poitrinaires). Cet établissement mérite les plus grands éloges.

Histoire. — Entre les États phéniciens était établie une peuplade prétendue cananéenne, celle des «Giblites», à laquelle appartenaient les deux villes de Berytos et de Byblos. Les Giblites avaient d'autres dieux

Histoire. BEYROÛT. Route 26. 463

que les Phéniciens. Leur principale divinité était £1 , et ils adoraient encore Baaltis et Adonis (Hadad). On ne saurait dire précisément si la ville doit son nom à ses sources (beerôt), en tout cas ce nom ne doit pas la faire confondre avec Bérothai de la Bible (II Rois viii, 8^ Ez. XLvii, 16), qui n'est autre que Brîthein, dans la Békâ'a (p. 517). La ville de Beyroût semble avoir été d'abord sans importance dans l'antiquité. Elle est, il est vrai, mentionnée par les Grecs avant Alexandre, mais elle ne Test point à propos de l'expédition de ce conquérant. Il paraît qu'elle fut entièrement détruite au Ile s. av. J.-C. à la suite d'une rébellion contre Antiochus VII. Les Romains la rebâtirent et en firent une colonie qu'ils nommèrent, d'après l'empereur Auguste, Augnsta Félix. Hérode Agrippa pour plaire aux Romains, l'embellit de bains et de théâtres, et y donna des combats de gladiateurs. Titus de même après la prise de Jérusalem y fit livrer une bataille entre Juifs. Il s'y créa au milieu du me s. une école de droit romain qui devint très prospère. C'était alors une place de commerce d'où l'empire romain tirait des soieries. Les manufactures de soie de Beyroût et de Tyr, déjà célèbres du temps des Romains, se transplantèrent de ces villes mêmes en Grèce pour passer ensuite de là en Sicile, au xii» s. D'un autre côté, on ignore quand la sériciculture et la plantation des mûriers (morus alba) commencèrent en Syrie; elles y étaient pratiquées depuis longtemps au moyen âge. — Beyroût fut détruite par un tremblement de terre en 529, et elle ne recouvra jamais son ancienne prospérité; son école de droit, par exemple, ne fut pas rétablie. Elle était encore en ruine en l'an 600 et elle fut prise sans peine en 635 par les musulmans. Les croisés sous Baudouin prirent cette ville en 1125 et elle resta presque sans interruption entre leurs mains jusqu'à la bataille de Hattin (p. 387). Elle s'est toujours relevée parce qu'elle sert de port à Dainâs et qu'elle a une rade assez bien abritée, la meilleure du littoral de la Syrie.

Beyroût a été pendant un temps la résidence du chef des Druses Fakhr ed-dîn (1595-1634). Cet homme de génie, abusant de la confiance de la Porte, parvint à se créer une souveraineté. Il chassa les Bédouins et se mit en relation avec les Vénitiens, ennemis naturels des Turcs. Il séjournait de préférence à Beyroût, et les environs de la ville étaient son cjardin». Il favorisa les chrétiens indigènes et fit prospérer le commerce. Plus tard, il alla en Italie, à la cour des Médicis de Florence, pour y chercher un appui contre les Turcs, et il y resta neuf ans, tandis que son fils 'Ali repoussait les Turcs. A son retour, il souleva un grand parti contre lui par ses innovations et ses constructions dans le genre européen. 'Ali fut battu et tué par les Turcs à Safed et Beyroût fut prise. Bientôt après l'émir lui-même fut fait prisonni*er et étranglé à Constantinople, par ordre du sultan Amurat. Sa famille, celle des Ma'anides, fut dépossédée et expulsée en 1694, pour être remplacée par celle des Chehâbides. L'affaiblissement progressif du pouvoir de ces princes indigènes a été suggéré aux Turcs par une politique salutaire. 'Abdallah -Pacha (p. 375) prit Beyroût aux Druses (émir Béchîr, v. p. 482), ce qui cependant ne fut pas nuisible à la ville; Sidon et Tripolis s'appauvrirent, tandis qu'elle devenait un port considérable. Elle souffrit peu également lorsque, pour la reprendre aux Turcs, les Anglais la bombardèrent en 1840. C'est surtout depuis les massacres des chrétiens en 1860, que beaucoup de ces derniers sont allés s'établir à Beyroût, qui est devenue depuis une grande ville, sans en avoir le caractère.

