‹ Palestine et SyrieChapitre 54 sur 119 · LANGUE ARABE · texte numérisé non relu

LANGUE ARABE

t&ntes de Tarabe vulgaire de Syrie tàaù qWone liste des locutions et des termes les plus usités.

L'oreille est désagréablement frappée des nombremar g«ttarales de l'arabe. Les consonnes No. 15, 16 et 21, dites emphatiques^ ont un sou particulier qui exerce une influence sur les voyelles et rapproche l'a et l'on de o et Te de i. L'u et Teu français sont rares dans l'arabe vulgaire , de même que les diphthongues, sauf dans le Liban.

£n s'adressant à quelqu'un , les citadins emploient la 2^ pers. pi. ou une circonlocution, telle que : ndjénâhacnj ta dignité ; ttkhadrétaenj ta présence; au patriarche «ghotJtbtetcoum»] au pacha, «sa'âdétac»^ deux termes qui signifient «ta félicité». On se sert fréquemment de «yâ sîdi»^ Monsieur. Au lieu de «ana» 1^^ pers., les gens de la basse classe disent «el-fakîrny le pauvre homme.

Les FOssBssiFB se rendent par des suffixes ; p. ex. faras, jument; farasij ma jument; farcuae, ta jument, fem. ic; farcLSOU (ô), sa jument, fem. farasha; farasna, notre jument; faroacourriy votre jument; farashounij leur jument.

L'abticlb el assimile son l devant les consonnes t, th, d, dh, d, t et z, s, s, ch de même que devant n et r; ainsi, au lieu de elchemsy le soleil, on dira ech-chems,

DiMOMSTRATiFs. Hâda (^celui-ci) uni avec Tarticle devient hal ou bien hâi; plur. hâdôli; hâdâc sign. celui-là.

Le BBijLTiF elli ne s'exprime pas après un substantif Indéfini.

BéclûLaiBon. Le substantif n'a pas de cas ; le génitif se place simplement après le mot privé de son article ; ex. ibn el-bâcha, le fils du pacha. Quand le génitif est précédé d'un nom fém. terminé par a, e, t, on change ces voyelles en at, et, it; ex. maraf femme; marat el-kâdij la femme du juge.

Le BVBL se termine en în, fem. etîn. Ex. séné , année , duel séneUn ; idjr pied, duel idjrèn. Le fluribl masc. est en în ; ex. ^e<tô{itn paysans ; le fém. en ât; ex. hâré, quartier, ville, pi, hârât. Cependant le pluriel se forme ordinairement par la transformation des voyelles de l'intérieur et cela de 30 ou 40 manières, de sorte qu'il faut noter avec soin le pluriel de chaque mot; ex. 'am, source, pi. 'ouyoûn; tâdjir, marchand, pi. touddjâr; djébel, montagne, pi. djibâlf kabîléy tribu bédouine, pi. kabâU,

Le verbe a différents thèmes comme c'est fréquemment le cajs en grec et en latin. Chaque thème a un parfait, un imparfait (présent), un impératif, un participe et un infinitif. Paradigme katal^ il a tué.

^Parf. Imparf. Impératif Partie.

katal yUçtoul iktoul, ottktoul kâtil

Causâtif kattal yêkattil kattU mekattil

itâtal yekâtil kâtil mekâtil

(aktal yikil aktil mikiU}

R<^fl^cM

Passif on Téfl^hi

Parf. Imparf. Impératif Partie.

takattal yetekattal

Uk&tal yetàâiil

iiikaial yinkatil

{kiatal ytkiaiil

ikâktal yùtâktil UtâktU mistaktil on mou.

Les brèves remarques qui précèdent ne sont là qu^à titre d^exemples et ne peuvent tenir lieu de grammaire. L'arabe est une langue trop différente des autres pour ne pas exiger une étude spéciale. Nous donnons, oi-après, les chiffres, les mots, les phrases qui sont d'un usage quotidien et qui reviennent sans cesse. On les apprendra sans peine par coeur et on ne tardera pas à en reconnaître l'utilité.

Vocabulaire arabe.

1 — ouâhid, fem. ouahdt le

2 — itnîn - tintîn

3 — telâté ' telât

4 — ârhc^a - arba^

5 — khâmsê - kkama

6 — sitté - 8iU

7 — aéb'a - séb'a

8 — temânyé - temân

9 — (M'a - tis'a 10 — 'âchera - 'âcher

1 1 — hedâ'ch 20 — 'achrtn

12 — etnâ'eh 30 — ielâtîn

13 — telattâ'ch 40 — arba'tn

14 — • aràba'tâ'ch 50 — khamsîn ib^khamstâ^ch 60 — sttttn

16 — siitffeh 70 — êéba'în

17 — séb'atâ'eh 80 — Umântn iS — tmantâ^eh 90 — «is'în 19 — tiVatâ'cft

oûlâ

tâniyé

0lité

fâbi'a

khâmisé

Bâdisé

sâbfa

tâminé

tâsi^a

'âchiré

une fois — marra

deux fois — marratîiï

trois fois — ttlât marrât quatre fois — arba^ marrât

cinq fois — khama marrât

six fois — sitt ma/rrât

sept fois — séb^a marrât

huit fois -— temân marrât

neuf fois — tU^a marrât

dix fois — •^acher marrât

1er — aououel fem.

2e — tôni

3e — tâlit

4e — râbr

5® — khâmis

6e — sâdia

7e — aâbf

8e — tâmin

9e — tâsi^ 10e __ ^âehir

100 — mîye, dev. un nom mît

200 — mîyftgfi

300 — t««d«mî!^

400 — arba^mtyé 1000 — alf 2000 — alfin 3000 — tetoceâtô/' 4050 — orfta'tdW/' 100,000 — mîtaV un million — miiyoûn une demi un tiers un quart un cinquième un sixième

un septième un huitième un neuvième un dixième

— noui

— totiù

— rouble

— kkoums

— 80Ud8

— «of«6'

— toumn

— tout^

— ^oucher

Les substantifs se mettent au singulier après les noms de nombre, sauf de 1 à 10. Ex. 4 piastres, ârba' kouroûehf 100 piastres, mUkUrck,

VOCABULAIRE AKABE. 113

Je, ana; tn, enté, fem ênti: il, hoû; elle, hi; nous, nâken; volts, cnUou; ils, ftoum.

