‹ Palestine et SyrieChapitre 21 sur 119 · L. Gafés · texte numérisé non relu

L. Gafés

Il y a des cafés partout, même le long des grandes voies des caravanes; la plupart sont des baraques en planches avec quelques nattes de jonc. L'Européen n'y entrera que pour y jeter un coup d'oeil. Ceux de Damas sont déjà mieux, il s'y trouve du moins des chaises pour les étrangers. Le café qu'on y sert dans de petites tasses (^yijân)j et que les indigènes hument avec délices, n'est pas aussi bon qu'en Egypte. On a pris l'habitude, en Syrie, de servir à l'Européen du café très sucré et chargé de son marc, mais on peut aussi le demander sans sucre (sâdéon mourra) ou avec peu de sucre (chouoyyet souccarj v. p. 117). Le café des Bédouins est le meilleur ; ils le grillent à mesure qu'ils en ont besoin et le pilent dans des mortiers de bois. L'Européen paie habituellement pour la petite tassé 20 paras (^2 piastre), le double de ce que paie l'indigène. Le cafetier a ordinairement des narghilés pour les habitués. L'Arabe apporte son toumbâc (v. p. 39); si c'est le cafetier qui fournit le tabac, on paie aussi 20 paras par pipe. Le narghilé ne se fume pas tout entier; celui qui en veut un second, dit: «ghaiyir en-ncBfœs», donne-moi une autre pipe, et le fourneau du narghilé est remplacé par un autre tout préparé. Si le charbon s'éteint, on le fait remplacer par un nouveau morceau en disant boêsa. Pour éviter le contact immédiat de l'embouchure du serpenteau (marbieh) par lequel s'aspire la fumée , on peut y mettre un peu de papier roulé.

M. Bains.

Les bains arabes sont des bains de vapeur. L'étuve (harâra ; V. le plan) et les cabinets (maghtas et hanaflyé) ont des plafonds de plâtre pereés d'ouvertures fermées par des cloches de verre de couleur. Les maghtas ont une cuve dans le sol et, pour se laver, an bassin de marbre muni de robinets d'eau froide et d'eau chaude ; les hanafiyé n'ont que le bassin. Toutes les pièces d'un établissement de bains sont revêtues de plaques de marbre. L'étuve qui

Page 1