MŒURS ET USAGES DES MAHOMÉTANS
A rage de 6 ou de 7 ans ou plus tard encore^ les fils des musulmans sont circoncis et cela, en grande cérémonie. L'enfant qui doit être soumis à l'opération est conduit processionnellement dans les rues , et afin de diminuer lès frais on se joint d'ordinaire à un cortège matrimonial. L'enfant porte gt^n^ralement un turban de cachemire rouge, des habits de fille aussi riches que possible et une parure de femme très voyante (le plus souvent en pièces d'or) qui attire les regards et les détourne de celui même qui la porte. On loue un cheval bien harnaché pour lui servir de monture. Il doit se couvrir à moitié la figure avec un mouchoir brodé. Le barbier qui doit faire l'opération et des musiciens marchent en tête. Souvent on conduit ainsi en procession deux on plusieurs garçons à la fois.
Les filles sont mariées à 12 ou à 13 ans, quelquefois même dès leur dixième année. Ce sont des parents ou des entremetteuses qui procurent à un jeune homme la fiancée, qu'il ne voit que le jour du mariage, si elle n'appartient pas à une elasse tout à tait inférieure. Quand tout est décidé, le futur doit payer la dot, environ 600 fr. si la fiancée est une fille, moins, si c'est une veuve. Ordinairement, les deux tiers de la somme, sur laquelle on marchande beaucoup, sont payés immédiatement , tandis que l'autre tiers est réservé à la future pour le cas où son mari viendrait à mourir ou bien lui imposerait le divorce. Le contrat de mariage est alors conclu. Lors du cortège nuptial, la fiancée est, avant la noce, conduite au bain pompeusement parée. Cette procession s'appelle la %effet et'hammâm. En tête , marchent quelques musiciens avec un ou deux hautbois et des tambours de différentes espèces ; puis viennent deux à deux quelques amies et parentes mariées de la fiancée, et à leur suite, un certain nombre de jeunes filles. Le costume que porte la fiancée future la eache complètement aux regards; elle est d^abitude tout enveloppée dans un ch&le de cachemire et elle a sur la tête un bonnet ou une couronne de carton. Le cortège, qui marche lentement, est fermé par des musiciens. Lejs- cris de joie que poussent des femmes de la classe inférieure, à chacun des actes importants de la cérémonie , s'appellent saghârtt. Les choses se font avec le même appareil lorsque la fiancée est conduite chez son mari.
Un convoi funèbre n'est pas moins remarquable chez les mahométans qu'un cortège nuptial. Quand une personne est morte dans la matinée, l'enterrement a lieu le même jour; sinon, c'est le lendemain. Lorsque le corps a été lavé et que la famille et des pleureuses (néddâbé) ont fait entendre leurs plaintes, lorsque des maîtres d'éoole (fikîh) ont lu des chapitres du Korân près du défunt, qu'on lui a mis du coton dans les oreilles, les narines, etc., et qu'on l'a revêtu d'une tunique mortuaire blanche, ou verte, on l'emporte solennellement. D'abord viennent des hommes pauvres au nombre de six ou davantage, généralement aveugles, qui s'avancent lentement, deux à deux ou trois à trois, chantant la profession