De Ba'albek à Besrroùt par Tripoli. Les cèdres du Liban
De Ba^albek jusqu'aux cèdres, environ 8 h.; de là à Tripoli, 10 h. Si l'on veut mettre 0 jours à ce trajet, ce qui est préférable, partir de Ba^albek l'après midi, et coucher à Deir el-Ahmar (d h.) ou bien a 'Aïnêta (1 h. plus loin): ces deux localités n'offrent que des logis très modestes. Pour la seconde nuit, on en trouve à Ehden (6 h. 1/2). La troisième nuit, on est à Tripoli, de sorte que le chemin peut se faire sans tente. De Tripoli à Beyroût, il y a deux fortes journées de marche (16 h. Y*;); le logis au kh&n de Djébeil est très mauvais.
Les bateaux à vapeur français et russes vont tous les quinze jours de Tripoli à Beyroût et vice-vérsft (v. p. 16).
Db Ba'albbk aux Gbijrbb (S h. env.). — Le chemin se dirige au N.O., dans la plaine. On laisse à dr. le Kiehlak (p. 526); après 4 min. , on prend le chemin à dr. ; 27 min. après, un autre chemin à dr. ; à g., le village de Hochet es-Sâf. ô min. plus loin, à g., le village de Yâ^ât, habita par des MétàouiM et très pauvre en eau. 28 min. plus loin , un chemin débouche à g. 17 min. plus tard, on aperçoit du même côté , dans les champs , la grande colonne de Yâ'ât, qu^on peut atteindre en faisant un petit détour de 10 min. C'est une colonne monumentale isolée, avec une inscription illisible (N.) ; elle a un socle de 2m. de hauteur, auquel on monte par des degrés, et sa hauteur totale est d'environ 20m. Son chapiteau, d'ordre corinthien, est rongé par le temps. — Après une bonne heure de chemin, on atteint l'extrémité de la plaine. On aperçoit l'Hermon au S. Vient ensuite une montagne boisée, puis on fait le tour d'un contre-fort, par un chemin pierreux. 32 min. Deir el- Ahmar, village très étendu, avec une grande église. C'est ici
528 Route 31. 'AÏNÊTA. De Ba'albek
proprement que oommenoe le territoire des Maronites ; les gens soiit assez importuns. L'eau y est mauvaise. Le village doit son nom (couvent rouge) au grand nombre de blocs de pierre rouge qui se rencontrent dans cet endroit.
Il est bon de prendre un guide pour aller de Deir el-Ahmar à 'Aïnêta. On passe d'abord dans une petite vallée au S.O. du village et l'on commence à monter par un mauvais chemin à travers un bois de chênes qui devient de plus en plus ^pais. Les arbres ne sont pas hauts, mais gros; il croît autour d'eux des genévriers et des épines- vinettes. Après 40min. démarche, on laisse un chemin à dr. ; 25 min. plus tard, on descend dans une vallée verdoyante , entre des hauteurs boisées ; à 18 rain. , un autre chemin à dr. ; à 11 min., un troisième à g. ; à g. aussi, dans le haut, la vallée et le village de Bchetîyé ; au bout de 25 min., on prend un chemin à g. , et 22 min. après , on arrive dans une vallée haute : des hauteurs nues, couronnées de neige se dressent devant vous. 6 min. après, un chemin aboutit et un autre se détache sur la droite ; on arrive par ce dernier, en 20 min., à
'Ainêta', village pauvre habité par des Maronites. Dans le voisinage, un vallon planté de noyers. A 5 min. du village, une source et 7 min. après, une autre plus considérable. 20 min. plus loin, on passe à côté d'une gorge qui remonte vers la droite. On s'élève continuellement par un chemin en zigzag toujours en vue de 'Aïnêta. Au S., le lac de Yammoûnë; en face la grande chaîne de l'Anti-Liban; Ba'albek se présente comme une tache gris-brun sur le fond rougeâtre de la Békâ'a. Le sol se compose dQ rocailles; çà et là sont des arbres rabougris de l'espèce du cèdre. On perd de plus en plus de vue le Djebel Sannîn à mesure qu'on s'enfonce dans la gorge de la montagne. Au bout de 48 min., un chemin aboutit à g. ; 24 min. après, on passe du côté gauche de la vallée qu'on a suivie jusque là ; un autre chemin débouche à dr. ; on est en 20 min. au sommet de la montagne, où souvent on trouve encore de la neige au mois de mal.
Le col de la montagne des Cidres (Djébel el-Arz) est situé à 2,348m. d'altit. La croupe du Liban s'étend du S.O. au N.Ë. \ les parties les plus élevées sont au N. du col: Dahr el' Kodîb [3,063m.), Nab'a ech-Chémela ou d-Miskiyé (3,059m.), iJJébel Macmal (3,052m.), et à l'O. de là le Tim^roûn (3,212m.). Du sommet du col, la vue est très étendue ; toute la contrée se présente à travers une atmosphère d'un bleu qui présente tous les tons depuis le bleu foncé du premier plan jusqu'au bleu clair de l'horizon. La vallée de la Békâ^a s'étend devant le spectateur comme une carte; la longue chaîne de l'Anti-Liban se termine par la cime de l'Hermon; à dr., le regard plonge jusque dans la dépression de la vallée du Jourdain. Au S. se montre le Djébel Sannîn et le lao de Yammoûné (il y a près de ce dernier une source intermittente). A TC, les montagnes s'abaissent du côté de la mer ; on aperçoit Tripoli
hTripolL LES CÈDRES. RouUSl. 529
avec son port, ainsi qn^m grand coin de la Méditerranée, et au premier plan se développe un grand amphithéâtre de montagnes aVeo le petit hois de cèdres. Il y a tout autour beaucoup de rocailles.
On descend ensuite dans la vallée où commence la gorge profonde du Nahr Kadîcha (rivière sainte). En 20 min., on a derrière soi la partie la plus raide du chemin ; Ô5 min. après, on arrive au ruisseau et à 20 min. de là on est aux Cèdres (en arabe arz comme
en hébreu).
Un grand nombre de sommets du Liban, aujourd'hui si dénudésj étaient sans doute jadis couverts de cèdres \ le groupe qui est devant le touriste est un des plus petits parmi ceux qui se trouvent à une hauteur de 1600 à 190Chn.; mais il comprend de très vieux arbres. — Le cèdre était déjà vanté dans Tantiquité hébraïque comme Tornement du Liban (£z. xxxi, 3 et suiv. ; Ps. xcii, 12). La meilleure preuve qu'il n^en croissait pas dans tout le pays d'Israël, c''est que Salomon en fit venir du Liban pour la construction du temple (III Rois v, 6), et qu'il en fut de même pour le second temple (Esdras ni, 7). David 8''était déjà fait bâtir un palais en bois de cèdre (II Rois v, 11). On employait aussi des troncs de cèdres pour en faire des mâts (Ezéch. xxvii, 5) et l'on en sculptait des images de divinités (Is. xliv, 14 et suiv.). — On n'est pas certain, il est vrai, si les Hébreux n'entendaient pas aussi sous le nom d'œrœz d'autres espèces d'abiétinées.