Beyroût est le centre commercial et le port le plus important

de la Syrie. Sa grande baie, tournée au N., est la meilleure de la

côte ; les vaisseaux y trouvent un certain abri par le mauvais temps.

La ville , située sur une petite hauteur , occupe une bonne partie

du côté S. de cette baie. Le site est magnifique. Les montagnes

qui s'élèvent rapidement de l'autre côté de la petite plaine qui

forme le littoral, et du milieu desquelles se montre la large croupe

neigeuse du Djebel Sannîn , sont déchirées par quelques crevasses

464 Route 25. BEYROÛT. Climat.

profondes, mais cultivées jusqu'à une hauteur considérable. Au soleil couchant, la couleur rougeâtre de ces montagnes présente un magnifique contraste avec le ton bleu-foncé de la mer.

Outre ce site qui rappelle l'Italie (33** 50 lat. N.), Beyroût a encore l'avantage d'un climat très doux. Il y pleut beaucoup, il est vrai, en hiver, mais le sol reste couvert de fleurs pendant ce temps, de crocus et de cyclamens, et l'on y voit nombre de palmiers dans les jardins. — Température et nombre des jours de pluie en moyenne: Janvier, U^OÔC. ; 11 j. de pluie. — Février, 14° 80; 11 j.

— Mars, 17« 40 ; 9 j. — Avril, 19° 05 ; 5 j. — Mai, 22*» 90 ; 2 j. — Juin, 25*» 05 ; 1 j. — Juillet, 28° 30 ; 0 j. — Août, 28° 50; 1 j.

— Septembre, 27° 50; 1 j. — Octobre, 25° 40; 3 j. — Novembre 19° 20 ; 7 j. — Décembre, 16° 40 ; 12 j. La chaleur est toujours supportable à cause de la proximité de la mer, et comme les nuits ne sont pas trop fraîches, on peut sans inconvénient dormir les fenêtres ouvertes. Le mois de septembre est souvent particulièrement chaud à cause du calme qui règne alors en mer. Beaucoup d'habitants de Beyroût vont alors dans le Liban ('Aleih, Bhamdoûn) et y demeurent quelquefois sous la tente.

Il n'y a pas longtemps que la ville de Beyroût souffrait encore du manque d'eau potable. Il y avait dans l'antiquité un aquednc qui y amenait l'eau de la rivière voisine et dont il reste quelques arcades. Depuis le 12 mai 1875, la compagnie anglaise «British and Foreign Water and Gas Works Company» fournit les eaux de la rivière du Chien (p. 543) à la population toujours croissante de la ville.

Il y a vingt-cinq ans, Beyroût n'avait que 20,000 hab. environ, elle en compte aujourd'hui, dit-on, 80,000. La statistique officielle ne donne cependant que les chiflFres suivants : familles, 5,023 ; hommes musulmans, 5,979; hommes non musulmans, 7,183; mosquées et autres lieux de prière, 22; écoles musulmanes, 10 ; élèves de ces écoles, 1305 ; écoles non musulmanes, 25 ; élèves de ces dernières, 4,562; écoles supérieures, 18; églises, 27. — Les habitants européens sont au nombre de 600.

Les murs de l'ancienne ville ont entièrement disparu du côté de l'E. On a construit une foule de faubourgs, avec de beaux jardins et quelquefois aussi de jolies maisons de campagne , qui s'étendent chaque année davantage. L'élément chrétien tend à l'emporter sur l'élément musulman. Les chrétiens de Beyroût sont très industrieux, ils semblent avoir hérité quelque peu de l'esprit commercial des anciens Phéniciens. Ils ont déjà des succursales en Angleterre, à Marseille , etc. et font ainsi concurrence aux négociants européens établis dans le pays. L'italien qui se parlait autrefois à Beyroût à côté de l'Arabe, se voit aujourd'hui remplacé par le français , parce que beaucoup de catholiques font élever leurs fils dans les excellentes maisons des lazaristes, etc. Le nombre des personnes qui savent lire et écrire dans cette ville est relativement considérable pour

Établissements rélig. BEYROÛT. Route 25. 465

l'Orient: on a même commencé à s'occuper d'une chose nécessaire par excellence, l'éducation de la femme.

