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De Tripoli à Lâdikiyé (Laodicée) par la côte

26 h. 25 mlu. — DeBeyroûtà Tripoli ^ voli R. 31. La mer forme au N. de Tripoli un vaste golfe (Djoûn 'Aecârjy de l'extrémité N. duquel se rapproche la chaîne du Liban sous le nom de Djébel 'Accâr ; la plaine large et bien cultivée qui s'étend vers la côte porte le nom de Djoûniyé (nom grec, «angle, coin»). En sortant de Tripoli, on suit pendant peu de temps la rive dr. de la rivière pour arriver à la Koubbet el-Beidâoui (g.), couvent de derviches ; à côté, une excellente source avec des poissons qui passent pour sacrés. On garde le Mt, Tarboul à dr. pour arriver en 2 h. 25 m. au Nahr el-Barid (rivière froide), le Bruttus de l'ancien Itinerarium Hieiosolymitanum, qui date de l'an 333. A g. de la route, sur la rive S. de la rivière, les ruines de la ville di'Orthosia (I Macc. XV, 37). On traverse la rivière sur un pont ou à gué, et l'on trouve un khan sur l'autre rive. Un peu plus loin, un chemin à dr. mène à 'Arka (p. 563), puis 45 min. encore, et l'on trouve à dr. le chemin qui va à Cheikh 'Ayyâch (p. 563). On traverse la plaine maritime pour arriver (1 h. 35 min.) au Nahr *Accâr^ qu'on traverse sur un pont ; on est au Nahr el'Kebîr (grande rivière) en 1 h. 15 min. Cette rivière, l'ancien Eleuthérus (I Macc. xii, 30), sépare le district du Liban des Mis. des NosairietM, situés au N. CMonê Bargylus des anciens); on la traverse sur un pont. Environ 25 min. plus au N., on remarque le village de Soumra, le Simyros des anciens ; c'était autrefois le territoire des Zémarites (Gen. x, 18). Au bout de 1 h. on passe le Nahr el'Abrach (rivière tachetée); au N. s'étend un fourré d'arbres. A dr., sur les collines qui nous dominent , le district à^es^Safîta , dont la localité principale , qui porte le même nom, possède un grand château de l'époque des croisades; on n'y arrive pas facilement, car le pays n'est pas sûr.

566 Routa 33. NAHR AMRIT. De Tripoli

Plus près do la mer, sur le versant des montagnes de Safîta» se trouve KaVat Yahmoûr {i^l-i^, environ au S. d'Ararît), beau château qui remonte aussi aux temps des croisades, bien qu'on y ait trouvée une inscription qni semble contenir le nom de Constantin. Il y a 1 h. Y2 entre le Nahr el-Abrach et le Kahr Amrlt.

Histoire. — Le nom moderne d'^Amrît conserve encore celui de Jfara- Ihus^ ville antique que fondèrent les Arvadites (p. Ô68) et qui dépendait des rois d''Âradu9. Quand Alexandre vint la visiter, c''était une ville grande, riche et florissante. En 219 av. J.-C. , Marathus se sépara d'*Aradus, et même vers 148, les habitants de celle-ci tâchèrent de détruire Marathus. Depuis, il en est rarement fait mention; sous les Romains, elle avait perdu toute importance. M. Renan (Mission en Phén^cie) rapporte avec vraisemblance les ruines de Marathus à la période phénicienne.

Marathus était située vis-à-vis et en travers des îles de Héblès (S. 0.) et d'Aradus (N. 0.), snr deux petits cours d'ean, le Nahr Amrît au N. et le Nahr eUKihlê (rivière méridionale) au S. Près de la mer, celui-ci, au lieu de continuer sa course à l'O. , tourne au N. et coule aujourd'hui parallèlement à la côte entre des marais et des buissons, pour aller se jeter dans le Nahr Amrît un peu plus haut que Tembouchure de ce dernier. Plus loin dans les terres, entre ces deux ruisseaux, une chaîne de collines parallèle à la côte. La route moderne des caravanes passe entre ces collines et le cours inférieur du Nahr el-Kiblé.

10 min. avant de traverser cette rivière , on voit à dr. de la route (des buissons à g.) , les premières antiquités d'Amrît. On remarque d'abord un tombeau dans le rocher, puis, à 150m. au N., une autre tombe plus grande, nommée hadjar eL-houhla («pierre de la femme enceinte»), et à côté, les restes d'une pyramide. Une ouverture carrée nous permet de descendre dans une grotte, dont les parois se rapprochent vers le haut. Le tombeau a trois chambres à niches profondes ; dans la seconde chambre , une espèce de couloir conduit à une niche sépulcrale. — A 5 min. N.O. de là, à g. de la route, s'élève une vaste masse de pierres de forme cubique. Il y a un plus vaste cube encore, nommé bourdj el-bezzâk («tour du limaçon») à environ 100 m. O.N.O. , entre les buissons. Deux entrées, à l'E. et au S., donnent accès dans une chambre assez grossièrement faite ; près d'une fenêtre, un escalier permet d'arriver au sommet de ce cube, qui a environ 5 m. de haut et était probablement surmonté d'une pyramide. On voit sur la façade les entailles où étaient placées les poutres, probablement d'un vestibule. — En 5 min. environ, on arrive au Nahr el-KlbW. La route des caravanes mène en 9 min. au N.O. Bu'A'in el-halyât («source des serpents»). Dans les buissons à côt^ de la source, les ruines (dont il reste peu de chose) de deux petits temples, qui paraissent avoir été de style égyptien. — Les monuments les mieux conservés d'Amrît sont en face, à l'E. de la «source des serpents», à 5 min. environ à dr. de la route et sur la chaîne mentionnée de eollines parallèles au rivage. De ces collines, on a un beau coup d'œîl sur rne de Rouâd au N.O., les collines de Saftta à VE., le Mt. Liban