Tous les ouvrages de l'antiquité qui parlent de plantes mentionnent le cèdre comme 1 arbre le plus respectable et le plus important du monde. Théophraste l'appelle «l'admirable cèdre de Syrie», Pline de grand cèdre»: depuis Barrelier, la dénomination de «cedrus Libani» est la plus répandue. Cet arbre, de la famille des conifères, se rapproche le plus du mélèze, dont il se distingue toutefois par ses aiguilles toujours vertes et non caduques, par ses branches qui s'étendent horizontalement en forme de plateau, et par la grosseur de toutes ses parties, surtout de ses cônes, qui ont presque le volume d'un œuf d'oie. Les branches et les rameaux ont une direction si horizontale, que lorsqu'on les voit d'en haut, leurs cônes semblent placés sur des tapis de verdure. Par leurs dimensions, les cèdres rappellent plutôt d'énormes chênes que des mélèzes. Le bois est blanchâtre et assez tendre-, il est bien inférieur pour l'usage à celui des cyprès qui forment des bois dans la vallée du Kadîcha. Aujourd'hui la grande région des cèdres est surtout le Taurus de t/ilicie, où la vaste étendue de montagnes qui se trouve derrière Mersina, Tarse et au-4essus des cols présente de magnifiques forêts de cèdres mêlés dfe pins noirs. Au Taurus comme au Liban, il y en a deux espèces mélangées. Tune de couleur vert sombre, aux aiguilles brillantes; l'autre d'un blanc d'argent, dont les aiguilles bleuâtres sont couvertes d'une sorte de poudre blanche; c'est là un dimorphisme, rare dans une même espèce et dans la même localité. Le cèdre du Liban n'est lui-même d'après Hooker qu'une forme locale d'une espèce plus répandue, dont deux autres variétés seraient le cèdre de l'Himalaya (cedrus deoaara Roxburgh) et le cèdre de l'Atlas (cedrus atlantica Manetti). Ces deux variétés n'ont pas de caractères particuliers ; elles ne difi'èrent que par la grosseur, résultat des dififérences de climat, et d'une plus grande humidité du sol dans les montagnes de l'Inde que dans celles de l'Algérie. Le cèdre indien, le bois des Dieux (Dêvadârou) du sanscrit, est un des végétaux les plus gigantesques du monde; il s'élève jusqu'à 7Ôm. de hauteur et 12m. de circonférence, et dans toutes ses parties,- jusque dans ses cônes, il atteint deux fois la grosseur de son congénère du Liban. Le cèdre de l'Atlas, au contraire, est plus petit que celui-ci, n'a que des aiguilles très courtes, de petits cônes et une taille rai>ougrie.
On a planté fort souvent des cèdres en Europe. Cet arbre réussit très bien en Angleterre; ceux du Jardin des Plantes de Paris viennent de graines rapportées par Tournefort au commencement duxviiies.; ce sont
Palestine et 8yrie. 34
530 fioi<((3I. LESCfeDRES. Di Ba'albek
probtbleniEiit les pins imcjens d« l'EuTOpe. msle Us sont moinB élèves
msgae centrale oii ne pournit réussir Is cèdre de rfUmaUya.
I.e groupe de cèdres en question est & 1921m. d altitude, au piud du fkikT et- Kodlb (p. 028), montagne djnnd^e, aux flaDos eecarpés et à la cime couverte de neige, et en faee du Foum et- MUâb, situé & l'O. 11 s'élève sur la croupe d'une colline qui est
divit^e en cinq é'mlnenees, deux grandes et trois petites ; à VE. et \ l'O. se tronve an cours d'eau. Ce groupe compte plus de 350arbres. dont pas un seul ne dépasse 24m. de hauteur. Le soi est composé de calcaire blanc; mais les détritus ont formé une couche d'un humus foncé. Les plus vieux arbres, au nombre de 9 environ, se trouvent enr i'éminenoe du 8.E. Il y a «ne chapelle maronite au milieu de ceux du N.O. Personne malhenreueemeiit ne surveille oea arbres. Les ehivres broutent tous les rejetons qui sortent du sol. et l'on brûle même des branches de cèdre, surtout pendant une fête qui s Heu tous les ans au mois d'aoîlt. Il y ■ nne multitude de nome gravés sur les troncs. Les indigènes offrent ardînaireDient aux étrangers de leur vendre des pommes de cMie, mais chacun peut en détacher goi-même. — Lorsqu'il fait mauvais temps , ce
a fripolU EHDEN. Rouie 31. 531
sombre groupe d'arbres dans ce lieu sauvage, présente un aspect mélancolique.
Des Cèdres a ëhden (2 h. 40). — On redescend à TO. pour gagner la route, qu'on suit au N.O. Au bout de 20 min., on perd les arbres de vue. A g., dans le bas, Bcherré (v. ci-dessous), entouré de verdure. 8 min. après, le obemin se bifurque, il faut prendre à dr. pour descendre à Ëhden. Après 20 min. de marche de ce côté, on arrive à une grande source dite 'Ain en-Néb'a. La vue plonge toujours dans la grande vallée du Kadîcha, qui est entourée de villages, et l'on passe entre des collines. En 40 min. , on est au commencement d'une grande vallée encaissée, dans laquelle on descend en longeant à dr. le pied de la oroupe considérable dSin mont. 1 h. après, on croise une vallée où coule un ruisseau , qui descend du couvent Mâr SerkUj au pied de la montagne de droite. En longeant enfin le bord du ravin, on arrive en 15 min. à
Ehden. On peut loger chez le Khoûri DJibrail. Les tentes se dressent au-dessus du village, sous des noyers. Ehden, entouré de pins, de mûriers, de figuiers et de vignes, est situé sur le versant et à l'extrémité de l'amphithéâtre de montagnes de la vallée du Kadîcha. Un grand ruisseau coule à TE. A l'O., on a la mer en vue et l'on aperçoit le -port de Tripoli. A l'E. s'élève une chaîne neigeuse et nue. Le village est bâti à une altitude de 1,446m. et habité par environ 450 familles maronites (comp. p. 93). Les habitants montrent encore avec orgueil, au milieu de leur village, les ruines de la maison de Yoûsouf Karam qui fut leur chef en 1860: Il marcha contre les Druses avec 300 hommes armés, mais fut repoussé par les forces supérieures des Turcs.
Des Cèdres à Ehden par Bcherré et Kamnôbîn (6 h. V^ eny-)- — On peat, des cèdres, aller au village de Bcherré et monter le lendemain à Ehden. Celui qui voudra jouir de beaux paysages et visiter en même temps quelques uns des couvents intéressants de ce district maronite, fera de Bcherré le tour suivant pour parvenir le soir à Ehden. Il vaut mieux aller à pied parce que les chemins sont mauvais.
Une vallée latérale escarpée descend à Beherré, à partir de la bifurcation de la route, à 28 min. des cèdres (v. ci-dessus). L'eau de la source ^Aïn en-Néb^a coule dans cette vallée; le chemin. (40 min.) est fatigant et glissant. Bcherré est bâti dans un site très pittoresque, sur une hauteur, et domine la vallée du Kadîcha, dans laquelle débotiche du S. à cet endroit une vallée plus petite. Les côtés de la vallée sont disposés en terrasses et plantés partout de noyers, de figuiers, de mûriers et de peupliers. Il y a beaucoup d'eau dans la contrée. Tout porte le cachet de rindustrie et du bien-être; le village a quatre églises, dont la grande du milieu (Maronites), semble être ancienne. La statistique de la carte fran^ çaise indique une population de î)0,000 Maronites pour le district de Bcherré. Les habitants ont leurs propres cheikhs ; ils payent chacun 15 piastres au gouvernement. On loge chez un des cheikhs. La population est bienveillante.
