‹ Palestine et SyrieChapitre 49 sur 119 · RELIGIONS · texte numérisé non relu

RELIGIONS

fois le clergé, sapérieur est presque uniquement composé de Grecs étrangers qui ne comprennent absolument que leur propre langue et ne célèbrent la messe qu'en grec. Les Grecs ont beaucoup d'écoles, dans les classes supérieures desquelles on enseigne le grec. Les membres de cette église se nomment grecs-orthodoxes. Ils sont en Syrie sous l'autorité de deux patriarches, celui de Jérusalem et celui d'Antioche. La juridiction du patriarche de Jérusalem s'étend sur presque toute la Palestine ; un certain nombre d'évéques «in partibus» qui lui sont subordonnés , habitent dans le couvent qu'ils ont à Jérusalem et lui forment une espèce de cour. Ce sont les évêques de Sébastîyé, de Naplouse, de Lydda, de Gaza et d'es-Salt. Ceux d'Acre, de Kérac , de Pétra et de Bethléhem demeurent dans leurs diocèses. Le patriarcat d'Antioche fut transféré en 1531 à Damas, et il y a peu de temps, à Beyroût. Il comprend tous les évêchés depuis Tyr jusqu'en Asie-Mineure, c'est-^-dire ceux de Damas, d' Alep, de Ba'albek, de Sédnâya , etc. Les titulaires de ces évêchés portent aujourd'hui le titre de métropolitains (matrân). Les grecs sont connus comme généralement très fanatiques , et leur haine s'en prend aux latins beaucoup plus qu'aux protestants.

Il n'y a guère de Jacobites arméniens et coptes qu'à Jérusalem ; l'église syrienne-jacobite est plus importante. Les jacobites sont monophysites, c'est-à-dire que , malgré la condamnation du concile de Chalcédoine en 4ôl, ils ne reconnaissent, avec Ëutyohès, que la nature divine en J.-C., la nature humaine ayant été absorbée en .lui par celle-ci. Ils tiennent leur nom d'un certain Jacob Zanzalé, surnommé Baradaï, évêque d'Édesse (m. en 587), lequel, durant la persécution de Justinien I^r, parcourut l'Orient vêtu d'un costume misérable, et fit beaucoup pour la diffusion de cette doctrine. Les jacobites, comme les grecs, emploient du pain levé dans la consécration et ne font le signe de la croix qu' avec un seul doigt. Les Grecs et les Syriens ont conservé le calendrier grec , et les moines comptent même encore quelquefois d'après l'ère des Séleucides (p. ol). La langue liturgique des jacobites syriens est l'ancien syriaque. Le patriarche de cette église avait autrefois sa résidence à Antioche, elle est maintenant à Diarbecr et à Merdîn* C'est là qu'habite le plus grand nombre des jacobites, dont une partie parle syrien. La population y est en général pauvre et très peu intelligente, et les moines sont d'une ignorance inouïe. Comme les grecs, les moines jacobites ne mangent jamais de viande; du reste la religion n'est guère pour la plupart qu'une pratique extérieure.

L'église catholique-romaine ou latine compte de même en Syrie différentes sectes. En général, les ecclésiastiques de cette confession sont très supérieurs aux Grecs et aux Syriens , grâce à l'activité de la Propagande de Rome et aux efforts d'un si grand nombre de leurs coreligionaires d'Occident en Palestine même. Rome a beaucoup fait dans les derniers siècles pour affermir son autorité en Orient; elle est parvenue à fonder deux nouvelles églises, une

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