àLâdmyé, AMRIT. Route 33, 567

au S., la nécropole et les carrières du voisinage. Nous remarquons ici plusieurs de ces monuments funéraires que les Arabes appellent tl-maghâzil («fuseaux»). Le plus septentrional consiste en un piédestal cubique assez grossier, surmonté d'un monolithe cylindrique, de 4 m. de haut , légèrement rétréci vers le sommet , et au-dessus duquel se trouve une petite pyramide pentagonale. Le second monument, 6m. plus loin, est beaucoup mieux exécuté; le piédestal est circulaire et formé de quatre pierres ; 11 est orné de quatre figures de lions assez grossières , peut-être inachevées , et supporte lin monolithe cylindrique, de 2 m. de haut, avec un sommet arrondi. La partie inférieure de ce cylindre, de même que le sommet porte un ornement circulaire formé de dentelures et de degrés (comp. p. 540). — Les deux monuments appartiennent aux grottes sépulcrales, dont les entrées se trouvent au 3.

Il y a un troisième monument du même genre, mais plus petit, à 2 min. au S. Ë. des précédents; le cube repose ici sur un soubassement à deux marches ; au-dessus du cube , un talon , et pardessus un second cube plus petit, qui portait autrefois une pyramide. L'entrée de Tescalier qui donne accès dans la grotte sépulcrale que surmonte ce monument est recouverte par une grande pierre bien taillée.

A 5 min. au N. de cette nécropole , une grande maison taillée dans le roc: la façade 0. a 30m. de long; les murs sont hauts de 6 m. et épais de Om. 80. L'intérieur était autrefois divisé en trois chambres par des parois taillées dans le roc. Le côté N. est fermé par un mur construit en pierres taillées, de même qu'une partie du côté S. Il n'y a aucune régularité dans la distribution des portes et des fenêtres. On voit encore à l'intérieur les niches et les trous où reposaient les extrémités des pontres. Près de cette maison, plusieurs pressoirs à huile dans le rocher et des restes de mosaïque.

De là nous allons au N.O. en 5 min. au Nahr Amrît, en passant devant le sanctuaire à'el-Ma'bed à g. Il consiste en une cour large de 48 m. et longue de 55 m., taillée dans le roc et dont le sol est nivelé. Le mur S. de la cour a actuellement 5 m. de haut ; ceux de l'E. et de l'O. descendent au N, vers la rivière. Le côté N. , qui est la façade , était probablement fermé autrefois par un mur en pierres de taille , mais il avait des portes ; aujourd'hui il s'y trouve une haie. Près des angles de la cour, mais à distance, des restes de piliers semblent indiquer que des portiques couraient le long des murs. Une ouverture dans le mur 0. donne accès à des carrières ou à des grottes. Un petit canal longe les murs E. et S. et vient finir près de grottes, à 8m. de l'angle N. £. Dans le milieu de cette cour, où l'herbe croît aujourd'hui, il y a un bloc carré taillé dans le roc, haut de plus de 3 m. et de 5 m. 50 cent, de côté : c'est le soubassement de la cella , ouverte au N. dans la direction de la vallée et consistant en quatre blocs taillés avec un toit monolithe , voûté en-dedans et en saillie sur le devant (un vestibule y

568 RouU 33. TARTOÛS. De Tripoli

donnait pT0ba1>lement accès). Un bandeau et nne corniche d'un style s^Tère sont le seul ornement de V^diflce. Des deux cotées dn b&timent, il y a des traces d'escaliers. On dirait qne le soubassement a longtemps séjourné dans Veau. Il y a une source du côté E. de la cour , et il est possible que la disposition fût telle que la cella seule émergeait de Teau.

En face d'el-Ma'bed, sur la rive dr. au N. du ruisseau, il y a des restes de temples analogues et d'autres constructions. Un peu plus haut, à dr.) les ruines d'un vaste Stade, long de 125 m. et large de 30 m. L'arène est entourée de dix rangs de sièges, tons taillés dans le roc du côté N. ; du côté S., la moitié sont faits de pierres taillées. Un amphithéâtre bornait le stade à l'E.

Au N. d'Amrît, à g., l'île de Rouâd. Nous arrivons au Nahr Ohamké (40 min.), puis à Tar^tb (Toriosa), 20 min.