De Bcherré (il est bon de prendre un guide), on descend la vallée vers rO., du côté droit. On a une Vue ravissante sur le fond de la vallée, les hauteurs cultivées et les villages cachés dans la verdure; partout jailliS' sent des ruisseaux, qui font tourner des moulins. Dans le bas, dans un site abrité, un petit couvent des franciscains; en face, sur la hauteur, le village de Bakâ/ra, puis Bkarkâché (p. 532). Le chemin passe près de beaux noyers. Au bout de 16 min., à dr., dans le haut, Deir Hamallàh ;
532 Rouie 31. KâNNÔBIN. DeBcfMek
à g., dans le bas, léâr DJourdJou», 6 min. après, un fort ruisseau; àdr., dans le haut, Deir Mdr-Tédrous; en face, à g. de la vallée, le viUage de Bézoûn. 7 min.^ on aperçoit le Ouddi Hadjit^ vallée sauvage qui descend des montagnes a dr., et qu''on traverse' ô min. après. 11 min., on passe sous Tarcade de Taqueduc de Hadjît. £n face, de Tautre côté de la vallée, Hasroûn^ à côté d'un profond ouâdi latéral. 10 min., un cbemin à dr. *, 4' min., un autre à g. v 2() min., on a devant soi, de l'autre côté de la vallée, Bdîtnàn; au-dessus, Hadeth (p. 033); en bas, du côté de la vallée, Btâzé. On aperçoit encore des montagnes neigeuses, lô min., le regard plonge dans la vallée très profonde dite Ouddi Kannôbin. A la descente (très raide), au bout de lô tuin., on laisser un chemin à dr., 10 min. après, on tourne à g., et Ton arrive en 17 min., à travers des vignes, au couvent de
ÇannAbin (vu le bon accueil que Ton y reçoit on offre en partant, une somme convenable en faveur du couvent).' Ce couvent est sur la droite de la vallée du Kadicha, à environ 120m. au-dessus du fond, il est entouré de montagnes escarpées et dans un site très pittoresque, oU il se présente comme collé au rocher, au pied duquel bouillonne la rivière. A une petite distance aboutit une vallée venant du S.; à Tarrière-plan delà vallée principale on aperçoit encore une partie des hautes montagnes. 8ur le tlanc des monts apparaissent des villages dont on voit briller les blanches églises; la contrée est très bien cultivée et présente une verdure magnifique ; partout des cyprès, des pins, etc. Dans les gorges sont de nombreuses grottes habitées jadis par des ermites. Le couvent lui même, dont le nom dérive du grec xoivô^iov («couvent»), fut, dit-on, fondé par Théodose le Grand (379-395); il est à moitié b&ti dans le roc vif. C'est depuis le xv« s. la résidence des patriarches maronites, dont on montre les tombeaux dans une grotte. Ces patriarches portent toujours le nom de Boutrous (Petrus) ou de Boûlous (Paulus). Toutefois ils ne résident pas constamment à Kannôbîn, mais ils passent aussi une partie de Tannée à Bdîmân.
On remonte la montagne par le même chemin. A 23 min. de distance, on tourne à g., 9 min. après débouche un chemin venant du côté droit; en bas, dans la vallée, le village de Sib'il; on atteint en lô min. le village de Haououur^ situé à g. sur un rocher en saillie; à dr. aboutit une vallée sur un coteau de laquelle se trouve Ehden; plus près, le village de Bdn. D'ici l'on aperçoit la mer. Au N.O. est situé el-'Arbi et à une grande hauteur le couvent Mdr Simien. Un chemin pittoresque, mais pierreux, descend au couvent di'Eshaya; on traverse un vallon au bout de 12 min.. Ban reste dans le haut à dr. Les plantations, parmi lesquelles on remarque des pommes de terre, appartiennent au couvent, qu'on aperçoit bientôt dans le bas, et où l'on arrive en 3ô min.
Le couvent d'EaJ^ya est situé à l'écart dans une vallée oii il est entouré d'une riche végétation, et au-dessous de Mâr Antoûn £shaya. Il a été reroÀstruit il y a quinze ou vingt ans et il est, dit-on, habité par une centaine de moines. Le grand et beau bâtiment avec une véranda aux nombreuses arcades, au S.O., contient une imprimerie. Il s'y trouve aussi des chambres pour les étrangers. L'église , élevée en 1860 et ornée d'un grand nombre d'images de saints, n'est pas très belle.
Pour aller de ce couvent à Ehden, on retourne par le chemin par lequel on est venu, on traverse un pont et l'on monte a g. 10 min. après, on prend encore à g., pour arriver au-dessus du petit vallon boisé, d'où l'on a derrière soi un coup d'oeil magnifique sur le couvent d'Eshaya. Au bout de 9 min., dans le bas de la vallée, une grotte avec une source. 30 min. après, le gros village de Kefrtdb. En face, ^ntourîu. La vue de la vallée est toujours très beife. A 20 min., le pont du ruisseau d'Ehden et 15 min. après le village lui-même.
Dk Bchekré à B£?ru()t pas Afka (25 h. >/2)i très beau chemin, avec nombre de beaux points de vue sur le Liban. On prendra si possible des tentes, mais en tout cas des provisions et un guide (environ 3 tr. par jour).
On traverse le Kadîcha 30 min. au-dessus du village de Bcherré et l'on monte du côté 0. de la vallée, qui est bordée de rochers escarpés. Après 20 min. de marche, à g., le village de Baldfra; 15 min., BkwkAché;
à Tripoli. AFKA. Rouie 31. 533
16 min.^ Bézaûn; 15 min. encore, Hasro^, gros village «ur un rocher svancé; en face, ffadfit (p. 532)- La gorge est ici très profonde, la contrée parfaitement cultivée. De Haçroân, on continue à TO., en «"écartant toutefois de plus en plus de la gorge du Kadicba. Vue splendide sur la vallée et les hautes montagnes jusqu'aux 'cèdres. Au bout de 1 h., on a à dr., dans le bas, fidtmàn Cp. 532). Dans le haut, sur la croupe de la montagne, ffadeth: il y a un groupe de cèdres entre cette localité et iVIA<7. Montant à fE. de la vallée latérale, on arrive en 10 min. à BrdsU: 35 min. après sur la croupe de la montagne; de là. par un plateau, en 20 min., à la gorge du Ouâdi ed-Dououeir; fOmin. plus loin, au ruisseau, et Ton remonte pendant 20 min. 40 min. après, on croise une autre vallée, le Ouâdi Hnrtêa. Montant ensuite peu à peu, on traverse 35 min. plus tard un petit ruisseau (on y remarque du grès), puis au bout de 35 min. on arrive sur la croupe de la montagne: immédiatement à g. s'élèvent les hautes montagnes couvertes de neige. Puis on traverse un plateau; à dr., la gorge sauvage du Onâdi Tannoûrîn; au bout de 40 min., on croise le profond Ouàdi Bouehrîkh : ensuite Ton est en 10 min. sur le plateau nommé Ard 'Aklo^ (Bédouins Hail)). — 45 min., au pied d'une colline singulière en fofme'de pyramide. 20 min., le point culminant du chemin, d'où le regard plonge sur 'Akoûra , dans le profond Ouàdi el-Mauçheirtpé. On atteint le village de 'Akbûra en 1 h. 20. Il est situé dans le haut de la vallée au pied de rochers escarpés. Il y a à travers les rochers une déchirure par oii passe un chemin conduisant à Ba'albek par Yammoûné. La contrée est bien cultivée. — 35 min., on traverse la vallée sur un pont naturel; puis on fait le tour de la montagne par une terrasse, et l'on arrive en 1 h. 20 à el-Mounéitiré , village dont il est déjà question dans l'histoire des croisades à propos de 1 expédition que le comte de Tripoli fit en 1176 contre Ba'^albek. — Descendant ensuite un chemin escarpé, on arrive en 15 min. à l'angle de la vallée, oii se rassemblent les eaux de la rivière. La source principale sort d'une grotte profonde; àl'O. il y a encore deux cours d'eau plus petits. Ils forment trois belles cascades au-dessous du pont qui traverse le bassin. Sur un rocher vis-à-vis *de la grotte sont les ruines peu reconnaissables d'un vieux temple, qui était bâti sur une plate-forme. — Le tout présente un tableau fort pittoresque, surtout du village voisin , Afka (15 min.). L'amphithéâtre dans lequel sont les cascades, est revêtu ^e verdure; il y croît des pins d'Italie et des noyers.