Etablissements reli^eux. — En fait d'établissements français , il y a d'abord à Beyroût un orpbelinat des sœurg de charité de 8t- Vincent de Paul y pouvant recevoir 600 enfants et auquel se rattachent une école et un pensionnat. Ces maisons françaises, qui forment un corps de bâtiment considérable, exercent une grande influence. Les dame» de Nazareth ont fait construire depuis quelques années une grande maison pour leur pensionnat de filles au S.O. de la route de Damas, sur la colline Dimitri; il y a là actuellement 190 élèves. Les franciscains de la Terre- Sainte ont un couvent Cpl. 41) et une belle église dans le voisinage de la douane. Les jésuites ont augmenté leurs institutions déjà prospères en Orient, surtout depuis que leur compagnie est expulsée; ils possèdent notamment une imprimerie très importante à Beyroût (pi. 8), et Tinstitut très estimable d'el-Ghazîr qu'ils ont transféré ici. Le gouvernement italien y entretient de son côté une scuola reale iialiana elementare. Comme école du pays, le collège patriarcal grec-catholique (pi. 7) est seul digne d'être mentionné.

Les Allemands ont fondé à Be3nroût un grand orphelinat et un pensionnat. Ce bel édifice (pi. 39) est situé dans le voisinage de l'hôtel sur la route du Ras Beyroût (p. 467). Il peut donner asile à 130 orphelins indigènes, malheureusement les secours qui lui viennent d'Europe sont insuffisants. Le pensionnat est à la hauteur des écoles supérieures de jeunes filles en Europe. Cette école est très appréciée. Il y a dans le même corps de bâtiment une chapelle protestante oii le service divin se fait alternativement en allemand et en français, à 9 h. en été et à 10 h. en hiver. Des donateurs haut placés ont contribué pour une large part à l'érection de l'église et du clocher.

Il existe à Beyroût depuis une cinquantaine d'années une mission américaine (église presbytérienne), dont cette ville est le centre. L'église se composait de 3^ membres en 1879. Cette mission compte des hommes qui comme Eli Smith, Van Dyck et Thomson se sont illustrés aussi par leur science. Elle a une église où Ton prêche ordinairement en arabe et à côté, une imprimerie. Le séminaire théologique de 'Abeih (p. 483), la faculté de médecine et l'école professionelle témoignent d'une vue juste des besoins du pays. Les beaux édifices (pi. 5) de ces institutions, de même

au^un observatoire, se trouvent sur la route du Bas Beyroût (p. 467). L'école e médecine forme à la suite de cours qui durent 4 années des médecins qui, du moins, sont bien supérieurs à ceux du pays. La presse a fourni de nombreux ouvrages d'enseignement. , Les Américains ont de même ouvert des écoles primaires dans un grand nombre de localités du Liban. Enfin ils ont un journal hebdomadaire pour servir à leur propagande.

Une école de garçons protestante est sous la direction de Boutrons Bistâni, Arabe savant qui s'est fait connaître par la publication d'un grand dictionnaire de sa langue ainsi que par un dictionnaire arabe de conversation ;, il a aussi une imprimerie publiant les meilleurs journaux arabes.

Les Ecossais ont à Beyroût une école pour les Juifs, et cette ville est également le centre des écoles de Syrie entretenues par les Anglais; ils y ont une institution dirigée par M. et Mme Mott, avec 90 élèves (orphelins, etc.), dix autres écoles dans Beyroût même, comptant ensemble 670 élèves et six dans le Liban, qui en ont 403 (v. aussi Tyr et Damas).

Beyroût est une ville qui attire les étrangers à cause de sa situation et de son climat. La vieille ville offre peu d'.intérét et encore moins d'antiquités. Les rues sont étroites, mal pavées et sales, sauf la rue des Francs.

Le bazar (pi. F, 3), comparé à celui de Damas, n'offre rien de bien curieux à l'étranger, car l'influence européenne y est déjà prédominante.

