De Daniftft à Palmyre
La visite de Palmyre demandait autrefois des pourparlers longs et désagréables avec les Bédouins de la tribu de Béni-SaVa, qui, pour accorder une escorte, poussaient leurs exigences jusqu'au ridicule. La cbose est considérablement plus facile depuis 1870, où Ton a avancé le cordon militaire d'AIep jusqu''à Palmyre même, tout le long de la frontière du désert de Syrie; les frais surtout sont beaucoup moins considérables. On peut maintenant avoir une escorte de soldats turcs et Ton n'est plus exposé aux tracasseries des Bédouins rapaces. Il faut compter pour cbaque cavalier 2 fr. par jour, qu'on fera bien de donner soi-même. Si Ton est content de ces soldats, on leur donnera volontiers à manger et du tabac en se gardant toutefois de les gâter dès l'origine (on sera étonné de voir combien ces gens mangent peu). En 1873, on pouvait aller sans escorte jusqu'à mi-chemin, c.-à-d. jusqu'à Karyatên, et là on recevait du pacha , sur la recommandation du consul quelques hommes à cheval. C'est au commandant de Karyatên de déterminer, suivant les circonstances du moment, le nombre de cavaliers nécessaires à la sûreté du voyageur
Epoque du voyage. La chaleur est considérable dans le désert du milieu de mai au commencement d'octobre ; il y peut faire très froid eu hiver, parce que cette contrée est située à une certaine altitude, de
544 Route 89. PALMYRE* Ùe Damas
sorte que le mois d^avril est le plus convenable pour cette excursion. — Quant au désert même, v. Tlntroduction, p. 48.
Ce tour à Palmyre ne peut guère se faire sans drogman ou du moins sans cuisinier et sans tente (contrat, etc., v. p. 21). De plus, on n'oubliera pas de prendre une quantité suffisante d'eau potable, car il n'y ea a pas sur tout le chemin de Karyatên à Palmyre, ou du moins il faut, pour en trouver, faire un détour de 3 h. par la source 'Aïn el-Ou'oûl. On stipulera donc dans la convention que le drogman devra louer à ses frais à Karyatdn des chameaux pour porter Teau^ l'auteur en a payé un 20 fr. pour .5 jours Vsi P^^^ ^ piastres pour trois outres. Les Arabes étant habitués à boire aux outres mêmes, le voyageur fera bien d'en prendre une pour son propre usage. A Palmyre, on ne trouve qu'une eau chaude à 23°, ayant un goût de soufre très prononcé •, cependant elle est plus potable quand on l'a laissée quelque temps dans un vase , et elle est aussi un peu meilleure à 10 min. au-dessous de la source. Il sera donc utile pour cette raison de se munir d'une provision suffisante de spiritueux, dont on se trouvera du reste fort bien, vu l'air très vif du désert.
Distance et montures. — G^est ordinairement de Damas qu'on va À Palmyre. La dernière carte de Burton et Drake indique une distance de l&O milles anglais ou un peu plus de 241 kil. et évalue le parcours à ÔO h. à cheval. L'auteur l'a fait en 44 h. soit 4 fortes journées, avec de bons chevaux. Avec un chameau, on peut arriver à Palmyre en 3 ou 4 jours -, à cheval , il en faut un de plus. Les haïies pour la nuit se font ordinairement à Djéroûd (8 h. V<; ▼• P- ô46>, à Karyatên (12 h.; p. 546), où l'on trouve au besoin un logis chez le Khouri catholique, le curé, et au Khân el-Lében (13 h.), d'où il y a encore 9 h. 1/2 de marche jusqu'à Palmyre. Au lieu d'aller à cheval en faisant porter ses bagages par des chameaux, on peut aussi prendre un chameau comme monture, si Ton en trouve un bon, avec une bonne selle.
Les chameaux dont on se sert comme montures appartiennent à une espèce particulière^ l'Arabe les appelle dhéloûl (dociles). Les dhéloûls proprement dits sont des bêtes de choix, d'une race noble et beaucoup plus beaux que les chameaux de somme ordinaires des caravanes. Les meilleurs viennent du Net^jd, plateau central de l'Arabie. On s'informera à Damas (de même qu'à Alep) s'il y a des gens de la tribu des 'Agêl. Cette tribu, transplantée jadis du l^edjd à Bagdad, fournit les meilleurs chefs de caravane et les meilleurs chameliers de la contrée. A Damas, ils logent près de la porte Chaghoûr ou campent devant cette porte (p. 501). Il faut faire aussi avec eux une convention pour tout le voyage, en fixant exactement la route à suivre et en se réservant le droit de déterminer la durée des haltes à différents endroits. Il est d'autant plus facile d'obtenir la dernière condition que ces gens ne connaissent pas la valeur du temps, au lieu que les loueurs de chevaux comptent exactement les jours. Un seul chameau pour le voyage de Palmyre, aller et retour, se loue environ 1(X) fr. ; mais on ne peut rien dire de précis à ce sujet, car le 'Agêl augmente ses exigences dès qu'il s'aperçoit qu'on cherche des chameaux.
La selle qui se place sur la bosse de l'animal se compose d'un appareil de bois d'où sortent deux pommeaux élevés et arrondis entre lesquels est un coussin de cuir. Il y a un second coussin sur le devant du pommeau antérieur. On s'assied sur cette selle comme sur une selle de dame, en passant une jambe autour de ce pommeau antérieur et en plaçant le talon d'un pied sur le cou-de-pied de l'autre ^ on alterne lorsque le besoin s'en fait sentir. On excite l'animal avec le talon ou avec une houssine. Les chameaux marchent habituellement à la file, d'un pas mesuré mais long, cherchant toujours à attraper de l'herbe à droite et à gauche, ce dont on ne saurait les empêcher. Le trot et le galop de ces animaux sont désagréables. Un chameau peut porter dans une litière deux personnes et même davantage, ou bien un voyageur et ses bagages. Pour commencer on a de la peine à se mettre en selle. On saisit les deux pommeaux et l'on met un genou sur le coussin, tandis qu'on passe l'autre jambe pardessus le pommeau de derrière. Le chameau a l'ba-
à Pcdmyre, DOÛMA. Route S2. 545
bitudc de se lever pendant que Ton monte; le chamelier Ten empêche en mettant le pied sur Tune de ses jambes de devant qui sont repliées. Les mouvements que Tanimal fait en se levant sont toujours violents, et le novice doit se tenir ferme aux pommeaux; le chameau commençant à se lever sur le train de derrière, on s''appuiera en arrière, puis en avant au second mouvement. Une monture de ce genre est très agréable ; lorsqu'on y est habitué, on préfère le chameau au cheval pour un long voyage. Il est facile de lire sur un chameau, et il n'^est pas nécessaire de tenir les rênes.
'Du Bâb Toûnvt (porte St-Thomas, p. 505) , on s'avaiioe entre des vergers sur la route large et pavée d'Alep. Le chemin est ombragé par de magnifiques noyers. A 12 min. de distance, à g., la Zênabîyé, fontaine d'oïl vient, dit-on, la meilleure eau de Damas; un cafetier vous offre le coup de l'étrier. A 4 min. de là, un chemin se détache à g. ; on suit la direction du télégraphe, en vue des montagnes nues situées sur la gauche, et que masquent parfois des vergers verdoyants. Le chemin s'élargit et le pavé cesse au bout de 14 min. 48 min. après, on arrive au village de Harestat el-Basal. Le grand bâtiment en terre avec un dôme est un pressoir à huile. Cette contrée produit beaucoup d'olives ; la récolte se fait eii décembre. Au bout de 40 min. , on voit le gros village de Douma. Il n'y a plus d'arbres, on arrive en pleine campagne. A 30 min. plus loin, une source abondante; à l7 min., quelques maisons avec un petit château ; h. 20 min. le village de'Adhrâ, à dr., dans un fond et entouré de verdure.
Près de 'Adhrâ, part la route qui mène à poumêr où se trouve un temple romain; à 1 h. à TE., dans le voisinage' dVï-^AiV&^, on voit les ruines d'un grand castellum (fort) romain. De Donmêr, on peut avec des chameaux, en traversant la steppe syrienne, atteindre en 8 j. TËuphrate près d'Hît, et de là, Bagdad au bout de 3 j. Le courrier anglais (p. 44) fait en 8j. le tour de Damas à Bagdad.
Près de 'Adhrâ commence le désert ; on tourne davantage à g. (N.), du côté des montagnes. Le sommet arrondi qu'on aperçoit de loin, même de Damas, s'appelle Thénîyet AhouWAtâ, le col d'Abou'l-'Atâ. Au bout de 1 h., on atteint plusieurs oaravanséraïs. Le plus grand, dit Khân el-Asâftr (khan des moineaux), est de date récente; cependant il est dépourvu d'eau. Le chemin monte lentement et devient plus pierreux. A 25 min., une citerne avec de mauvaise eau de pluie, à g., et des ruines à dr. 21 min., un chemin qu'on laisse à g. Dans le fond de la vallée, une antre citerne. 33 min. , encore un khân en ruiire (Mathnà el-Ma'loxUi). Le village de Ma'loûia (v. p. 564) est situé à 2 h. V2 ^^ distance, au N.O., de l'autre côté de la plaine. On aperçoit au loin devant soi ceuxd'Az7a et d'ci-Jfbwtei/é, et l'on arrive à ce dernier en 1 h. 5 min. du khân Mathnâ. Le beau khân d'el-Kouteifé , bâti en pierres de taille, date de l'an 1000 de l'hégire (1592). Le village a de riches vergers. On passe des murailles en ruine , on laisse plus loin un chemin à g. (10 min.) et l'on atteint en 32 min. le village de Mou'addamîyé. Des vestiges d'une vieille muraille munie de tourelles s'étendent dans la direction d'un autre village. Après 1 h. de marche on trouve à dr. des excavations daiis le sol, restes d'un vieil
546 Route 32, DJÉBOÙD. De Damas
aqueduo qni commence au pied de la montagne. Cet aqueduc est dans le système persique, dont nous retrouverons l'application dans le voisinage de Palmyre ; il est tout à fait souterrain, en maçonnerie, assez grand pour que l'on puisse y circuler et perce de 15 en lôm. de regards qui permettent d'y descendre (degre's) pour le nettoyer. Après avoir marché encore 1 h.^ nous arrivons à
Djéroùd, dont les jardins s'aperçoivent de loin. A dr. , à quelque distance , un lac salé qui est quelquefois à sec. Le village de Djéroûd est grand, mais tout à fait moderne; il a trois mosquées et paraît assez propre. La langue et les mœurs des habitants, dont le nombre est évalué à 2000, sont analogues à celles des tribus nomades. On passe ordinairement la nuit dans cette localité dont le
nom ancien est Oéroda.