Oui, fKftn, t (^gypt. aïoua); non, M; non, je ne renx pas, là ma bârtd (^gypt. moueh*âouez); ce nVst pas nécessaire, moveh lâtim; pas, ma; il n'y a rien, mâfîeh; je veux, âna bertd ; veux-tu. terid enté ; nous voulons, nertd ; vous voulez, terldoû.

Je vais, âna râih; j'irai, âna berouh; nous irons, m/nroâft; va, roÛh; allez, roûfcou.

n a vu, chef; vois, ^oûf; j'ai vu, choufl; je voudrais voir, &«(feii echoûf.

Je parle. &«hXn' ; je ne parle pas arabe , âna ma bthki bit-'arabi ; parles-tu italien, btehki bU-italyâni; français, franêâmti; comment t'appelles-tu, ehoû ismae.

Je veux boire, beddi echrab ; j'ai bu, âna chitiM ; bois, iehrab.

Je veux manger , beddi âcoul; j'ai mang^, âna aealt; mange, coul ; nous voulons manger, bedna nâeoul.

Je veux domir, beddi enâm ; levez-vous, (h)oUmou ; je me repose, besterth.

J'ai été achevai, rikibt; je monte à cheval, bercab; je pars, besâfir.

Je suis venu, rfjrtj je viens, badji; viens ici , ta^âl ou ta*â ; il est venu, djâ; il vient, yidji.

Aujourd'hui, el-yôm; demain, boucra; après - demain , ba'd boucra ; hier, embâréh ; avant-hier, aououel embâréh.

Beaucoup, très, fc<<îf ; un peu, chouôiyé; hon, taiyib; pas bon, mouehtatyib; très bon, tatyib ketîr ; lentement, plus lentement, ehouéiyé chouâiyé, *ala mâhlac ; en avant, yallah yatlah.

Combien, fc«m; pour combien, bekem, bikâm; assez, bœs; combien d'heures, hem sa' a?

Pourquoi, pour quel but, rtUnfhântch ; c'est i^gal, mâ*cdêeh.

Tout, coul; ensemble, saoua saoua; 'chaque, chacun, coul ouâfUd ; l'un après l'autre, ouâhid ouâhid.

Mieux, meilleur, âhsan ; le meilleur de tous, el^âhsan min el-rotU.

Ici, hôn ftfgypt. héné)* par ici, lahôn; d'ici, minhôn; là, hônic (é'gypt. henâc')*^ en haut, fôk; en bas, taht; sur, *ala; profondément, ghamîk; loin, bc^td; près, kaf^b ; dedans, djououa; dehors, barra ; otï, ouîn ; encore, pas encore, lissa (ma lissa avec un verbe) ; quand, émté ; après, bifd; plus tard, btfdÉn; jamais, abadan; toujours, dâinum; peut-être, belki.

Vieux, JkeKr ; c^èbre, méehhoûr; occupa, mat^ghoûl; trompeur, chaououân; ivre, sécrân; aveugle, a'mâ; stupide, ghachtm; paresseux, keslân; gras, semin; ^tran?er, ghartb; joyeux, ferhân; bien portant, sâh, mabsoût (content); qui a faim, djoû^ân; menteur, keddâb; fatigu<^, ttfbàn; rassasia, chib*ân; faible, da^îf; mort, méiyit; fou, tn«(î/noûn (^gypt. megnoûn): sûr, fidèle, amîn.

Amer, mourr; aiste, hâmoud; doux, hdou.

Large, 'arîd; étroit, dâiyik; grand, 'adtm, kebfr; chaud, har ;

haut, 'âli; vide) khâliy fâdi'; neaf, nonydau, djedU; bas, ouâti; mauYais, lattâl; sale, ouousikh; escarpe, ^(isi; chef, ghâli.

Blanc ^ iitya^^ noir, sombre, asouad; rouge, ahmar; jaune, oêfar; bleu, axfàk; vert, akhdar.

Heure, sâ'a; quelle heure est il? kaddêeh es'sâ'a? C'est 3 h., essaya bittelâté; c'est 4 V{, essâ'a arba* ounous; il est 5 h. moins Y4, essâ'a khâmaé illa rouble.

Matin, dâhâ; midi, douhr; après-midi (IV2 b* Avant le coucher du soleil), 'cur; nuit, Ûl; minuit, nouêê el-iU.

Dimanche, yômel-ahad; lundi, yôm el-Unen; mardi, yôm et^ ielâia; mercredi, ydm éf-arîa'a ; jeudi, yôm el-Muxmîs; vendredi, yôm el-djoum'a; samedi, sabbat, yôm es-eebt; Iq mot yôm, jour est ordinairement supprimé. La semaine, ouêboUif; le mois, chahery pi. oucftAour.

Janvier, cânoûn et'tâni; fe'vrier, eMât; mars, adâr; avri], nîsân; mai, iyâr; juin, heûrân; juillet, tamoûn; août, âb; septembre, îloiU; octobre, UtArîn el ' aououel ; novembre, Uchrîn ettâni ; décembre, cânoûn el~aououel.

Les mois musulmans, comptés d'après l'année lunaire (p. 103), s'appellent: Mouharrem^ Safar, BebV el-cbououel, RebV et'tâni^ Bjoumâda el-aououel, Djoumâda et-tâniy Redjeb, Cha'bân, Ramadan (mois du jeûne), ChaGuo%tâl, Dhout'ka'dé, Dhoul-hiddjé (mois du pèlerinage).

Hiver, chita; été, sèf; printemps, rebt.

Pluie, maiar, c^ila,* neige, teldj; courant d'air, haoua.

Ciel, sémâ; lune, kamar; nouvelle lun«, hilâl; pleine lune, bedr; soleil, ehems; lever du soleil, touloû* ecA-c&em«; coucher du soleil, maghreb ; étoile, cdea5,plur. eaouâkih»

Est, cherk; ouest, gharb; sud, kibla; nord, chemâl.

Père, abou; mère, oumm; fils, ibn, plur. béni; flUe, &ml, plur. benât; grand-mère, sitt; frère, akh, plur. iMouân; soeur, oufc^t, plur. akhouât; parents (père et mère), ouâlidên; femme, dame, mâra; femmes, nUouân, harîm; un jeune garçon, ouêled, plur. oûlâd; homme, ridjâl; homme (en gén^ral)^ in«ân, plur. nâs; ami, sadîk; voisin, djâr; fiancée, ^aroûs; fiancé, ^arU; noces, ^oers.