Histoire. — On troave les* Arvadites mentionnes Gen. x, 18. Artidut^ le Bon&d actuel, fut fondé, dit-on, par des réfnsiés fuyant de Sidon (p. 454) ; cependant il ne faut probablement pas voir la une nouvelle fondation. A Tepoque persique, on parle d'^Âradus comme de la troisième ville alliée des Sidoniens. Les Arvadiens ou Aradiens étaient renommés comme marins babiles et comme braves soldats (Ez. xxvii, 8, il). La petite île ^u''ils occupaient n'^ëtait que leur lieu d'origine et leur centre; le tem.toire qui leur était soumis était sur la terre ferme et ils avaient pour colonies Paltus, Balanea, Carné, Enhydra (entre Tartoûs et Amrît) et Marathus. L^le tirait du continent Teau qui lui était nécessaire, mais elle pouvait en temps de guerre se suffire avec les sources d'eau douce qui existent encore aujourd'hui dans la mer. Remarquables par leur esprit d'entreprise mercantile, les Aradiens avaient leur principal centre d'affaires et leur port près de Carné (aujourd'hui Camoûn), a 4 kil. Vs au Tf. d'Aradus. Le roi Straton d'Aradus, dont les possessions paraissent s'être étendues jusqu'à l'Oronte, finit par se soumettre à Alexandre le Grand. Néanmoins cet état conserva longtemps une sorte d'indépendance ainsi que le droit d'asile. Plus tard l'importance d'Aradus s'éclipsa devant celle de sa colonie de terre-ferme Antaradus^ laquelle est mentionnée pour la première fois au ii^ s. ap. J.-C, par Ptolémée. A partir de là, chaque ville est citée à part, et chacune avait son évdqne. En 346, Constantin fit rebâtir Antaradus, d'où le nom de ConHantina qu'elle porta quelque temps. Au moyen âge elle prit le nom de Tortosa. A l'époaue des Croisades, c'était une ville importante qui faisait partie du comté de Tripoli. Elle resta cependant inhabitée pendant quelque temps. Saladin prit la ville en 1188, mais ne put s'emparer que d'un des châteaux-forts, grâce à la bravoure avec laquelle le grand-maître des Hospitaliers défendit l'autre. En 1291 Tortosa, dernière place forte de Syrie restée entre les mains des Chrétiens et défendue par les Templiers, fut prise par les musulmans.

Du côté S. E. de Vancienue Tortosa , il y a une belle église, très bien conservée, qui remonte aux croisades. De légères colonnes avec des chapiteaux presque corinthiens séparent la nef des b)M côtés. La façade 0. a un portail ogival surmonté de trois fenêtres formant triangle. Il y a aux extrémités O. des nefs des fenêtres ogivales, et plus haut de petites fenêtres carrées. De chaque côté se trouvent deux petites chapelles latérales , séparées extérieurement par des contre-forts massifs. Les absides latérales, à sacristies vottées , sont comprises entre des tours carrées qui s'élèTent à la hauteur du toit. Le toit de l'église consiste en une voûte en ber-

à Lâdikîyé. ROUÂD. Boute dd. 569

ceau teimin^e en pointe ; dans la partie inférieure il y a des fenêtres rectangulaires. Une riche décoration orne le portail. En adaptant cette église (longue de 40 m. et large de 28 m.) à leur culte , les musulmans l'ont quelque peu défigurée par l'addition d'un minaret, et, à l'intérieur, d'une chaire en bois.

Les murs de Tartoûs ont environ 2000 pas de tour; ils sont protégés au S. par un fossé. Aujourd'hui les habitants Tirent dans l'enceinte du yieux château. Au centre du village', il y a une place. Le château date des croisades, car les refends qu« présente un grand nombre des pierres qui en forment les murs, ne prouve point qu'il remonte à une plus haute antiquité. On y a fait entrer en e£fet bon nombre de matériaux d'édifices plus anciens. Il y a de nombreuses marques de tailleurs de pierre qui pourraient peutêtre indiquer l'époque où ces pierres ont été taillées. Le château a 200 pas de long du N. au S., et est protégé, sauf du côté de la mer, par une double muraille de blocs à refends et par un double fossé taillé dans le roc. Le fossé extérieur a près de 12 m. de large sur 3 m. 50 de profondeur, celui qui est entre les murs a plus de 19 m. de large. L'entrée principale du château est au N.E. près de la mer où jadis un pont traversait le fossé. £n dedans de l'entrée, s'élève une haute salle gothique avec un toit en pierre. Nous traversons le fossé intérieur , nous passons le second mur et-tt?^vons ainsi dans la cour intérieure du château. A g. une vaste salle (47 m. sur 17 m.), dont le toit voûté est supporté par 5 colonnes de granit rouge avec chapiteaux qui imitent le corinthien ; sur l'un de ceux-ci figure une tête de souverain couronné. Sur la façade de cette salle, six grandes fenêtres dont une est surmontée d'un agneau en relief.

Le petit port de Tartoûs est à environ 10 min. N. du mur d'enceinte. Un bâtiment qui se trouve sur un rocher, servait probablement de magasin à l'époque des croisés. Dans le voisinage, plusieurs grottes sépulcrales.

On peut aller en bateau de Tartoûs à l'île de Bouàd en moins d'une heure. De cette île, très bien située, beau coup d'œil sur Tardons , la plaine et les montagnes , le Djebel Akra' au N. et le Liban au S. Elle est à ^iviron 3 kil. de la terre ferme et consiste en un amas irrégulier d'écueils, d'environ 800 m. de long sur 500 m. de large, contre lesquels le sable s'est amoncelé. Elle est presque entièrement occupée par le village moderne de Rouâd (2 à 3000 h., presque tous marins ou pêcheurs d'épongés). Elle était autrefois entourée d'un large mur qui reposait sur les bords taillés du rocher, sauf vers l'E. où le port faisait face au continent. Nombreux restes de colonnes près du port , tant sur terre que dans la mer (comp. p. 128). C'est du côté 0. de l'île que l'on voit le plus de restes du mur d'enceinte; il a ici de 9m. à 12m. de haut et l'on peut en admirer l'appareil cyclopéeu. La partie la plus haute de l'île , est couronnée pu un grand château sarrasin, avec soubassements taillés

570 Route 33, EL-MERKAB. De Tripoli

dans le roc, eu outre de nombreux magasins di même genre. L*iiitëricur en est maintenant habita. Il y ayait un second château près du port. — L'île renferme plusieurs belles citernes , et il y a du côt^ S. des restes d'habitations taillées dans le roc , avec niches pour lampes, etc.