Une route conduit directement à Palmyre au N.Ë.., mais on ne peut en profiter qU''avec des chameaux, parce qu''on ne trouve point d'eau sur ce long parcours de 37 h.
Notre chemin suit plus loin une large vallée, entre deux chaînes de collines dénudées. En 25 min. , on atteint le petit village de 'Atni, où il y a une source. Il faut y prendre de l'eau pour toute la journée, car ou quitte le pays cultivé pour un espace de temps considérable. Contrée triste et monotone ; à dr. , des collines de sel ; le sol n'est couvert que d'herbes sèches et ligneuses , qui n'offrent de nourriture qu'au chameau ou qui sert parfois de combustible. Au bout de 2 h. 40, on laisse sur la droite , à 10 min. environ, le khan ruiné dit Khân el-Abyad (kh. blanc"); on se rapproche un peu plus des hauteurs de droite; 1 h. ÔO min. après, on passe devant un tas de pierres qui semblent provenir de ruines. 1 h. plus loin, à g., un khân en ruine sans eau. Les collines à g. sont couvertes de croûtes de sel. Après une marche de 2 h. 45 min. , on quitte le bord de cette chaîne de montagnes et l'on arrive sur un plateau assez élevé. Au N.O. se voient des hauteurs qui semblent fermer la vallée. Au bout de 3 h. 10 min. (si l'on a bien marché), on atteint le village de
Karyatên. On rencontre d'abord des ruines , puis des vergers. Le meilleur endroit pour dresser la tente est à l'O. , sur les aires. Les habitants de ce village sont musulmans ou chrétiens , et ces derniers sont catholiques , maronites ou grecs. Il y a tout autour de riches jardins où l'on cultive même la vigne. — Karyatên est célèbre parmi les Bédouins comme lieu spécial pour la guérison des possédés. Le traitement qu'on leur fait suivre est des plus simples, on les laisse enchaînés dans une chambre pendant la nuit; le lendemain on les trouve délivrés de leurs chaînes; ils demandent à manger et sont guéris ; mais s'ils ne paient pas leur cure, ils ont une rechute I
A 15 ou 20 min. àTO. se trouve un sanctuaire également vénéré des musulmans et des chrétiens, nommé Mâr Elyàn ou ^r Ahmed. Il semble quMl y ait eu là autrefois un grand couvent. De la couir, on entre par une porte basse dans une petite chambre obscure (il faut de la Inmiere) où est un vieux sarcophage sous ui| bi^lda^uin. 11 est dépourvu d'uruQ-
àPalmyre. KARYATÊN. Route 32. 547
Hienio^, mais il porte des inscriptions syriennes, probablement dues à des pèlerins. Le saint qui repose en ce lieu est né, dit-on, dans le Nedjd et fut nn homme très pieux; il aurait donné Tordre de mettre ses dépouilles mortelles sur une voiture et de les inhumer là oîi s^arrêteraient les animaux attelés au véhicule. Dans une chambré voisine est un oratoire avec une belle porte en bois sculpté (gazelles). Ce sanctuaire .semble fort ancien; on y remarque des chapiteaux et des fragments de colonnes qui sont antérieurs à Tislamisme.
Au S., à 20 min; du même couvent dans le désert, contre la colline, est une Masyada^ long enclos entouré de murs comme les paysans ari!ibes en ont pour prendre les gazelles (v. p. 57). Il y a des ouvertures dans les murs et des fosses profondes en dehors. Pour prendre ces animaux, on les chasse dans ces enclos où ils s''élancent par les ouvertures afin de sYchapoer et se cassent les jambes.
A 3 h. an X. de IKaryaten se trouvent des bains de vapeur naturels d^une très grande vertu contre la goutte et le rhumatisme. Ils portent le nom de Hammàin Belkts (Bains de la reine de Saba).
Après Karyaten , le chemin de Palmyre suit la direction de l'E.N.E., dans une grande vallée déserte ànDJébel er-Rououâk. On trouve encore un peu d'eau à Y2 ^' de distance, dans un vallon, et V2 h. plus tard, des traces de route à g. Le chemin est très uniforme ; la plaine est coupée de temps en temps par un lit de rivière à sec. A un peu plus de 7 h. de Karyaten, on arrive à un vieux château en ruine nommé Kasr el-Hêr, dont la grosse tour s'aperçoit, de fort loin. Il y reste encore de grands murs percés de fenêtres ; ces ruines sont habitées par une multitude d'oiseaux. Des voyageurs ont prétendu reconnaître aux murs des croix de Malte. Il y a beaucoup de pierres de construction sur le sol avoisinant, et même des morceaux de marbre. (C'est d'ici que, si l'on manque d'eau, il faut faire le détour de 3 h. mentionné p. 544 pour aller, du côté des montagnes de l'E. , jusqu'à la source de ^Aln el-Ou^oûl^ la source du bouquetin.) Après 4 h. 15 min., on traverse le petit Ouâdi el- Mouthera^ qui est regardé comme se trouvant à mi-chemin entre Karyaten et Palmyre. A 1 h. 40 min., les ruines du Khân el-Lében (laiterie). Le sol est partout couvert d'herbes ligneuses et quelquefois complètement miné par les «souris sautantes» ou gerboises, en arabe yerboû' (p. 57). Il fourmille aussi d'une multitude de lézards et de petits serpents qui s'étalent au soleil.
La chaîne de montagnes à g. se nomme le Djebel el-Abyad; une hauteur située devant nous semble fermer la vallée. Après 7 h. d'une marche ennuyeuse , on voit de loin en dehors de Palmyre, une tour de garde qu'on met encore 2 h. 10 min. à atteindre. Il y a encore ici des traces d'aqueduc. Sur une colline à g. se voient des ruines. Nous traversons un vallon où sont des tours sépulcrales , et nous apercevons au bout de 5 min. , dans un vaste bas-fond le temple du Soleil de Palmyre et sa colonnade, et sur une montagne à g., le château fort musulman. Les animaux sentent qu'ils ont atteint le but du voyage; ils hâtent le pas pour arriver à l'eau.
iPalmyre (Toudmour). — Les meilleurs endroits pour dresser la tente sont dans les vergers ou devant la porte du temple, près de la mosquée, parc« qu'il y a dans I9 voisinagQ des soldais, dont la présence est avan-
548 Rouie .32. PALMYiRE. De Damas
iageuse auafli pour la sûreté des chevatix. Il y a à Palmyre an boucher, cher, lequel on pent avoir de la viande de mouton; il s^'y trouve même un épicier qui vend du pétrole.
Les habitants de Toudmour, comme ceux de toutes les autres localités où il y a des ruines considérables, ont été gâtés par les étrangers (on pent recommander comme guide un certain As'ad). Quant aux antiquités qu'ils oifrent, on notera que les monnaies sont pour la plupart des pièces romaines, grecques ou arabes, généralement mal conservées. Les pièces avec des lég'endes en écriture palmyrienne, du genre de celle qui se trouve sur les tombeaux, sont précieuses, de même que les lampes et les pierres taâllées avec des inscriptions du âiême genre. Les gens offrent aussi beaucoup de bustes et de têtes en haut relief, d'un travMl généralement un peu grossier. On paiera tout au plus 6 à 7 piastres pour utae lampe d'argile et 30 à 40 pour un buste.