Ruban pour attacher la ksiSîyé, 'apâl ; manteau bédouin, 'abâyé; fez, tarbouch; bonnet de feutre, libdé; ceinture, zounnâr; pantalon, chelouâr; -jaqu«tte, férmeUyé; caftan, koumitâz; calotte contre la sueur, 'arkîyé; soie, harîr; botte, dje%mé; bottine de femme, mest ,• pantoufle, bâJboûd^ ; soulier, iowrmâyé ; bas, djerâb ; turban, châla, leffé,

Oeil,/a'm, duel 'a^intn; barbe, dakn, lihyé ; pied, idjr, duel idjrîn; cheveux, cfta'r; main, îd, àneltdîn; main droite, yen^n; main gauche, chemâl; poing, keff; tête, râi ; bouche, foum^ ioum; moustache, chaouârib.'

Diarrhée, insihâl; fièvre, $oukhoûné{ quinine, ktna; opium, afiyoûn; doiileur> ouad^^a.

Abraham, IbrâJum; Gabriel, Djïbrâîly Djotibrâriy DJtbboûry DJahoûra; George, Djirdjis; J^sas, 'Isa; Jean, Honna, abréviation de Yoûhanna; Joseph, Yoûsef^ Yoûaouf; Marie, Maryam; Moïse, Maûsa; Salomon, Souleimân.

Allemagne, AUmâniya; Américain, américâni, amélicâni; anglais, inglUi; Angleterre, bilâd el^ingilîx; arabe, ^ar(tbi; Autriche, bilâd nemaa; autrichien, nemsâoui; Bédouin, b^dcioui, plur. bédoUj ou aussi el-^arab; Gonstantinople, Stamboul i Druse, Droûxi, plur. ed-Deroûz; Egypte, Masr; Francs (désignation des Européens), frandji; un monsieur européen, khoouâdja (proprement Tillustre), pi. khoouâdjât; français, franaâow; France, Fransa; grec, roûmi^ Grèce, Roûm; italien, italiyâni; Italie, 6»lâd itâliya; prussien, prouasiyâni; Prusse, bilâd prousaiya j russe, moscôoui; Russie, bilâd moscoou; Suisse, SouiAzéta; Syrie, ech- Châm; turc, to-ùrki.

Grec -orthodoxe, roûm kadtm^ grec - cathol. , roûm câtoûlîk; catholique, câtoûlîki, plur. kououUdé; descendant de Mahomet, aéiyidj protestant, protestant; chrétien, nousrânit plur. naeâra; Juif, yehoûdiy plur. yehoûd ; mahométan, moudim^ plur. mouslimîn*

Un saint (et son tombeau), ouéli, en syrie, mâr; prophète, nébi, eu parlant de Mahomet, rasoûl.

Armée, 'asker; barbier, hallâk; blanchisseur, ghaaaâl; boucher, kaasâb; boulanger, kha^bâz; brigand, harâmi, plur. haramîyé; changeur, sarrâf; chef de village, cheikh el - béUd ; cheikh de Bédouins, cheikh el-'arab ; consul, kounaoul, ounaoul; cordonnier, sourmâyâti ; le crieur qui appelle à là prière, mouéddin i cuisinier, tohbâkh; domestique, khâdim; douanier, goumfowitchi ; drogman, terdjoumân ; gardien , ghafîr , plur. ghoufarâ ; guide (à cheval), khaiyâl'y huissier du consulat (gendarme), kaououâs; juge, kâdi, plur. kou^t; libraire, coutoubi; loueur de botes de charge, moucâri (par abus moucr^t plur. émcâriyê; un maître d'école, mou' allim; médecin, hakim^ plurL^oufcamâ; missionnaire, moursaf, plur. mour salin; moine, râhib^ plur. rouhbân; orfèvre, sâigh^ plur. siyâghé; pèlerin, haddji; police, zabtîyé; porte- faix, hammâl; un savant, 'âlim, plui. ' ouléma; savetier, scâfi; soldat, 'askéri; tailleur, khatyât.

Abricot, michmich; ail, ioûm(foûm); arbre (arbuste), sadjara, plur. asdjâr; banane, moiîz ,- caroubier, fcAafroû& ; citron, 23moiln,' coton , koutn ; datte , timer ; figue , tîn ; fleur (floraison), zahr, plur. azhâr; grenade, roummân; haricot, foûl, loûbîyé; melon d'eau, battikhf rouge, djebzé ; oignon, basai; olivier, zîtoûn; orange, portougân; orge, cha'îr; pêche, dourrâc ; pistache, foustouk; raisin, 'œnab.

C&té,kahoué; premier déjeûner, foutoûr, deuxième, ghadâ; dîner, 'achâ; eau, môyé; eau-de-vie (faite en Syrie, surtout de raisins secs), 'arak^ raki; friandises, halâoua; huile, zU; lait frais, halW, aigre, lébn; miçl^ 'aaal; œi^f, H^a^ oeufs^, J>êd, àlacoqw**

hedbericht, ànts bèd makli ; pain, fcfeoufta (tfgypt. 'îcK); pain plat arabe, raghtf^ plur. roughfân; papier à cigarettes, ouarakat sigâra; poison, «emm; poivre, /but/btif ; riz, rous; fiel, mi7/i; sacre, souccar; vin, nebîd (tfgypt. charâb'); vin de Chypre (boisson la plus usitée), nebîd koubrousi.

Lettre, mectoûb, plur. mecâtîb; livre, kitâb, plur. eoutoub. Tente, khhnéy tente arabe, beit ; barre pour tente, 'amoûd; piquet pour tente, ofiatady plur. aoutâd.

Auberge, locanda; chaise, coursi; chambre, ôda; escalier, déredjé; fenêtre, judas, iâka; jardin, &ou«tân ou c2^enSn/, plur. djanâirif maison, beit, plur. bijoût (égypt. dâr); mur, soûr; natte, hcuîra; porte, bûb, baououâbé ; sofa, dîouân; tapis, besât.

Chaire, mimbar; couvent, deir; convent de derviches, tekkîyé ; hôpital, moûfi«tôn ; minaret, mâdtn/ ; mosquée, dJâmV^mesdjidf'pluT, mesâdjid; niche- oratoire, mihrâb ; tombeau, kabr^ plur. kouboûr. Bagage, 'afck, html; bât, djelâl; bride, ledjâm; Strier, recâb, plur. recâbât ; fer à cheval, na'l ; sac de voyage (le sac arabe se met sur la selle}, khourdj ; sac à provisions , ^alîka ; selle européenne, serdj frcmdji, selle arabe, bélédû

Poignard, khandjar; fusil, boundoukiyé; pistolet, tahândja; poudre, milh; sabre, sef.