JdifM. était connu dans l'antiquité sous le nom à''Aphioa. Il y avait là un temple fameux dédié à Vénus, qui fut détruit par ordre de Constantin à cause du culte impudique qu'on y rendait à cette divinité. C'est aussi dans cet endroit que se trouvent les sources principales de VAdonii (aujourd'hui le Ifahr Ihrâhttn)^ c'est pourquoi on y a rattaché le mythe grec de Vénus et d'Adonis. La rivière était sans doute teinte jadis en rouge par une substance minérale, comme elle l'est encore maintenant à certaines époques, et les anciens y voyaient le sang d'Adonis déchiré par le sanglier (V. aussi Djébeil, p. 539). — Les voyageurs qui n'ont pas de tente font mieux de passer la nuit à Mounéitiré, chez les Maronites, qu'à Afka, chez les Métàouilé.
Le chemin d'Afka à Néb'a el-'Asal se dirige vers la montagne, sur une terrasse étroite située à l'O.S.O., et d'où Ton a une belle vue dans le Ou&di Ibrahim. Au bout de 1 h. environ, on commence à monter à g., et l'on est en 50 min. sur la hauteur, en face du Sannîn (p. 527). Puis on atteint en 20 min. le fond du Ouâdi Chébroûh et en 1/2 h. en suivant la vallée, on arrive au Nahr el-Kelb. A l'O., sur une terrasse, le village de Meit'oûba. Appuyant ensuite au S.E., dans la direction de l'angle de la montagne, «m atteint la grande source de Néb^a el-Asal (source du miel). La vallée est sauvage et déserte. De là, on va à l'O., en 30 min., à la gorge ^e Néb^a el-Lében (source du lait), qu'on franchit sur un énorme pont naturel (DJisr el-HacU'ar) , à une hauteur d'environ 23m. au-dessus de la rivière. Traversant plus loin une petite hauteur, où passe un aqueduc venant du Néb'a el-Lében , on arrive en 25 min. à Faera , d'abord aux ruines d'une tour solide qui est peut-être un monument funèbre; il y a au-dessus de l'entrée une inscription avec le nom de Tibère Claude. A l'O. de cette |oar sont 4es çopches perpendicult^ires fie rocUe c^lcMre des pins curieuses ^
534 Route 31, TRIPOLI. De Ba'albek
à 5 min. au S., les ruines d^an grand temple. La cour est entourée de murs formés par les rochers sauf celui de devant , à TE., oii Ton a de plus construit un portique. Le temple lui-même, qui est en ruine, est plus en arrière entre des rochers, sur une terrasse. Il y a près de là des enclos formés de grosses pierres.
En 1 h., toujours en marchant à g. de Taqueduc, sur le versant de la colline, on atteint le viUage ^el-Mtzra^a; puis on descend par un chemin très escarpé à la vallée étroite du Nahr e*-8alib (1 h. 30 min.)> V2 h. après, on est de nouveau sur la hauteur, et lô inin. plus loin on a Kléi^ai sur la gauche. On rencontre ensuite continuellement des plantations de mûriers. A 40 min., Reifoûn; 40 min. après, ^Adjeltoûn, village dont les maisons sont disséminées au loin. La roche calcaire présente de même en cet endroit dos formations fantastiques. On est dans le district de Kesraouâfh qui est couvert de villages et bien cultivé. En face de 'Âdjeltoûn est situé Btkfeya (bureau télégraphique turc). On a au-dessous de 'Adjeltoân une belle vue sur la mer et Beyroût. Les chemins sont mauvais. En 1 h. 10, on est au village de Belloûné; à g., est située la gorge du Nahr el-Kelb; à dr. se voit 'Antoûra (p. 541). Enfin on arrive en 1 h. 35 min. au pont du Nahr el-KeIb'(p. 541).
D'Ehdbn a Tkipoli (10 h. env.). — Après avoir quitté le village, à rO. , on aperçoit dans le hant, à dr. , le couvent de Seidet el'Hizn. Au bout de 15 min. se déroule une vue grandiose sur la mer. On prend à dr. Le chemin, qui est mauvais et pierreux, conduit 45 min. après dans une vallée hoisee, le Ouâdi Héitoûna, K Textrémité duquel (50 min.) eut lieu le ^and combat dans lequel fut vaincu Yoûsouf karam (p. 531). A 25 min., une bifurcation (le chemin est meilleur à g.) ; 8 min., dans le bas, Mourhef Kersâbîyé ; 33 min., on est dans la vallée; 21 min., un vallon avec de Teau; 23 min., à dr., dans le haut, le village de Merchînl^ On est maintenant dans la région des collines. Au bout de 10 min., on laisse sur une hauteur à dr. le village à^Iyal, avec un château; k Tarrière-plan , les montagnes couvertes de neige. 18 min., Kefr Haiia; 14 min. après, on prend un chemin à g., à travers des oliviers. 4 min., Zégharta, avec une grande église. Beaucoup d'habitants d'Ehden passent Thiver dans ce village. On y remarque des cabanes de broussailles. . Ensuite on descend dans la vallée 'du Kadîcha , qui est à cet endroit une forte rivière ; on la traverse sur un pont. 10 min. après, à dr. , le ouéli Ardât sur une colline; 10 min. plus loin, à g., Hâret Nedjdelâya. 8 min., on laisse un chemin sur la droite; 20 min. , on arrive aux plantations d'oliviers; 10 min., on aperçoit dans le bas Tripoli, dont on atteint les premières maisons en 3 min.
Tripoli ( TarâhotUoûs), — On trouve au besoin un logis au «Casino», chez les consuls (de même au quartier du port ou el-Mina) ou bien au couvent de la Terre Sainte.
Vice consuls: de France et d^ Angleterre , Blanche,, consul; d'' Allemagne et de Russie, Iskender Catzéjln^ belle maison; d^ Autriche et d^Espagne. Théodore Caizéjttê; d^ Amérique, Ant. Jauni; de Belgique, César CaUé/liê. — Tripoli est une station des bateaux à vapeur français et russes (p. 16 et 20) et possède un bureau télégraphique turc.