Histoire. — L'opinion que la ville de Tadmor aurait été fondée par Salomon est basée sur un passage de T Ancien Testament (III Rois, ix, 18^ comp. le passage parallèle de II Par. viri, 4): «Et Salomon bâtit Tadmor dans le désert, dans le pays». Néanmoins, malgré tout le respect que nous avons pour les saines traditions populaires, nous sommes obligés de nous ranger, au sujet de ce passage, du coté des meilleurs critiques Ifen reconnaissant que le d du nom Tadmor doit être une faute, et que les mots «dans le pays» montrent qu'il ne pent pas être question ici de Tadmor, située fort loin à l'E. dans la Syrie moyenne, naais qu'il faut lire Tliainai\ nom d'une localité sur la frontière méridionale de la tribu dé Juda (E'/.éch., xlvii, 19). L'ensemble du passage de la Bible indiqué bien une ville frontière dans la situation occupée par Thamar (p. 317). Il est toutefois probable que Tadmor est une localité très ancienne, «oit quant à sa position, soit quant à son histoire. Il semble en effet que rétendue du désert de Syrie fut la même dans l'antiquité qu'aujourd'hui, si ce n'est qu'autrefois la culture s'étendait décidément plus loin en certains endroits. Pour cette raison, Tadmor était le lieu de passage naturel des caravanes, à cause de sa source*, aujourd'hui encore, les caravanes marchandes, qui se rendent de Damas à Bagdad, passent à Palmyre, parce qu'il y a trop peu d'eau sur la route directe. Son climat fit aussi que cette ville devint une place importante de commerce; mais elle n'est connue toutefois comme telle que vers le commencement de notre ère. Elle servait alors d'intermédiaire à l'Occident pour le commerce de la soie et d'autres produits des parties orientales de l'Asie. Antoine y fit une incursion en l'an 34 av. J.-C, mais les habitanis mirent leurs'richesses en sûreté de l'autre côté de l'Euphrate, oii ils avaient dans les Parthes de fidèles amis. A cette époque florissait aussi, au delà de rEu|>hrate, à quatre jours de marche au S. de l'ancienne Ninive, l'antique Hatra, place de commerce, située comme Palmyre entre deux puissants voisins et pareillement remarquable par ses monuments. La prospérité de Palmyre était à son apogée au troisième siècle de l'ère chrétienne. C'était alors, sous ce nouveau nom qui date de la période grecque, une république sous le protectorat de Kome et elle était la capitale d'un pays appelé la Palmyrène. Quoique faisant partie d'une province romaine, les Palmyrènes semblent avoir suivi une politique habile à l'égard des Romains. Odénat, l'un de ses princes leur rendit surtout de grands services dans leur lutte contre Sapor, roi des Perses. Avant cette guerre, il avait déjà pris le titre de «roi» (rex); depuis, il s'attribua aussi la dignité impériale. Mais Odénat mourut assassiné et laissa le pouvoir à sa femme Zénobie (267). Cette princesse est célèbre dans l'histoire par ses grandes qualités; elle avait l'esprit guerrier et elle était très instruite. C'est elle qui porta la prospérité de Palmyre à son apogée; la civilisation gréco-romaine y trouva plus que jamais accès sous son gouvernement. Le peuple parlait encore araméen, comme le prouvent la plupart des inscriptions, mais les classes supérieures de la ville étudiaient et comprenaient le grec et le latin. L'extension de la domination de Zénobie sur la Syrie, la Mésopotamie, et même sur une partie de l'Egypte, et son ambition amenèrent sa chute. L'empereur Aurélien marcha contre elle, battit ses troupes à Hœmç et assiégea sa capitiUe. Zénobie prit la
ÙPalmyré, PALMYRE. Rouie 39, 549
fuite mais fut faito prisonnière (en 273) et orna le triomphe de Teiupereur à Borne. Les Palmyrènes qui s'étaient rendus et avaient reçu une garnison romaine, se révoltèrent bientôt après-, alors Aurélien détruisit leur ville et en fit massacrer un grand nombre. Cen fut fait désormais de la prospérité de Palmyre. Ses murs et son temple du Soleil furent il est vrai relevés, mais il est cependant à supposer que les monuments dont nous admirons encore aujourd'hui les restes ont été bâtis avant cette destruction. Plus tard ce ne fut plus qu'une ville frontière du côté du désert. Justinien établit contre les Arabea des fortifications à Palmyre.
Un autre peuple, en effet, le peuple arabe, s'était déjà depuis longtemps avancé vers le nord. Une chose qui mérite d'être mentionnée, c'est qu'un grand nombre de noms des inscriptions grecques du Haourân comme de Palmyre, sont de vrais noms arabes. Les nouveaux venus se sont probablement mis à la solde des habitants de cette ville comme de ceux de Hatra. Les enfants simples et ignorants du désert ont été facilement portés à voir dans les grandes constructions de Palmyre l'œuvre des Djinns (les démons), et il existe encore à ce sujet des vers curieux d'un poète arabe Nâbigha ed-Doubyâni, qui séjourna longtemps dans le désert de Syrie avant l'époque musulmane.
Les conquérants musulmans passèrent à côté de Palmyre en la respectant^ mais elle souffrit en 74Ô de la guerre entre les Ommiades et les Abbassides. Néanmoins elle conserva encore de l'importance, car sa situation était très avantageuse. Elle eut à subir en 1089 un tremblement de terre qui renversa sans doute beaucoup d'édifices. Le rabbin âenjamin de Tudéla y trouva encore l'an 1173 une importante colonie juive. Palmyre a recouvré sous les Arabes son ancien nom de Tadmor ou Toudmour. Elle a été ensuite oubliée au point que ce fut comme une véritable découverte lorsqu'elle fut retrouvée en 1678, par les membres du comptoir anglais d'Alep. Le plus bel ouvrage spécial sur Palmyre est celui de Wood et Dawkins: »les Ruines de Palmyre, autrement dite Tedmor au Désert». Paris, 1812. Ce livre est un peu suranné, car les deux explorateurs firent leur voyage en 1751. Gomme on le voit par le texte de l'ouvrage et par les belles planches qui l'accompagnent, les ruines étaient encore à cette époque beaucoup plus considérables qu'aujourd'hui -, la photographie est venue maintenant à notre secours pour nous en donner la reproduction la plus fidèle. Il faut encore mentionner un ouvrage français: «Dix jours en Palmyrène», par B. Bernoville (Paris, 1868).
Ruines actuelles. — Pour voir ces ruines uii peu à loisir , deux jours Buftisent à peine.
1. Le grand temple du Soleil sera le premier monument que nous visiterons. 11 était consacre à Ba'al (v. p. 518). Aurt^lien accorda pour le restaurer une somme d'argent prise sur le butin qu'il avait l'ait, mais il est difficile de d<^terminer quelles parties ont été' ajonte'es alors, c.-à-d. vers l'an 273. Ce temple était entouré d'un mur d'enceinte et s'élevait sur une haute terrasse, ce qu'on appelait une »xçrjniçi<. Ce mur d'enceinte avait lô à 16 m. de hauteur et formait un carré de 23Ôm. de côté (^intérieur). 11 n'y a plus que le seul côté du N., qui subsiste, du moins en très grande partie. La substiuction est sans doute encore profondément enfouie dans le sol en maint endroit. Elle est construite en belles pierres de taille, elle a environ 3 m. de haut et elle est de 6 à 7 m. plus large que le mur. Le mur est divisé en pans par 13 pilastres qui existent encore et flanqué de deux groupes de trois pilastres hauts de 21 m. qui produisent l'effet de tours d'encoignure. Toutefois l'angle du N.K. n'existe plus, mais la substruction au contraire existe toujours. 11 en est de même des fenêtres rectangulaires qui
550 Routf3?.
PALMYBE.
De Damna
NOKt entre les pilastres, eenletnent , elles sont en tris grande partie baiidh^ea aven riea pierres ; il est possible d'y trouver nne onverture pour pénétrer dans l'intérieur. -— Des trois autres côtés Aa mnr ■l'enoeinte, il n'y a d'ancien que les soubassements; le reste a éU leoanstruit par les Arabes, qui ont transrormiC le vieni temple
à Palmée. PALMYRE. Route 52. 551
en forteresse, comme Vacropole de Ba'albek (p. 519) ; une espace de fossé a même été oreiisé alentour. Ces parties du mur sont surtout composées de débris antiques , mais le travail a été fait sans soin et elles sont de nouveau tombées en ruine. A TO. se trouve Ventrée principale, oon^truction qui date également de Tépoque musulmane ; elle a un haut portail en ogive ; mais aujourd'hui on n'entre plus que par une petite porte. Comme on le reconnaît à des traces évidentes, ce portail a remplacé le portail antique qui a été détruit à dessein. Les fragments de colonnes qui gisent ça et là en dehors prouvent qu'un grand escalier, probablement de 36 m. 50 de large, conduisait à un vestibule formé de colonnes corinthiennes de 3 m. 65 de hauteur. Ensuite on arrivait à un grand portail à trois baies : les pilastres qu'on voit encore à la tour moderne ne sauraient être là à leur place primitive. En dedans, on ▼oit encore de beaux restes du vestibule antique , avec de riches guirlandes.
A Tintérieur de cette grande cour , la vue est maintenant gênée par les maisons du village moderne de Toudmour. Ce village se compose d'environ 50 huttes, en partie consttuites avec des fragments de colonnes et d'autres matériaux antiques ; on y a tracé de longues ruelles. Il y a deux cheikhs, Fâris et Djâr Allah. Le visiteur peut entrer sans crainte dans les malsons et aller sur les toits ; les femmes de la campagne ne sont pas aussi timides que celles des villes.
De trois côtés régnait à l'intérieur du mur d'enceinte une double rangée de colonnes ; à l'O. , du côté de l'entrée , il n'y en avait qu'une rangée. (Le temple d'Hérode à Jérusalem était bâti de la même façon, v. p. 172.) Ces colonnades étaient reliées au mur d'enceinte par un entablement. Outre les pilastres des encoignures, 11 existe encore des rangées entières de colonnes avec entablement; le nombre de ces colonnes dépasse toujours 50 (seulement 13 au S.), mais il y en avait dans le principe 390. Ce qui reste du mur d'enceinte est, à l'intérieur, richement orné de niches et de fausses fenêtres. La colonnade était éclairée par les fetiêtres déjà mentionnées. Il y avait aussi de petites portes pratiquées dans l'enceinte ; il en reste une qui tourne sur des gonds de pierre. C'est par une porte de ce genre que Zénobie essaya de s'enfuir (p. 548).
Presque toutes les colonnes de Palmyre présentent, au-dessus du deuxième tiers de leur hauteur , une entaille et un piédestal et quelquefois même deux de ces derniers , sur lesquels étaient placées des statues ou d'autres objets de ce genre. On ne peut dire que ces piédestaux soient de bon goût; leur grand nombre était plutôt un signe de décadence ou témoigne du moins que ceux qui les ont ajoutés n'avaient pas l'intelligence de l'architecture romaine.
L'imposante colonnade du temple entourait donc une vaste cour carrée. Celle-ci était pavée de grandes dalles , comme on le voit
i encore en quelques endroits.