Bâton, ^cuâyé ; bougie, chem^a; chandelier, chem'adân; couteau, sikkîn; éventail, mirouâh; ficelle, corde, habl; fll, chît; hache, kaddoûm ; lanterne, fânoûs ; outre, kirba^ plur. kirab ; savon, saboûn; seau, délou; verre à boiré^ koubâyé.

Bain, hammam f citerne, bîr; ^tang, ôtrfc^ (plur. bourac)^ bohîra; fontaine publique, sébîl; source, 'mn, néba^.

Bois, khatab; plomb, resâê; charbon, fahm; fer, hadîd; feu, nâr; lumière, noûr; pierre, hadjar.

Ancrage, mouillage, mtrsâ; bateau à vapeur, ouâboût; île, djezîré ; marais, ghadîr; mer, bahr'^ port, minci; promontoire, râs ; rivière, nahr; vaisseau, merkeb, plur. marâkib.

Bois, foret, hich; château, kasr; chemin, derh , plur. douroûb; collège, médréêé, plur. madâris; colline, teU, plur. touloûl; désert, berrîyêj bâdiyê; tfcole, couttâb (éc^le primaire); forteresse, kaVa; grande route, tarik es-soultâni ; grotte, meghâra, plur. moughr; marche^, soûk, plur. asouâk; ruine, khirbé; montagne (chaîne), djébelj plur. djibâl; plaine, ouata, sahl; pont, djisr; prairie, merdj ; route, tarik, plur. tourouk; rue, zekâk, sikké ; patrie, contrée, bilâd; ruine, ft^i'r&e ; terre , ard; village, béled^ karya^ fce/r(aram.); ville, medînéy plur. moudoun.

Abeille, nahla ; agneau, kharoûf; âne, houmâr, plur. hamîr; bidet, guédîch; canards, bai; chameau, djémel, plur. djimâl; chamelle, nâké, plur. noûk; chameau de course, dheloûl; chevaux, khU; chien, kelb, plur. fcilâb; cigogne, legleg; coq, dîl; poule, djâdj ; étalon, howân; gazelle, ghazâl; jument, faras; lézard, dalfb; mouches, doubbân; oiseau,. ter, plur. tiyoûr; pigeons, har

mâm ; poisson , sémec ; poic , sanglier, khanztr ; porc-^pic, kouri' fond ; poulain , mouhr ; poussin , ferroûdj ; poux , kanU ; puces, barâghît; punaise, bak; sangsue, 'cUha, plur. ^cUâik; scorpion, ^akrab, plur. *akârib; serpent, hâyyé; tortue, talhafê; vautour, aigle, nûr.

A l'arriviîe. Pour combien veux- tu me mener à terre (au navire) , bikém tâkhoudni lil-bârr (lU-merkeb) ?

Pour cinq francs I bikhâma fronçât I

C'est trop, je t'en donnerai un I ketîr, baHîc ouâhid !

Tu me mèneras seul , si non je ne te donne rien ! tâkhoudni ouahdi. ouHla ma ba't7c chî.

Nous sommes trois I nahn telâté.

Chacun pour 4 piastres, eoul ouâhid bi arba^ kouroûch.

Descends cette malle (ces malles) dans la barque I néziil housandoûk (has-sanâdtk) lil-mérkeb»

A la douane, goûmrouc. Ouvre la malle, iftah eè-aandoûk. Je n'ai rien dedans, ma *ândi M (pourboire, bakhchtch"). Donne le passeport, hât tt-tézkêrê (passaport). Je n'ai point de passeport, ma fî tézkéré 'ândi. Je suis sous la protection du consul français, âna taht el-kounsoul el^fransâoui ( — allemand k. aUmâniya^ — autrichien k, ntmè(i).

Au caf^. Garçon 1 apporte-moi une tasse de caftf, yâ ouéled djîb findjân kahoué (avec du sucre kahoué beaoticcar ; sans sucre, minghèr aoucear ou mourra).

Apporte une chaise, de l'eau, djîb coursij môyé.

Apporte un narghilé, djîb narghilé (et aussi nœfœs).

Un tuyau propre, neuf, marbîch nadîf djedîd.

Apporte un charbon allumé, dJib basset nâr.

Change la pipe (c.-a-d. apporte un autre fourneau rempli) ghaiyir tn-nafas.

Au bain, fil hammam.

Apporte-moi les soques, djîb el'kabkâb (^ab*âb).

Introduis-moi, oftaddtni ladjoûoua.

Laisse-moi un moment, khcûlîni ehouôiyé.

Je ne transpire pas encore, lissa mâni 'arân Carkân).

Frictionne-moi bien, keiyisni mclth.

Il n'est pas nécessaire de me frictionner, mouch lâzim ettékyU^

Savonne-moi, ghassilni bisâboûn.

Cela suffit, assez, bikeffij bœs.

Donne de l'eau froide, d^îb môyé bâridé.,

Donnes-en encore, djW kcmân.

Nous voulons sortir, bedna nûlc^ barra.

Apporte un linge (des linges), djîh foûta (foûouai).

Apporte de l'eau , du c&îé , un nargMI^ , djîb môyé , kahoué, narghîlé.

Où sont mes habits ? ouên houdoûmi ?

Donne mes souliers, djîb el-djezmé.

Où est le garçon de bains , le cafetier ? ouên el-moukêiys, él' kahouétehi?

Voici ton pourboire, khoud bakhchîehac.

Chez le barbier, ^and el-mouzéiyin.

Coupe^moi les cheveux avec des ciseaux, kouss cha'r râsi bilmakass (l'habitude musulmane de se faire raser la tête, outre qu'elle défigure, cause souvent une éruption}.

A sec, sans savon, 'dUn-nâehif,

Rase-moi bien, ihlak dakni melîh.

Dois-je te laver la tête? eghassil râsac?

Non, cela n'est pas nécessaire (oui), là moûch lâzim (e na'am).

L'opération terminée, le barbier place un miroir devant son client et lui dit : «nâ'tman» que cela te soit agréable , à quoi l'on répond : Dieu te le rende, «ailâh yin'am 'alec».

Blanchissage. Fais laver ces vêtements, ouaddi elhoudoûm lilghaaU (comptez-les en présence du blanchisseur).