Nous arrivons ensuite en 10 min. au N. de Tartoôs an manyais petit port de cette ville ; 50 min., Camoûn, l'ancien Coiti^fp. ÔôS") ; 10 min., le Nahr el^Housein; 10 min., 'Ain et-Tîn (source des Agnes); 25min., Khirbet Nasîf, avec beaucoup de ruines ; 30 min., Tell Boustré ; 20 min., Zemré. 35 min. après, on traverse le ruisseaa de Marakiya, ainsi nommé d'un ancien bourg de même nom. An moyen âge, les Francs élevèrent dans la mer, vis-à-vis de Marakiya, une énorme tour à 7 étages, mais en 1285 ils durent la livrer aux musulmans et travailler avec eux à la raser. Au bout de 1 h. 10 min., 'Ain el-Frari; puis, 30 min., le Nahr Bôs. Au lieu de suivre la route directe de Bâniyâs (2 h. 20 min., sol formé de laves), nous pouvons maintenant aller visiter l'ancienne forteresse d'el- Merkab, qui est à environ 2 h. à l'intérieur.

Êl-Merkab («nredette») est le chef-lieu d'un district en majeure partie habité par des Nosairiens. Le château, très vaste, est an sommet d'un cône de trapp d'environ 300 m. au-dessus du niveau de la mer, et taillé à pic de tous côtés sauf au S. Le mur longe le bord de la colline. Au S. on a taillé dans le roc un fossé profond, et à côté, s'élève une tour haute de 20 m. avec des murs en basalte épais de 5 m. Elle renferme une chapelle gothique, trans- ' formée aujourd'hui on mosquée. La forteresse pouvait loger 2000 familles et 1000 chevaux, et l'on y voit encore des écuries et des magasins en quantité. La vaste citerne en-dehors du château était autrefois alimentée par l'eau des collines E. — On ignore qui a bâti ce château, très important au moyen âge et appelé alors Castrum Merghatum. Il était entre les mains des Hospitaliers et résista aux musulmans jusqu'en 1285 , époque où il fut attaqué , le 17 avril, par le sultan Kilaoûn d'Egypte, dont les béliers renversèrent une partie des murailles. Mais la brèche se trouva comblée par la chute d'une grande tour , et la place put encore tenir jusqu'au 25 mai. Les chevaliers se rendirent alors % condition de se retirer sans être inquiétés.

En 1 h. 15 min. environ, nous descendons d'el-Merkab à Bâniyâs^ le Balanaia de Strabon. Un évêque des Batanéens assista au concile de Nicée. Au moyen âge les musulmans l'appelaient Boulounvâs^ et les Francs Valania, Un poste de chevaliers de St-Jean y était établi, mais le peu de sécurité qu' offrait le pays força l'évcque à se fixer à Merghat. La rivière de Valania formait autrefois la limite entre le royaume de Jérusalem et la principauté d'Antioche. La ville, qui est dans une situation charmante sur la rive N. de la rivière, est maintenant déserte. A l'E. on voit encore les fondations d'une vieille église, et près du rivage , un certain nombre de co-

à Lâdikîyé. DJÉBÉLÊ. RouU 33. 571

lonnes de granit et les ruines d'un fort. — En suivant la route de la côte, on arrive (1 h.) à la rivière Djobâr ; (20 mincie NahrHnuséisân ; (45 min.) le Nahr es-Stn , selon d'autres , Nahr el-Mélec. Le premier de ces noms se rattache , croit-on , aux Sinites mentionnes Gen. X, 17. Au S. de la rivière, des raines importantes parmi lesquelles des colonnes de granit. Les ruines s'appellent Beldê, l'ancien PcUtos des géographes classiques. Au N. du pont, un grand khan ; un peu plus au N. l'ancien port, qui était protégé par des travaux d'art. De la rivière un canal se dirigeait vers l'E., de sorte que le quartier de la ville situé au N. de la rivière était transformé en île. — Du Nahr es-Sîn on va en 35 min. au Nahr Soucât, qui a son embouchure dans une jolie baie où il y a bcauconp de ruines ; au N.E., le Tell Soueât surmonté des ruines d'un château. En 1 h., on atteint le Nahr 'A'm Bourghouz ; 30 min., le

village de Djébélé.

Histoire. — Il y avait à Djëbélé (Oabala des anciens géographes) une forteresse élevée par les Byzantins qnand les Arabes s^en emparèrent en 639-40; le khalife Mo'âoniya en bâtit une seconde à côté. Djéhélé, nnns dit le géographe arabe Yâkoût, fut prise par les Grecs en 969 et reprise par les musulmans en 1081 ; en 1099 elle fut menacée d'être assiégée par les croisés, mais les habitants obtinrent à prix d'argent que le comte Raymond de Tripoli se retirât; les Francs néanmoins s'en emparèrent en 1109. Bn liF9 enfin Saladin la reconquit définitivement.