Histoire. — L*ancien nom phénicien de Tripoli n^est pas connu. La ville n''a probablement pas été bfttic avant Tan 700 av. J.-C, à la anite de la fondation d^Aradus (p. 568). Comme ville de la confédération phénicienne, elle ne paraît pas avoir joué un grand rôle; les Sidonient, les Tyriens et les Aradiens y habitaient des quartiers séparés. On sait dit
à Tripoli. TRIPOLI. Route 31. 535
reste peu de chose sar la ville dans Tantiquité^ elle a maintes fois souffert de tremblements de terre. 11 n'est rien resté des palais qu^ trouva Démétrius le', fils de Séleucus IV, non plus que de la résidence de ce prince et dea édifices magnifiques dont les Romains embellirent la ville. Elle était alors située sur le bord de la mer. — Tripoli se rendit sans résistance aux musulmans. Â Tarrivée des croisés, elle était gouvernée par un émir indépendant. Raymond de St-6iles, comte de Provence, en commença le siège en 1101. Pour Tisoler, les assiégeants construisirent un cbâteau fort sur la montagne qui lui fait face, nommée par les Francs le mont des Pèlerins et par les musulmans Sandjil (St-Giles). Des discordes entre les chrétiens empêchèrent alors la prise de la ville, qui n^ut lieu que cinc^ ans plus tard, et fut signalée, dit-on, par Tincendie d''une grande bibliothèque arabe contenant plus de 100,000 volumes. On fonda alors un comté de Tripoli, qui fut bientôt donné en fief à Bertram, fils de Raymond. La ville prospéra durant 180 ans sous la domination des Francs, malgré bien des querelles intestines et de terribles tremblements de terre. Elle fut prise en 1289 par le sultan Kilaoûn. Beaucoup de Francs périrent pour sa défense et Tennemi y fit un grand butin: Tripoli comptait, dit-on, à cette époque 4,000 métiers de tisseurs de soie. La nouvelle ville des musulmans fut bâtie dans Tintérieur des terres, près du mont des Pèlerins; elle était redevenue grande et populeuse au xvie g., et elle se composait déjà, comme aujourdf'hui, d'aune ville maritime, el-Mina^ et d'aune ville intérieure.
Tripoli est le chef-lieu d'un liouâ (arrondissement militaire) divisé en cinq districts : Sâftta, 'Akkar, Dj^^le', Tripoli et Lâdikîyé (v. p. 90) : ces deux derniers formaient avant 1864 le liouâ de Lâdil^îy^. La population du liouâ est évaluée à 214,000 âmes, dont 7,000 maronites (2 evéques), 20,000 grecs-orthodoxes (3 ëvêques), 62,000 nosaïriens et 75,000 musulmans. Les recettes du liouâ se sont élevées en 1869 à 7,960,000 piastres dont 3 millions proviennent des douanes ; les dépenses ont ^te de 2, 444, 000 piastres. Les districts sont administrés par des kaïmraakàm (lieutenantsgouvenieurs), qui sont élus par le ouâli de Damas, mais dépendent du moutaserrif de Tripoli.
La ville de Tripoli elle-même a 17,000hab., el-Mîna, 7,000, que la statistique de la carte française repartit comme suit : 18,000 musulmans, 4,000 grecs-orthodoxes , 1200 maronites, 25 grecs-catholiques , 60 juifs , en tout 24,085 hab. Il y a 18 églises , dont 5 grecques et 7 catholiques, 3 maronites, 2 (?) grecques- catholiques et 1 protestante. Les églises catholiques sont dans les couvents, qui suivent : 2 de franciscains, 2 de sœurs de St- Vincent de Paul (orphelinat), 1 de lazaristes, 1 de carmélites et 1 de capucins. Les Grecs seuls n'ont plus d'école à Tripoli. On dit que les musulmans possèdent encore de belles bibliothèques. Ils ont 20 mosquées. Enân il y a aussi une synagogue.
Tripoli est décriée comme ville malsaine ; cependant les fièvres ne s'y déclarent que vers l'automne , et elles sont rarement dangereuses. Les environs sont extrêmement fertiles. Il s'y fait un grand commerce de soie. Les cocons sont généralement exportés eu France (8,250 quintaux en 1879); 275 quintaux sont annuellement mis en œuvre pour le tissage par les fabricants de Tripoli. Il s'y fait avec l'huile du pays, dans 11 fabriques, environ 40,000 quintaux de savon, dont les deux tiers sont expédiés au dehors. La pèche des
536 BouUSl. TRIPOLI. DeBdaibek
éponges, qnl a nppoit« 400,000 fi. en 18T8, est ansei un utiole important de son commeroe : un haitième de ces épongea est exportée à Trieste et le reste en Pnnoe. La culture du tabac se développe dans les environs, et l'on commence aussi i exportée des oranges et des pommes de terre.
Les habitants de Tripoli appellent leur ville le petit Damaa. Elle a des rues assez bien pavées pourvues de trottoirs, et de beaucoup d'arcades comme à Jérusalem. La pieiie employée aux cou-
iin oonglomérat poreux. Oui^rauveau bazar des soieries du pays. Il ne sera pas hors de propos de Jeter un regard dans quelques uns des plus grands khâns, dont le plus beau est le fChfln ef-Sâgha. C'est du ehâteaa qu'on a la meilleure vue d'ensemble de Tripoli. Un ohemiii conduit en 5 min. sur la terrasse qui est devant cet édifice. Au milieu des maisons d'un blanc ébloaissant, on distingue surtout celle de l'institution des rellgienaea françaises. Au S. se montre la mosquée Talisn. Au delà de la ville, s'étend une grande et magnifique forêt d'arbies fruitiers , dans des vergen dont la plupart appartiennent k des mnanlmane ; sur la langue de terre, U ville d'el-Uîns, avec ses vieilles touisi puis la mei, jusqu'k tiDe
àBeyroût. TRIPOLI. Route 31. 537
grande distance et les montagnes au S. Un peu plus haut, on peut se rendre oompte de la situation de la forteresse assise sur une croupe étroite qui se termine brusquement à l'O. du côté de la ville, et à TE., du côté de la gorge profonde du Nabr Kadîcha. Au pied de la montagne est la Derouichîyéy couvent de derviches dansants. Plus haut dans la vallée, un aqueduc qui alimente la ville. Les montagnes offrent un très beau coup d'oeil. Pour visiter le château , il faut une permission spéciale du moutaserrif. Il y a peu de choses anoiennes. Les murs , fort épais , renferment des fragments de colonnes (p. 128). L'intérieur tombe en ruine, et les canons qui s'y trouvent ne sont à peu près bons à rien. Au S. est un fragment de vofite qui semble, comme le reste de l'abside avoir appartenu à une église du temps des croisades. Il se peut fort bien que certaines parties du château proviennent encore de celui qui a été bâti par Raymond. Le château est habité par quelques familles de soldats. On a de la cour intérieure une belle vue sur la gorge du Kadîcha.
Au S.O. du château descend un chemin pavé, à dr., par où l'on peut aller visiter la mosquée Taïlân, Cet édilice a été restauré il y a peu de temps. Il a dans la cour un portail à stalactites. Le minaret est intéressant avec son double escalier en limaçon.
Le chemin d'el-Mîrta(25min."), une grande et large route, passe au N.O. entre des vergers luxuriants. On arrive plus tôt à la mer en tournant h dr. Pour voir les vieilles tours qui protègent la côte, depuis el-Mîna jusqu'à l'embouchure du Kadîcha nommé à cet endroit Abou ^Ali , on suit au N. de Tripoli la rive g. de la rivière et l'on arrive sur la plage en 20 min. On rencontre ensuite à g. les restes du BourdJ Râs en-Nahery puis chevauchant le long de la mer, on est en 12 min. au Bourdj es-Sb^a , la tour des Lions, la mieux conservée. Toutes ces tours datent du moyen âge et sont en partie construites avec de vieux matériaux , c.-à-d. avec des pierres à refends et beaucoup de fragments de colonnes en granit gri»^. La tour des Lions a, du côté S. , dans le haut , six fenêtres à ogive peu prononcée et une grande arcade au milieu. La porte est aussi en ogive et présente des assises de pierres alternativement blanches et noires: une tabelle avec inscription a été enlevée. 7 min. plus loin, on atteint le Bourdj et'Takîyé, qui a une porte à stalactites, et 8 min. après, on est à la porte d' el-Mîna. La mer et les montagnes offrent une vue admirable.