Combien coûte le blanchissage ? kaddêch témen elghasU ?

Chez le loueur de chevaux, moucâri.

As-tu des chevaux? 'andac khU?

Je n'ai point de bêtes de charge, mâfîch daouâbb ^andi.

Combien veux - tu par jour pour un cheval ? kaddêch tâkhoud kira coul yôm 'alâ dâbbé?

30 piastres I telâtîn kirch.

Non pas cela; nous t'en donnerons 15, fnâ bUtr , na'tîc khamstâ^ch.

Nous voulons deux chevaux et deux mulets, bednâ housânîn ouba^hlên.

Pour combien veux-tu me conduire là? bikem tâkhoudni ila hôntc?

Un voyage de 3 jours, sêfer telâtt'iyâm.

Nous voulons essayer les bêtes, mendjérrib eddaouùuâbb, • Monte, ireab.

Celle-ci ne va pas bien , donnes-en une autre , hâda ma biyimchij djîb ouâhid ghêrou.

Donne-moi des arrhes aHîni ghaboûn.

. Voyage. Quand partirez-YOïiB ? émté teêâftrou ?

Nous partirons demain au leyer du soleil, méntîd (htddenâ) nesâfir boûera, ma'aeh-ehems; une heure avant le leyer du soleil, Bâ'aabl ech-'ohems ; deux heures après • le lever du éoleil , êâ^atîn ba'd eehrchetM.

Ne viens pas trop tard, là téU^âoupk*

Tout eat-il prêt? eoûl chè hâdir ?

As- tu acheté du vin ? ichtarît nebîd ?

Non,, pas enoore^ lâ^ lissa.

Chargez, chêiyilou.

Combien d'heures de . . . à . . ? kem sâ^a min ... ila (il faut se défier des indications des habitants, car peu d'entre eux savent ce qu'est une heure).

Sept heures et demie, seb'a sâ^ât ounous,.

Tiens l'étrier, imsic errrecâb»

Je veux monter, beddi éraib (plur. bedna nereab')»

Pleuvra- t-il aujourd'hui ? râih yimtour el^yôm ?

Attends un peu, istinna ehoitâiyé,.

Quel est le nom de ce village, de cette montagne, de cette vallée, de cet arbre, de cette source? chou ism hal^béled, djebel^ ouâdi, (has) sadjara, hal'aïn?

Nous voulons nous reposer^ àé^^nez^ beddenâ nisterih ^ néteghàdda,

Y a-t-il là de bonne eau (sutiaroate)? fïh môyê taiyibé(fid-^rb)? Où est la source?, ouièn el-^atn ?

Nous voulons descendre, bédna fUnsil.

Apporte le dîner,, djîb el'dkeL

N'approchez pas trop, khaUîcoum ba'îd 'anni.

Enlève le dîner, ^U el'âkeL . .

Viens, ta^â idâl; va-t-en, roûh.

Où vas-tu? ouînrâkih? D'où viens-tu? min ouîn djàt?

Le temps s'est écoulé, il est déjli tiird, fât tl-ouakU

Irons-nous tout droit? menroûh doikghri? ; tout droit doughri doughri.

Un guide est-il .nécessaire? yiltsmna dtlul?

Vous vous êtes éoartés du chemin , égarés , ghcdaiiou (tiktou) 'an edderb..

Y a-t-il des Bédouins. (voleurs) sur la route? fîh bédou (haramtyé) fid^derb ?

Non,, tout est sûr, là coullou amins

Ne bouge pas! ou je tire, la.téteharraç ouiUa edroub bittct-

babandja.

Prends garde à toi, gare à toi, khâfminni.

Que faire à cela? chou besâouorn?

Un pourboire Monsieur; bakhc-hîch yâ khoouàdja I

Il n'y a rien, va-t-en 1 mâftch, roûh» . .

Où mène ce chQmml ha4dtrb tououâddi ila ouîn?

D'où vient ce ehemin? h<idderb tidji mmen?

Je me sens tiès fatigué, ana Uibt kettr.

J'&i mal à la tête, râai byoûdja^ni.

Nous voulons marober vite , faire halte de bonne heure , afin de nous reposer, nestâ'dJU bédna ninsdl baktr minehân nesUrih,

Le soir est venu, sâr moghreb.

Quand prendrons-nous quartier? émU noû$U lil-ménzH?

Dans un moment, bâ^d «â'a.

Où est le pied-à- terre, le couvent? ouen cl-medâfé (el'kônak)^ td^dtvr?

Ouvre la porte, iftah tl^bâb.

Ferme la porte, ttkkir el^bâb»

Nettoie et arrose la chambre, kemniè li tl-ôda ouriehha.

Mets la table, hoûU ca-soufra.

Nous voulons manger, bédfia nâeoul.

Apporte une bouteille de vin, djîb kanînet nebîd^

Qu'y a-t-a à manger? chou fth lilâkel?

Rince bien oe verre, néddif hai-^koubâyé melîh^

Cuis-moi une poule, itboùkh lî djâdjé.

Donne-moi de l'eau h boire, aakîni.

Apporte une serviette propre, djîb foûta nadifé.

Prépare le lit, haddir ei^ferâcK

Réveille-moi demain de bonne heure , koUyimmi boucra bakU*

Je vais me promener, beehimm tl-'hâoua.

Nous revenons promptement, nirdja' kaououâm.

Où est la poste? ouèn bU el^sta?

N'y a-t-il point de lettre pour moi? mâfi macâtîb min ehâni?

En achetant. Que veux- tu ? que cherches-tu ? dioû béddao (égypt. 'âoucz 1)?

As-tu un keffîyé (un fez), 'andac keffîyé, tarbouch?

Que coûte-t-il? kaddteh yisoua? (ou simplement bikèm?).

Cent-vingt piastres, mîye ou'uchrîn kirch.

C'est cher, très cher, hâda ghâli^ ghâli ketîr.

C'est bon marché, Monsieur! rakhU yâ stdi.

Je t'en donnerai 70 piastres, ba'fîe séba'în kirch.

Comme vous voudrez '<Ua kèfae ou simplement kèfac.

Non, cela ne me va pas, tô, ma yesîr.

Yeux tu le vendre pour 100 piastres? tichUrîhâ bimît kirch?

Non, je n'ai qu'une parole , une parole d'européen , là , *andi calâm ouâhid, kilmé fraohd^îyé.

{ykalU , min ehânac» «c'est peu , c'est par égard pour vous» dit le vendeur qui cède la marchandise ; il use aussi de la formule akhoudou balâch» prends-le pour rien.)