Djébélé est au milieu d'une plaine fertile où croît le fameux tabac Djébéli (p. 39), rival du tabac de Lâdikîyé. Le village moderne, principalement habité par les musulmans, est très pauvre. On y trouve encore de nombreuses pierres de taille et autres restes antiques. Le petit port est protégé par plusieurs digues de pierres énormes, qui ont jusqu'à 3 m. 50 cent, de long. Sur le rivage on voit plusieurs colonnes de granit, dont quelques-unes sont tombées dans l'eau ; elles appartenaient probablement à quelque somptueux édifice. Près de la côte , un certain nombre de grottes sépulcrales, dont plusieurs paraissent avoir servi de chapelles chrétiennes. Au N. de la ville, un grand théâtre romain^ qui a malheureusement été fort abîmé par les musulmans et sur lequel on a élevé des constractions. Il a 45 m. de rayon. Les voûtes qui soutenaient les rangs de sièges existent encore; il s'y trouve 17 entrées, entre de solides piliers. L'arène et une partie des sièges sont maintenant recouverts par des maisons. On a employé les pierres du théâtre à construire dans le voisinage des bains sitnés près d'une grande mosquée, qui était autrefois une église chrétienne , et qui est maintenant dédiée à un saint musulman célèbre. Sultan Ibrahim. Il y a une plantation d'orangers près de la mosquée. Djébélé possède un bureau télégraphique turc.

Nous nous dirigeons vers le N. par un district désert et souvent infesté de brigands Nosaïriens; 30 min. le Nahr RoumaiU ; 1 h. le Nahr Roûs, sur lequel il y a un ancien pont en mauvais état. Au N. une colline que surmontent les ruines d'un ancien château. 1 h., le Nahr Moudîyouké , 30 min. le Nahr Snôbar, 1 h. lo Nahr

572 BouU 33. LÂDIKÎYÉ. De Tripoli

el-Kebîr , qa'il ne faut pas confondre ayec la riyière de même non plus an S. (p. 565). Nous tournons à l'O. et sommes en 1 h. à L&diklyé.

Histoire. — Cette ville est la Ramitha des Phéniciens, mieux connae sous le nom postérieur de Laodicée; elle prit ce nom après sa recon-

Chypre, avait un bon port, des fortifications et des vignobles fertiles. Pendant la guerre civile qui éclata après la mort de César, Dolabella y soutint un long siège, et les vignobles furent alors ravagés. Antoine là proclama ville libre avec immunité de tout impôt. Pescennius Niger, rival de Septime Sévère, ravagea la ville, que Sévère (193-211) embellit ensuite. Durant la période chrétienne, Laodicée prospéra, car elle servait de port à Ântioche. Quand les croisés arrivèrent, elle était entre les mains des Orecs, de sorte que les flottes de Pise et de Gènes y purent entrer librement. Elle tomba au pouvoir de Tancrède en 1102, et fut détruite par un tremblement de terre en 1170. Saladin la prit en 1188 et la détruisit, en laissant toutefois se retirer librement les garnisons des deux chftteanx. On permit ensuite à beaucoup d''Européens de s'y établir moyennant tribut. Les fortifications furent reconstruites et la ville recommença à prospérer sous le comte de Tripoli. Elle fut détruite de nouveau par un tremblement de terre en 1287, puis le sultan Kilaoûn 8*en empara et fit raser le château.

La moderne Lâdiktyé est située dans une plaine fertile et compte de 5 à 6,000 habit, dont 1,000 environ sont chrétiens grecs. £lle est le siège d'une mission américaine et chef-lieu d'un district , mais l'aspect en est sordide et misérable. On cultive beaucoup de tabac dans les environs ; ou y élève aussi le ver à soie et l'on y pêche les éponges. Vice-consulats : France et Autriche, Alph. Oéoffroy ; Allemagne, Jacob Elias ; Russie, George Moureos. — Station t^tfgraphique internationale.

Le port est à une petite demi-heure de la ville actuelle. La côte forme une baie tournée au S. , tandis que le «promontoire de Làdikîyé» s'ayance au loin dans la mer vers le N. L'entrée du port est étroite , et de plus rétrécie par les ruines d'une forteresse du port rattachée autrefois au continent par une digue du côté N.E. Le port lui-même est petit, de forme circulaire et entouré de vastes magasins tout délabras. Plusieurs colonnes sont encastrées dans les murs du port et dans des restes de tours ; un petit bassin carrtf semble avoir ét^ creusa à l'E. du port. Dans le voisinage, plusieurs cafés, la douane, la quarantaine, etc. Le chemin qui va de la ville au port, passe entre de magnifiques bosquets d'oliviers. Le sol est fertile , car il y a partout de l'eau en abondance à une faible profondeur. La ville actuelle est à l'E. et le port à l'O. de l'ancienne ville. Les petites hauteurs au S. de la ville actuelle indiquent probablement la direction de l'ancien mur d'enceinte. A l'E. des collines forment la limite de la ville. Au S.E., sur l'emplacement d'une mosquée bâtie dans le siècle actuel, s'Aevait jadis probablement un château. A l'E. un aqueduc dans la direotion de la viUe. Au S. E. de la petite ville moderne, une espèce d'arc de triomphe, le plus important de ses monuments, et qui date peut-être de Sep-

à Lâdmyê. ECH-CHOUGHR. Rouit 33. 573

time Sëvère. Cette construction a environ 15 m. de côttf; à dr. et It g. un arc, maintenant mur^, reposant sur un pilastre. Le grand arc de face est flanqué de deux colonnes surmontées d'un bel entablement, par-dessus lequel s'élève un fronton en saillie ; celui-ci luimême supporte une espèce d'attique, qui était ornée d'un basrelief représentant des instruments de guerre. — Près de ce monument 11 y a encore quatre colonnes corinthiennes avec un bel entablement ; peut-être proviennent elles du portique d'un temple. — Au N. de la ville moderne on reconnaît encore les vestiges d'un double mur , entre les deux parties duquel il y a de vastes grottes sépulcrales. Au N. du mur septentrional extérieur, les ruines d'une église.

