‹ Palestine et SyrieChapitre 52 sur 119 · MŒURS ET USAGÉS DES MAHOMET ANS · texte numérisé non relu

MŒURS ET USAGÉS DES MAHOMET ANS

de foi : «il n'y a d'atttre dieu que Dieu ; Mahomet est Fenvoy^ de Dieu ; Dieu lui soit propice et le garde». Des drapeaux accompagnent le cercueil qui n'est proprement qu'une ciyidie sur laquelle on a tendu le drap dont le mort est enveloppa. Cette civière est port(^e, la tête en avant, par trois ou quatre amis du défunt, qui sont relayas par d'autres de distance en distance. Derrière marchent les femmes en deuil, les cheveux dénoués, sanglotant et souvent accompagnées de pleureuses, qui font Téloge du défunt. Le corps est porté en premier lieu à la mosquée dont le saint inspire le plus de confiance, et Ton y fait des prières. Après avoir ensuite placé le cercueil devant le tombeau du saint, chanté et récité de nouvelles prières, on se remet en matohe, pour le cimetière, où le mort est enterré de façon à avoir la face tournée du côté de la Mecque. Les musulmans observent rigoureusement la séparation des sexes, même après la mort; c'est pourquoi il y a ordinairement deux caveaux dans un tombeau de famille, l'un pour les femmes et l'autre pour les hommes. Au milieu se trouve l'entrée qui, pour plus de commodité, n'est fermée que par une seule grande pierre. Les chambres sépulcrales sont assez hautes pour que les morts puissent se tenir debout lorsqu'ils sont examinés, la nuit qui succède à leur enterrement, par les deux anges Mouncar etNekîr (v. p. 100). En effet les musulmans croient que l'&me reste encore une nuit dans le corps. — Le catafalque de pierre, reposant sur un stylobate plus ou moins orné, porte deux colonnes (ehâhid) de marbre ou d'autre pierre, dont l'une au-dessus - de la tête du mort, reçoit le nom et l'âge de ce dernier ainsi que des sentences du Kor&n. Un tnrban représenté au haut du ehâhid indique l'état du défunt. Quand c'est une personne considérable, on élève' au-dessus de la tombe une coupole , reposant sur quatre colonnes , ou une construction fermée, de la forme mentionnée p. 41, et adoptée pour les tombeaux des cheikhs. Les jours de fête, les monuments sont ornés de fleurs, et les femmes restent alors souvent des journées entières près des tombeaux, occupées à prier et à soulager les pauvres. Comme il faut de l'espace pour abriter ceux-ci, il en résulte qu'un mausolée complet a des dépendances presque aussi considérables que celles d'une mosquée, c'est-à-dire des salles pour recevoir les membres de la famille durant les fêtes, une fontaine et une école, des écuries, un logement pour l'intendant, etc. Des constructions de ce genre vont jusqu'à présenter à peu près l'aspect d'une petite ville, moins toutefois l'animation. On appelle Hôch l'ensemble de ces édifices mortuaires.

Vn. Langue arab^.

Dans toute la Syrie , gauf des exoeptions qui tendent à disparaître, on parle aujourd'hui la langue des oonqutfrants musulmans. Au grand essor que prit la nation arabe et qui se manifesta par la naissance de Pislamisme, correspond aussi l'âge d'or de la littérature arabe, dont les œuvres les plus classiques sont les poèmes d'alors, ayec quelques-uns de l'époque antérieure, et le KoÂn. A côté de la langue littéraire, qui se forma du dialecte des Koréichites, (famille de Mahomet), il existait divers dialectes chez les différentes tribus arabes ; cependant il y a beaucoup d'unité dans l'arabe, malgré l'immense étendue des pays où il domine, de l'Yémen à la Mésopotamie, de Bagdad au Maroc. C'est encore l'arabe classique qu'on écrit aujourd'hui, avec une empreinte plus ou moins marquée d'arabe vulgaire selon le degré d'instruction de l'écrivain. La langue actuelle est en outre mélangée de termes étrangers, car depuis des siècles les Turcs occupent le pays, et le turc est la langue ofAoielle du sérail, du gouvernement et en partie aussi des tribunaux. L'araméen qui se parlait en Syrie à l'époque de la conquête musulmane, a de même exercé son influence. Enfin les ports de mer se sont longtemps servis d'une langue dite franque , mélange de la langue arabe et d'idiomes européens.

L'arabe appartient au groupe des langues sémitiques, entre lesquelles et les nôtres la science n'a pas encore constaté une origine commune. C'est précisément cette différence entre les deux familles de langues , qui rend si difficile l'étude de l'arabe et rebute le commençant. En revanche l'arabe et surtout le dialecte du peuple a beaucoup d'analogie avec l'hébreu, dont une connaissance même superficielle peut être utile. L'écriture des Arabes s'est formée de celle des Syriens, qui elle-même dérivait de l'écriture hébréo-phénicienne. Les caractères des anciens manuscrits sont ordinairement plus beaux que ceux d'aujourd'hui; l'écriture oursive actuelle est petite, laide et peu lisible ; les caimotères d'imprimerie en usage sont habituellement petits au Caire, un peu plus grands et plus distincts il Beyroût. Les signes diacritiques des voyelles ne s'emploient presque plus maintenant , de sorte que la lecture de l'arabe exige déjà une connaissance approfondie de la grammaire.

Les sons de l'arabe diffèrent en partie de ceux de notre langue. Ce ne sont pas les habitants des villes qui le parlent avec le plus de pureté , mais ceux des campagnes et du désert , dont l'idiome se rapproche davantage de la langue classique. Les musulmans parlent en général mieux que les chrétiens , grâce à la récitation quotidienne du Korân. La différence principale entre l'arabe littéraire et l'arabe vulgaire actuel consiste en ce qu'il manque à ce dernier certaines flexions terminales. On n'apprendra bien l'accent et la prononciation de cette langue que par une longue pratique.

On trouvera ci-après les règles grammaticales les plus impor-

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