Ajoute quelque chose, %id chouéiyé^

Donne l'argent, hât el-fouloûs.

Change-moi une pièce d'or, sa^rif lî lira.

Poux combien prends-tu la pièce d'or? bikém tâkhoud tL'llta? Cela ne fait rien, ma bisâ'U.

Salutations et formules de politesse. Que ta journée soit heureuse, nehârac aa'îd.

Que ta journée soit bénie, ndiânnc moubârec.

Bonjour, sabâheoum bU-khêr, ou el-lchèr; réponse: que Dieu vous (te) donne un bon jour , aUâh yeaabbihcoum (yeaabbihac) bil" khêr.

Bon soir, mesâeoum bil-kher, ou el-khèr; réponse: que Dieu vous (te) donne un bon soir, ciUâh yemetaîeoum (yemcsêîo) bil^ldiêff ou mesêâeoum cUlâh bil-khèr.

En allant se coucher : Que ta nuit ^oit heureuse, bénie, UUtac (lUeteoum) êdldé moubâreké ; la réponse est analogue.

Dans une visite ou une rencontre, la première question après la salution est: kêf hâlae (hêleoum) ou kèf'kèfae (égypt. tè ièyac\ comment te trouves-tu ? Réponse : «eL^hanidou lUÛihj taïyib»^ bien, Dieu soit béni I Les Bédouins et les paysans vous font une douzaine de fois cette même demande.

Lorsqe quelqu'un a bu, les autres lui disent en portant la main à la tête : hantyan yâ ^sîdî, grand bien vous (te) fasse Monsieur, Réponse : «allâh yehanhie (ydiannîooum)» que Dieu vous (te) fasse de même.

Pour offrir quelque chose : doûnae ou khoud, prends ; réponse : câtlar ctlCâh kkèrcusj que Dieu augmente ton bien, c.-a-d. merci. (Cette formule de politesse est rarement ou n'est jamais adressée au touriste par des gens qui considèrent comme un dû tout don en argent que leur fait un Européen.) Réplique itouklièrac» et ton bien aussi.

Au départ: «laouda^nâcoum» y adieu; akhâterac» «khâtircoum» portez-vous bien. L'hôte répond : «fî amûn cMâh» à la garde de Dieu, ou «ma^a sojâméj» bon voyage; à quoi l'on répond parfois: «tUlâh yewUimac» que Dieu te donne prospérité. En route : nahtan ouasahkm» ou «marhabâ», sois le bien venu. Réponse «marhabtên», deux fois le bienvenu.

Viens manger, mange, taffâddalj plur. tafâddoLou^

Fais attention khùUi bâiœ ou seulement bâîoc,

(A cheval) Gare à ton dost dâkraet interpellation qui suivant le rang ou le sexe de celui auquel ou l'adresse est dâhrae yâ khoouâdja! dôhrie yâ bint l etc. En Egypte, et surtout dans les rues étroites du Caire, on entend fréquemment : prends garde à ton pied «Tiff lac» , à ton visage aouoûchchac», à ta droite yemînae , à ta gauche ehemûlae, ainsi que oû'â attention ! etc.

Je te prie, dâkhlae.

Je suis sous ta protection (expression bédouine), âna dakhîlac.

Ma maison t'appartient, bUi bUac (ma maison est ta maison).

Sois assez bon, afnhcl-'el-ma'roûf.

mâehâllah (exelamation d'étonaernent), litter. «ce que Dieu veut», c.-a.-d. arrive.

inehâllah^ s'il plait à Dieu.

owillah Qu ou^^lâhiy par Dieu.

bihayât ou aucûiayât râaaCy par. ta tête. istâghflr ctllâh, à Dieu ne plaise..

Ym. L'art en Syrie.

La Syrie n'est pas un pays fait pour être le centre d'un grand empire ; c'«st pourquoi , sauf peut-être au commencement de l'ère chrétienne, il ne s'y est jamais développé un art qui lui fût réeUBr ment propre. Cependant on y rencontre, partout, et plus qu'en aucun autre pays les restes des époques artistiques les plus dif^ férentes. Le développement de la plastique et de la peinture y a toutefois ^té entravé , par suite de cette particularité du caractère sémitique qui , par étroitesse. et défaut d'intuition ol>jective, a de tout temps été l'ennemi des images.

a. La Syrie possède un grand nombre de débris de l'époque préhistorique. On a découvert près du Nahr el^Kelb (p. Ô42) en •divers lieux, des instruments de silex qui, réunis par des. âltrations calcaires avec des dents de cerfs, de bouquetins, . d'ours, d'une espèce de tigre et de bisons, forment aujourd'hui une brèche solide. Cfitte couche singulière couvre parfois le sol des caver- Jies jusqu'à Im. de hauteur. Des silex travaillés ont été recueillis, en grand nombre à Guilgal (p. 280), à Tibné (p. 338) et près de dolmens isolés à l'E. du Jourdain. Les contrées de Moab et de Galaad sont particulièrement riches en n^onuments de pierre. D'après les relations du voyageur anglais Tristram, les colliues de pierres (eairns) se rencontrent exclusivement dans la Moabitlde orientale; les menhirs (eromleks), au S. du Quâdi Zerka Ma'în .(p. 321); et les tables de pierre ("^o^mefi;^, au N. de cette vallée seulement. Les dolmens s'y trouvent par centaines ; mais ces tombeaux ont rarement leurs portes, et l'intérieur en est si peu allongé, que le mort .ne pouvait y être placé que replié sur lui-même. On a découvert. dans les dolmens du mont Sinaï des squelettes dans cette posture. Entre Safed et Tyr (p. 401), on voit sur la route bon nombre de monuments en pierre. Au même âge que ces monuments, appartiennent aussi les collines artificielles, delà 10m. de hauteur, composées en partie de briques cuites au soleil et dont la vallée du Jourdain (p. 358),: aussi bien que la plaine de Jizré.el, offrent sou- .vent des spécimens.

b. Grottes. — t Les montagnes dci Syrie sont très riches en cavernes. Nous avons beaucoup de preuves que les premiers