El-Mîna est sans importance comme port. Au bout de 5 min., on rencontre sur le bord de la mer les restes d'une quatrième tour, le Bourdj el-Maghâribé (tour des Mogrebins) et un phare. On aperçoit les îles qui forment le port. II y a quelquefois là des gens qui offrent aux étrangers des antiquités et des éponges adhérant encore à des coraux, elles sont offertes à 1 ou 2 fr. la pièce. Au port, se trouvent les agences des bateaux à vapeur, deux cafés à moitié à l'çuropéenuç »vec billard» et une espèce de loçajida (Féris Aibid).
^d8 Route 31. BATROÛN. De Tripoli
En suivant le chemin au S. du port, on arrive à la route de Beyroût , sur le bord de laquelle s'élève , à 5 min. de distance , la tour Bourdj eeh- Cheikh 'Affân, en face des îlej?. Dans le voisinage, le temple protestant; puis, à dr., V^glise grecque; plus loin au S. (8 min.) le couvent de Terra Saiicta (logement). En 45 min., on est à l'extrémité de la plage, près d'un café arabe.
Db Tbipoli a Bbyroût (16 h. i/j)- — En suivant le fll du télégraphe au S.O., on arrive en 22 min. à la jonction du chemin qui conduit d'el-Mîna au S. ; de là, on gravit une colline (8 min.) qui offre une belle vue. Dans le haut, à g., se trouve un vieux château. 17 min. plus loin, on est de nouveau sur le chemin de la plage, et Ton atteint en 20 min. le village de Kalamoûn (^Calamos de Pline), entouré de verdure. Ensuite vient le promontoire Râs en-Natoûr; au bout de 10 min., on prend un chemin latéral, à g. ; 37 min. après, on voit à dr., dans le bas, le village de Natoûr; 11 min. , à dr. , sur le bord du chemin , des vestiges d'un vieux bâtiment; 12 min. plus loin, à g., le village de Zêkroûn; à dr., une colline avec des ruines. Puis encore à dr. , dans le bas, le village à'Enfê (nez) et en face , Râs Chal^ka. 40 min. plus tard, à g., sur un coteau, le village de Siccay avec une église. 12 min. après, au bord du chemin , un khân , et lorsqu'on a traversé le Nahr el-^Asfoûr, un second khân, au fond de la pittoresque baie de Ràs Chakka (35 min.). Ce promontoire s'appelait dans l'antiquité le Theouprosopon (face de dieu). Il y a beaucoup de couvents grecs sur la montagne. Il faut faire le tour de l'extrémité du cap, qui se termine à pic dans la mer ; pour cela, on remonte un vallon à l'E.S.Ë. Dans le haut se trouve un khân (40 min.). Au S. se voient des montagnes blanchâtres assez nues, le Râs en-Natoûr etel-Mîna; au S.O., une vallée boisée où l'on descend. Dans le bas (30 min.), des champs cultivés près du village de Mseiliha. On continue à descendre dans la vallée, au milieu de laquelle s'élève sur un rocher escarpé un château-fort arabe qui commande le passage et d'où des Métâouilé rançonnaient jadis les voyageurs. A 9 min. un khân, 2 min. plus loin, un pont sur le Nahr el^Djaouz ; 5 min. plus loin, on traverse un ruisseau qui vient du 8. Plantations de tabac. 10 min. après, on sort de la vallée. Sur le versant de dr., le village de Koubbé. Plus loin, du côté de la mer, un château. On aperçoit 7' min. plus tard Batroûu, où l'on arrive au bout de 13 min.
Batroùn, le J?o^ri/9 de l'antiquité , fut fondé par les Phéniciens (Itoba'al, du temps de Nébuoadnétsar), même avant Aradus comme forteresse destinée à défendre le chemin de la côte. Ce ne fut jamais toutefois une ville importante et elle n'eut jamais de port. La situation n'est pas comparable à celle de Tripoli ; les contre-forts du Liban ne présentent qu'une maigre verdure. Batroûn est le cheflieu d'un district, auquel la carte française donne 19,170 hab. : 15,000 maronites, 3,450 grecs-orthodoxes , 300 catholiques grecs,
à Btyroût. DJÉBEIL. RouU31, 539
320 musulmans et 100 métâouilé. Batroûii même n'a guère plus de 2,000 bab., la plupart cbrétiens. Elle possède un bureau télégraphique turc. Le port est très petit et sans importance. Au milieu de la ville, se trouve un château du moyeu âge. Au S. sont des grottes sépulcrales avec des sarcophages. £n arrivant du côté S. , on entre au bout de 80 pas dans une plantation de tabac , à g. , où Ton voit un beau sarcophage antique. *
Au S. de Batroûn, les rochers se rapprochent de la mer ; ils ont été rongés par les eaux d'une façon étrange. On suit la'plage ; les villages sont dans le haut à g. ; à 33 min. de distanoe, un khàn (à g., dans le haut, le village de Kefr ^Abîta); 16 min. après, aussi dans le haut, à g., le village de Thoûm; à 12 min., un khan et un pont sur le Ouâdi Medfoûn; à 22 min., toujours dans le haut à g., Berbâra; à 8 min., un petit khan ; un voit la chaîne de montagnes au S., mais Batroûn a disparu. Au bout de 19 min., dans le haut à g., Monsif; 8min. après, on traverse un vallon; à 4 min. un khân en ruine, aussi dans le haut; à 25 min., 'Amkeidj un lit de rivière et deux khans; à 12 min., un autre khân; dans le haut, quelques maisons et des jardins avec des palmiers; 7 min. plus loin, vue sur la grande baie jusqu'à Beyroût ; au-dessus, la chaîne du Liban avec le »Sannîn. lô min. plus tard, encore à g., dans le haut, une vieille église. A 13 min., un khân et le lit d'une rivière; 10 min. au delà, dans le bas, une grotte sépulcrale; 7 min. après, on longe les murs d'enceinte pour arriver au grand khân à TË. de la petite ville de
Djébeil. ^- Histoire. Djëbeil s'appelait dans Tantiquité Gébal, et la Bible fait mention de ses habitants, les Giblites, comme gens habiles à travailler la pierre (III Rois v, 18) et experts dans la construction des vaisseaux (Ex. xxvii, 9). Les Grecs changèrent le nom de Gébal en Byblos. Les Giblites étaient parents des habitants de Beyroût. Philon était de Byblos ; il nous fournit dans ses écrits dont nous ne possédons plus que des fragments (Sanchoniathon) , des renseignements précieux mais non toujours dignes de foi sur la Phénicie; d'après lui, cette ville serait une des plus anciennes du monde et aurait été fondée par Ba'al Kronos lui-même. Le culte d'Adonis s'établit surtout à Byblos, et sans doute antérieurement à celui de Ba'al Kronos (El). Ce dernier passe pour avoir régné sur la Phénicie, et ce ne fut que plus tard que son culte venu du S. se développa ici et s'y confondit avec celui d'Adonis. Le culte d'Adonis, à son tour, se rattachait à celui de la Baaltis syrienne (Aphrodite, Vénus) et avait de l'analogie avec le mythe d'Osiris et d'Isîs. La fête de la mort d'Adonis avait lieu au cœur de l'été, et par conséquent cette divinité est identique à Tammouz (Ëzéch. viii, 14), car celui-ci désigne aussi la chaleur de l'été. Cette fête désignait sans doute dans le principe la mort de la nature par l'effet des ardeurs du soleil de l'été. Adonis est tué par un sanglier, son sang teint la rivière; puis il est cherché et ressuscité par Aphrodite. Ce culte se répandit de Byblos jusqu'en Grèce et en Italie. On faisait des pèlerinages à Byblos. Il y avait aussi une fête d'Adonis au printemps. — A une époque plus récente cette petite ville devint insignifiante. Elle ftit prise par les croisés en 1108 (elle s'appelait alors Giblet), fut reprise par Saladin en 1188 et tomba une seconde fois au pouvoir des Francs. Cette localité n'a aujourdhui que quelques centaines d'habitants ; le district compte, d'après la carte française, 17,5(X) maronites, 1,500 grecs-orthodoxes et 200 musulmans.