De LÂDiçtTÉ À Alef (27 h.). — Il y a une route qui conduit à Alep par la vallée du Nahr el-Kebir. Le pays qu'on traverse est à la fois pittoresque et fertile, mais peu peuple, et après les pluies, les torrents descendus des montagnes envahissent la route. Souvent les défilés autour de L&dikîyé sont infestés par des brigands Kosaïriens, ce dont il faut s'informer avant de partir pour prendre une escorte suivant les cas.

En quittant la ville, on traverse une plaine ondulée (nombreuses pe'trifications) pour arriver (1 h.) au village de Skin; (1 h. Vs) Djendiyéj (1 h.) le N<»hr el-KebSr, près de Damât. On dépasse Bestin pour arriver OA b.) à Bcthlintltpé, d'oU Ton arrive en 1 b. au sommet d'une colline. Une belle végétation commence peu à peu à se montrer, et le sol est abondamment arrosé. En 2 b. on est à Crousia (kh&n), 2 h. encore, une vallée où une cascade a creusé un trou profond dit Chakk eWAdjoût. Le chemin, souvent mauvais, continue à travers les montagnes et mène dans la vallée &'ed-Dâmé^ puis (4 h.) à ech-Ohoughr dans Vel-Qhâb on vallée de l'Oronte. C'est un grand village musulman avec deux châteaux ruinés que sépare seulement un fossé, le KaVat el-Haroûn et le KaVat es-Soultàn (nombreuses inscriptions arabes). On passe la nuit dans le khân. Environs très fertiles et rivière bordée de bosquets. — Ech-Choughr joua un rôle important à l'époque des croisades.

On traverse l'Oronte sur un pont de 13 arches , on gravit l'autre rive et l'on se trouve en 3 h. au village d'Ourtm el-DJÔz (p. 590).

De LÂniKÎTft k Antioche, directement en 22V4 h. Le pays est quelquefois peu sûr (voir plus haut} , mais le paysage est très intéressant. On suit d'abord la plaine de la cote vers le K. pour arriver (2 h. Vs) au village Nosaïrien de Cousdna; au bout de 2 h. , ou traverse le ITahr el-^Arab (limite des pays où l'on parle d'un côté arabe, de l'autre turc) pour arriver au OtUidi Kandil. On suit cette vallée , où l'on observe à dr. les villages turcs àe Kandildjic et de Bellourân, et à g. ceux d'el-Cocf/r, de Ktrdjaliy de Cardîné et de Caînardjic. Au bout de 2 h. on quitte cette vallée et l'on monte (1 h. VO au village de Kestel el-Ma^a/; à l'horizon, le Liban. On monte (2 h.) au sommet de la ligne de partage des eaux entre le KouracM. affluent du Kahr el-Kebir, et les rivières qui descendent à la' côte. Mous sommes maintenant dans le district de Baîr, dont la partie O. s'appelle Boudjac et la partie E., Djebel el-Aerdd (Mt. des Gourdes); ces régions sont habitées par des Turcs et des Nosaïriens. En 2 h. on descend au Kourachi, on le traverse et l'on monte (30 min.) à Owdé qu' habitent 2(X) familles turques et 3ô grecques, dans une haute vallée belle et bien arrosée au pied du Djebel Akra' (voir plus bas). 1 h. plus loin , on atteint une vallée qu'on suit pendant t h. (nombreux platanes), puis on arrive par les collines à Cheikh Keui (?). De là à Beit el-Md (Di4>hné), environ 4 h. (p. 607).

D'OubdA pab le Dj&bel Akba' à Souou<tiDÎr& (11 h.). On arrive en 2 h. au gros village Arménien de Kétâb (communauté protestante) sur le versant S.E. du Djebel Akra', dans un pays très feriile. Comme en Arménie, les maisons du villaj^e sont à demi-souterraines. (On peut aussi arriver de Lftdikîyé à Késab par un chemin plus direct, en suivant la cote environ 13 h*. ; il faut de bons guides.)

574 Route 33. DJEBEL AKRA'. De Tripoli

L'ascension très intéressante du Djebel el-Akra^ (1628 m.) peut se faire de Kés&b en 3 h. Au bout de 1 h., on est à une source entourée de frênes, de hêtres et de chênes, passé laquelle il faut aller à pied en faisant contourner à la même hauteur la pente de la montagne par les chevaux, qui attendent sur le versant N. Plus haut, des pins et même des cèdres, de même qu'une luxuriante végétation de plantes de tout genre. La montagne tire son nom el-Âkra' (chauve), de la nudité de son sommet. Â michemin entre Késâb et le faîte, quelques ruines provenant, dit-on, d'un monastère.

Le mont el-Akra^ s'appellait dans l'antiquité Mons Ccuius. Cette montagne, la plus marquante de la Syrie N., paraît déjà avoir été, à une époque très reculée, un lieu sacré pour les Phéniciens, de même que le Mt. Carmel (p. 370). Les Grecs et les Romains y adoraient un Zeus ou Jupiter Casius, probablement en souvenir de quelque culte plus ancien. Hadrien gravit un jour, dit-on, la montagne pour jouir, à la (Quatrième veille de la nuit, du spectacle qu'elle présente, savoir: du jour à TE. et de la nuit à rO. On dit de même que Julien TÂpostat y oôrait des sacrifices. — Dn sommet, on a une vue très étendue : a TO. la vaste nappe de la Méditerranée, dont les eaux viennent baigner le pied de la montagne^ Tile de Chypre apparaît comme un vaste triangle. A Textrème N. les masses neigeuses, dentelées et ravinées du Taurus. Plus près, la chaîne de TAmanus (p. 579) avec son extrémité, le Djebel Moûsa, limite à VO. la plaine fertile et ondulée d'Antioche. Au delà de celle-ci, le lac d'Antioche. Au S.K. un vaste district montagneux et nu, sauf dans sa partie la plus proche, qui est boisée. Au S. le Liban dans son manteau de neige.