.habitants du pays qui demeuraient dans des grottes, étaient «troglodyte»). Ils en vinrent insensiblement à les agrandir , puis à en creuser de nouvelles. Il y a. encoîe des Tos^t^p d'habitations de ce

genre dans le Haourân , et l'on pent y joindre peut-être les cavernes des environs de Beit Djil>rîn, bien que l'époque de leur origine soit incertaine. En se civilisant, les hommes ne s'en servirent plus que comme refuges en temps de guerre (Juges yt, 2). Cependant on conserva l'habitude de creuser des grottes dans les rochers , en particulier peur y ensevelir les morts ; un des premiers exemples de cet usage est Tachât de la grotte de Makhpéla, du temps d'Abraham (Oen. xxin, 9); Dans un pays aussi pauvre en eau que la Palestine, il fallut en bien des endroits, creuser et maçonner des citernes et en bien des lieux les tailler dans le roc vif. Maintes fois on les agrandit pour en faire de grands rëservoirs, atteignant souvent plu« de 30 m. de profondeur et fermas par de grosses pierres. Ces souterrains furent fréquemment aussi convertis en prisons, de sorte qu'on n'a qu'un seul terme pour désigner une fosse et une prison en hébreu (v. Zach. ix, il). On construisit différentes sortes de conduits pour amener les eaux de source dans les endroits habités, les faisant passer sur des arcades ou même dans le roc, le long des pentes des montagnes ; ou bien on leur fit, comme à l'eau de pluie, de grands bassins ouverts. Ces constructions, dont la nature du pays faisait une nécessité , remontent à une hatite anti*quité (Deutér. vi, 11). Les pressoirs à huile et à vin qu'on rencontre dans tonte la Syrie sont sans doute aussi très anciens. Ils consistent en une cavité circulaire de 1 m. à 1 m. ÔO de profondeur et d'environ 1 m. 50 de diamètre ; l'huile ou le vin en découlait par un trou dans une cuve. Ces pressoirs sont souvent dans le voisinage de grottes sépulcrales. Les pressoirs k huile du territoire phénicien, sont taillés avec plas de soin que ceux des Juifs. Tout cela suppose une grande habileté dans le -maniement du ciseau, quoique la roche ne soit pas précisément très dure. Il y a dans tout le pays de ces grottes sépulcrales , qui sont anciennes , mais dont il est difficile de dire à quelle époque remonte, ce qui en reste aujourd'hui. Elles étaient ordinairement pratiquées dans des pa<rois escarpées, quelquefois à une hauteur qui les fait paraître inabordables. Quand il n'y avait pas de paroi de ce genre, ou faisait d*en haut une coupe dans le rocher, puis Ton y creusait une entaille rectangulaire où l'ou descendait par un escalier. Les chambres sépulcrales sont carrées et se ramifient souvent au loin dans les montagnes* Pour les sépulcres, nous suivons la division de Tobler, qui distingue : 1^ des fasses dans lesquelles on descendait les morts, comme dans les nôtres ; elles étaient pratiquées dans le sel des chambres sépulcrales, mais fermées par une pierre placée dessus ; 2® des fours a cercueils carrés- (hebr. kôkîm) , de 1 m. 80 de long, sur 45 centim. de large et autant de haut, giénéralement horizontaux, taillés dans la paroi du rocher et souvent pourvus dans le bas d'une sorte de rigole et dans lesquels le mort était introduit iorizontalement ; 3** des tombeaux h htme ou dépositoiresy où il y a l'ordinaire sous une voûte, un banc d'environ 60 centim. de hau-

126 L'AET EN SYRIE.

aux frais des empereurs, surtout de Trajan. Le trait caractéristique de ces villes , c'est une colonnade qui part d'une porte ordiasijrement à trois baies, et traverse toute la cité, d'une extrémité à l'autre. Au point où cette colonnade piinoipale en croisait une autre plus petite, s'élevait h ce qu'il semble, un tétrapyle, et sur les côtés se trouvaient des temples, des bc^ins, des théâtres et des naumacbies. Les mieux conservées de ces constructions sont dans la partie du pays à TE. du Jourdain, parce qu'elle est parcourue depuis la conquête musulmane par des tribus nomades, qui n'ont pas su utiliser les matériaux de construction. Ce qui reste de ces ruines date de l'époque postérieure de la dominaison romaine, c'est à dire à partir du milieu du ii® siècle. Depuis lors, la surcharge et le manque d'harmonie dans l'ornementation, l'embellissement des niches au moyen d'un fronton brisé, témoignent de l'abandon des formes simples et sévères de la période classique. Palmyre, Ba'albek, Djérach offrent des échantillons de ce style, de même que Pétra, dont les chambres sépulcrales sont creusées dans le roc vif, selon l'usage du pays, et présentent une grande façade taillée dans le roc , dont les formes et les corniches tourmentées rappellent presque la Un de l'époque du style rocoeo. Les nombreux petits temples, peut-être des tombeaux , dont 4es restes sont répandus partout sur le Liban, sont de la même époque, mais tous sont encore tournés vers l'E. , à la façon grecque, la plupart «in antis» avec des chapiteaux ioniques ; un bandeau court autour du stylobate ; à l'extrémité 0. et exhaussée de la cella, est pratiquée une porte qui y donne entrée, en traversant le stylobate. — Les 8ifnagogu€s qui se sont élevées en Galilée du iii^ au vi^ s. sont des constructions d'un style à part. Elles sont carrées et l'intérieur est divisé en cinq nefs par quatre rangées de colonnes grossières, qui portaient des architraves en pierre ; la toiture était en bois et toute rornementatiou, surtout celle des moulures était fort riche. A l'extrémité N. de ces synagogues se trouvent toujours deux piliers carrés. Chose étonnante, on trouve souvent sur les murs de ces synagogues des figures d'animaux sculptés.

e. Aachiteoxuke ch&étiennb. — Dès les premiers siècles de notre ère apparaît l'arxîhitecture chrétienne, car on peut déjà considérer comme s'y rattachant, quoiqu'elle remonte à l'époque païenne des deux premiers siècles, la transformation originale des formes antiques qui se montre dans une série de monuments bien conservés dans le Haourân et le N. de la Syrie. M. le comte de Yogiié, célèbre archéologue français, s'est acquis un grand mérite par la publication de ces mtxnuments; son livre «Syrie centrale, architecture civile et religieuse du i^^ au vii^ siècle» (Paris, 1865, 1877), est entre autres, par la beauté des dessins, un chef d'œuvre de premier ordre.