11 y a partout un grand nombre de fragments de colonnes. L
biO Route 31. DJÉBEIL. De Tripoli
château est un bel édifice. La tour principale présente de gros bloos de pierre^ aux angles S.E. et S.O. Au N.B., du côté du cimetière, se voient, dans la muraille, un fragment de sculpture et deux petites oolonnes. Cependant M. Renan, pense devoir conclure de l'ensemble de ce château , même abstraction faite de ses saÛes à ogives, qu^il a été construit au temps des croisades avec de vieux matériaux. On y entrera de préférence du côté 0. et Von sortira du côté N., par les Bubstructions en suivant l'escalier.
11 y a aussi au bazar beaucoup de débris de colonnes. — A TO. de la ville se trouve une belle église du commencement du xii*' s., Véglise St-Jean, appartenant aujourd'hui aux maronites. Elle a trois nefs fcomp. p. 128); celle du milieu est voûtée, avec des chapiteaux qui sont une espèce d'imitation gothique et sur les côtés desquels il y a encore, dans le haut, de petits ornements. Les arcades sont en ogive , les fenêtres à plein cintre avec des colonnettes à l'extérieur. Les fenêtres en ogive des absides sont murées et le portail est restauré. Au N. un petit baptistère est adossé à Véglise. Sa coupole hémisphérique repose sur quatre arcades en ogive, dont chacune est ornée différemment. Il règne tout autour une corniche avec des modillons. — Une autre église à VO., dédiée à Ste Thècle, a d'élégantes petites coupoles. Une troisième , dans une maison , date, selon une inscription, de 1264. — Au port, il y a des monceaux de colonnes dans la mer ; il était protégé par des fortifications bâties sur les îles situées en face.
M. Renan a découvert aux environs de Djébeil de vastes nécropoles d'espèces très différentes , beaucoup de sarcophages et même des antiquités ég>'ptiennes. C'est surtout ici que se trouvent les cippes avec ornements en forme de degrés. M. Renan y a aussi trouvé le globe ailé, qui est un motif phénicien. Une particularité curieuse, c'est qu'il y a dans les rochers, surtout dans la nécropole du S., des trous ronds qui ne sont ni des soupiraux ni des lucarnes car ils vont en se rétrécissant; ils sont ordinairement recouverts d'une pierre et le sol en est tout criblé à certains endroits. Il y a une grande grotte sur le bord de la mer au S. de Djébeil et beaucoup de tombeaux et de pressoirs à 10 min. à V£. , près de Kassoûba. La chapelle qui est à cet endroit a été construite de vieux matériaux. M. Renan a découvert derrière Kassoûba les fondements
d'un grand temple, très probablement celui d'Adonis. Un peu plus loin, au N.E., sont des grottes dont une partie ont des niches sépulcrales. La chapelle Séiyidet Mât Nouhra au N. est une grotte intéressante avec un escalier. — A3 min. au S. du khân, à dr. et surtout II g. de la route de Beyroût se trouve une grande nécropole, dont beaucoup de tombeaux sont toutefois remplis de sable.
Continuant à marcher vers le S., on rencontre à 12 min. de Djébeil, un pont et des ruines ; 22 min. après, un autre pont ; à g., dans le haut, le village de Mé^aiiê; 4 min., une tour àdr. ; 26 min., un khàn et dans le haut le village de ^fôiâf ; ô miti. après^
àBeyroûi. GHAZtR. Route 31. 541
des grottes sépulcrales % g. ; puis un deuxième khan et enoore % g. dans le haut JJeir Mâr DjUrdJia. Ensuite on arrive au Nahr Ibrâhîm ( Adonis j p. 533), qui sort d'une gorge sauvage. 19 min. après, le chemin passe sur un haut pont pavé. Il y a en cet endroit beaucoup de khans; à 11 min., Mâr Doubtt; à 11 min., un khân; à 10 min., le khân Bououâr; à 2 min., à dr., des grottes sépulcrales; à 16min., le village de Berdja^ près d'une petite haie ; à 13 min., un khân; on voit se dérouler la grande baie de Djoûné et dans le haut, se montre le village de Ghazîr. Une voie romaine pratiquée dans le roc et pavée fait le tour de la montagne. En 37 min. , on atteint Ma'amUttin, d'où un chemin monte à Ghazîr, et 20 min. après, on
rencontre une route inachevée allant aussi sur Ghazîr.
Excursion au Nahr el-Kelb par Ghazir et 'Aïn Ouarka. — On arrive à Ghaslr en 1 h. , par un chemin escarpé. La vue sur la baie de Djoûné et de Beyrout rappelle celle de Naples. Le coup à'ceil de la terrasse des capucins (Italiens) est très beau, et Ton a un panorama encore supérieur du toit de l'institution des jésuites, à TE., sur la vallée et sur les montagnes. De Ohazîr (il est bon de prendre un guide), on monte au S.K. IJans le haut est un poste ^ à 15 min. de là, on est en face d'aune vallée; sur la montagne de Tautre côté, le couvent arménien de Mdr Antâniou*^ qu'on atteint en 15 min., et lô min. après, on est dans le fond de la vallée, où il y a une source célèbre. 8 min. plus tard, on arrive par un mauvais chemin au village de Dj'ndnér. A 27 min. de là, on voit le couvent maronite de 'ÂXn Ouarka dans une gorge pittoresque couverte de pins d'Italie, et Ton y est 13 min. plus tard. A 10 min., Ôhousta; les montagnes sont verdoyantes et admirablement cultivées jusqu'au sommet; on monte du côté g. de la vallée, puis on marche de niveau. A 40 min., on contourne un angle-, dans le bas, k dr., le village de 'Aima ; on voit de nquveau Beyroût \ la vallée est escarpée. Au S., dans le bas, le village iie Dera'oûn ; on aperçoit déjà ^Antoûra: dans la plaine, tout près les uns des autres, les villages de Djiyûni^ Qhadir^ Sarba^ Hâret Sahen. 36 min., on suit à g. la pente de la montagne. A 18 min., on voit le beau couvent de Bkourkéy oii demeure quelquefois le patriarche maronite. Passant à côté, on atteint en 14 min. le fond du Ovâdi lAntaûray près d'un moulin, et 25 min. après , en montant un peu, le grand couvent de'Antoùra. Ce couvent a été fondé par les jésuites à la tin du xviie s., mais il a passé plus tard aux mains des lazaristes, qui y dirigent encore un grand établissement d'éducation. Au N.E. se voit le village de BzoMnmar. Dans le voisinage, au S. du couvent, près du Nahr el-Kelb sont des grottes intéressantes et de grandes cavernes. Pour les visiter, il faut de la lumière et des cordes. Elles sont à environ 2 h. au-dessus du Nahr el-Kelb. Descendant à l'O. de ^Antoûra, on laisse au bout de 15 min., à g., Beir el-'A$în; à dr., Bêir el- Bechûra. De l'autre côté de la vallée, à dr., Bkourké. On atteint en 5 min. le gros village de Zoûk; 90 min. après, on est sur la grande route de Beyroût; puis on longe l'a rivière à g. jusqu'au khân près du Nahr el-Kelb (20 min.).