552 Route a2, PALMYRE. l>e Damas
Le grand bassin (birké) qu'on y voit servait dans l'antiquité aux ablutions religieuses. Au milieu de cette cour, un peu plus au S. s'élevait sur une seconde plate-forme le temple proprement dit, qui était dirigé du S. au JN. et mesurait 59 m. sur 31. 11 était périptère, G.-à-d. qu'il n'avait qu'un simple péristyle, dont les colonnes, hautes de 15m., ont presque toutes disparu. 11 en reste quelquesunes derrière réditice, à l'Ë. ; elles sont cannelées. Les chapiteaux ont disparu ; ils étaient probablement en bronze et c'est la cause pour laquelle ils ont été enlevés. £n face de l'ancienne entrée dans le mur d'enceinte, à l'O. , entre deux colonnes, se trouve un riche portail par où l'on arrivait au portique. C'est de là qu'on voit le mieux les beaux ornements de la frise du temple, avec ses figures et ses guirlandes. A l'aile occidentale du temple une porte magnifique donne entrée à l'intérieur. Cette partie est percée de quatre fenêtres , et il y en a autant de l'autre côté „ tandis que les extrémités (N. et S.) en sont dépourvues; 11 y a seulement à chacune d'elles deux demi^colonnes en saillie, avec des chapiteaux ioniques. Le portail de la cella est un des plus beaux restes de construction de Palmyre; il a près de 10 m. de hauteur et il est orné avec une très grande richesse. Le linteau est décoré d'un aigle aux ailes étendues, sur un fond garni d'étoiles, avec des génies des deux côtes. Un grand fragment de la corniche est tombé et peut être examiné de près. A l'intérieur du portail gît une grande figure en pierre assez grossièrement travaillée. Le plafond de la cella s'est écroulé , et le toit de la mosquée qu'on y a établie repose sur de mauvaises arcades. La partie la plus intéressante du toupie est l'abside septentrionale. On y voit, dans une niche, une pierre carrée à facettes sur laquelle est tracé un cercle avec les signes du zodiaque et, au milieu, sept pentagones avec des bustes en haut relief ; malheureusement' le vandalisme musulman a fortement endommagé le tout. Quant aux murs du temple, ils sont encore bien conservés. Au S. se trouve aujourd'hui le mihrâb (v. p. 127). Au N., une porte richement ornée doime sur un escalier. Il n'est pas très facile d'y monter parce qu'il manque quelques marches, mais la vue qu'on a du haut est très intéressante : on a un panorama du temple et du village et l'on aperçoit au N. la forteresse sur la montagne. Quel coup d'œil l'on devait avoir de là lorsque la cour du temple était encore intacte avec ses colonnades !
II. De l'autre côté de la place qui se trouve devant la façade occidentale du vieux temple, s'élève un petit édifice moderne, une mosquée qui n'offre pas d'intérêt, mais qui est sans doute bâtie de vieux matériaux; elle s'appelle DjâmV tL-Fadd, On remarquera la façon curieuse dont le minaret est construit sur des fragments de colonnes placés transversalement.
Nous nous dirigeons maintenant vers la colonnade , qui cornmence à 150m. environ de l'angle N.O. du temple. Dans Tintervalle on voit beaucoup de vestiges d'édifices et de colonnes. On
hPalmyre. PALMYR£. Boute 39. 553
est partioulièrement surplis des dimensions d'une grande colonne qui est maintenant renversée. Des chapiteaux gigantesques gisent Và et là. sur le sol ; il y en a un très beau entre la mosquée et la colonnade. A g. sont les restes d'une grande muraille. C'est probablement là qu'était le marché \ on y a découvert sur une colonne, devant le portique, une inscription votive du guide d'une caravane de marchands. Autour du portique s'élevaient certainement des édiUces publics ; c'était sans doute ici le centre de la ville, et nous devons nous figurer une foule de rues venant y aboutir. Comme la colonnade ne suivait pas la direction donnée par la porte principale, mais devait se présenter dans le sens de la place située sur le devant, cette irrégularité a dû être masquée conformément au plan ci-joint. Voici ce qui reste de cet ensemble de constructions :
1° Les piliers 1 et 2 avec des demi-colonnes et une arcade 6, au-dessus de laquelle sont des restes d'une grande fenêtre rectangulaire. Cette arcade, vue du N.U., présente encore de riches ornements ; on eu remarque surtout les pilastres d'encoignure à chanfreins et les testons qui entourent le cintre. — 2^ L'arcade c , surmontée d'une niche couverte ; l'arcade d et l'arcade e avec le pilier 7. Mais ce qu'il y a de mieux conservé, c'est l'arcade a, vue de la colonnade. Les piliers d'ordre corinthien qui en forment les côtés (pi. 2, 3) sont imposants et l'arcade elle-même, élevée d'environ 10m. ÔO, est aussi richement ornée ; malheureusement la clef de voûte a un peu cédé , de sorte que ce magnifique portique menace à son tour de s'écrouler. On remarquera encore que le pilier n" 1 est singulièrement rongé dans le bas. La pierre calcaire jaunâtre de ces constructions, provenant des montagnes voisines, est trop tendre ; elle n'offre pas la résistance de la pierre employée à Jéru' salem, et moins encore celle du basalte du Haouràn.
Les grandes colonnades (pi. f) , qui existent encore, partent du grand portique central. L'entablement qui repose encore sur les colonnes est & la même hauteur que les restes de murs des petits portiques latéraux. Nous verrons en suivant cette colonnade qu'elle en supportait à certains endroits une seconde plus petite. 11 est donc permis de conclure que la grande rue de Palmyre avait de chaque côté, une galerie à colonnes (pi. 10 et 11), bordée en arrière d'une série de maisons. Des portes servaient sans dAute ici d'entrées à des boutiques. Les petites colonnes du haut formaient aussi, du moins en plusieurs endroits, une deuxième galerie couverte, d'où les promeneurs pouvaient jouir de la vue de la grande rue. Cette explication contredit toutefois celle de Wood, d'après lequel est tracé le plan ci-dessus; il suppose que dans le principe la rangée de colonnes était quadruple, mais nous croyons qu'à la place des rangées t,i et h^h, qui, d'après son plan, partent des portes latérales, il y avait des maisons et surtout des édifices publics de sorte que nous devons placer des deux côtés de la rue les galeries couvertes 10 et 11. — La colonnade formée de colonnes
554 Route 32. PALMYRE. I)ê Damas
de 17 m. de haut ^tait longne d'environ 1135m. et comptait, selon nous, à peu près 760 colonnes; selon Wood et d'autres 1500. Environ 150 de ces colonnes, hautes de 17 m., subsistent encore en tout ou en partie. Il y en a près du portique une rangée avec son entablement. Tontes pr<^8entent comme nous Tavons dit des consoles tournées du côté de la rue. On voit encore au-dessous de quelques-unes de ces consoles des inscriptions avec les noms des personnes de mérite dont on y avait placé les statues , toutes détruites aujourd'hui ; il est même douteux qu'il y en ait eu partout. Il reste encore beaucoup de débris du pavé de la grande rue, mais le chemin est souvent obstrué par des fragments de colonnes et
Jf.
des chapiteaux. Les piédestaux des colonnes sont en maint endroit ensevelis sons le sable, qu'on ne trouve du reste que rarement dans le désert de Syrie.
La colonnade est interrompue par un têtrapyle (p. 126), c.-à-d. qu'elle était coupée par une autre rue et qu'une voûte s'élevait probablement sur ce point. Au lien de colonnes isolées, on trouve ici de hauts pilastres à côté desquels quatre colonnes faisaient saillie dans la rue. De ces colonnes, il n'y en a plus qu'une seule debout, énorme monolithe de granit bleu tacheté, probablement amené d'Egypte. Une seconde gît sur le sol; elle mesure 8m. 80 de longueur, et son diamètre plus de un mètre à la base et un peu moins vers le haut. A g. se voient encore les bases de ces colonnes de granit; l'une d'elles gît en morceaux sur le sol. A dr., derrière
à Pnîmyrê. PALMYRE. Route 32, 555
les pilastres très éeaités les uns des autres , se voient des arrachements d'arcades. On peut suivre de ce côté le trac^ d'une rue ; une rue avec colonnade conduisait à un petit temple à péristyle , dont il reste encore dix belles colonnes corinthiennes monolithes, moins hautes, il est vrai, que celles de la colonnade, mais peut-être plus profondément enfouies dans le sol. C'est le côte O. du péristyle qui subsiste ; il ne reste d'ailleurs qu'un pilastre au 8.0. et une colonne au N.O.
A partir du tétrapyle, commence à g. une rangée de 11 colonnes parfaitement conservées, reliées par un entablement. — Puis vient un portique, dont l'arcade repose sur des pilastres atteignant la hauteur des consoles des colonnes de la rue. Cette porte était également double vers l'O. n y en a une seconde jusqu'à laquelle on compte, dans la grande rangée 2ô colonnes, aussi avec entablement : deux d'entre elles ont des consoles du côté O. La partie 0. des chapiteaux a beaucoup souffert des injures du temps. Près de la septième de ces 25 colonnes se trouve, au milieu de la rue, une grande ouverture ronde, semblable à celle d'une citerne; c'était sûrement le regard d'un aqueduc.