Le versant N. du Mt. Casius est escarpé, mais c'est par là que la descente est la plus courte. £n 2 h. '/z on est au village turc de Besga. Au pied de la montagne, immédiatement au-dessous des parois escarpées du Djebel Akra' sur la terrasse inférieure des rochers se trouve une •série de marches gigantesques et une route taillée dans le roc; la vallée est marécageuse et pleine de lauriers-roses. — De Besga on est en 3 h. au bac de l'Oronte, près de son embouchure, et en 1 h., au village de JSououeidtyé.

Le sol d'alluvion dont sont formées les rives du cours inférieur de l'Oronte est très fertile, et la fraîcheur des brises de mer entretient la salubrité du climat. La population, relativement dense, se compose de IT^osaïriens, de Grecs et d'Arméniens, dont la plupart parlent arabe. Une belle villa a été construite à Sououeidîyé par M. Barker, qui fut dO ans consul à Alep, puis consul-général en Egypte. On y a fait de nombreuses plantations de mûriers, et la culture de la soie y réussit très bien. Des bosquets d'orangers ornent ces beaux jardins et Ton transforme en vin le raisin sauvage qui abonde dans les environs. M. Barker a construit d'autres villas sur le Djebel Akra*^ et le Djebel Moûsa. Le port d'Antiocbe ou le Sououeidîyé des Arabes, probablement identique avec le port de St-Siméon des croisés, était au S. de l'ancien port de Seieueia^ près de la chapelle de 8t- Georges. Ce Saint invoqué par les matelots, surtout pendant la tempête, est vénéré aussi par les Nosaïriens. On passe devant le ouéli en se rendant (à 1 petite h. IN.O. de Sououeidîyé) aux ruines de l'ancienne et splendide Séleuoie. La plaine qui suit la côte est sablonneuse. Le chemin direct jusqu'à l'embouchure de l'Oronte est dangereux à cause des lagunes.

Histoire. — Le même mythe que nous allons mentionner à propos de la fondation d'Antioche se rattache à celle de Seleucia. Le sort de la ville maritime de Seleucia Pieria fondée par Séleucus Nicator sur l'emplacement d'une autre ville plus ancienne, fut analogue à celui d'Antioche, capitale élevée par le même prince. — Pendant les guerres entre les successeurs d'Alexandre, Séleucie fut pendant quelque temps entre les mains des Ptolémées, puis fut reconquise par Antiochus le Grand, 219 av. J.-C. Il paraît que les Séleucides pourvurent cette ville de riches monuments. Pompée la déclara ville libre pour avoir fermé ses portes à Tigrane, roi d'Arménie, qu'Antioche avait appelé à son secours. L'empereur Constance embellit aussi Séleucie et fit couper une grande masse de roc à l'effet d'agrandir le port (338 ap. J.-C). Cependant, avant même d'dtr«

àLâdikîyé. SÉL£UC1£. Route 33. 575

prise pttr les musulmans) elle avait perdu, paraît-il, toute importance, et le port était en mauvais état. Séleucie, appelée par les Arabes Seloukiyé, est maintenant dans une région déserte, qu"* anime un peu Tunique petit village à.''el-Caboûsi. Kangle N.O. de la belle plaine qu'occupait la ville est bornée d'un côté par la mer, d'un autre par les contre-furts abrupts du Dj'ébel Moûsa {Rhotus des anciens). Sur la plage, qui s'étend au N. à la base O. de ces contreforts, jusqu'à ce qu'ils lui fassent obstacle, se trouvait la partie basse de la ville de Séleucie.

En partant de Sououeidîyé et avant d'atteindre la ville, on arrive à uni petft ruisseau qui prend sa source à ^2 h. à l'Ë. et qui a de bonne eau. Sur la rive S. près des rochers d'oii il jaillit, les ruines d'un amphithéâtre (un cirque peut-être) dont on voit des arcs et des galeries. Au delà du ruisseau on voit à g. aux parois du rocher hautes d'envirun 60 m. une quantité de grottes sépulcrales. Puis on arrive aux restes d'une porte de ville, dite porte d'Antioche, autrefois reliée au grand mur d'enceinte, lequel avait environ 8 kil. de tour. Les rochers à dr. entourent un espace semi-circulaire avec^ des jardins , où sont les restes d'un ancien faubourg. La plaine qui descend à g. vers la mer, large d'environ 1 kil* 60, est presque entièrement sans culture. — Nous continuons d'avancer vers le K. et, après avoir dépassé deux sarcophages, nous arrivons à un endroit où les rochers se rapprochent de la mer et de l'O. reprennent la direction K. A l'angle formé par ces rochers, se trouve l'ancienne porte du Roi, qui conduit par un défilé à la partie haute de la ville (v. plus bas), in peu plus à l'O. la porte du Marché, au delà de laquelle les solides fortifications de la vieille ville et du port tournent à l'Ouest vers celui-ci. En-dehors du mur, à quelque ÔOO pas S. de la porte du Marché, se trouve un vaste carré soigneusement pavé de pierre. — Nous voici au port, bassin intérieur d'environ 600m. sur 410. On ignore quand il fut établi. Il a sur le plan la forme d'xune cornue. Les murs qui entourent le bassin sont bien conservés; à - l'extrémité £. des restes de magasins, etc.; c'est à l'O. que les murs sont le plus épais, et l'on y voit encoie une tour et un canal de décharge. Ce beau port est en partie à sec, en partie rempli de vase; l'eau y arrive pourtant de l'O. Dn canal long de 450 m. conduit du bassin à la mer vers l'O., mais il est maintenant rempli de boue et de décombres; des deux côtés du canal, des ruines de tours de garde, dont une taillée dans le roc. L'entrée du port extérieur vers la mer a 20 m., mais elle est maintenant ensablée ; de chaque côté s'avancent deux longs môles bien construits, mais celui du N. est maintenant fort endommagé. Le môle S., long de 110m. et large de 9 environ, est encore en bon état. Il tire son nom de St Paul (Act. xiii, 4).