Là se trouve la grande mosquée de Beyroût. Il est très difficile

466 Route 25. BEYROÛT. Grande mosquée.

d* obtenir d'y entrer. L'édifice est une église du tempe des croisés. Les musulmans en ont, à l'intérieur , recouvert les murs d'arabesques grossières. L'ogive s'y voit partout , mais il n'y a pas de coupole ; les voûtes sont en arceaux. M. de Vogué pense que cette église a été fondée immédiatement après la prise de la ville par Baudouin !«', en 1108, et qu'elle a été construite par des architectes francs qui n'étaient pas encore sous jrinfluence arabe ou sous rinfluence byzantine.

On rencontre çà et là dans la ville des fragments de colonnes et il y en a dans les maçonneries du quai. En faisant des fouilles, on a souvent découvert des mosaïques et quelquefois des grottes sépulcrales et des sarcophages ^u côté du promontoire) , mais le tout sans importance. Il y a près du port une vieille tour bien en vue dont les soubassements pourraient dater du temps des croisades.

Les chemins de circuit autour de la ville et dans les faubourgs sont larges et spacieux, on y peut marcher des heures entières entre les maisons et les jardins, en jouissant de la vue magnifique qu'offrent la verdure , les orangers , les citronniers , les sycomores et les palmiers.

Excursions. — Les Pins, bois situé à V^ 1. de la ville, sont le but de promenade favori des habitants de Beyroût. On y va en suivant la route établie par la Compagnie française. Ce chemin, bordé de maisons de campagne, est le rendez-vous du monde élégant qui s'y promène en voiture et à cheval. Il s'y trouve beauooup de cafés dont le plus fréquenté est près du second groupe de pins ; durant l'hiver, la musique du Liban s'y fait entendre chaque vendredi. Le bois . de pins d'Italie (pinus halebensis), borne la ville au S. et forme une défense naturelle contre les dunes , qui autrement envahiraient la plaine de ce côté. Il a été, dit-on, planté par ^akhr-ed-dîn pour prévenir l'ensablement. C'est à cet endroit que les troupes françaises ont campé en 1861 . — Pour la continuation de la route de DamaSf v. Route 26.

On peut faire une très belle promenade (^2 1^0 ^^^ 1& hauteur qui s'étend au travers de la plaine depuis la mer, près de la quarantaine, jusqu'aux Pins. Arrivé à l'extrémité S.E. de la grande place des Canons on laisse à dr. la route de Damas et on se dirige en ligne droite vers l'E. On ne prend pas non plus le chemin montant à g. 6 min. plus loin ; il conduit à quelques maisons de campagne , parmi lesquelles est celle du pacha. On trouve ensuite un chemin étroit montant sur la hauteur entre des haies de cactus (10 min.). Il y a là quelques maisons de même que des réseryoirs couverts (chemin carrossable). La colline est cultivée et couverte en même temps de beaucoup d'arbres et de buissons. La baie de Beyroût et la grande ville, qui s'étendent à vos pieds jusqu'au promontoire, présentent un coup d'œil magnifique. De l'autre côte s'élève le Liban. On a surtout un point de vue splendide à l'extrémité N. de la colline , où se trouve, dans le voisinage de quel-

Excursions» BEYROÛT. Route 25. 467

ques pins un endroit plus dégagé, près d'un cimetière (5 min.). On revient à Beyroût par la route qui conduit à la rivière.

Pour aller au B&s Beyroùt» on suit un chemin d'abord carrossable bordé de villas, en passant devant V orphelinat allemand fpl. 391 et qui, 12 min. plus loin, arrive à Vhôpital des Joannites (pi. 36), puis au bout de 8 min., on arrive aux malsons de la mission américaine (p. 465). De là , on prend au N.O. (dr.) , par un chemin un peu pierreux, conduisant en 8 min. au phare (fanâr), qui est petit, mais bien organisé. Marchant ensuite vers le S.O., on est en 15 min. sur le bord de rochers assez escarpés près de la mer. Dans le bas, sur la plage, en face de la petite ile, se trouvent quelques grottes dites les grottes des Pigeons. On a une magnifique vue de la mer depuis la hauteur qui domine les grottes. Pour pénétrer à l'intérieur, on prend une barque (6 fr., passage de Y2 ^- *"^e© un vent favorable). Vis-à-vis de la troisième grotte , se trouve une porte de pierre , au-dessous de laquelle , lorsque le soleil se trouve derrière , se produisent dans l'eau des jeux surprenants de lumière et de couleurs.