Pour couvrir de grands espaces, on recourut dès la fin du ui^ s. à jla voûte eu coupole, et l'on fit une importante innovation eu

L^ART EN SYBIE, 127

reliant la coupole à sa bMe can'ée par des pendentifik Bn même temps s'élevèrent des basiliques fort simples à ]^li^s (y. eidessous}, et plus tard des basiliques à ooioitnes. Le groupe nord des édlâeés de cette 'époque, entre Hama et Alep, présente encore plus d'intérêt. On y trouve aussi des basiliques à lionnes et des constructions à coupole, plus rarement dés basiliques à piliers. La façade forme une galerie ouverte; l'abside est généralement ronde à rintérieur et carrée à' l'extérieur; il y a beauooup de fenêtres dans le baôt de ia^ nef majeure et aux bas côtés, et généralement aussi des porte» latérales. Le èiiapiteau des colonnes âe rapproche parfois de Paeantbe, nmis il offre aussi une forme originale qui rappelle une coupe ; aux absides, aux fenêtres et aux portails régnent tout autour, des moulures ornées, dont leè extrémités forment des nodtids semblables à des volutes. Dans les frises, cie sont les feuilles et les fruits j les raisins, Tacanthe qui dominent; mais il y à aussi des vises, des paons, etc., et dés croix partout.

f . Les empereurs grecs, à partir de Constantin le Grand, firent construire dé grandes b'cuUiquea dans les villes importantes de la Palestine, surtout dans les lieul saiàts; elles sont dti même style que celles du reste de Tempire romaiù. Un caractère distinctif de ces édifices c'est que la nef du milieu est plus haute que les laté* raies. La vieille basilique de Bethléheni reconstruite par J\istinien subsiste encore, tandis qu'il ne reste que peu de chose Aes pre-" mières constructions de l'église du St-Sépulcre. ■ — L'A^sa nous montre un monument de ce genre transformé en mosquée par les Arabes, puis agrandi et restauré d'après Tancien^ie idée. N6n seule"* ment lés Arabes se sont servis pour leurs -constructions, de vieilles colonnes dont ils «nt souvent composé un ensemble hététogène, mais leurs architectes et leurs ouvriers furent d'abord des Grecs ; de là une ^nde analogie entre leurs édifices et ceux des chrétiens. Il est admis aujourd'hui qte la rotonde dé l'église du St^Sépulcre, a servi de modèle pour la mosquée de K)mar (éS'-Sakhrâ) ; la coupole,' connue alors depuis longtemps en Syrie, avait déjà été appliquée mainte foic( en Occident. Gomme leé artistes byzantins, les Arabes eou-^rent de mosaïques les nhirs et les coupoles. La mosquée des Ommiades à Damas prouve combien' les Arabeb se sont conformés à leurs modèles : à doté de la vaste eoUr pavée exigée par le culte musulman, se trouve une grande galerie ouverte, avec plafond en boi^,' comme dans la basilique sur l'eiUplacemént de laquelle la mosquée est bâtie ; dans le voisinage de la ^ibla (p. 40), on avait életé une grande coupole.

g: Les Arabes, il est vrai, se prévalurent dans leurs créations artistiques des moftuments qUHls trouvèrent en Syrie, cependant ils développèrent aussi le geni^ qUi leur était propre. Mais par la suite, leur style dégénéra ; leurs dômes prirent une formé bulbeuse et se terminèrent en pointe ; les voûtes se revêtirent d'un appareil qui présente une foule d'angles sailHftts et rappelle les stalactites et le^

alv<$oles des rnclieg, oe qui fait qu^elles n'offrent pins k Tœil le caractère qui doit y dominer, celui de la solidité. Les montants de Tare en plein cintre furent allongés dans le bas par les Arabes, et de bonne heure (dès le ix® s. en Egypte) apparaissent aussi chez eux l'arc en ogive et l'arc en fer-à-cheval, ce dernier, de leur invention. Malheureusement les architectes arabes manquent du sentiment de la sévérité des formes, ils ne s'attachent pas à la chose essentielle dans un édifice, h l'ensemble, mais aux détails, aux décors ; il en résulte qu^à côté d'une profusion d'arabesques, le manque d'unité se fait souvent sentir. Des colonnes antiques avec de magnifiques chapiteaux sont placées immédiatement auprès de colonnes arabes modernes ou de lourds piliers. Les arabesques si bigarrées auxquelles les tapis ont probablement servi de modèles, font sans doute preuve d'un esprit inventif, mais elles finissent par fatiguer la vue.

La Syrie n'est pas précisément riche en monuments originaux du style arabe, parce que les conquérants y trouvèrent trop d'édifices antiques qu'ils ont utilisés tels quels, ou qu'ils ont pu facilement adapter à leur usage. Sur les fondations très solides de constructions antiques, ils ont bâti, soit avec des matériaux anciens, soit avec leurs propres matériaux souvent assez mauvais, des murs d'enceinte, des tours, des châteaux qui tombèrent bientôt en ruine. Ils croyaient qu'un mur avait plus de solidité s'il contenait des fragments de colonnes, c'est pourquoi non seulement ils en firent entrer dans leurs murs d'une manière iïymétrique, mais ils allèrent même jusqu'à donner cette forme à leurs matériaux, usage que les francs suivirent aussi. Dans le voisinage d'anciens châteaux forts sur le bord de la mer , on voit souvent de grandes quantités de pareils débris qui proviennent généralement de ces constructions peu solides tombées en ruine.

h. EoLisRS PRANauRS. — Pour bien des châteaux forts du moyen âge en Palestine, il n'est pas possible de dire s'ils ont été bâtis par les Sarrasins ou par les croisés; cependant on peut indiquer comme signe distinctif, les lignes parfois presque horizontales, ordinairement obliques, tracées sur les pierres de taille des édifices des croisés. Une série à'églises franques que l'on rencontre sur le sol de la Palestine, se distinguent nettement de toutes les autres constructions. M. de Vogué (les Églises de la terre sainte, Paris 1860) les divise en deux classes. La première comprend celles qui ont été construites de 1099 à 1187: elles sont toutes sur le même modèle, à trois nefs d'égale longueur, avec un tran^. sept et trois absides à côté l'une de l'autre ; leurs voûtes ont des arêtes lisses et non des nervures, et elles reposent sur des piliers de forme simple ; au point d'intersection de la nef majeure et du transept s'élève une coupole à pendentifs, le reste de l'édifice est couvert d'un toit plat, les contre-forts sont peu saillants, enfin l'ogive y apparaît partout. — La seconde classe se compose des églises du xiii« s, ; elles 9e trouvent toutes sur la côte maritime, et

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