Le reste le plus remarquable de l'ancienne Séleucie est le grand canal (ar. dehUz) taillé dans le roc. Au N. du port intérieur se trouve une vallée bordée de hauts rochers de 120 à lôO m. de haut. C'est là que passait un ruisseau dont la crue était souvent funeste à la ville, de sorte qu'on en détourna l'eau à l'O. au moyen du grand canal en question, travail qui permit en même temps d'alimenter la ville et le port. L'eau était emmagasinée (comme au Bab el-Çadîd à Antioche, p. 606) au moyen d'un mur très fort élevé à l'issue de la vallée. Ce mur existe encore, mais aujourd'hui l'eau s'écoule par une ouverture que fermaient autrefois des écluses. On ne peut pas suivre facilement dans tout son parcours l'intérieur du canal, long en tout d'environ 1100m. La partie supérieure consiste en un tunnel, qui commence à 46m. de l'extrémité O. du mur transversal mentionné plus haut : il a 130 m. de long, 6 m. 50 de large et autant de haut; au milieu est le canal, large de 1 à 1 m. 60, où passe l'eau. A la suite du tunnel, il y a une tranchée dans le roc à ciel ouvert, d'environ 80m. de long et dont les parois s'élèvent en certains endroits jusqu'à 4ôm. Sur le flanc g. de cette tranchée, se trouve un escalier dans le roc, interrompu dans sa partie inférieure. A l'entrée du second tunnel, le roc est haut de 23 m. Au delà de ce tunnel, long de 41m., le canal se continue par une seconde tranchée à ciel ouvert, dont les parois, hautes d'abord de lô m., s'abaissent peu à peu. Au-dessous du second tunnel, un pont élevé de 8 m. conduit à une nécropole très remarquable, tandis qu'un escalier, taillé dans le roc, descend dans la gorge. — A 360m. de l'en-

576 Rouit 33. SÉLEUCra.

De Tripoli

trée «upériïure .lu c»m.l. l'esu se déchirge *u9ti «dt^ B. On voit pli» bti des resles d'inscrlptlonB .

A m pi/ an-ciron >« 8. du po«t qui tn.erg colonnes, lous une voile ùllld« dus le roc ïlf, pooi

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l'effst de ddfendre les approches de l'uropole. Un cbemln sinneux et

près nui deiii lien de li montée. A cet endroit, dmi le rocher k g., de grandes voates lilllëoa dans la rocher, des postes d'obnervïllon peul-Slie,

le pUIeiu de nombreuses ruines el des d^ris de colonnes, en plrtlè ombrngés de buissons et d'arbres, Cest Ici probfcblement qne s^élevtlenl les psinis des ^ens rlcbes. Un groupe de colonnes auus fsït Tceonnaltre Teinplaceneal d'un tfinple.

L* roiite de Mononeldij^ 1 Antloche (env. H ta.) vl psr un sol lecl-

à Lâdikiyé. 8ÉLEUCIE. Route 33. 577

dente à (1 b.) Zéitoûni^ villaçze Nosatrien où Ton parle arabe, et (15 min.) à el-Michraktjfé^ village du mOme genre. Au bout de 45 min. on traverse le Buyuc Carasou («grande rivière noire»), 4ô min. encore, le Cndjuc Carasou («petite rivière noire»), dont le cours est bordé de plantations de mûriers. Xous atteignons enfln (1 h. 4ô min.) la plaine et voyons le village à'el-Khanni à quelque distance à g. 80 min. , on traverse un petit affluent de TOronte, qui vient du N., par le pont de Haina; on traverse des bosquefs de mûriers pour arriver (30 min.) au pont de TOronte à Antioche.

Une autre route, qui va plus au S., longe Textrémité supérieure de la belle plaine de TOronte; 1 h. 30 min., la colline isolée de Mdr Sim^â»., avec une église ruinée dédiée au Saint de ce nom. Comme celle qui est près de Kafat Sim^ân (p. 597), cette église en forme de croix grecque a 60 m. du'N. au S. et ^m. de TE. à TO. Au centre de la nef, sYlève un piédestal taillé dans le roc, de 2 m. 50 de côté et baut de 3 m.: il soutenait autrefois, dit-on, la colonne où Simon le Stylite passa la plus grande partie de sa vie (p. 597). En quittant cette église, après 30 min. de marche sur la colline, on finit par descendre dans la vallée de rOronte, où Ton rejoint la route ci-dessus, par un ravin escarpé et rempli de lauriers et de lauriers-roses.

Un autre chemin va par TOronte de Sououeidîyé à (6 h.) Beii el-Mâ (p. 607).

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