Nous rencontrons maintenant derrière la colonnade de g. , près de la rue , une assez grande construction , qui porte aujourd'hui le nom de Doûr 'Adlé (au-dessus de l'entrée , à l'intérieur se trouve une belle niche). De là se détachait à g. une colonnade qui décrivait une légère courbe. £st ce là un stade , une espèce d'hippodrome? L'espace serait petit. D'un autre côté nous savons que les habitants de Palmyre aimaient les courses de chevaux. Il en reste 10 colonnes , qui conduisent à un grand temple et peut-être aussi à un palais qu'on appelle le serai. On ne peut se rendre compte des constructions qui se trouvaient là à cause du sable qui s'y est accumulé ; on remarque seulement qu'il y avait un ensemble de bâtiments groupés autour d'une grande cour. Au N.£. de ce séraï court une colonnade bien conservée, mais simple ; elle compte 20 colonnes qui se dirigent vers la grande rue. Non loin de leur point de départ, à quelques pas au N. , s'élève le péristyle bien conservé d'un petit temple.
£n retournant à la grande colonnade du côté du Doûr 'Adié, nous avons d'abord à g. la rangée de colonnes qui existe encore. Puis nous arrivons à une belle porte de 6 m. 40 de large, correspondant à la grande entrée du bâtiment de gauche. Plus loin , les colonnes conservées sont encore à g. Chose curieuse, les suivantes sont plus hautes que les précédentes ; nous en voyons aussi quatre sur la droite, la première encore surmontée d'unç autre plus petite.
Nous arrivons ainsi à une petite place aux angles de laquelle se trouvent quatre piédestaux ma|sifs, en grosses pierres de taille, comme à Djérach (p. 417}. L'espace compris entre ces piédestaux est de 13 pas. C'était là un carrefour important , un des points les plus fréquentés de la ville , probablement aussi avec un tétrapyle
556 Rouie 32, PALMYRK. t>é Pamaê
voûté. Comme nous Tavons dit^ il y avait ici à g. une rue dont 11 reste 20 colonnes. Chose remarquable , la rue principale fait à cet endroit un petit angle à g. ^ destiné à augmenter la beauté de la perspective. Nous rencontrons encore, en nous dirigeant vers le N.O., tantôt à g., tantôt à dr., des colonnes ou du moins des fragments de colonnes, d'abord 6 à dr. , puis 7 à g. , et 2 autres plus loin encore à g. ; 7 à dr., puis 2, enfin 6 à g., la troisième renversée. Ensuite commence un chaos de fragments de colonnes, qui ont évidemment été jetées les unes sur les autres par un tremblement de terre ; un peu au N.O. se trouvent deux beaux sarcophages. Puis ou remarque des vestiges d'une rue à colonnade qui conduisait à g., et les fondements d'un bâtiments Plus loin, à g., 7 colonnes; à dr., 2 autres assez à l'écart , mais parallèles à la rue. A g., un pilastre et 2 colonnes. A dr., 7 colonnes reliées entre elles ; à g., seulement des tronçons ; à dr. un bâtim^it avec 3 colonnes parallèles à la rue. Nous arrivons enfin à l'endroit où la colonnade aboutissait à un bâtiment placé transversalement. C'était probablement un tombeau ; 11 en reste encore la façade qui s'élève sur un sol légèrement exhaussé , 6 colonnes monolithes sur des bases bien conservées , une partie du fronton et , par derrière , un magnifique pilastre , qui formait un angle du monument. A rintérieur et tout autour gisent une quantité de grosses pierres dont une partie sont richement ornées. Tout à côté se trouve un second monument du même genre. — On n'oubliera pas de se retourner pour jeter un coup d'œil sur toute la colonnade et se faire aussi une idée de cette construction grandiose vue du N.O.
III. Des deux côtés de la colonnade s'étendait la ville. Nous devons nous figurer les côtés S.O, et N.E. de cette colonnade comme bordés de bâtiments et surtout de palais. Partout où se portent nos regards , nous voyons des débris d'édifices plus ou moins bien conservés. Il n'est pas possible de reconnaître le tracé des rues, quoique les décombres ne forment nulle part une couche très épaisse ; nous ne pouvons nous faire une idée de leur direction que d'après les bâtiments.
Dans la partie N.E. de la ville, à g. de l'endroit d'où nous la regardons, se présente un certain nombre d'édifices encore existants, et il est permis de supposer qu'ils communiquaient par une rue, d'autant plus que le sol est partout couvert de restes de constructions et de terres cuites. Cependant , avant de reprendre le chemin du grand temple, nous marchons encore un peu au N. du côté de la montagne et nous rencontrons les restes d'un vieux mur d'enceinte^ dont les tours sont encore bien reconnaissables. Le tout est d'origine romaine et ne date probablement que du temps de Justinien (m. en Ô6Ô), qui chercha à protéger contre les Arabes la ville déjîi considérablement amoindrie. Les maisons de la vieille Palmyre ont dû s'étendre très loin à l'E. et au S. , car les Arabes du village voisin disent qu'ils rencontrent des restes de vieux mura
à Palmyre. PALMYRE. Route ,52. 557
& une grande distance. Le mnr de Jhstinien s'étend jusqn'îk l'anple S.E. dn temple du Soleil (p. 549). En dehors de l'enceinte, du côté du versant de la montagne (N."), on voit un certain nombre de tours sépulcrales en mines (p. 558), et il passe aussi un aqueduc dans le voisinage du mur.
Au lieu de suivre Tenoeinte, nous nous dirigeons vers le premier temple, qui subsiste encore de ce côt^ de la colonnade. C'est une petite construction carrée , en belles pierres de taille avec un pilastre à chaque angle. L'entablement et le toit se sont effondras. L' édifice a sept pas de long et autant de large ; son portail est tourna à l'E. et son état actuel prouve qu'il doit être profondément enfoncé dans le sol. Le mur x>ccidentâl de la cella est détruit.
Marchant ensuite dans une direction E.S.E. , nous rencontrons de nouveau des restes d'un petit temple (ou d'Une église). Il y a encore trois colonnes de chaque côté , mais cinq d'entte elles ont perdu leurs chapiteaux. — Suivant toujours la même direction, nous arrivons K un autre t«mp{e, bien conservé, avec Un portique qui a six colonnes , dont quatre de front. L'édifice repose sails aucun doute sur Un soubassement, et les piédestaux à statues qui ne s'élèvent que de 50 centim. au-dessus du sol , prouvent que les bases se trouvent beaucoup plus bas : telles qu'elles s6nt les colonnes paraissent très lourdes. Le portail à été endommagé par le temps ; mais les fenêtres latérales munies d'uti auvent, sont mieux conservées. La corniche du portique et des murs existe encore, mais le toit s'est effondré, et de l'intérieur l'on ne voit plus que des murs dénudés.
Nous continuons de marcher vers l'E. en passant à travers des ruines et des débHs de colonnes , jusqu'à la grande colonne isolée, que l'oii voit à 300 pas environ. Le vieux mur d'enceinte la contourne au N.E. Cette colonne gigantesque, haute de près de i8m., s'élève sur un piédestal et porte au S. une inscription hilingue (grecque et palmyrienne) de l'an 450 de l'ère des Séleucides (138 ap. J.-C). Elle fut érigée en l'honneur de la famille d'un certain Alilamos.
En allant tout droit vers les vergers, nous atteignons un cours d'eau et nous voyons quantité de fragments antiques dispersés datis les murs de pisé et entre les arbres. Le sol n'est fertile que partout où il est arrosé; on y voit des grenadiers, des abricotiers et même quelques palmiers. Traversant les vergers et passant derrière le temple du Soleil, nous arrivons au ruisseau qui descend de la source sulfureuse et nous rencontrons en le suivant , à '/4 d'h. de distance, une colonne isolée dans le genre de celle dont il a été question ci-dessus ; mais ce n'est guère la peine de faire ce détour.
IV. Dans une troisième excursion nous parcourons la partie de la vîllfe à ro. du temple du Soleil. Parmi les tombeaux musulmaiis qui sont dispersés là sur le bords du lit d'un ruisseau , on voit quelques pierres qui aU lieu d'inscriptions arabes , eu ont en pal-
558 Route 32. PALMYRE. De Damas
myrène ; ce sont évidemment d'anciennes pierres qu'on a fait servir de nouveau. Nous nous dirigeons vers la source , au pied des collines occidentales , et pour cela nous descendons , en vue du ruisseau , dans la direction d'un petit moulin arabe , que nous reconnaissons déjà de loin. Près de là nous traversons le ruisseau d'od se dégage de la vapeur et nous arrivons ainsi à la source (v. p. 544*). Il est très agréable de prendre un bain dans sou eau tiède et limpide. On peut, en marchant dans l'eau, pénétrer par une ouverture étroite dans la grotte où jaillit la source. Un peu en aval, sur la rive droite, se trouve un autel antique avec une inscription.
Sur tout le versant de la montagne , on voit des constructions plus ou moins bien conservées , ressemblant à des tours. Dans la plaine, un peu au S. de la source, s'étend également une nécropole, dont les tombeaux sont pour la plupart recouverts de terre et qu'on ne reconnaît qu'à une petite élévation du sol. Ces tombeaux sont creusés dans le roc et généralement voûtés ; mais il y en a aussi d'ouverts. Les nombreuses sculptures qui s'y trouvent sont , il est vrai, généralement grossières, et les figures offrent rarement de nobles traits, mais la présence de motifs orientaux dans des œuvres de l'art grec leur prête de l'intérêt, sans compter qu'elles seules, avec les inscriptions qui les accompagnent, peuvent nous donner des lumières sur l'histoire et les mœurs des habitants de Palmyre. Il y a donc là des recherches très curieuses à faire ; si l'on veut entreprendre des fouilles, il faut la permisson du pacha de Damas.
Si les habitants de Palmyre ont copié avec plus ou moins de goût le style des Romains dans leurs monuments, leurs tours sépulcrales sont surtout des constructions asiatiques. Ces tours sont sans doute des sépultures de famille ; il n'y avait que les gens les plus riches qui pussent ériger de tels monuments. C'est dans cette classe de citoyens qu'il faut chercher l'influence de la culture de l'Occident, et en effet, nous trouvons partout à l'extérieur de ces tombeaux des inscriptions bilingues. A l'intérieur se trouvent aussi des noms mais ils ne sont écrits qu'en palmyrène.