Une excursion au Nahr el-Kelh (v. p. 542) se fait en 1 h. 1/2 avec une barque (6 fr.). Il s'y trouve un modeste café arabe. En résumé, une excursion achevai au Nahr el-Kelb, en suivant le rivage , est préférable , surtout à cause du retour par eau , qui exige au moins 3 h. si le vent est contraire, et qui souvent est complètement Impossible.

Les chemins de montagne à nne plus grande distance aux environs de Beyroût sont généralement très mauvais et pierreux. Mais partout la vue s''étend sur des versants transformés en terrasses plantées de vigne, de figuiers, de mûriers et de groupes de pins, le tout annonçant un pays très bien cultivé. Les vallées sont étroites et pittoresques, le climat délicieux. Du côté X. de la vallée qu^arrrose la rivière de Beyroût se trouve un mauvais chemin qui conduit au couvent nommé Deir el-KaVa^ célèbre à cause de ses ruines. A 10 min. au moins du commencement de la route de Damas, se détache à g. un chemin qui franchit la rivière V2 b> plus loin;. puis on traverse deux petites collines et Ton commence à monter en laissant à dr. la vallée. On passe maintes fois sur des rochers glissants ; il y a partout des terrasses et dans la vallée, les restes d^un aqueduc. On rencontre d'^abord le couvent de Màr Rocous (St-Roch), puis le village de Mezrcfa^ plus loin celui à''el-Man80Ûriyi et enfin, à 1 h. V* environ de la rivière,

D«ir el-^Fa. Le couvent est situé à 6?0m. au-dessus du niveau de la mer, à Textrémité de la crête d^une montagne qui domine la gorge du l^ahr Beyroût. La vue embrasse les vallées qui se réunissent à une grande profondeur au pied de la montagne, au S. le district montagneux d^el-Oharb^ au K.E. celui à'el-Metn, au-dessus duquel s'élèvent le Sannîn et le Djebel Kenéisé. Il y a beaucoup de villages dans la contrée. A TO. on voit la plaine de Beyroût (district d''es-Sâhil). La vue est surtout belle du toit du couvent. Celui-ci appartient aux' Maronites. A Tintérieur et alentour il y a beaucoup de restes d'antiquités et de sarcophages. Un temple s'élevait jadis à cet endroit; on en voit toujours les fondements, qui ont 32m. de long et 16 de large. La façade était tournée du côté de la plaine; il y a encore Quelques fragments des colonnes du portique. Les grosses pierres à refends de cet édifice attestent une haute antiquité ; une inscription dit qu'il était dédié à «Jovi Balmarcodi», ce qu'on a traduit par «dieu dç la danse? . — Si l'on ne veut pas retourner à Beyroût par

468 Route 26. BEYROUT.

le même chemin, on peut faire un détoiii* au X. par le grand village de Broummâna (station missionnaire des Américains).

Ba'abda, à 9 kilom. de Beyroût, sur une bonne route carrossable (p. 461), est le siège de gouvernement du Liban ; un vieux château, autrefois résidence d''un émir, et pittoresquement situé sur une montagne, a été mis à la disposition de Fautorité. On suit la grande route de Damas jusqu'au tombeau de Franco Pacha (p. 470) et Ton tourne à dr. Avant d'atteindre Hadeth, le chemin se dirige à TE. dans une vallée rocheuse et sans eau,' et Ton arrive au pied du vieux château. A g. de la route, se trouve la source du village, d'oii une route, œuvre de Tart, mène en serpentant jusqu'au château situé à 242m. au-dessus du niveau de la mer. Près du grand bâtiment dans lequel le pacha préside chaque jour aux affaires, s'en trouvent de plus petits pour les chancelleries de la justice et des employés de l'état, pour les bureaux militaires et les prisons (celles-ci, dans un fossé profond). La milice ne comprend que 160 hommes d'infanterie, volontaires de toutes les parties du pays. Ils sont armés dé fusils à percussion pourvus de bayonnettes. — De Ba'abda, situé dans une steppe assez désolée, un beau chemin d'où l'on jouit d'une belle vue, conduit au S. sur la hauteur de Chamoûr, d'où Ton peut prendre la route de Damas pour revenir à Beyroût.

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