Du pont antique sur le Nahr Ma'amiltein, on fait le tour de la belle baie de Djoûné, formée par un grand amphithéâtre de montagnes. A g., sur le bord du chemin sont des pierres milliaires romaines. Le village de Djoûné (station télégraphique turque) avec une espèce de port, est situé 28 min. plus loin , sur la gauche , au milieu d'une magnifique verdure. Ensuite viennent quelques maisons à dr. et un grand nombre d'autres à g. Plus tard , on volt le village de ZoÛk MikâU ; puis ZoÛk Motubahy et Ton est en ÔO min. au pont du Valir el-Kelb.
bA2 Route 31. NAHREL-KELB. I>e Tripoli
Le Nahr el-Kelb (rivière du chien), qui sort da SannÎD, était nommé par les Grecs Lycos (riv. da loup). D'après la tradition, il y avait ici un gros chien en pierre qui aboyait à l'approche de Tennemi. On montre encore au plus haut point du défilé un rocher dans la mer que Ton dit être un morceau de la statue qui a été renversée. Cette tradition semble née de la crainte que Ton éprouvait à traverser cet étroit passage.
La rivière se jette dans la mer en sortant d'un ravin verdoyant. En venant du N., on tourne à g. dans ce ravin, à côté d'un aqueduo qui est couvert d'une végétation luxuriante. On peut traverser la rivière à gué en été. Il y avait ici , sans doute , dès les temps les plus reculés, un pont, qui, d'après une Inscription arabe gravée à son pied, sur une grande table qui fait partie du rocher, a été reconstruit pour la dernière fois par le sultan Sélim I^r (flls de Bajasid II), conquérant de la Syrie (m. en 1520). De l'autre côté de la rivière, contre un plus petit pont en ruine, se trouve une belle inscription latine d'après laquelle le passage qui commence à cet endroit a été pratiqué dans le roc par ordre de l'empereur Maro-Antonin (161-180). Cet empereur y étant désigné comme vainqueur des Germains, cet ouvrage ne peut avoir été fait que dans les quatre dernières années de sa vie.
n y â encore une inscription latine près du khân qui est à l'entrée du défilé. La voie romaine qui passe sur la montagne est aussi pratiquée dans le roc vif et pavée de dalles qui sont aujourd'hui disjointes, ce qui rend le chemin mauvais. Le rocher fait ici saillie dans la mer; la route qui forme une montée escarpée, est à 30 m. environ au-dessus de la surface de l'eau. Un chemin plus ancien contourne le rocher dans le haut : on y voit de curieuses
sculpiurts.
Ou compte en tout 9 tables taillées sur la paroi du rocher, et couvertes de sculptures ; 3 d'entre elles ont été reconnues d'origine égyptienne et 6 d'origine assyrienne. Quelques-unes ont une sorte de moulure. A partir du N., on trouve d'abord, un peu au-dessus du khftn, une table avec corniche mais sans bas-relief. La ir« est dédiée à Ptah, dieu de Meraphis. Sur la 2«, à 6m. environ à droite (8.), on reconnaît facilement une figure assyrienne la main droite levée. La 3«, à 2m. environ, présente une figure assyrienne très fruste, dont on ne distingue que la iete. La 4e, à une vingtaine de mètres de distance sur le côté de l'ancienne route, est arrondie dans le haut et présente une figure assyrienne fruste. La 6«, plus élevée et à une distance d'environ 3i)m., arrondie de même, porte aussi une figure assyrienne. La 6«, immédiatement à côté, est surmontée d'une corniche. Lorsque la lumière est très favorable, on y voit la tête d'un dieu et sur sa droite un roi qui fait une ofirande. La 7e, environ lôm. plus au S. , est arrondie aussi dans le haut et présente une figure de roi assyrien de grandeur naturelle, c'est le bas-relief le mieux conservé. La 8e, à environ 33m. au-dessus, est un grand cadre où Ton a cru reconnaître deux petites figures dans le haut et des hiéroglyphes sur le bord. A côté, la 9» également arrondie dans la partie supérieure, renferme la figure d'un roi assyrien avec une barbe bouclée, une robe, le bonnet persan et un sceptre à la main gauche qu'il tient sur la poitrine: comme dans toutes les autres figures assyriennes de ce genre, la main droite est étendue et semble donner quelque chose. Ce cadre contient de plus des caractères cunéiformes et une inscription en souvenir de l'expédition française de 1860. ■— Les tables égyptiennes, la !'•, la 6e et la 8e ont dans le haut, on ne sait pourquoi, des trous pour des crocheta. D'après Lepsius, elles se rapportent à diverses expéditions de
àJieyroût. NAHR EL-KÈLB. Route 31. 543
Sésostris (Ramsès II), qui vivait dans la seconde moitié du xiv« s. av, J.-C. La 6e est dédiée a Ra, le dieu du soleil ; la 8e à T Ammon de Tbèbes en Egypte. Layard considère les cadres assyriens comme Tœuvre de Sennachérib, dont il a lu le nom dans les inscriptions du reste très frustes. L''expédition de Sennacbérib en Syrie eut lieu en 701 av. J.-C. !Nous ne saurons sans doute jamais rien de plus précis au sujet de ces sculptures.
On peut aller de Beyroût au Nabr el-Kelb en 1 b. V2 ^^^ ^^^ barque {Jo fr.) ; mais les chevaux sont préférables. Des deux côtés de la rivière sont des khâns où Ton trouve des mets arabes. Pu khân situé sur la rive droite, on a une vue générale de la gorge.
Du Nahr el-Kelb, on traverse le défilé par un mauvais chemin et l'on arrive en 23 min. à un khân d'où l'on suit le rivage de la mer; quelques minutes plus loin, à g., se trouvent sur la route les bâtiments de la compagnie des eaux de Beyroût (p. 464); travaux intéressants. Après avoir franchi le passage, on a un beau chemin et Beyroût toujours en vue. Il y a un grand nombre de villages sur la montagne à g. £n 37 min., on est à l'embouchure du NahrAnteliaSj probablement ainsi nommé d'après le village de St-EUas, situé plus haut. Le ruisseau vient du 8annîn(p. 527) ; sa rive méridionale s'avance dans la mer. A 37 min. plus loin, on quitte le rivage sablonneux ; le ruisseau qui est à l'angle de la baie s'appelle Nahr el-Môt (rivière de la mort).
En s' avançant un peu dans l'intérieur des terres , on arrive en 23 min. au pont principal sur le Nahr Beyroût^ le Magoras des anciens. Ce pont est formé de 7 arches et fut bâti , dit-on , ou restauré par Fakhr ed-Dtn. Ici commencent les maisons de Beyroût (cafés). Au bout de 15 min., on voit à g. de la route les restes d'une chapelle de St-Georges, d'où la vaste baie de Beyroût tire son nom de baie de St-Georges. 15 min. plus tard, on arrive du N.E. sur la place des Canons (p. 466), d'où il y a encore un bon quart d'heure de marche jusqu'aux hôtels situés à l'O.