Il nous suffira de visiter quelques-unes des mieux conservées de ces tours dispersées dans toute la plaine. Elles sont sur la rive droite du ruisseau qui vient de l'O., rive bornée au S. par le mont Sitt-BeUçis (reine de Saba) et au N. par le mont Hesîni. Ce ruisseau où coulent quelquefois des masses d'eau considérables, comme on le reconnaît à des traces évidentes , est à sec en été. Devant le deuxième tombeau de ce côté est une pierre avec une longue inscription en palmyrène. La porte est obstruée ; on pénètre par une brèche dans un long corridor (il y en a un semblable dans la tour voisine). Puis ou entre par une belle porte dans une chambre, de chaque côté de laquelle sont des réduits profonds, mais étroits. Il semble que le fond de cette chambre pénétrait jadis plus loin dans la montagne. Les réduits, qui rappellent évidemment les fours à cercueils des Juifs (p. 123) , ont encore des supports sur lesquels
àPahnyre. PALMYRE. Route 32. 559
étaient sans doute placées les civières. Des cercueils en pierre eussent été sûrement trop lourds pour ces supports et des cercueils en bois fort chers dans le désert ; il est donc à présumer que les corps étaient glissés dans les réduits sur des civières de bois ou de pierre. Dans la poussière et les décombres qui remplissent Tintérieur de ces monuments, se trouvent des restes de momies, des lambeaux de linceuls imprégnés de poix, des ossements, des restes de bustes et des bas-reliefs détruits par le vandalisme musulman, ou qui sont tombés des facettes du plafond. Un escalier immédiatement à g. de rentrée conduit dans une chambre du premier étage disposée de la même façon. Le monument avait quatre étages.
Le tombeau suivant, à l'O., est construit en grosses pierres de taille. Il contient un double buste dont les têtes sont brisées et un grand sarcophage ; l'on remarque surtout le plafond bien conservé du premier étage. Puis, passant devant un tombeau enfoui dans les décombres, nous en rencontrons un autre dont l'étage inférieur est sous terre et dont les chambres semblent s'enfoncer dans la montagne. Sur le devant se voient des statues et un buste sans tête, avec une main tenant un rameau.
Laissant encore de côté un monument , nous arrivons à la tour la mieux conservée. Elle s'élève à une hauteur d'environ 18m., en se rétrécissant dans le haut. Au-dessus de la porte (vers le N.) se trouve un petit toit. A peu près à mi-hauteur du mausolée est une inscription bilingue, et plus haut, une console avec deux figures ailées. Comme on le reconnaît à des traces évidentes, cette console portait , sous un petit toit qui le protégeait, le buste du principal personnage reposant dans le tombeau. Quant à l'inférieur du monument , il est également très riche. La chambre sépulcrale a 8m. 20 de long et 6m. 10 de haut. Des pilastres corinthiens séparent les réduits destinés aux morts. Dans le fond de la chambre se trouvaient deux rangées de cinq bustes chacune ; au-dessus, une figure de personne au repos, en haut-relief. Le plafond avec ses panneaux est surtout remarquable, quoiqu'une partie considérable en soit tombée et que les bas-reliefs aient considérablement souffert: on reconnaît encore des traces de peinture bleue et rouge sur ces panneaux de stuc. Le plafond de l'étage supérieur est orné de la même manière -, on doit remarquer que souvent les étages supérieurs de ces monuments n'étaient pas terminés. Le tombeau dont nous parlons renferme encore beaucoup de restes de momies.
Nous traversons maintenant le vallon en laissant de coté comme sans importance, les autres monuments situés plus haut. Sur la rive opposée, notre attention est surtout attirée par un tombeau qui porte le nom arabe de Kasr el-^Adbâ: 11 est orné d'un buste de femme qui porte la main à l'épaule, avec une inscription au-dessous. Au N.£. se trouvent encore quelques grottes, devant l'une desquelles est un sarcophage avec des bustes et des guirlandes. — Le sol est couvert de beaux lestçs de oonstruotion.
560 Route 32. PAtMYRE. De Palmyre
Quittant de nouveau le vallon et suivant h VE. le cot^ gauche du lit du ruisseau, nous retrouvons le mur d'enceinte mentionné pT^oëdemnient. Il s'élève un peu sur le versant de la montagne et forme ici un angle entre les c6iés duquel se trouvent, sur une terrasse fort élevée où l'on arrive par des escaliers, les restes d'un édifice important qui ressemble à une basilique. On y voit encore une ^nmnde abside avec des niches et des fenêtres % auvent. A côté, sur la terrasse, se voient encore quantité de bases de colonnes. Quelques colonnes (3^) sont mémo encore debout, mais elles ont été fort endommagées par le temps et leurs riches chapiteaux à acanthe sont tombés. Une grosse pierre porte une inscription latine où figure le nom de Dioclétien, Devant cet édifice gisent peleméle des restes d'autres constructions, surtout de portails richemetit ornés.
Pour terminer , nous montons au château , sur la colline située au N. Nous y arrivons en 10 min. , mais nous nous voyons séparés de l'édifice par un fossé de 12m. de profondeur. Il est inutile d'en faire le tour, ce qui d'ailleurs est difficile au N. On ne saurait non plus passer sur le pont établi à l'E. sur de belles piles , car il ne se compose que de deux troncs de palmiers. tJn homme habile à escalader pénétrera le plus facilement à l'intérieur à l'angle S.O., par une potenie: il est bon, pour cette excursion, de prendre quelques hommes avec soi. Ce château date certainement du moyen âge si ce n'est d'une époque moins ancienne. On raconte qu'un prince druse le fit bâtir pour s'y retirer. Il a une quantité de corridors et de chambres, dont l'une, au N., contient une citerne. Les murt sont aussi percés de nombreuses meurtrières. Le visiteur suivra les corridors pour monter sur les créneaux les plus élevés et jouir du panorama. On essaiera là de se représenter de nouveau la magnificence de l'antique Palmyre : dans le bas, la colonnade avec ses diverses ramifications ; à l'extrémité de la rue, le temple du Soleil , et sur la colline à l'O. la nécropole. Au N. et à VO. s'étend le désert, bordé de hauteurs dénudées. L'oeil ne rencontre qu'à l'E. un peu de verdure pour se reposer, à dr. du temple du Soleil, dans les vergers, et à g., dans les champs. Au delX s'étend un grand espace couvert de sable jaune et plus loin la steppe, où brillent quelques lacs salés qui apparaissent comme des lignes blanches. Cependant il y a, dit-on, encore quelques villages dans la steppe à l'E. de Palmyre, entre autres Béled Arak, composé de dix maisons, et Souhné^ situé à 2 h. de distance. 11 croît, dit-on , des térébinthes sur les hauteurs au N.E. près du village de Dououara. — Pour aller jusqu'à l'Euphrate, à l'E., il faut cinq bonnes jouniées et le trajet ne peut se faire qu'avec un chameau.
De Palmyre à Ba'albek, par Hœms et Ribla (environ 53 h.). Pmir HcBuis il y a deux chemins, Tun pliis sûr, par les hauteurs (29 à 90 h.) et l'autre par la plaine, plus court (2d h.), mais plus exposé aux attaques des Bédouins. Sur la plus longue de ces deux routes, à 6 ou 7 h. de Palmyre, on arrive aux tombeaux intéressants des Béni (ïhélâl et aux grottes voisines d'Ala Halyal.
a Tripoli. BIBLA. Boute 32. 561
Histoire. L'État à''Aram Tsoba (II Rois vin et x) est placé par qaelques-uns dans les environs de Çœms, par d'autres dans la Bék&^a. Uœms est Fancienne Emèse, mentionnée d'abord par Pline sur le nom d'Heiaisa; cependant avant lui les Emisènes sont nommés parmi les Scénites (hommes vivant sous la tente) que les Romains eurent à combattre. Emèse a été rendue célèbre par la naissance d'*Héliogabale, qui fut proclamé empereur romain en 217 et auquel succéda, en 222, son cousin Alexandre Sévère. Il y avait de leur temps dans cette ville un temple fameux du Soleil (Ba^al). C'est dans le voisinage que les Palmyrènes furent battus en 272 par Âurélien, qui les poursuivit à travers le désert jusque dans leur capitale. Bous les Arabes. Hœms est devenue une ville importante avec un château fort. Les croisas s'en emparèrent en 1099.
Çœmf, située dans une contrée belle et fertile, est bâtie en basalte et assez bien pavée. La population est de 20,0(X) hab. , parmi lesquels il y a beaucoup de chrétiens (grecs-orthodoxes, et une communauté protestante ayant une école). Hœms, station télégraphique turque, est encore un marché important pour l'es tribus des environs, et il s y trouve quelque industrie. Elle a une enceinte fortifiée, avec des fossés, d'environ une demi-lieue de circonférence. La citadelle qui la domine au S.O. est en grande partie détruite, car Ibrâhîm-Pacha l'a fait sauter dans ce siècle pour punir les habitants de leur rébellion. Belle vue de là sur la ville et la plaine. Dans le voisinage, à l'O., des restes d'un tombeau antique en forme de tour.
A '/« d'h. à l'O. de Hœms coule vers le N. le fleuve el-îd»», YOronte des anciens. L'extrémité de la vallée de l'Oronte, c.-à-d.' la Békâ^a (p. 470) est mentionnée dans la Bible à propos des frontières idéales' du royaume d'Israël : «jusqu'à ce qu'on entre à Hamath» (Jos. xiii, 5, etc.). Le territoire de Hamath même ne fut conquis que par Jéroboam II et pour peu de temps. — Le chemin des caravanea conduit en 4 jours de Hœms à Tripoli (v. p. 562). ^)
De Hœm$ à Ribla (env. 7 h. V^)* ^^ ^^ dirige venr^le S. en passant devant l'es ruines de la citadelle. Au bout de 1 h., & dr. , le village de Raba 'Amer. A 25 min., à g., celui de K^r 'Aya. Près à^l-Ottîni (1 h.), on aperçoit tout le lac de Hcenu, au moyen âge le lac Kadas^ long de 2 lieues et large de 1 environ. 25 min., on atteint les Wttes de Kémàn. 1 h. 72i à dr., à quelque distance, le Tell Mindaou, sur lequel sont des bâtiments blancs, peut-être l'ancienne Laodicée. A l'O., KaPat el-Hœm (p. 563), qui commande le passage du côté de la mer. 45 min. , on' traverse le village assez important à.''el-Kou$éir^ habité par des musulmans. Beau coup d'œil sur les chaînes de montagnes du Liban. On passe un affluent de l'Oronte {eWAsi\ et l'on arrive (1 h. 15) à
Kibla (bac sur l'Oronte). — Histoire. Bibla est mentionnée comme ville de la frontière idéale du N. (Kombres xxxiv, 11). Pharaon Kékho y campa lors qu'il fit son expédition contre les Assyriens et emmena Joachaz (IV Rois xxiii, 33). ^ébucadnétsar y s^ouma aussi (IV Bois XXV, 6 et suiv.i Jér. xxxix, 5).
De Ribla à Ba^albek (env. 13 h. Vs)- — ^^ s'écartant de la route à dr., on peut voir le monument intéressant de Kamoiyat Harmel; on y arrive en 3 h. H est sur une colline d'où l'on 'domine la contrée depuis le château de Hœmç jusqu'à l'Hermon. Le village de Harmel est a peine à '/2 h. de la, de l'autre côté de la rivière, au X.O. Le monument, visible de loin, s'élève sur un piédestal en basalte, ayant trois degrés et de Im. 10 de hauteur. Sur cette base est un étage carré de 9m. de côté et 7m. de haut, avec une corniche, et au-dessus un second étage moins grand et haut de 6m. Enfin le tout est couronné par une pyramide d'environ 4m. 50 de hauteur, en pierres plus petites. Ce monument est entièrement construit en pierre calcaire et l'on voit à l'angle S.O. qu'il est massif. Les côtés de l'étage inférieur sont couverts de bas-reliefs représentant des scènes de chasse, mais il est difficile de dire quels sont les animaux qui y figurent ^ deux cerfs au N. sont seuls reconnaissable?.
-De cet endroit (sur la rivière), on peut, en '/s h., atteindre Deir Mûr MaroHn^ au S.S.O. Dans un rocher taillé à pic. de 90m. de hauteur, se trouve une grotte où aurait vécu le fondateur ae la secte des- Maronites
Palestine et Syrie. 3Q
562 Rouit 3^, 'AÏN LÉBOUÉ. De Palmyre
(p. 93)*, on y remarque des cellules petites, obscures et malpropres. JLa rivière coule quelque temps à TE. A cinq cents pas au S.O. est une grande source qui passe pour la source principale du fleuve: on ne peut y descendre qu^avec peine.
On retourne à la route principale en traversant une plaine rocheuse et déserte au S.O.-, on traverse un grand canal au bout de 2 h. '/s et Ton atteint V's ^- après er-Bâs ou Râs ^a'a<6«Â;, village habité par des chrétiens (cath. grecs) et entouré de vergers. On y voit des fondations de grands édifices anciens et surtout d'églises. Ce village a aussi un couvent, dans sa partie supérieure. Le voyageur Bobinson prétend y voir Tantique Conna de Tltinéraire d^Antonin.
Pour arriver à Léboué, on monte au S.O. (25 min.). Arrivé dans le haut, on aperçoit le monument de Kamoû^at Harmel et le lac de Hœms (v. ci-dessus). ' Ensuite on traverse ïe profond Ovâdi Fiké (Ys h.), et on laisse à g. le village de Fiké. A la descente de la hauteur située en face, on rencontre le petit village d'el-Sitn (35 min.). 20 min. plus loin, à g., le Ouéli 'OUimân. 30 min., un canal et 'Ain Léboué. A cet endroit se trouve une source très abondante, avec plusieurs autres petites \ toutefois ce n'^est pas la plus méridionale de FOronte. Le petit village correspond à une localité antique du nom de lAbo.
Montant ensuite peu à peu au S.O., on arrive en 1 h. sur la hauteur, d^où Ton jouit pleinement pour la dernière fois de la vue au N. Descendant de nouveau le long d'un ruisseau, on voit au bout de 06 min. le village de Jîesm el-ffadeth, qu''on laisse à 15 min. à dr., et en 1 h. 20 on est en face du village de Yoûntn. Puis on longe pendant 45 min. le versant d''une montagne, on descend, on traverse un pont et Ton arrive à NcMé^ en 15 min. Là se trouvent les ruines d^un temple antique bâti en grandes pierres. Le village et le temple sont situés dans une gorge profonde. Sur une colline à TE. sont des grottes sépulcrales. Enfin on arrive à Ba'albek en 1 h. 20 en traversant un terrain désert au S.O.
Il y a une autre route qui s''écarte moins du fleuve. Van de Velde indique ainsi Titinéraire à partir du pont qui conduit au village de Harmel: aux ruines de Boûeâach^ 1 h.^ à et-Sltn, où aboutit le Nahr Ftké, 1 h. 4d. Puis on remonte le long du ruisseau par une contrée cultivée. A 1 h. 50 de distance, on a à dr. le village de Harbdi; 1 h. après, une colline avec des ruines \ on atteint en 1 h. 15 le Village de Chà'ad ; à 1 h. 18 de là, on passe le Nahr el-Mokhna, et Ton est 1 h. 37 plus tard aux ruines de Ba'albek.
De KasyatAn (p. Ô46) À Tbipoli, par Bibla (4 à ô jours). — Prenant au'N.O., on arrive en 3 h. au village musulman de Haouârin, oh se voient quelques antiquités, une tour carrée, etc. Au boni de 3 h. encore, Sadad^ où demeurent des chrétiens jacobites, Tantique Sédad (liomb.'xxxiv, 8; £z. xlvii, 15) sur la frontière idéale des Israélites au N. 4 h. après on est à Haspâ, sur la route des caravanes de Hœmf à Damas ; en 3 h., à Zarû'a et' en 40 min. à Ribla (v. ci-dessus).
On traverse l'Oronte dans cette localité, puis on se dirige vers le K. En 45 min., on est de nouveau sur le bord du fleuve. Puis au N.O. à travers la plaine. 45 min., la source 'Ain et-Tannoûr. 20 min., une pierre milliaire. 15 min., le village de BauéidOy construit tout en basalte. 25 min., on voit le lac de Hœms, avec Tîle et le château de Hœms. 35 min., les ruines d''Oumm 'el-Hârelên. 25 min., les ruines à^el-'KotmèyUé (petite église), près de là, un grand bâtiment. 20 min., le lit d''un ruisseau. 10 min., le village de Honnéidir. 15 min., sur un plateau, des buissons de chêne; on est en vue d'el-Hœfu (v. ci-aessous). 10 min., le village de Harba'ana. 5 min., on passe à côté d'aune tour sépulcrale curieuse, dans le genre de celles de Palmyre (p. 558), mais dune construction beaucoup plus grossière. On aperçoit la vallée principale dite Otiâdi el- Kebir. Descendant entre des hauteurs couvertes de broussailles, on arrive en 10 min. à un moulin; la vallée s'élargit. 30 min. après, à dr., sur une hauteur, Mottcheirifé. La vallée aboutit à la plaine de iW^tV, où se termine la région du Liban et qui est bornée au N. par les montagnes des Nosaïricns. Le Nahr el-Keb!r arrose cette plaine bien cultivée. Le chemin direct va à TO. vers les contre-forts boisés du Liban et mène
àDamaê, KAL'AT ÊL^HŒSN. lioute 32. 563
en 40 min. au DJUr el-Asouad (pont noir), puis, en 2 h. 40, au DJiêr el» Abyad (pont blanc). Le Kahr el-Keb!r est VEleutherus des anciens. On peut faire un détour très intéressant, par le Djisr el-Kamar (pont de la Lune), à la forteresse d''el-H(£8n, qu'on apert^oit dé cet endroit. La plaine est marécageuse au printemps, de sorte qu'il est impossible de la traverser (2 h.) et «^u'on est obligé de suivre le bord E. des collines (3 h. à 3 h. V'i) pour arriver au pied de la montagne sur laquelle se trouve le château. De là, on y monte en 1 li. environ.
Çal'at el-ÇoeSB ou Hœan el-Akràd (forteresse des Kourdes) a joué un grand rôle à répoque'dês croisades^ les Francs s'en emparèrent de bonne heure et les hospitaliers en étaient maîtres à partir de ll&D, mais Bîbars la leur reprit en 1271. Ce château -fort commandait le passage qui conduisait de la côte à Hœms et à Hama. Il y a maintenant à Tin* térieur tout un village et c^est le siège du gouvernement du district. L'édifice est bien conservé -, deux lions sont sculptés au-dessus de son entrée à TO. On voit un coin de la Méditerranée au N.O. , ainsi que le versant septentrional du Liban. Un grand nombre de villages sont groupés autour de ce château.
D''el-Hœçn, on descend au N.O. vers le défilé et Ton est en 40 min. au couvent de Mâr Djirdjis (St-Georges), dont les religieux sont hospitaliers. 20 min. plus loin, on renvontre une fontaine intermittente nommée Fouauâr ed-Deir\ c est la rivièi'e du »abbat près de laquelle passa Titus (Jos., Guer. des Juifs, vu, 5, 1). 15 min. après, 'on quitte la vallée; 3ô min., le village de Chiloûh^ à g.i 25 min., on arrive sur un contrefort à Tell el-JHôch; lô min., à dr., A</r Rîch; 15 min., on voit au 1?.0. BourdJ Sâfiia; 10 min., on arrive à une plaine fertile qu''arrosent un grand nombre de ruisseaux ^ on suit la direction du S.O.; 1 h., un gros ruisseau; 20 min., Tendroit où aboutit le chemin de Hœms; 30 min., le pont Djisr tl-Abyad^ nommé aussi Djisr Cheikh SdyydeA '(d'après un ouéli) Ou Djisr tl-Djédtd '(pont neuf). Robinson est allé de cet endroit à Cheikh Mouhammed en 2 h. 45, puis en &5 min. à Tell ^Arka. Le chemin direct des caravanes, du pont blanc à Tripoli, traverse le* Nahr ^Accar à 1 h. V^ de là, près de Tell el-Kerré; 1 h. Vs après on atteint le rivage de la mer près Tell Couléydi (à dr.), et 45 min. après, on traverse par un pont ou a gué le Ncthr el-Bârid, près d'Ard Arthaûsi^ l'ancienne Orthona. Suivant enfin la côte (à g., le mont Tarbàut)^ on arrive en 3 h. environ à Tripoli (p. Ô34).
De KartatAn à Damas, par Kkbk et S&dnâta (25 à 26 h.). — Ce chemin est plus intéressant que celui qui pa'sse par Djêroûd.
A 30 min. de Karyatên. on croise un aqueduc muni de regards (vat-il à Palmyre?); 20 min. après, une vallée; 15 min. plus loin une petite . montée. Le chemin est pierreux et passe devant des mares salées. En 1 h. Ô5, on est au village de Mahîn. A Va h* à dr., Hanouîn. On trouve une source au delà de Mahin. Puis on traverse, au S.O., une contrée déserte et montueuse, ayant devant soi les contre-forts blancs et brillants de r Anti-Liban, et quelques heures après, on voit aussi Deir 'Atiyé et Hafar (à dr.): on ne trouve d'eau nulle part jusqu'à l'endroit oU Ton arrive , à 5 h. '/i( ^^ Mahîn, sur le chemin de llafar à Deir ^Atiyé. En 45 min., on atteint les jardins de
Deir 'Atiyé , gros village habite par des chrétiens et des musulmans, et où la mission américaine a une station. Si l'on ne veut pas y coucher, on en fait le tour par le grand chemin. Il y a de bonne eau près d'un moulin à dr. Il reste 2 h. '/> ^^ chemin à faire jusqu'à
Nebk, autre village considérable, dans une contrée très fertile, entouré de riches vergers bien arrosés qui sont à Vx ^- ^^ avant du village ; il a environ 2,000 hab. , dont beaucoup de chrétiens. Les Américains y ont une station. Le couvent grec-catholique est très beau et bien tenu, comme le sont du reste, en général, les maisons de ce village. Il y a souvent, en guise d'ornements dans les murs de pisé, des assiettes de couleur. Au S. du village sont les ruines d'un grand khân; au S.E., une colline d'où l'on aperçoit les contre-forts de l'Anti-Liban.
En suivant la direction du télégraphe au S.O., on arrive en 1 K. aux vignes de Yabroûd et 25 min. après, au village lui-même.
564 Houle 32. YABROÛD. De Palmyre
Tabroùd est déjà mentionné par Ptolémée sous le nom de Jebi'ouda. Un évêque de cette ville assista au concile de Nicée. Elle compte, diton, un millier de familles dont un cinquième sont chrétiennes et appartiennent à la confession grecque (quelques protestants). L''église, qui est entre les mains des Grecs, passe pour avoir été construite par Ste Hélène. De fait, elle ressemble à Tintérieur à une basilique, mais son plafond en bois est moderne. A en juger par la différence dans les pierres de Textérieur, au N., Tédifice remonterait à une haute antiquité. LHnscription grecque encastrée dans le mur sens dessus dessous n^a probablement pas encore été déchiffrée par les voyageurs vu la hauteur où elle est placée. — Au N. de la ville se trouve un château Kasr Berdaouil (Baudouin), avec des restes antiques; il y a un portique * à moitié conservé à TE.
Passé Yabroûd, on monte au S. A dr., sur le bord du ruisseau s''étendent des vergers et au-dessus une montagne nue avec une vallée profonde. Au bout de 27 min., au delà d'une prairie, une grande source. A g., dans des rochers une longue série de tombeaux, ayant des chambres carrées chacune avec trois niches cintrées ; on peut entrer dans quelques-uns en rampant. — Plus loin, on parcourt une haute viJlée cultivée ; il y a des citernes le long du chemin: au bout de 2 h., à g., un chemin
2ui conduit au village musulman de ÉaWa. 13 min. après, une citerne ; min. plus loin,, on envoie ses bagages à Sêdnâya par le chemin direct et Ton descend à g. dans un grand amphithéâtre de montagnes planté de vignes. En 45 min., on atteint le couvent grec-catholique de Mâr Serltis, qu'ion a déjà vu de loin, dans un site extrêmement pittoresque (excellent vin). Quelques pas plus loin, à TE., les rochers se terminent à pic. On se trouve sur une crête de montagne entre deux gorges profondes. Dans le bas, au pied des rochers, le village de Ma^loûla^ déjà connu sous ce nom dans l'antiquité. Du côté E. de celle des gorges, qui se dirige vers le N., s'élève le couvent grec-orthodoxe de Mûr Thécla. On voit de nombreux tombeaux dans la paroi rocheuse située en deçà (O.), et au-dessus de laquelle passe un chemin escarpé qui conduit dans la gorge. Il se trouve ici, de même que dans l'autre gorge, des chemins descendant au village, mais il est difficile d'y passer avec des chevaux. — Le village de Ma'loûla, qu'on atteint en 7 min., est grand et n'est habité que par des chrétiens. Le langage de cette localité, celui de Bakh'a (v. ci-dessus) et de Djoub'adîn, dans le voisinage, constitue le reste de l'araméen (syriaque) qui, du temps de J.-C. se parlait dans toute la Palestine et la Syrie avec un mélange d'hébreu; mais cette langue tend également à disparaître de cette contrée. On peut aller de Ma'loûla à Ba'albek en 1 jour, par l' Anti-Liban ; mais on a besoin d'un guide et d'une escorte, parce que le district est habité par des Métâouilé , bien connus par leurs rapines.
En quittant le village de Maloûla, on longe à dr. la hauteur; on trouve beaucoup de réservoirs sur le bord du chemin. A 50 min. de distance, à dr., le télégraphe et la route de Djoub^aâtn sortant des montagnes. 42 min. plus loin, on voit à g. le village de Daoudni. 40 min. après, à g., Aeaoubar^ village au-dessus duquel passe le chemin direct de Ma'arra et de Damas. A 1 h. de là, on voit à g. les villages de l^ll/tta et de Mofarra. Enfin après 45 min. de chemin, on arrive a
Sédnàya. C'est une localité assez considérable habitée par des chrétiens*. Au-dessous de son couvent se trouve une curieuse construction carrée aujourd'hui entre les mains des catholiques et connue sons le nom de Mâr Boutrous er-Rasaûl (l'apôtre St-Pierre). Elle s'élève sur un soubassement ayant trois degrés, a la forme d'une tour carrée de 9m. de côté et mesure 8m. de hauteur. Chacun de ses murs se compose de dix assises de pierre bien taillées. Il y a an S. une petite porte avec archivolte. L'intérieur est voûté; il est simple et contient quelques tableaux modernes. On peut monter sur le toit. Cet édifice datq sans doute du temps des Romains et pourrait bien avoir été un tombeau. — Le grand couvent
3ui domine le village est une maison de religieusea grecques (an nombte e 40). Il est bftti sur un rocher escarpé on l'on monte par des degrés çt il passe pour très ancien, mais il est restauré depuis peu, de même
à DamoB. NAHR EL-BARID. RouU 33. 565
que réglise. L''icono8tériuin de cette dernière est orné d'images anciennes, parmi lesquelles se trouverait une image très célèbre et miraculeuse de la Vierge. Il y a des tombeaux dans le rocher à TE., et dans le haut, sur la montagne est le couvent d'hommes de Jfdr Djiinijit. — On passe la nuit au premier de ces couvents.
Deux chemins mènent de Sêdnâya à Damas. L'un passe dans la plaine, descend la montagne, traverse un défilé et conduit en 1 h. *Ja à Henîn (p. 517); l'autre va par Ma'arra. En suivant ce dernier, on descend la vallée pendant 12 min. et l'on est 22 min. après à Mefarra^ où se trouve une belle source. La route suit le télégraphe.
On monte en 36 min. sur une hauteur où l'on perd de vue Sêdnâya, mais d'où l'on a en revanche un beau coup d'œil sur la Ghoûtâ et sur Damas. A g. est situé la Théntyé (p. 545). — 3Ô min. plus loin , un réservoir; on a devant soi les vergers du village d' et-Tell. A 50 min., à dr., un chemin débouche de la montagne; 14 min., on atteint les arbres d' et-Tell; à 27 min., un réservoir; ô min. après, on commence à descendre par un chemin escarpé; 22 min., encore un réservoir; 13 min., les jardins du village de Berzé (p. 517); un café sur le bord du chemin. 18 min. au delà, à g., le village }lCAboûn; 20 min., on arrive sur la route d'Alep; 12 min., le chemin de Mafraba (p. 517) débouche à dr. ; 13 min., on atteint le carrefour devant la porte St-Thomas de Damas (p. 545).